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jeudi 3 décembre 2015

 

Au niveau 4 depuis 55 ans

Il y a 57 ans, quand Fidel et les siens l’emportent sur l’armée et chassent le dictateur Batista, les 1 % des Cubains les plus fortunés font eux aussi leurs valises. Il se replient dans leurs résidences secondaires à Miami, à quelque 200 km de l’île. Ils sont persuadés que les rebelles barbus ne tiendront pas plus de quelques mois et qu’ils pourront rapidement récupérer leurs privilèges. Le gouvernement des Etats-Unis lui aussi pense pouvoir bientôt contrôler les « barbudos ». Mais il apparaît bien vite que le nouveau gouvernement rebelle ne se laissera pas mater de sitôt. Fin 1959 le président Eisenhower lance un programme pour saper la révolution cubaine. 

C’est le début d’une longue série d’attentats terroristes contre l’île : des crèches, des grands magasins, des hôtels et d’autres bâtiments publics sont la cible d’attaques à la bombe. Le 4 mars 1960 un navire plein d’armes belges saute dans le port de La Havane. Des contre-révolutionnaires armés sèment la terreur dans les campagnes avec le soutien d’une couverture aérienne des Etats-Unis. Ensuite ce sont les actions de sabotage, les explosions par dizaines, les tentatives d’assassinat contre Castro par centaines. Des invasions ont lieu le long de la côte par des commandos armés qui tuent les habitants sans discrimination. Les Etats-Unis n’hésitent pas à utiliser des armes bactériologiques pour anéantir les récoltes et ils répandent certaines maladies comme la dengue, faisant des centaines de morts. 

En avril 1961 des bombardiers étatsuniens pilonnent les aéroports cubains pour préparer une invasion militaire par 1.200 mercenaires, dans la Baie des Cochons. L’opération est un ratage total. Les stratèges US parviennent à la conclusion que la révolution ne peut être battue que par l’engagement massif de troupes au sol (1). Les projets sont temporairement mis de côté parce que Washington se prépare entre-temps à la guerre au Vietnam. En 1976 la terreur atteint son point culminant lorsqu’un avion de ligne cubain est abattu. Les 73 passagers au complet y perdent la vie. Les années ’90 connaissent un nouveau pic d’agressions. A ce moment, ripostant à une aggravation du blocus économique, Cuba développe son secteur touristique. Cette fois des hôtels, centres touristiques, autobus, aéroports et autres installations de vacances deviennent la cible d’une série d’attentats à la bombe (2). 

L’invasion de l’Irak va de pair avec une authentique hystérie guerrière aux Etats-Unis. La politique à l’égard de Cuba en subit le contre-coup. En effet des voix s’élèvent aux Etats-Unis pour envahir Cuba après l’Irak (3). En Floride des groupes paramilitaires s’entraînent ouvertement avec des armes lourdes en vue d’une future invasion (voir photo) (4). 

Les groupes terroristes opèrent à partir de Miami. Ils sont souvent formés et entraînés par la CIA. Ils avaient été créés autrefois par les 1 % de Cubains partis à Miami, avec la collaboration des services de sécurité américains et le financement des pouvoirs publics. Ils sont encore toujours tolérés aujourd’hui.
Ils ne sont du reste pas seulement utilisés contre Cuba. Le super-terroriste Orlando Bosch qui commet avec Luis Posada Carriles l’attentat précité contre l’avion de ligne sert également dans l’Opération Condor (5). Il s’agit de l’opération CIA qui dans les années ’70 et ’80 du siècle dernier a soutenu toute une série de dictatures en Amérique du Sud dans la répression et les pratiques de torture contre tout ce qui était progressiste. Luis Posada Carriles est actif notamment dans la guerre des Contras au Nicaragua qui fit de dizaines de milliers de victimes innocentes. Bosch, tout comme Posada Carriles, est protégé par les autorités étatsuniennes. Posada Carriles coule toujours des jours heureux à Miami.

25 fois Paris

A Cuba le terrorisme n’est donc jamais bien loin. L’ensemble des attentats terroristes a tué 3.478 personnes, soit 25 fois le nombre de victimes des attentats de Paris. 2.099 ont été blessées ou mutilées ou sont restées invalides. (6). 

Dans ces circonstances on pourrait s’attendre à une société militarisée avec une forte présence de bleu et de kaki dans les rues. On pourrait aussi s’attendre à ce que les autorités proclament régulièrement l’état d’urgence pour des semaines ou des mois, ou qu’elles mettent régulièrement à l’arrêt les transports publics, interdisent les compétitions sportives, ferment temporairement les écoles, suspendent en permanence les libertés, etc. 

Mais ce n’est absolument pas le cas. Pas de tanks ni de véhicules militaires dans les rues, pas de tireurs d’élite ni de paramilitaires près des bâtiments publics, pas même lors de manifestations de masse comme le cortège annuel du 1er mai ou les visites papales. En de telles occasions des centaines de milliers de personnes se réunissent en un même lieu. 

Ce n’est pas que Cuba prenne la menace terroriste à la légère ou lâche la bride aux terroristes potentiels, bien au contraire. Depuis ’59 la lutte anti-terroriste est la priorité absolue du gouvernement cubain. Les meilleures forces de tout le pays sont engagées dans la lutte contre le terrorisme. Mais l’approche est totalement différente de la « war on terror » comme nous l’avons sous Bush ou comme elle est est actuellement menée en France et en Belgique.

L’approche cubaine

Les révolutionnaires cubains ont parfaitement compris dès leur lutte de libération que les Etats-Unis ne toléreraient jamais un gouvernement progressiste, encore moins une révolution socialiste, dans leur arrière-cour. Ils savaient qu’après leur prise de pouvoir ils seraient aux prises pendant longtemps avec des agressions et une subversion venues de Washington. Fidel a dit à ce propos, quelque six mois avant la victoire, à l’occasion d’un bombardement sur un village de montagne : « Quand cette guerre prendra fin, une autre viendra pour moi, qui sera bien plus longue et plus grande, à savoir le combat contre eux [les Américains] » (7).
La lutte contre le terrorisme et la subversion est menée de deux manières à Cuba : en s’appuyant sur la population et en infiltrant les réseaux terroristes.

L’appui sur la population

En 1960, appuyés par la CIA, des contre-révolutionnaires opéraient dans les montagnes au centre de l’île. Pour les éradiquer le gouvernement n’envoya pas l’armée. En lieu et place, cent mille volontaires furent mobilisés, avec succès.
La même année Cuba connut des attentats à la bombe à La Havane et dans d’autres villes. A nouveau la population fut mobilisée pour écarter le terrorisme. Dans chaque quartier, un CDR (8) fut créé, un comité qui veillait à la sécurité du quartier. Ainsi naquit un grand système collectif de vigilance. Au fil des ans ces comités de quartier s’occupèrent également de problèmes sociaux ou économiques des habitants du quartier, santé publique (éradication de moustiques dangereux, collectes de sang …), organisation des élections, recyclage … 

Cuba s’appuie également sur sa population pour défendre le pays d’une éventuelle invasion militaire. Aujourd’hui, aux côtés de l’armée régulière, le système défensif peut compter sur deux millions de Cubains qui sont sur le pied de guerre dans les 48 heures. Ces volontaires reçoivent un entraînement annuel et savent où aller s’armer le cas échéant.

L’infiltration

Une collaboration avec Washington n’était guère envisageable jusqu’à présent. Aussi ne restait-il qu’une seule option aux Cubains : l’infiltration. C’est précisément ce que les « Cuban Five », les Cinq de Cuba, ont accompli pendant les années ’90. Ils ont infiltré les groupes terroristes les plus violents en Floride afin de collecter le maximum d’informations et de pouvoir déjouer des attentats. Ils ont ainsi pu empêcher une bonne centaine d’attentats (9).
Ce genre d’infiltrations est tout sauf évident. Les terroristes ne sont pas des mauviettes et n’hésitent pas à assassiner renégats ou infiltrés. S’ils sont démasqués, les infiltrés risquent également de lourdes peines de prison aux Etats-Unis. C’est ainsi qu’en 2001 les Cinq agents anti-terroristes cubains furent condamnés collectivement à quatre fois la perpétuité plus 77 ans. L’ironie veut que cela se passait juste quelques mois après les attentats contre le World Trade Center à New York. 

