En ce mois de fête des travailleurs, voici un petit test pour vérifier que le votre a encore un sens.
Dans la torpeur de l'été 2013, un article publié dans un magazine britannique de gauche radicale, Strike!, va connaître un succès fulgurant. Son thème: les «bullshit jobs», ou «métiers à la con». L'auteur, l'anthropologue David Graeber, lance un coup de gueule contre ces «emplois qui sont, par définition, inutiles.» «Des troupes entières de gens, en Europe et en Amérique du Nord particulièrement, affirme-t-il, passent leur vie professionnelle à effectuer des tâches qu’ils savent sans réelle utilité. Les nuisances morales et spirituelles qui accompagnent cette situation sont profondes. C’est une cicatrice qui balafre notre âme collective. Et pourtant, personne n’en parle.»
Le moins qu'on puisse dire est que depuis, on en a parlé. Les «métiers à la con» sont entrés dans le langage courant et plus personne ne se sent à l'abri de la crise de sens qui naît des évolutions qui touchent le monde du travail. Les raisons qui expliquent la propagation de ce sentiment de vide existentiel dans les bureaux sont variées: citons la tertiarisation de l'économie, la division internationale des tâches entre pays de production et pays de conception et de services supérieurs, l'instabilité économique dans une période de crises à répétition, le court-termisme actionnarial, le management et ses modes qui s'enchaînent comme des régimes dans les pages des magazines, sans compter la «disruption» et la numérisation de nos vies de bureau qui, si elles améliorent certains aspects, ajoutent souvent une couche d'abstraction supplémentaire.
Cette situation a donné lieu à de nouvelles aspirations, en particulier au sein de la jeunesse diplômée, dont une portion croissante rejette le modèle proposé, d'autant que les boulots à la con constituent de moins en moins un rempart efficace au déclassement social. Face à cette menace de passer à côté de sa vie professionnelle, certains profils qui se destinaient à travailler derrière un ordinateur dans le marketing, la finance, le numérique, les ressources humaines ou le conseil, optent pour un changement radical de carrière et réinventent à leur façon des métiers traditionnels ou qui étaient il y a peu réservés à des travailleurs peu diplômés: petit commerce alimentaire, restauration et artisanat en tête. A lire: Où fait-il bon de travailler en France?
En ce mois de fête des travailleurs, voici un petit test pour vérifier que le votre a encore un sens.
Dans la torpeur de l'été 2013, un article publié dans un magazine britannique de gauche radicale, Strike!, va connaître un succès fulgurant. Son thème: les «bullshit jobs», ou «métiers à la con». L'auteur, l'anthropologue David Graeber, lance un coup de gueule contre ces «emplois qui sont, par définition, inutiles.» «Des troupes entières de gens, en Europe et en Amérique du Nord particulièrement, affirme-t-il, passent leur vie professionnelle à effectuer des tâches qu’ils savent sans réelle utilité. Les nuisances morales et spirituelles qui accompagnent cette situation sont profondes. C’est une cicatrice qui balafre notre âme collective. Et pourtant, personne n’en parle.»
Le moins qu'on puisse dire est que depuis, on en a parlé. Les «métiers à la con» sont entrés dans le langage courant et plus personne ne se sent à l'abri de la crise de sens qui naît des évolutions qui touchent le monde du travail. Les raisons qui expliquent la propagation de ce sentiment de vide existentiel dans les bureaux sont variées: citons la tertiarisation de l'économie, la division internationale des tâches entre pays de production et pays de conception et de services supérieurs, l'instabilité économique dans une période de crises à répétition, le court-termisme actionnarial, le management et ses modes qui s'enchaînent comme des régimes dans les pages des magazines, sans compter la «disruption» et la numérisation de nos vies de bureau qui, si elles améliorent certains aspects, ajoutent souvent une couche d'abstraction supplémentaire.
Cette situation a donné lieu à de nouvelles aspirations, en particulier au sein de la jeunesse diplômée, dont une portion croissante rejette le modèle proposé, d'autant que les boulots à la con constituent de moins en moins un rempart efficace au déclassement social. Face à cette menace de passer à côté de sa vie professionnelle, certains profils qui se destinaient à travailler derrière un ordinateur dans le marketing, la finance, le numérique, les ressources humaines ou le conseil, optent pour un changement radical de carrière et réinventent à leur façon des métiers traditionnels ou qui étaient il y a peu réservés à des travailleurs peu diplômés: petit commerce alimentaire, restauration et artisanat en tête. A lire: Où fait-il bon de travailler en France?
