Le parti de Paul Biya pourrait se passer de certains de ses alliés
traditionnels ou en recruter de nouveaux dans le prochain gouvernement.
Depuis quelques semaines, l’avènement d’un nouveau gouvernement,
scruté par tous les acteurs de la scène politique nationale, est au
coeur de l’actualité. Par-delà les passions et les conjectures suscitées
par un tel évènement, au sujet de l’entrée, le maintien ou la sortie de
tel ou tel autre ministre du gouvernement, il y a la lancinante
question du jeu des alliances.
Une problématique revigorée par un contexte politique marquée par une
ultra domination du Rdpc qui a raflé 305 communes sur 360, et 148
sièges de députés sur 180 à l’Assemblée nationale, lors des dernières
consultations électorales. Des acquis auxquelles viennent se greffer 82
sièges de sénateurs sur 100 possibles à la Chambre haute du Parlement.
Fort donc de cette obésité politique ostentatoire, le parti du
«flambeau», peut-il se permettre de se passer de la participation de
certains de ses alliés traditionnels dans le prochain gouvernement ?
Joint au téléphone, Grégoire Owona le secrétaire général adjoint du
Comité central du Rdpc, visiblement embarrassé, n’a pas souhaité
s’exprimer sur le sujet.
En revanche, l’Union nationale pour la démocratie et le Progrès
(Undp), partenaire stratégique du Rdpc depuis la signature d’une
plateforme entre les deux chapelles politiques en novembre 1997, est
plus prolixe sur la question. «Nous sommes au gouvernement en vertu
d’une plate forte qui lie l’Undp au Rdpc. Cette plate-forme n’a du reste
été dénoncée par personne. C’est ce qui explique également notre
présence dans d’autres administrations publiques. La plate-forme en
question n’est pas liée aux consultations électorales», se défend
Pierre Flambeau Ngayap le secrétaire général de l’Undp. En clair, l’Undp
qui jouit actuellement de trois postes ministériels, est disposé à
intégrer le prochain gouvernement.
«Alliance»
Allié historique et stratégique du Rdpc, le Mouvement démocratique
pour la défense de la République (Mdr), qui revendique lui aussi une
«alliance», avec le parti de Paul Biya, n’exclut pas une participation
au prochain gouvernement. Selon un proche de Dakole Daissala, le
président national de ce parti, «en tant qu’allié fidèle et constant
du Rdpc, le Mdr qui a une alliance avec le Rdpc qui n’a jamais été
dénoncée, et qui est représenté au parlement est tout à fait prêt à
entré au gouvernement», a-t-il lancé. Avec 07 communes et 03 sièges
de députés glanés lors du double scrutin du 30 septembre dernier,
l’Union des populations du Cameroun (Upc), qui revendique aussi une
alliance de gouvernement avec le Rdpc, pourrait faire son retour au
gouvernement. Pour Robert Bapooh Lipot, qui s’exprimait dimanche dernier
sur Canal 2, «Augustin Frederick Koddock a signé une alliance de
gouvernement au nom de l’Upc avec le Rdpc. Il est donc dans l’ordre
normal des choses que l’Upc aspire à un retour au gouvernement».
Sauf que des voix au sein de ce parti invitent Paul Biya dans un
communiqué signé par Ngouo Wougly Massaga, «à ne nommer aucun ministre
issu des rangs de l’Upc», au motif justement des divisions qui
persistent au sein de ce parti.

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