Lorsqu’en juillet 2004, lors d’une visite en prison, nous demandons à Gerardo Hernández, chef des Cinq, pourquoi il a accepté une mission aussi risquée, il sourit : « Je ne suis pas du tout une exception, vous savez » répond-il. « Si vous vous adressez à 10 Cubains pour faire ce genre de boulot dans l’intérêt de notre peuple, je suis sûr que 7 d’entre eux diront oui sans hésiter. Nous savons tous ce que c’est que perdre des amis ou des parents dans un attentat ». 

Depuis le 17 décembre 2014 les USA ont entamé des démarches en vue d’une reprise des relations avec Cuba. Les Cinq sont libérés dans ce contexte, après 16 années de campagnes internationales (10). Mais jusqu’à présent la politique de déstabilisation et le blocus économique des Etats-Unis demeurent intacts.

Un autre regard

Dans les médias de masse l’image de Cuba est toujours négative. Le Cuba bashing est de bon ton. Certains faits sont amplifiés, d’autres sont systématiquement occultés ou criminalisés. S’il se produit à Cuba quelques arrestations administratives, cela devient vite une info internationale, alors que dans notre propre pays il y a des dizaines d’arrestations de ce genre chaque année. Inversement les informations traitent généralement le blocus économique – le plus long de l’Histoire – comme un détail, en supposant qu’elles le mentionnent. Pour vous donner une idée, en 55 ans le coût de ce blocus a atteint 11 fois le PNB (11). Pour la Belgique un tel calcul équivaudrait à 400 milliards d’euros et pour la France à 23.000 milliards d’euros. Difficile d’appeler ça un détail. 

Le pire est qu’on ne parle jamais de la menace terroriste permanente. Cuba est considéré comme un pays normal, alors qu’il vit depuis 55 ans sous une menace terroriste permanente. Depuis les événements du vendredi 13 novembre nous savons maintenant pour la première fois ce que cela signifie. Une situation de ce genre bouleverse un pays. Pour la première fois nous sommes peut-être en état de nous représenter ce que qu’implique de vivre sous de telles conditions. Ce qui nous permettra peut-être de faire preuve d’une meilleure compréhension à l’égard de Cuba. 

Cela nous incitera peut-être aussi à exiger de Washington qu’il en finisse une fois pour toutes avec les groupes terroristes sur son propre sol, plus précisément à Miami. Il n’est jamais mauvais de commencer à balayer devant sa porte. 

Katrien Demuynck et Marc Vandepitte ont écrit plusieurs ouvrages sur Cuba.
Notes : (1) Les plans émanaient notamment de McNamara, Ministre des Affaires étrangères de l’époque. T. Diez Acosta : October 1962, The ‘Missile’ crisis as seen from Cuba. New York 2002, p. 86.
(2) Demuynck K. (ed.) : The incredible case of the Cuban Five. Evidence from the International Commission of Inquiry into the Case of the Cuban Five, Londres 2014, p. 39-51.
(3) Hans Hertell, ambassadeur US en République Dominicaine et proche de Bush a déclaré juste après la chute de Bagdad : “Les événements en Irak sont un signal positif et sont un bon exemple pour Cuba où la semaine dernière le régime de Fidel Castro a ordonné l’arrestation de plus de 80 citoyens pour leurs seules idées”. Jeb Bush, actuel candidat républicain à la présidence et frère de, déclarait à peu près au même moment : “Après notre succès en Irak, nous devons regarder vers notre voisin. Nous devons expliquer à nos frères d’Amérique latine et d’ailleurs qu’un régime qui ne respecte pas les droits de l’homme ne peut pas être maintenu”. 

Cf resp. El Expresso, 13 avril 2003 et www.americas.org/news/nir/20....
(4) Sun Sentinel 6 avril 2003.
(5) Stella Calloni. Operación Condór. Pacto Criminal, La Havane, 2005.
(6) cf http://www.theguardian.com/us-news/...
(7) Dans une lettre à Celia Sánchez in Suárez Pérez E. & Caner Román A. (éd.) : De cinco palmas a La Habana, La Havane 1998, p. 143.
(8) CDR : Comité de Defensa de la Revolución.
(9) Sur les Cinq de Cuba voir : http://www.cubanismo.net/cms/fr/art...
(10) cf http://cubanismo.net/cms/fr/campagn...
(11) cf http://www.elnuevodia.com/noticias/... Le PNB est ce qu’un pays produit de richesses en un an (biens et services).
Source originale : De Wereld Morgen
Traduction du néerlandais : Anne Meert pour Investig’Action.
http://www.michelcollon.info/Une-reponse-de-gauche-a-la-menace.html?lang=fr

Source : Investig’Action

#Enquête: Comment combattre la menace terroriste? L’exemple venu de Cuba

 

Au niveau 4 depuis 55 ans

Il y a 57 ans, quand Fidel et les siens l’emportent sur l’armée et chassent le dictateur Batista, les 1 % des Cubains les plus fortunés font eux aussi leurs valises. Il se replient dans leurs résidences secondaires à Miami, à quelque 200 km de l’île. Ils sont persuadés que les rebelles barbus ne tiendront pas plus de quelques mois et qu’ils pourront rapidement récupérer leurs privilèges. Le gouvernement des Etats-Unis lui aussi pense pouvoir bientôt contrôler les « barbudos ». Mais il apparaît bien vite que le nouveau gouvernement rebelle ne se laissera pas mater de sitôt. Fin 1959 le président Eisenhower lance un programme pour saper la révolution cubaine. 

C’est le début d’une longue série d’attentats terroristes contre l’île : des crèches, des grands magasins, des hôtels et d’autres bâtiments publics sont la cible d’attaques à la bombe. Le 4 mars 1960 un navire plein d’armes belges saute dans le port de La Havane. Des contre-révolutionnaires armés sèment la terreur dans les campagnes avec le soutien d’une couverture aérienne des Etats-Unis. Ensuite ce sont les actions de sabotage, les explosions par dizaines, les tentatives d’assassinat contre Castro par centaines. Des invasions ont lieu le long de la côte par des commandos armés qui tuent les habitants sans discrimination. Les Etats-Unis n’hésitent pas à utiliser des armes bactériologiques pour anéantir les récoltes et ils répandent certaines maladies comme la dengue, faisant des centaines de morts. 

En avril 1961 des bombardiers étatsuniens pilonnent les aéroports cubains pour préparer une invasion militaire par 1.200 mercenaires, dans la Baie des Cochons. L’opération est un ratage total. Les stratèges US parviennent à la conclusion que la révolution ne peut être battue que par l’engagement massif de troupes au sol (1). Les projets sont temporairement mis de côté parce que Washington se prépare entre-temps à la guerre au Vietnam. En 1976 la terreur atteint son point culminant lorsqu’un avion de ligne cubain est abattu. Les 73 passagers au complet y perdent la vie. Les années ’90 connaissent un nouveau pic d’agressions. A ce moment, ripostant à une aggravation du blocus économique, Cuba développe son secteur touristique. Cette fois des hôtels, centres touristiques, autobus, aéroports et autres installations de vacances deviennent la cible d’une série d’attentats à la bombe (2). 

L’invasion de l’Irak va de pair avec une authentique hystérie guerrière aux Etats-Unis. La politique à l’égard de Cuba en subit le contre-coup. En effet des voix s’élèvent aux Etats-Unis pour envahir Cuba après l’Irak (3). En Floride des groupes paramilitaires s’entraînent ouvertement avec des armes lourdes en vue d’une future invasion (voir photo) (4). 

Les groupes terroristes opèrent à partir de Miami. Ils sont souvent formés et entraînés par la CIA. Ils avaient été créés autrefois par les 1 % de Cubains partis à Miami, avec la collaboration des services de sécurité américains et le financement des pouvoirs publics. Ils sont encore toujours tolérés aujourd’hui.
Ils ne sont du reste pas seulement utilisés contre Cuba. Le super-terroriste Orlando Bosch qui commet avec Luis Posada Carriles l’attentat précité contre l’avion de ligne sert également dans l’Opération Condor (5). Il s’agit de l’opération CIA qui dans les années ’70 et ’80 du siècle dernier a soutenu toute une série de dictatures en Amérique du Sud dans la répression et les pratiques de torture contre tout ce qui était progressiste. Luis Posada Carriles est actif notamment dans la guerre des Contras au Nicaragua qui fit de dizaines de milliers de victimes innocentes. Bosch, tout comme Posada Carriles, est protégé par les autorités étatsuniennes. Posada Carriles coule toujours des jours heureux à Miami.