Posté vendredi 6 janvier 2017 à 21:27 |  par
bbela
samedi 24 décembre 2016
DISCRIMINATION - Cela s'appelle mettre le doigt là où ça fait mal. D'après une enquête dévoilée par le ministère du Travail ce lundi 12 décembre, les candidats maghrébins sont discriminés par 30% des grandes entreprises testées dans le cadre d'une campagne nationale.
Entre avril et juillet, le cabinet ISM Corum a testé, pour le compte du ministère, 40 entreprises de plus de 1000 salariés. Chacune a reçu entre 30 et 40 offres d'emploi. A chaque fois deux candidatures "rigoureusement équivalentes" (sexe, âge, lieu de résidence, nationalité française, expérience, formation), avec pour seule différence un nom à consonance "hexagonale" ou "maghrébine", ont été envoyées.
Malika Sayed ou Aurélie Favre? Fayçal Brahimi ou Julien Thiebaut? Au total, 3000 CV ont été expédiés en réponse à 1500 offres, pour des postes d'employés ou de managers.
40 entreprises, 1500 postes, 3000 CV
Résultat, 12 des 40 entreprises se sont rendues coupables de discrimination envers les candidatures "maghrébines". Dans ces entreprises, le taux de réponses positives des "maghrébins" a été inférieur de 15 à 35 points à celui des "hexagonaux".
Aussi impressionnants soient-ils, ces résultats doivent être pris avec du recul. Taille réduite de l'échantillon, nombre limité de candidatures par entreprise, exclusion des PME du testing alors qu'elles représentent l'essentiel des embauches... Tout cela interdit d'extrapoler à l'ensemble des grandes entreprises, l'échantillon n'étant pas représentatif.
L'étude met aussi en évidence que, dans 71% des cas, les deux candidatures ont connu le même sort: aucune réponse (33%), refus (11%) ou réponse positive (27%).
Signature d'une convention avec le @Defenseurdroits: ensemble contre les #discriminations dans l'#emploi. pic.twitter.com/lOAyGIJDPr
— Myriam El Khomri (@MyriamElKhomri) 12 décembre 2016
"Ce testing, d'une ampleur inédite dans notre pays, montre bien que l'inégalité de traitement à l'embauche est criante", a réagi ce 12 décembre la ministre du Travail Myriam El Khomri lors d'un point presse, qualifiant ces discriminations de "faute morale" et "d'absurdité économique".
"Tout notre discours sur la promesse d'égalité républicaine est mis à mal", s'est-elle insurgée. Parmi les mauvais élèves, "aucun n'a remis en cause les résultats" du testing, selon son cabinet, qui souligne par ailleurs que "certains, qui avaient déjà mis en oeuvre des programmes de promotion de la diversité, sont tombés de leur chaise" à l'écoute des résultats.
A l'automne, le cabinet de la ministre a reçu chaque entreprise testée et demandé des "plans d'actions correctives". Ceux-ci seront examinés par un cabinet d'audit, auquel pourrait être associé le Défenseur des droits.
"Si ce ne sont que des mesures cosmétiques, je n'hésiterai pas à désigner publiquement" les entreprises fautives, a redit Myriam El Khomri. Son cabinet recevra de nouveau toutes les entreprises "d'ici à la fin janvier".
DISCRIMINATION - Cela s'appelle mettre le doigt là où ça fait mal. D'après une enquête dévoilée par le ministère du Travail ce lundi 12 décembre, les candidats maghrébins sont discriminés par 30% des grandes entreprises testées dans le cadre d'une campagne nationale.
Entre avril et juillet, le cabinet ISM Corum a testé, pour le compte du ministère, 40 entreprises de plus de 1000 salariés. Chacune a reçu entre 30 et 40 offres d'emploi. A chaque fois deux candidatures "rigoureusement équivalentes" (sexe, âge, lieu de résidence, nationalité française, expérience, formation), avec pour seule différence un nom à consonance "hexagonale" ou "maghrébine", ont été envoyées.
Malika Sayed ou Aurélie Favre? Fayçal Brahimi ou Julien Thiebaut? Au total, 3000 CV ont été expédiés en réponse à 1500 offres, pour des postes d'employés ou de managers.