25 fois Paris

A Cuba le terrorisme n’est donc jamais bien loin. L’ensemble des attentats terroristes a tué 3.478 personnes, soit 25 fois le nombre de victimes des attentats de Paris. 2.099 ont été blessées ou mutilées ou sont restées invalides. (6). 

Dans ces circonstances on pourrait s’attendre à une société militarisée avec une forte présence de bleu et de kaki dans les rues. On pourrait aussi s’attendre à ce que les autorités proclament régulièrement l’état d’urgence pour des semaines ou des mois, ou qu’elles mettent régulièrement à l’arrêt les transports publics, interdisent les compétitions sportives, ferment temporairement les écoles, suspendent en permanence les libertés, etc. 

Mais ce n’est absolument pas le cas. Pas de tanks ni de véhicules militaires dans les rues, pas de tireurs d’élite ni de paramilitaires près des bâtiments publics, pas même lors de manifestations de masse comme le cortège annuel du 1er mai ou les visites papales. En de telles occasions des centaines de milliers de personnes se réunissent en un même lieu. 

Ce n’est pas que Cuba prenne la menace terroriste à la légère ou lâche la bride aux terroristes potentiels, bien au contraire. Depuis ’59 la lutte anti-terroriste est la priorité absolue du gouvernement cubain. Les meilleures forces de tout le pays sont engagées dans la lutte contre le terrorisme. Mais l’approche est totalement différente de la « war on terror » comme nous l’avons sous Bush ou comme elle est est actuellement menée en France et en Belgique.

L’approche cubaine

Les révolutionnaires cubains ont parfaitement compris dès leur lutte de libération que les Etats-Unis ne toléreraient jamais un gouvernement progressiste, encore moins une révolution socialiste, dans leur arrière-cour. Ils savaient qu’après leur prise de pouvoir ils seraient aux prises pendant longtemps avec des agressions et une subversion venues de Washington. Fidel a dit à ce propos, quelque six mois avant la victoire, à l’occasion d’un bombardement sur un village de montagne : « Quand cette guerre prendra fin, une autre viendra pour moi, qui sera bien plus longue et plus grande, à savoir le combat contre eux [les Américains] » (7).
La lutte contre le terrorisme et la subversion est menée de deux manières à Cuba : en s’appuyant sur la population et en infiltrant les réseaux terroristes.

L’appui sur la population

En 1960, appuyés par la CIA, des contre-révolutionnaires opéraient dans les montagnes au centre de l’île. Pour les éradiquer le gouvernement n’envoya pas l’armée. En lieu et place, cent mille volontaires furent mobilisés, avec succès.
La même année Cuba connut des attentats à la bombe à La Havane et dans d’autres villes. A nouveau la population fut mobilisée pour écarter le terrorisme. Dans chaque quartier, un CDR (8) fut créé, un comité qui veillait à la sécurité du quartier. Ainsi naquit un grand système collectif de vigilance. Au fil des ans ces comités de quartier s’occupèrent également de problèmes sociaux ou économiques des habitants du quartier, santé publique (éradication de moustiques dangereux, collectes de sang …), organisation des élections, recyclage … 

Cuba s’appuie également sur sa population pour défendre le pays d’une éventuelle invasion militaire. Aujourd’hui, aux côtés de l’armée régulière, le système défensif peut compter sur deux millions de Cubains qui sont sur le pied de guerre dans les 48 heures. Ces volontaires reçoivent un entraînement annuel et savent où aller s’armer le cas échéant.

L’infiltration

Une collaboration avec Washington n’était guère envisageable jusqu’à présent. Aussi ne restait-il qu’une seule option aux Cubains : l’infiltration. C’est précisément ce que les « Cuban Five », les Cinq de Cuba, ont accompli pendant les années ’90. Ils ont infiltré les groupes terroristes les plus violents en Floride afin de collecter le maximum d’informations et de pouvoir déjouer des attentats. Ils ont ainsi pu empêcher une bonne centaine d’attentats (9).
Ce genre d’infiltrations est tout sauf évident. Les terroristes ne sont pas des mauviettes et n’hésitent pas à assassiner renégats ou infiltrés. S’ils sont démasqués, les infiltrés risquent également de lourdes peines de prison aux Etats-Unis. C’est ainsi qu’en 2001 les Cinq agents anti-terroristes cubains furent condamnés collectivement à quatre fois la perpétuité plus 77 ans. L’ironie veut que cela se passait juste quelques mois après les attentats contre le World Trade Center à New York. 

Lorsqu’en juillet 2004, lors d’une visite en prison, nous demandons à Gerardo Hernández, chef des Cinq, pourquoi il a accepté une mission aussi risquée, il sourit : « Je ne suis pas du tout une exception, vous savez » répond-il. « Si vous vous adressez à 10 Cubains pour faire ce genre de boulot dans l’intérêt de notre peuple, je suis sûr que 7 d’entre eux diront oui sans hésiter. Nous savons tous ce que c’est que perdre des amis ou des parents dans un attentat ». 

Depuis le 17 décembre 2014 les USA ont entamé des démarches en vue d’une reprise des relations avec Cuba. Les Cinq sont libérés dans ce contexte, après 16 années de campagnes internationales (10). Mais jusqu’à présent la politique de déstabilisation et le blocus économique des Etats-Unis demeurent intacts.

Un autre regard

Dans les médias de masse l’image de Cuba est toujours négative. Le Cuba bashing est de bon ton. Certains faits sont amplifiés, d’autres sont systématiquement occultés ou criminalisés. S’il se produit à Cuba quelques arrestations administratives, cela devient vite une info internationale, alors que dans notre propre pays il y a des dizaines d’arrestations de ce genre chaque année. Inversement les informations traitent généralement le blocus économique – le plus long de l’Histoire – comme un détail, en supposant qu’elles le mentionnent. Pour vous donner une idée, en 55 ans le coût de ce blocus a atteint 11 fois le PNB (11). Pour la Belgique un tel calcul équivaudrait à 400 milliards d’euros et pour la France à 23.000 milliards d’euros. Difficile d’appeler ça un détail. 

Le pire est qu’on ne parle jamais de la menace terroriste permanente. Cuba est considéré comme un pays normal, alors qu’il vit depuis 55 ans sous une menace terroriste permanente. Depuis les événements du vendredi 13 novembre nous savons maintenant pour la première fois ce que cela signifie. Une situation de ce genre bouleverse un pays. Pour la première fois nous sommes peut-être en état de nous représenter ce que qu’implique de vivre sous de telles conditions. Ce qui nous permettra peut-être de faire preuve d’une meilleure compréhension à l’égard de Cuba. 

Cela nous incitera peut-être aussi à exiger de Washington qu’il en finisse une fois pour toutes avec les groupes terroristes sur son propre sol, plus précisément à Miami. Il n’est jamais mauvais de commencer à balayer devant sa porte. 

Katrien Demuynck et Marc Vandepitte ont écrit plusieurs ouvrages sur Cuba.
Notes : (1) Les plans émanaient notamment de McNamara, Ministre des Affaires étrangères de l’époque. T. Diez Acosta : October 1962, The ‘Missile’ crisis as seen from Cuba. New York 2002, p. 86.
(2) Demuynck K. (ed.) : The incredible case of the Cuban Five. Evidence from the International Commission of Inquiry into the Case of the Cuban Five, Londres 2014, p. 39-51.
(3) Hans Hertell, ambassadeur US en République Dominicaine et proche de Bush a déclaré juste après la chute de Bagdad : “Les événements en Irak sont un signal positif et sont un bon exemple pour Cuba où la semaine dernière le régime de Fidel Castro a ordonné l’arrestation de plus de 80 citoyens pour leurs seules idées”. Jeb Bush, actuel candidat républicain à la présidence et frère de, déclarait à peu près au même moment : “Après notre succès en Irak, nous devons regarder vers notre voisin. Nous devons expliquer à nos frères d’Amérique latine et d’ailleurs qu’un régime qui ne respecte pas les droits de l’homme ne peut pas être maintenu”. 

Cf resp. El Expresso, 13 avril 2003 et www.americas.org/news/nir/20....
(4) Sun Sentinel 6 avril 2003.
(5) Stella Calloni. Operación Condór. Pacto Criminal, La Havane, 2005.
(6) cf http://www.theguardian.com/us-news/...
(7) Dans une lettre à Celia Sánchez in Suárez Pérez E. & Caner Román A. (éd.) : De cinco palmas a La Habana, La Havane 1998, p. 143.
(8) CDR : Comité de Defensa de la Revolución.
(9) Sur les Cinq de Cuba voir : http://www.cubanismo.net/cms/fr/art...
(10) cf http://cubanismo.net/cms/fr/campagn...
(11) cf http://www.elnuevodia.com/noticias/... Le PNB est ce qu’un pays produit de richesses en un an (biens et services).
Source originale : De Wereld Morgen
Traduction du néerlandais : Anne Meert pour Investig’Action.
http://www.michelcollon.info/Une-reponse-de-gauche-a-la-menace.html?lang=fr

Source : Investig’Action

Posté jeudi 3 décembre 2015 à 00:00 |  par bbela

samedi 28 novembre 2015

CSONU
La résolution 2249 du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, qui prépare la guerre contre la Syrie, vient d’être publiée. Votée vendredi 20, elle était sous embargo jusqu’à ce lundi 23, à 18h30 heure de New York, mais s’avère foncièrement identique au projet rédigé et diffusé en anglais par la France.

Pour mémoire, sur ce sujet de la lutte contre le terrorisme en général et l’État islamique en Irak en au Levant en particulier, la Russie avait présenté un projet de résolution le 30 septembre, qui a été bien accepté par la plupart des membres du Conseil mais bloqué par le Royaume-Uni, soutenu par les États-Unis d’Amérique et la France, au motif que ce projet prévoyait une coordination des efforts de lutte contre l’État islamique : coordination entre intervenants mais également avec les pays où cette lutte est menée, ce qui ne convenait pas aux pays membres de l’Alliance atlantique.

Le projet de résolution russe, légèrement modifié en des termes tendant à ménager les pays ennemis de la Syrie, a été encore présenté dans le nouveau contexte après les attentats de Paris et du Sinaï.
Mais c’est alors que la France a présenté son propre projet, et la Russie, voulant éviter une compétition des propositions ou une division du Conseil, n’a finalement pas re-présenté son projet, et a voté celui de la France.

Elle le regrettera, comme elle a regretté d’avoir laissé passer le 17 mars 2011 la résolution 1973, immédiatement brandie et outrepassée par la France et l’alliance islamo-atlantique pour attaquer la Libye.
La résolution 2249 ne se réfère certes pas explicitement au chapitre VII de la Charte de l’ONU, ce qui laisse certains commentateurs dire qu’elle n’autorise donc pas l’usage de la force.

Elle mentionne cependant une menace mondiale à la paix et à la sécurité internationale, ce qui revient au même puisque c’est le sujet du chapitre VII, et appelle les pays qui en ont les moyens à « prendre toutes les mesures nécessaires » pour, entre autres, « éradiquer les sanctuaires » que l’EIIL s’est taillés en Irak et en Syrie. Ce qui ne laisse guère de doutes sur le type de moyens à mettre en œuvre.

D’ailleurs elle ne condamne ni ne distingue les opérations militaires menées avec les résultats respectifs que l’on connaît de la part d’une soixantaine de pays conduits par les États-Unis depuis quinze mois, en violation de la souveraineté de la Syrie (donc en violation de la charte de l’ONU), et de la Russie depuis deux mois à la demande de la Syrie (donc en accord avec la charte).

Dans sa présentation du projet, la France avait insisté pour qualifier les attentats de Paris d’« acte de guerre », ce qui équivalait à une reconnaissance de l’État islamique en Irak et au Levant comme sujet de droit international. Elle n’a pas totalement obtenu gain de cause puisque cela a été requalifié en « menace contre la paix et la sécurité internationale ».

Les États-Unis aussi ont perdu un point puisqu’ils s’étaient opposés récemment à un projet de résolution présenté par la Russie pour, notamment, qualifier le front Al-Nosra d’organisation terroriste, ce que les États-Unis refusaient formellement, et qui figure dans la résolution 2249, laquelle cite nommément le front Al-Nosra au même titre que l’EIIL.

Mais, surtout, la résolution 2249 suspend la souveraineté de la Syrie et de l’Irak, puisqu’elle ne mentionne pas leurs gouvernements ni la nécessité de les associer à ce que l’on entreprendra sur leurs territoires nationaux.

Les pays qui en ont les moyens sont encouragés à engager des campagnes militaires « dans les zones contrôlées par l’EIIL en Irak et en Syrie » en ignorant totalement ces deux pays, leurs gouvernements et leurs frontières.

Afin que les choses soient bien claires, dans son discours d’explication des raisons pour lesquelles les États-Unis votaient en faveur de cette résolution, l’ambassadrice états-unienne Michele Sison mentionne avec insistance l’urgence de procéder à un changement de régime en Syrie.

Voilà ce qui se cache réellement derrière la résolution 2249 du Conseil de Sécurité de l’ONU : sous le prétexte de quelques attentats terroristes, c’est la reconnaissance de l’État islamique en Irak et au Levant comme acteur international, l’intensification de la guerre contre la Syrie, l’enregistrement de sa perte de contrôle d’une partie de son territoire, et la suspension de sa souveraineté sur l’ensemble de celui-ci.

Source : Stratediplo

http://www.mondialisation.ca/la-resolution-2249-de-lonu-suspend-la-souverainete-de-la-syrie-et-de-lirak/5491686

La résolution 2249 de l’ONU suspend la souveraineté de la Syrie et de l’Irak

CSONU
La résolution 2249 du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, qui prépare la guerre contre la Syrie, vient d’être publiée. Votée vendredi 20, elle était sous embargo jusqu’à ce lundi 23, à 18h30 heure de New York, mais s’avère foncièrement identique au projet rédigé et diffusé en anglais par la France.

Pour mémoire, sur ce sujet de la lutte contre le terrorisme en général et l’État islamique en Irak en au Levant en particulier, la Russie avait présenté un projet de résolution le 30 septembre, qui a été bien accepté par la plupart des membres du Conseil mais bloqué par le Royaume-Uni, soutenu par les États-Unis d’Amérique et la France, au motif que ce projet prévoyait une coordination des efforts de lutte contre l’État islamique : coordination entre intervenants mais également avec les pays où cette lutte est menée, ce qui ne convenait pas aux pays membres de l’Alliance atlantique.

Le projet de résolution russe, légèrement modifié en des termes tendant à ménager les pays ennemis de la Syrie, a été encore présenté dans le nouveau contexte après les attentats de Paris et du Sinaï.
Mais c’est alors que la France a présenté son propre projet, et la Russie, voulant éviter une compétition des propositions ou une division du Conseil, n’a finalement pas re-présenté son projet, et a voté celui de la France.

Elle le regrettera, comme elle a regretté d’avoir laissé passer le 17 mars 2011 la résolution 1973, immédiatement brandie et outrepassée par la France et l’alliance islamo-atlantique pour attaquer la Libye.
La résolution 2249 ne se réfère certes pas explicitement au chapitre VII de la Charte de l’ONU, ce qui laisse certains commentateurs dire qu’elle n’autorise donc pas l’usage de la force.

Elle mentionne cependant une menace mondiale à la paix et à la sécurité internationale, ce qui revient au même puisque c’est le sujet du chapitre VII, et appelle les pays qui en ont les moyens à « prendre toutes les mesures nécessaires » pour, entre autres, « éradiquer les sanctuaires » que l’EIIL s’est taillés en Irak et en Syrie. Ce qui ne laisse guère de doutes sur le type de moyens à mettre en œuvre.

D’ailleurs elle ne condamne ni ne distingue les opérations militaires menées avec les résultats respectifs que l’on connaît de la part d’une soixantaine de pays conduits par les États-Unis depuis quinze mois, en violation de la souveraineté de la Syrie (donc en violation de la charte de l’ONU), et de la Russie depuis deux mois à la demande de la Syrie (donc en accord avec la charte).