40 entreprises, 1500 postes, 3000 CV
Résultat, 12 des 40 entreprises se sont rendues coupables de discrimination envers les candidatures "maghrébines". Dans ces entreprises, le taux de réponses positives des "maghrébins" a été inférieur de 15 à 35 points à celui des "hexagonaux".
Aussi impressionnants soient-ils, ces résultats doivent être pris avec du recul. Taille réduite de l'échantillon, nombre limité de candidatures par entreprise, exclusion des PME du testing alors qu'elles représentent l'essentiel des embauches... Tout cela interdit d'extrapoler à l'ensemble des grandes entreprises, l'échantillon n'étant pas représentatif.
L'étude met aussi en évidence que, dans 71% des cas, les deux candidatures ont connu le même sort: aucune réponse (33%), refus (11%) ou réponse positive (27%).
Signature d'une convention avec le @Defenseurdroits: ensemble contre les #discriminations dans l'#emploi. pic.twitter.com/lOAyGIJDPr
— Myriam El Khomri (@MyriamElKhomri) 12 décembre 2016
"Ce testing, d'une ampleur inédite dans notre pays, montre bien que l'inégalité de traitement à l'embauche est criante", a réagi ce 12 décembre la ministre du Travail Myriam El Khomri lors d'un point presse, qualifiant ces discriminations de "faute morale" et "d'absurdité économique".
"Tout notre discours sur la promesse d'égalité républicaine est mis à mal", s'est-elle insurgée. Parmi les mauvais élèves, "aucun n'a remis en cause les résultats" du testing, selon son cabinet, qui souligne par ailleurs que "certains, qui avaient déjà mis en oeuvre des programmes de promotion de la diversité, sont tombés de leur chaise" à l'écoute des résultats.
A l'automne, le cabinet de la ministre a reçu chaque entreprise testée et demandé des "plans d'actions correctives". Ceux-ci seront examinés par un cabinet d'audit, auquel pourrait être associé le Défenseur des droits.
"Si ce ne sont que des mesures cosmétiques, je n'hésiterai pas à désigner publiquement" les entreprises fautives, a redit Myriam El Khomri. Son cabinet recevra de nouveau toutes les entreprises "d'ici à la fin janvier".
Posté samedi 24 décembre 2016 à 20:50 |  par
bbela
vendredi 23 décembre 2016
Les 25 entreprises françaises qui offrent les meilleures conditions de travail, selon Glassdoor
ENTREPRISES - Où fait-il bon travailler en France? Quand il s'agit de chercher un premier ou un nouvel emploi, la question n'est pas si évidente.
Banques
et assureurs ont bonne réputation, mais encore faut-il avoir la fibre.
Idem pour les éditeurs de logiciel. La distribution? Personne n'y songe
tant l'image de marque d'employeur est mauvaise. Et pourtant...
Ce classement des 25 entreprises françaises offrant les meilleures conditions de travail, établi par le site Glassdoor,
offre un début de réponse. La méthode est nouvelle: comme un
Tripadvisor des entreprises, Glassdoor ne prend en compte que les avis
des utilisateurs, c'est-à-dire des employés et ex-employés des
entreprises.
D'après le site, ce top 25 s'appuie sur un algorithme
qui prend en compte "l'évaluation globale de l'entreprise, l'évaluation
des employés sur cinq facteurs clés (opportunités de carrière,
rémunération et avantages, culture et valeurs, équipe dirigeante et
équilibre vie professionnelle/vie privée), le pourcentage d'employés qui
recommanderaient l'employeur à un ami, et l'évaluation des perspectives
de l'entreprise".
Sans avoir valeur scientifique, le classement
rassemble des entreprises ayant reçu entre 30 et 150 avis chacune.
Toutes celles en ayant moins de 20 ont été éliminées d'office. Sans
surprise, on ne retrouve que des grands groupes. En revanche, il met en
avant des entreprises issues de secteurs inattendus, comme Décathlon et
Leroy Merlin.