Dans sa présentation du projet, la France avait insisté pour qualifier les attentats de Paris d’« acte de guerre », ce qui équivalait à une reconnaissance de l’État islamique en Irak et au Levant comme sujet de droit international. Elle n’a pas totalement obtenu gain de cause puisque cela a été requalifié en « menace contre la paix et la sécurité internationale ».

Les États-Unis aussi ont perdu un point puisqu’ils s’étaient opposés récemment à un projet de résolution présenté par la Russie pour, notamment, qualifier le front Al-Nosra d’organisation terroriste, ce que les États-Unis refusaient formellement, et qui figure dans la résolution 2249, laquelle cite nommément le front Al-Nosra au même titre que l’EIIL.

Mais, surtout, la résolution 2249 suspend la souveraineté de la Syrie et de l’Irak, puisqu’elle ne mentionne pas leurs gouvernements ni la nécessité de les associer à ce que l’on entreprendra sur leurs territoires nationaux.

Les pays qui en ont les moyens sont encouragés à engager des campagnes militaires « dans les zones contrôlées par l’EIIL en Irak et en Syrie » en ignorant totalement ces deux pays, leurs gouvernements et leurs frontières.

Afin que les choses soient bien claires, dans son discours d’explication des raisons pour lesquelles les États-Unis votaient en faveur de cette résolution, l’ambassadrice états-unienne Michele Sison mentionne avec insistance l’urgence de procéder à un changement de régime en Syrie.

Voilà ce qui se cache réellement derrière la résolution 2249 du Conseil de Sécurité de l’ONU : sous le prétexte de quelques attentats terroristes, c’est la reconnaissance de l’État islamique en Irak et au Levant comme acteur international, l’intensification de la guerre contre la Syrie, l’enregistrement de sa perte de contrôle d’une partie de son territoire, et la suspension de sa souveraineté sur l’ensemble de celui-ci.

Source : Stratediplo

http://www.mondialisation.ca/la-resolution-2249-de-lonu-suspend-la-souverainete-de-la-syrie-et-de-lirak/5491686

Posté samedi 28 novembre 2015 à 22:30 |  par bbela

mardi 24 novembre 2015

Abu Bakr al-Baghdadi, delivering a sermon at a mosque in Iraq, July 5, 2014.AP


Les responsables du renseignement irakien avaient averti les pays de la coalition d'agressions imminentes par le groupe Etat islamique juste un jour avant les attaques meurtrières du 13 novembre à Paris dans lesquelles 132 personnes avaient péri.

Le Renseignement irakien a envoyé une dépêche disant le chef du groupe, Abou Bakr al-Baghdadi, avait ordonné une attaque contre les pays de la coalition en Irak et en Syrie, ainsi que sur l'Iran et la Russie, "à travers attentats ou assassinats ou prise d'otages dans les jours à venir."

La dépêche dit que les Irakiens n'avaient pas de détails précis sur quand et où l'attaque aurait lieu, et un haut fonctionnaire français de la sécurité a dit à l'AP que le renseignement français reçoit ce genre de communication «tout le temps» et «tous les jours."

Cependant, six hauts responsables irakiens ont corroboré l'information dans la dépêche, dont une copie a été obtenue par l'AP, et quatre de ces responsables du renseignement ont dit qu'ils ont également averti spécifiquement la France d'une attaque potentielle. Deux fonctionnaires ont dit à l'AP que la France a été avertie à l'avance des détails que les autorités françaises doivent encore à rendre publics.

Entre autres de ces détails: Les attentats de Paris semblent avoir été planifiés à Raqqa, Syrie - de facto la capitale de l'État islamique - où les combattants ont été formés spécifiquement pour cette opération et avec l'intention de les envoyer en France.

Les officiels disent ajoutent qu'une cellule dormante en France a ensuite rencontré les assaillants après leur formation et les a aidés à exécuter le plan.

Il y avait 24 personnes impliquées dans l'opération, ils ont dit: 19 combattants et cinq autres en charge de la logistique et de la planification.

Les officiels parlaient tous de façon anonyme parce qu'ils ne sont pas autorisés à discuter de la question publiquement.

Le groupe Etat islamique a revendiqué la responsabilité des attentats à la bombe sur un stade, une salle de concert et cafés de Paris qui ont également blessé 350 personnes, dont 99 grièvement. Sept des assaillants se sont fait exploser. La police a lancé une recherche intensive des complices.

Le Ministre des Affaires étrangères de l'Irak Ibrahim al-Jaafari, a également déclaré à des journalistes à Vienne que les agences de renseignement irakiens avaient obtenu des informations que certains pays seraient visés, y compris la France, les États-Unis et l'Iran, et avaient partagé les informations avec ces pays.

Les fonctionnaires de l'Elysée et les responsables américains n'ont pas voulu commenter ces informations lorsqu'ils ont été contactés par l'AP.

Chaque soir, le chef du contre-espionnage français va au lit demandant «pourquoi pas aujourd'hui? le responsable de la sécurité française dit.

Le gouvernement irakien a échangé plusieurs renseignements avec les différents pays de la coalition depuis qu'ils ont lancé leur campagne de frappes aériennes contre le groupe Etat islamique l'année dernière. En Septembre, le gouvernement irakien a également annoncé qu'elle faisait partie d'un échange de renseignements avec la Russie, l'Iran et la Syrie à des fins de saper la capacité du groupe militant d'engranger des victoires sur le champ de bataille.

Un tiers de l'Irak et la Syrie font désormais partie du califat autoproclamé par le groupe Etat islamique l'année dernière. Les Coalitions américaines en Irak et la Syrie fournissent un appui aérien aux forces terrestres alliées dans les deux pays, et ils sont en train d'armer et de former les forces irakiennes. Les États-Unis disent qu'ils envoient également 50 militaires des forces spéciales dans le nord de la Syrie.


The Associated Press

Original en Anglais:
http://www.haaretz.com/world-news/1.686257

Les services secrets irakiens avaient averti la #France des attentats de Paris

Abu Bakr al-Baghdadi, delivering a sermon at a mosque in Iraq, July 5, 2014.AP


Les responsables du renseignement irakien avaient averti les pays de la coalition d'agressions imminentes par le groupe Etat islamique juste un jour avant les attaques meurtrières du 13 novembre à Paris dans lesquelles 132 personnes avaient péri.

Le Renseignement irakien a envoyé une dépêche disant le chef du groupe, Abou Bakr al-Baghdadi, avait ordonné une attaque contre les pays de la coalition en Irak et en Syrie, ainsi que sur l'Iran et la Russie, "à travers attentats ou assassinats ou prise d'otages dans les jours à venir."

La dépêche dit que les Irakiens n'avaient pas de détails précis sur quand et où l'attaque aurait lieu, et un haut fonctionnaire français de la sécurité a dit à l'AP que le renseignement français reçoit ce genre de communication «tout le temps» et «tous les jours."

Cependant, six hauts responsables irakiens ont corroboré l'information dans la dépêche, dont une copie a été obtenue par l'AP, et quatre de ces responsables du renseignement ont dit qu'ils ont également averti spécifiquement la France d'une attaque potentielle. Deux fonctionnaires ont dit à l'AP que la France a été avertie à l'avance des détails que les autorités françaises doivent encore à rendre publics.

Entre autres de ces détails: Les attentats de Paris semblent avoir été planifiés à Raqqa, Syrie - de facto la capitale de l'État islamique - où les combattants ont été formés spécifiquement pour cette opération et avec l'intention de les envoyer en France.

Les officiels disent ajoutent qu'une cellule dormante en France a ensuite rencontré les assaillants après leur formation et les a aidés à exécuter le plan.

Il y avait 24 personnes impliquées dans l'opération, ils ont dit: 19 combattants et cinq autres en charge de la logistique et de la planification.

Les officiels parlaient tous de façon anonyme parce qu'ils ne sont pas autorisés à discuter de la question publiquement.

Le groupe Etat islamique a revendiqué la responsabilité des attentats à la bombe sur un stade, une salle de concert et cafés de Paris qui ont également blessé 350 personnes, dont 99 grièvement. Sept des assaillants se sont fait exploser. La police a lancé une recherche intensive des complices.

Le Ministre des Affaires étrangères de l'Irak Ibrahim al-Jaafari, a également déclaré à des journalistes à Vienne que les agences de renseignement irakiens avaient obtenu des informations que certains pays seraient visés, y compris la France, les États-Unis et l'Iran, et avaient partagé les informations avec ces pays.