Voici ce top 25 des entreprises françaises offrant les meilleures conditions de travail:
25. Bouygues Télécom: 4/5
Jacky Naegelen / Reuters
"Rémunération, climat social, confiance de la
hiérarchie, liberté d'émettre et de mettre en application des idées
innovantes, contenu des postes stimulant, très bon restaurant
d'entreprise, site lumineux en lisière de forêt." Responsable RH Bouygues Telecom (Meudon)
24. IBM: 4/5
AFP
"Organisée et compétente, d'une grande renommée
internationale et rigueur professionnelle, le top du top en informatique
et solutions business franchement mieux que chez HP."Network Engineer IBM (Nancy)
Benoit Tessier / Reuters "Passion, exigence, carrière et mobilité, ouverture à l'internationale, secteur hautement, complexité, valeurs." Employé Air France (Roissy)
21. Société Générale: 4/5
"Rencontres avec des apprenants qui travaillent dans des
domaines très différents. Expertise des formateurs, des cas concrets,
des informations générales sur l'environnement dans lequel nous
travaillons. Et la richesse des échanges entre nous et avec les
différents intervenants. Des mises en situations qui sont très utiles
pour le futur." Responsable d'Unité de Traitement Bancaire Société Générale (Nantes)
20. BNP Paribas: 4/5
"Investissement important dans la formation interne et
externe. Outil informatique d'appropriation simple et rapide. Comité
d'entreprise dynamique et PEE intéressant." Directeur d'agence BNP Paribas (Paris)
19. Renault: 4/5
"Des collaborateurs passionnés qui ont à cœur de fournir
aux clients des produits et services de qualité avec un engagement fort
comme entreprise citoyenne. Véhicules électriques, confort familial,
sécurité, respect des autres automobilistes..." Corporate Resource Management Renault (Boulogne-Billancourt)
18. Schneider Electric: 4/5
"Secteur d'activité porteur et innovations nombreuses,
entreprise humaine (avantages sociaux importants), des vrais politiques
d'écoute des salariés (entretien annuel, management opérationnel,
enquête one voice)." Bid Manager Schneider Electric (Rueil-Malmaison)
17. Natixis: 4/5
"Une grosse société du secteur financier mais avec des valeurs humaines." Directeur de Projet (Paris)
16. Thales: 4,1/5
"Entreprise en croissance avec de nombreux types de
postes ouverts au recrutement. Bons salaires avec de nombreuses
opportunités d'évolution. Recrutement orienté vers les jeunes et les
femmes en ce moment. Bonnes conditions sociales (C.E., RTT, qualité de
vie au travail, temps partiel possible, télétravail). Très bonne aide à
la mobilité en cas de changement de poste. Travail intéressant dans les
technologies de pointe en informatique et électronique. Incitations à
l'innovation." Ingénieur Logiciel Thales (Cholet)
15. Saint-Gobain: 4,1/5
Benoit Tessier / Reuters
"La mobilité interne est une grande force du
développement des carrières de Saint-Gobain. C'est un groupe dynamique
tourné vers l'innovation et décentralisé." Chef De Projet Saint-Gobain (Courbevoie)
14. EDF: 4,1/5
AFP
"Bonne évolution de carrière, capacité d'écoute,
nombreuses possibilités de mobilité, secteurs variés, collaborateurs à
l'écoute." Ingénieur Cadre Electricité de France (Paris)
13. Sanofi-Aventis: 4,1/5
AFP
"Tout est fait pour travailler dans de bonnes
conditions, salaire très correct, prime d'intéressement et participation
aux bénéfices, 13ème mois, etc..." Agent de maîtrise Sanofi-Aventis (Ambarès-et-Lagrave)
12. Ernst & Young: 4,1/5
"Une excellente image perçue par les clients, un réseau
des plus solides sur la place, un environnement agréable et stimulant
avec une pression raisonnable, un cabinet réellement
pluridisciplinaire." Senior Manager Advisory EY (Paris)
11. Orange: 4,1/5
AFP
"Orange est leader dans son secteur, par conséquent les
primes sont plutôt agréables et les moyens pour travailler sont
largement suffisant. Notre poids et taille sont des éléments qui rendent
Orange très crédible sur son marché." Pilote THD Enterprise Orange (Angers)
10. L'Oréal: 4,2/5
"Les définitions de postes sont assez flexibles, groupe
avec des moyens importants, groupe international, mobilité
professionnelle très importante, très bonne participation/intéressement
qui viennent améliorer la rémunération globale." Employé L'Oréal (Clichy)
9. Danone: 4,2/5
"Une entreprise qui prend soin de ses collaborateurs et de son environnement/des équipes motivées/des produits uniques." Chef de Secteurs Danone (Le Mans)
8. Crédit Agricole: 4,2/5
"Une entreprise tournée vers les nouvelles technologies
et qui aide ses collaborateurs a évoluer (agences actives, formation sur
les applications, le digital), une entreprise qui prend en compte les
perspectives d'évolution de chacun, mise en place de séjours pour les
nouveaux entrants pour renforcer la cohésion d'équipe." Conseiller Clientèle Crédit Agricole (Neuilly)
7. General Electric: 4,2/5
"GE est axé sur le développement personnel de ses
employés. Offre des opportunités aux jeunes, basé sur la méritocratie.