Les fonctionnaires de l'Elysée et les responsables américains n'ont pas voulu commenter ces informations lorsqu'ils ont été contactés par l'AP.

Chaque soir, le chef du contre-espionnage français va au lit demandant «pourquoi pas aujourd'hui? le responsable de la sécurité française dit.

Le gouvernement irakien a échangé plusieurs renseignements avec les différents pays de la coalition depuis qu'ils ont lancé leur campagne de frappes aériennes contre le groupe Etat islamique l'année dernière. En Septembre, le gouvernement irakien a également annoncé qu'elle faisait partie d'un échange de renseignements avec la Russie, l'Iran et la Syrie à des fins de saper la capacité du groupe militant d'engranger des victoires sur le champ de bataille.

Un tiers de l'Irak et la Syrie font désormais partie du califat autoproclamé par le groupe Etat islamique l'année dernière. Les Coalitions américaines en Irak et la Syrie fournissent un appui aérien aux forces terrestres alliées dans les deux pays, et ils sont en train d'armer et de former les forces irakiennes. Les États-Unis disent qu'ils envoient également 50 militaires des forces spéciales dans le nord de la Syrie.


The Associated Press

Original en Anglais:
http://www.haaretz.com/world-news/1.686257

Posté mardi 24 novembre 2015 à 22:39 |  par bbela

Le ministère de l'Intérieur du pays a annoncé que l'explosion a fait onze morts, a annoncé un représentant du ministère de l'Intérieur à Sputnik.

​Une explosion s'est produite mardi dans le centre de Tunis au passage d'un car de la Garde présidentielle.
​"Selon les premières informations, onze personnes ont été tuées. Les causes de l'explosion sont pour l'instant inconnues. Nous estimons qu'une bombe aurait été posée dans le moteur du car", a déclaré à Sputnik Walid Louguini, porte-parole du ministère tunisien de l'Intérieur.


Explosion au passage d'un car de la Garde présidentielle dans le centre de Tunis

Le ministère de l'Intérieur du pays a annoncé que l'explosion a fait onze morts, a annoncé un représentant du ministère de l'Intérieur à Sputnik.

​Une explosion s'est produite mardi dans le centre de Tunis au passage d'un car de la Garde présidentielle.
​"Selon les premières informations, onze personnes ont été tuées. Les causes de l'explosion sont pour l'instant inconnues. Nous estimons qu'une bombe aurait été posée dans le moteur du car", a déclaré à Sputnik Walid Louguini, porte-parole du ministère tunisien de l'Intérieur.


Posté à 20:14 |  par bbela

samedi 21 novembre 2015

Voilà ce qui est arrivé vendredi 13 novembre 2015 : Au moins 120 morts dans des attentats à Paris, Hollande déclare l’état d’urgence.

Des hommes armés et des poseurs de bombes ont attaqué des restaurants, une salle de concert et un stade de sport, en divers endroits de Paris, vendredi, faisant au moins 120 morts dans un déchaînement meurtrier que le président François Hollande, très ému, a qualifié d’attaque terroriste sans précédent.
L’État islamique a revendiqué l’attaque.

Mais qui a fourni les armes et financé l’État islamique ou les organisations précédentes en Syrie et en Irak qui lui ont donné naissance ? Voyez vous-mêmes :

En 2012 - Hollande admet qu’il arme les rebelles syriens en violation de l’embargo.
Le président français a reconnu avoir livré des armes aux rebelles syriens pendant l’embargo de l’UE, selon un livre* qui va bientôt sortir en France.
Les livraisons ont eu lieu en 2012, avant qu’il ne soit mis fin à l’embargo en mai 2013, a admis François Hollande lors de sa dernière interview de l’année avec le journaliste et écrivain Xavier Panon. « Nous avons commencé à les livrer quand nous avons été sûrs qu’elles finiraient dans les bonnes mains. Pour les armes létales, ce sont nos services qui les ont livrées, » a dit Hollande à l’écrivain, ...
Oct 2012 – En Syrie, il semble que ce soient les djihadistes qui profitent des armes livrées aux rebelles
WASHINGTON - La plus grande partie des armes expédiées à la demande de l’Arabie saoudite et du Qatar à des groupes rebelles syriens qui combattent le gouvernement de Bachar al-Assad finissent dans les mains de djihadistes islamiques radicaux, et non dans celles des groupes d’opposition, plus laïques, que l’Occident veut renforcer, selon des responsables américains et des diplomates du Moyen-Orient.
Décembre 2012 – La France finance des rebelles syriens dans un nouvel effort pour évincer Assad
La France est devenue le plus important bailleur de fonds de l’opposition armée syrienne et elle finance maintenant directement des groupes rebelles autour d’Alep, dans le cadre d’un effort renouvelé pour renverser le régime assiégé d’Assad.
De grosses sommes d’argent liquide ont été transférées par des mandataires du gouvernement français via la frontière turque aux commandants rebelles, le mois dernier, selon des sources diplomatiques. L’argent a été utilisé pour acheter des armes à l’intérieur de la Syrie et pour financer des opérations armées contre les forces loyalistes.
Août 2014 - Hollande confirme que la France a livré des armes aux rebelles syriens
Le président François Hollande a déclaré jeudi que la France avait livré des armes aux rebelles qui luttent contre le régime syrien de Bachar al-Assad, « il y a quelques mois. »
Novembre 2015 - Murad Gazdiev @MuradoRT
Le lanceur de roquettes français APILAS fourni aux #rebelles syriens tombe entre les mains de #ISIS. Photos de #Deraa, #sud de la Syrie
12h09 - 6 novembre 2015
Juin 2014 - « Merci à Dieu pour les Saoudiens » : ISIS, Irak et le retour de manivelle
Les deux factions qui ont les meilleurs résultats contre les forces d’Assad sont deux groupes extrémistes islamistes : Jabhat al-Nusra et l’Etat islamique en Irak et en Syrie (ISIS), ce dernier gagne actuellement du terrain en Irak et menace de déstabiliser davantage l’ensemble de la région. Et ce succès est en partie dû à l’appui que ces deux groupes ont reçu de deux pays du Golfe : le Qatar et l’Arabie saoudite.
Jabhat al-Nusra a tellement bénéficié des largesses militaires et économiques du Qatar qu’un important officiel qatari m’a dit qu’il pouvait reconnaitre les commandants al-Nusra aux pâtés de maisons qu’ils contrôlent dans diverses villes syriennes. Mais ISIS, c’est autre chose. Comme un responsable qatari principal l’a déclaré, « ISIS est depuis le début un projet saoudien. »
La France a tiré profit de son soutien au projet étasuno-wahhabite de changement de régime en Syrie et en Irak :
Avril 2015 – La France et le Qatar scellent un accord d’un montant de 7 milliards de dollars pour des Rafales.
Le Qatar a accepté d’acheter 24 avions de combat Rafales construits par Dassault pour 6,3 milliards d’euros (4,55 milliards de livres), a annoncé, jeudi, le gouvernement français. Cet état du Golfe arabique cherche en effet à augmenter sa puissance militaire dans une région de plus en plus instable.
Juin 2015 –L’Arabie Saoudite et la France concluent un marché de 12 milliards de dollars.
L’Arabie saoudite et la France ont signé, mercredi, un accord commercial de 12 milliards de dollars, a déclaré le ministre des Affaires étrangères saoudien, Adel Al-Jubair, lors de la visite historique du vice-prince héritier Salman bin Mohammed à Paris.
Même après qu’il soit devenu évident pour tout le monde que le projet de changement de régime en Syrie favorisait l’expansion du terrorisme, Hollande a continué à exiger la fin de l’Etat syrien.
Septembre 2015 - François Hollande de France dit qu’Assad doit partir
Le président François Hollande de France a déclaré à l’Assemblée générale des Nations Unies, lundi, que son pays allait « assumer ses responsabilités » dans l’effort mondial pour mettre fin aux combats en Syrie, mais que le conflit ne pourrait être résolu que si le président Bachar al-Assad était écarté du pouvoir.
Hollande va-t-il maintenant changer de discours ?

Moon of Alabama
Note :
* Dans les coulisses de la diplomatie française de Xavier Panon.
Traduction : D.B.
»» http://www.moonofalabama.org/2015/11/terror-attacks-in-france-some-rel...

Attentats de Paris: Qui a commandité? les faits troublants sur l'identité du vrai coupable

Voilà ce qui est arrivé vendredi 13 novembre 2015 : Au moins 120 morts dans des attentats à Paris, Hollande déclare l’état d’urgence.

Des hommes armés et des poseurs de bombes ont attaqué des restaurants, une salle de concert et un stade de sport, en divers endroits de Paris, vendredi, faisant au moins 120 morts dans un déchaînement meurtrier que le président François Hollande, très ému, a qualifié d’attaque terroriste sans précédent.
L’État islamique a revendiqué l’attaque.

Mais qui a fourni les armes et financé l’État islamique ou les organisations précédentes en Syrie et en Irak qui lui ont donné naissance ? Voyez vous-mêmes :

En 2012 - Hollande admet qu’il arme les rebelles syriens en violation de l’embargo.
Le président français a reconnu avoir livré des armes aux rebelles syriens pendant l’embargo de l’UE, selon un livre* qui va bientôt sortir en France.
Les livraisons ont eu lieu en 2012, avant qu’il ne soit mis fin à l’embargo en mai 2013, a admis François Hollande lors de sa dernière interview de l’année avec le journaliste et écrivain Xavier Panon. « Nous avons commencé à les livrer quand nous avons été sûrs qu’elles finiraient dans les bonnes mains. Pour les armes létales, ce sont nos services qui les ont livrées, » a dit Hollande à l’écrivain, ...
Oct 2012 – En Syrie, il semble que ce soient les djihadistes qui profitent des armes livrées aux rebelles
WASHINGTON - La plus grande partie des armes expédiées à la demande de l’Arabie saoudite et du Qatar à des groupes rebelles syriens qui combattent le gouvernement de Bachar al-Assad finissent dans les mains de djihadistes islamiques radicaux, et non dans celles des groupes d’opposition, plus laïques, que l’Occident veut renforcer, selon des responsables américains et des diplomates du Moyen-Orient.
Décembre 2012 – La France finance des rebelles syriens dans un nouvel effort pour évincer Assad
La France est devenue le plus important bailleur de fonds de l’opposition armée syrienne et elle finance maintenant directement des groupes rebelles autour d’Alep, dans le cadre d’un effort renouvelé pour renverser le régime assiégé d’Assad.
De grosses sommes d’argent liquide ont été transférées par des mandataires du gouvernement français via la frontière turque aux commandants rebelles, le mois dernier, selon des sources diplomatiques. L’argent a été utilisé pour acheter des armes à l’intérieur de la Syrie et pour financer des opérations armées contre les forces loyalistes.
Août 2014 - Hollande confirme que la France a livré des armes aux rebelles syriens
Le président François Hollande a déclaré jeudi que la France avait livré des armes aux rebelles qui luttent contre le régime syrien de Bachar al-Assad, « il y a quelques mois. »
Novembre 2015 - Murad Gazdiev @MuradoRT
Le lanceur de roquettes français APILAS fourni aux #rebelles syriens tombe entre les mains de #ISIS. Photos de #Deraa, #sud de la Syrie
12h09 - 6 novembre 2015
Juin 2014 - « Merci à Dieu pour les Saoudiens » : ISIS, Irak et le retour de manivelle
Les deux factions qui ont les meilleurs résultats contre les forces d’Assad sont deux groupes extrémistes islamistes : Jabhat al-Nusra et l’Etat islamique en Irak et en Syrie (ISIS), ce dernier gagne actuellement du terrain en Irak et menace de déstabiliser davantage l’ensemble de la région. Et ce succès est en partie dû à l’appui que ces deux groupes ont reçu de deux pays du Golfe : le Qatar et l’Arabie saoudite.
Jabhat al-Nusra a tellement bénéficié des largesses militaires et économiques du Qatar qu’un important officiel qatari m’a dit qu’il pouvait reconnaitre les commandants al-Nusra aux pâtés de maisons qu’ils contrôlent dans diverses villes syriennes. Mais ISIS, c’est autre chose. Comme un responsable qatari principal l’a déclaré, « ISIS est depuis le début un projet saoudien. »
La France a tiré profit de son soutien au projet étasuno-wahhabite de changement de régime en Syrie et en Irak :
Avril 2015 – La France et le Qatar scellent un accord d’un montant de 7 milliards de dollars pour des Rafales.
Le Qatar a accepté d’acheter 24 avions de combat Rafales construits par Dassault pour 6,3 milliards d’euros (4,55 milliards de livres), a annoncé, jeudi, le gouvernement français. Cet état du Golfe arabique cherche en effet à augmenter sa puissance militaire dans une région de plus en plus instable.
Juin 2015 –L’Arabie Saoudite et la France concluent un marché de 12 milliards de dollars.
L’Arabie saoudite et la France ont signé, mercredi, un accord commercial de 12 milliards de dollars, a déclaré le ministre des Affaires étrangères saoudien, Adel Al-Jubair, lors de la visite historique du vice-prince héritier Salman bin Mohammed à Paris.
Même après qu’il soit devenu évident pour tout le monde que le projet de changement de régime en Syrie favorisait l’expansion du terrorisme, Hollande a continué à exiger la fin de l’Etat syrien.
Septembre 2015 - François Hollande de France dit qu’Assad doit partir
Le président François Hollande de France a déclaré à l’Assemblée générale des Nations Unies, lundi, que son pays allait « assumer ses responsabilités » dans l’effort mondial pour mettre fin aux combats en Syrie, mais que le conflit ne pourrait être résolu que si le président Bachar al-Assad était écarté du pouvoir.
Hollande va-t-il maintenant changer de discours ?

Moon of Alabama
Note :
* Dans les coulisses de la diplomatie française de Xavier Panon.
Traduction : D.B.
»» http://www.moonofalabama.org/2015/11/terror-attacks-in-france-some-rel...

Posté samedi 21 novembre 2015 à 02:44 |  par bbela

vendredi 20 novembre 2015


ATTENTATS DU 13 NOVEMBRE - Une enfance maltraitée, une jeunesse de fêtarde, puis elle troque soudainement son chapeau de cow-boy pour le voile intégral: Hasna Aitboulahcen, cousine d'Abdelhamid Abaaoud, "cerveau" présumé des attentats de Paris, fait partie des trois jihadistes tués jeudi dans l'assaut policier à Saint-Denis.

Au cœur de la nuit, dans la ville endormie, le Raid attaque un appartement où se terre Abaaoud. Un policier hurle: "Il est où ton copain?" Une voix de femme: "C'est pas mon copain!" Suivent des détonations. Trois personnes sont mortes, dont une probablement en kamikaze, même si on ne sait pas laquelle des trois.
MISE À JOUR : Vendredi 20 novembre - 18.00 : Hasna Aitboulahcen, cousine de l'organisateur présumé des attentats de Paris dont le corps a été retrouvé dans les décombres de l'appartement de Saint-Denis, n'est pas morte en kamikaze, a-t-on appris de source policière.
La scène, filmée par un riverain, passe en boucle à la télévision. "Onde de choc" dans la Cité des 3000, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où l'on reconnaît la voix, mais aussi la photo de la jeune femme: Hasna Aitboulahcen, 26 ans. Sa mère habite le quartier.

"Parfois excentrique", elle avait hérité d'un surnom, "'chapeau de paille', parce qu'elle en portait souvent", raconte Sofiane, un voisin. "Bavarde, avec la tchatche, un peu fofolle aussi, instable, elle pouvait surgir devant toi et commencer à faire un rap!" Les autres voisins décrivent un "garçon manqué" au "physique quelconque", en "blue jean, casquettes, lunettes".

"Elle s'était fabriqué sa propre bulle"
Tout bascule il y a six mois. Elle commence à porter "le jilbabe", tenue recouvrant l'intégralité du corps excepté le visage, "puis, un mois après, elle était passée au niqab", témoigne auprès de l'AFP un homme qui se présente comme son frère et demande l'anonymat. "Elle s'était fabriqué sa propre bulle, elle ne cherchait aucunement à étudier sa religion, je ne l'ai jamais vue ouvrir un Coran", poursuit-il.

Même stupéfaction à Creutzwald, ville ouvrière de Moselle, où Hasna Aitboulahcen rendait parfois visite à son père de 74 ans. Là-bas, elle laisse le souvenir d'une fêtarde, "avec son petit chapeau de cow-boy et ses santiags", qui "fumait de temps en temps et buvait dans les soirées", raconte un ancien ami, Jérôme.
Le père, musulman très pratiquant, avait quitté le foyer familial pour travailler chez PSA en Lorraine. Il est actuellement au Maroc.

Le 11 septembre 2001, elle "applaudissait devant la télé"
Née le 12 août 1989, à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), Hasna Aitboulahcen a traversé une enfance maltraitée avant d'être placée en famille d'accueil entre les âges de 8 et 15 ans.

"Au début, ça se passait bien. C'était une gamine comme les autres", dit à l'AFP sous couvert d'anonymat sa mère d'accueil. Un détail, cependant: aucun geste de tendresse chez la fillette. "Elle voulait pas..." Autre bizarrerie: "Elle s'enroulait toujours dans une couette la tête cachée. Elle disait qu'il y avait le diable la nuit."
Vers 11 ans, les choses empirent: "Pour moi, ça venait de chez elle", des visites une fois par mois chez ses parents, explique la mère d'accueil, décrivant une fille tiraillée entre deux familles.
Elle se rappelle notamment du 11 septembre 2001, lorsqu'elle "applaudissait devant la télé". Peu à peu, l'adolescente ne fait "que ce qui lui plaît", hurle parfois, fait le mur. Elle quitte cette famille d'un coup, à 15 ans.

"Fais ta vie, je fais la mienne"
"Quand elle est partie, je me suis dit: 'Elle est perdue'", raconte la mère d'accueil, qui a pleuré en découvrant sa photo à la télévision. "Mais ça ne m'a pas trop étonnée. Elle en a toujours voulu à tout le monde..."
"En grandissant, elle a manqué de repères et a choisi la fin de l'insouciance, en multipliant les fugues, les mauvaises fréquentations", résume son frère. Selon une source proche du dossier, elle a été inquiétée par la justice dans une affaire de stupéfiants.

Après sa brutale radicalisation, "un lavage de cerveau" selon sa mère, 58 ans, rencontrée jeudi par l'AFP, la jeune femme "passait son temps à tout critiquer", "n'acceptait aucun conseil", "entretenait des relations plus que douteuses", se rappelle son frère.

"Elle était en permanence avec son smartphone sur Facebook et Whatsapp. 'Fais ta vie, je fais la mienne', elle disait." Il y a trois semaines, elle était selon lui partie vivre chez une amie, à Drancy.
Son corps déchiqueté, retrouvé dans les décombres, a été identifié grâce à ses empreintes digitales.

https://proxy-nl.hide.me/go.php?u=d7rX4zlx+EReRV9ppCoHVfupkSLgJgqgmsriqG/4fVJDqYPEnfThP0h+BRMxBDLn43pL5H9moTcrOfhubdnpkSA+tDIzny8VnNZEIGjmujpkeaBxQqFYoUZvKjHfp10NliCA5G3XPJk0Y4jw6/0yWnBb7sGKF1x9KNWhH1PO5Ws=&b=29

Attentats de Paris: De "cow-girl" des quartiers à jihadiste, qui est Hasna Aitboulahcen ?


ATTENTATS DU 13 NOVEMBRE - Une enfance maltraitée, une jeunesse de fêtarde, puis elle troque soudainement son chapeau de cow-boy pour le voile intégral: Hasna Aitboulahcen, cousine d'Abdelhamid Abaaoud, "cerveau" présumé des attentats de Paris, fait partie des trois jihadistes tués jeudi dans l'assaut policier à Saint-Denis.

Au cœur de la nuit, dans la ville endormie, le Raid attaque un appartement où se terre Abaaoud. Un policier hurle: "Il est où ton copain?" Une voix de femme: "C'est pas mon copain!" Suivent des détonations. Trois personnes sont mortes, dont une probablement en kamikaze, même si on ne sait pas laquelle des trois.
MISE À JOUR : Vendredi 20 novembre - 18.00 : Hasna Aitboulahcen, cousine de l'organisateur présumé des attentats de Paris dont le corps a été retrouvé dans les décombres de l'appartement de Saint-Denis, n'est pas morte en kamikaze, a-t-on appris de source policière.
La scène, filmée par un riverain, passe en boucle à la télévision. "Onde de choc" dans la Cité des 3000, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où l'on reconnaît la voix, mais aussi la photo de la jeune femme: Hasna Aitboulahcen, 26 ans. Sa mère habite le quartier.

"Parfois excentrique", elle avait hérité d'un surnom, "'chapeau de paille', parce qu'elle en portait souvent", raconte Sofiane, un voisin. "Bavarde, avec la tchatche, un peu fofolle aussi, instable, elle pouvait surgir devant toi et commencer à faire un rap!" Les autres voisins décrivent un "garçon manqué" au "physique quelconque", en "blue jean, casquettes, lunettes".

"Elle s'était fabriqué sa propre bulle"
Tout bascule il y a six mois. Elle commence à porter "le jilbabe", tenue recouvrant l'intégralité du corps excepté le visage, "puis, un mois après, elle était passée au niqab", témoigne auprès de l'AFP un homme qui se présente comme son frère et demande l'anonymat. "Elle s'était fabriqué sa propre bulle, elle ne cherchait aucunement à étudier sa religion, je ne l'ai jamais vue ouvrir un Coran", poursuit-il.

Même stupéfaction à Creutzwald, ville ouvrière de Moselle, où Hasna Aitboulahcen rendait parfois visite à son père de 74 ans. Là-bas, elle laisse le souvenir d'une fêtarde, "avec son petit chapeau de cow-boy et ses santiags", qui "fumait de temps en temps et buvait dans les soirées", raconte un ancien ami, Jérôme.
Le père, musulman très pratiquant, avait quitté le foyer familial pour travailler chez PSA en Lorraine. Il est actuellement au Maroc.

Le 11 septembre 2001, elle "applaudissait devant la télé"
Née le 12 août 1989, à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), Hasna Aitboulahcen a traversé une enfance maltraitée avant d'être placée en famille d'accueil entre les âges de 8 et 15 ans.

"Au début, ça se passait bien. C'était une gamine comme les autres", dit à l'AFP sous couvert d'anonymat sa mère d'accueil. Un détail, cependant: aucun geste de tendresse chez la fillette. "Elle voulait pas..." Autre bizarrerie: "Elle s'enroulait toujours dans une couette la tête cachée. Elle disait qu'il y avait le diable la nuit."
Vers 11 ans, les choses empirent: "Pour moi, ça venait de chez elle", des visites une fois par mois chez ses parents, explique la mère d'accueil, décrivant une fille tiraillée entre deux familles.
Elle se rappelle notamment du 11 septembre 2001, lorsqu'elle "applaudissait devant la télé". Peu à peu, l'adolescente ne fait "que ce qui lui plaît", hurle parfois, fait le mur. Elle quitte cette famille d'un coup, à 15 ans.

"Fais ta vie, je fais la mienne"
"Quand elle est partie, je me suis dit: 'Elle est perdue'", raconte la mère d'accueil, qui a pleuré en découvrant sa photo à la télévision. "Mais ça ne m'a pas trop étonnée. Elle en a toujours voulu à tout le monde..."
"En grandissant, elle a manqué de repères et a choisi la fin de l'insouciance, en multipliant les fugues, les mauvaises fréquentations", résume son frère. Selon une source proche du dossier, elle a été inquiétée par la justice dans une affaire de stupéfiants.

Après sa brutale radicalisation, "un lavage de cerveau" selon sa mère, 58 ans, rencontrée jeudi par l'AFP, la jeune femme "passait son temps à tout critiquer", "n'acceptait aucun conseil", "entretenait des relations plus que douteuses", se rappelle son frère.

"Elle était en permanence avec son smartphone sur Facebook et Whatsapp. 'Fais ta vie, je fais la mienne', elle disait." Il y a trois semaines, elle était selon lui partie vivre chez une amie, à Drancy.
Son corps déchiqueté, retrouvé dans les décombres, a été identifié grâce à ses empreintes digitales.

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Posté vendredi 20 novembre 2015 à 23:39 |  par bbela

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