Je recommande cette société a chacun." Corporate Audit Staff GE (Paris)
6. Dassault Systèmes: 4,2/5
"Bonne ambiance, des challenge à relever, niveau
technique très élevé, un bon environnement de travail (hardware,
collègues, restaurant d'entreprise, process, ...), accès à plein de
formations." Software Development Manager Dassault System (Vélizy)
5. Total: 4,2/5
"Une politique salariale favorable, la gestion de
carrière et la diversité des métiers offerte dans le groupe, une forte
culture d'entreprise et de sentiment d'appartenance au groupe." Chef de Projet TOTAL (Puteaux)
4. Airbus Group: 4,2/5
"Bon salaire et avantages, compétence des
collaborateurs, produit passionnant (avion civil dans mon cas),
possibilité d'évolution (augmentation de salaire, mobilité interne),
entreprise dynamique et tournée vers l'avenir et le changement." Chef de Projet Airbus Group (Toulouse)
3. Décathlon: 4,3/5
"Entreprise innovante, riche en diversité d'emplois,
internationale, innovante, dynamique, à l'écoute de l'évolution du mode
de consommation, productrice de ses propres produits, où il est très
facile de passer des métiers du retail à ceux du back office ! Bref une
entreprise où il fait bon de travailler!" Chargée de Commercialisation Décathlon (Villeneuve-d'Ascq)
2. Leroy-Merlin: 4,3/5
"Leroy Merlin est une entreprise très humaine, le suivi
des employé est au top, et le bien être de l'employé sur son lieu de
travail ainsi que sa sécurité sont des priorités. Les primes dépendent
du résultats de chaque magasin ce qui évite les conflits et rivalités
interne." Conseiller de Vente Leroy Merlin (Blois)
Les 25 entreprises françaises qui offrent les meilleures conditions de travail, selon Glassdoor
ENTREPRISES - Où fait-il bon travailler en France? Quand il s'agit de chercher un premier ou un nouvel emploi, la question n'est pas si évidente.
Banques
et assureurs ont bonne réputation, mais encore faut-il avoir la fibre.
Idem pour les éditeurs de logiciel. La distribution? Personne n'y songe
tant l'image de marque d'employeur est mauvaise. Et pourtant...
Ce classement des 25 entreprises françaises offrant les meilleures conditions de travail, établi par le site Glassdoor,
offre un début de réponse. La méthode est nouvelle: comme un
Tripadvisor des entreprises, Glassdoor ne prend en compte que les avis
des utilisateurs, c'est-à-dire des employés et ex-employés des
entreprises.
D'après le site, ce top 25 s'appuie sur un algorithme
qui prend en compte "l'évaluation globale de l'entreprise, l'évaluation
des employés sur cinq facteurs clés (opportunités de carrière,
rémunération et avantages, culture et valeurs, équipe dirigeante et
équilibre vie professionnelle/vie privée), le pourcentage d'employés qui
recommanderaient l'employeur à un ami, et l'évaluation des perspectives
de l'entreprise".
Sans avoir valeur scientifique, le classement
rassemble des entreprises ayant reçu entre 30 et 150 avis chacune.
Toutes celles en ayant moins de 20 ont été éliminées d'office. Sans
surprise, on ne retrouve que des grands groupes. En revanche, il met en
avant des entreprises issues de secteurs inattendus, comme Décathlon et
Leroy Merlin.
Voici ce top 25 des entreprises françaises offrant les meilleures conditions de travail:
25. Bouygues Télécom: 4/5
Jacky Naegelen / Reuters
"Rémunération, climat social, confiance de la
hiérarchie, liberté d'émettre et de mettre en application des idées
innovantes, contenu des postes stimulant, très bon restaurant
d'entreprise, site lumineux en lisière de forêt." Responsable RH Bouygues Telecom (Meudon)
24. IBM: 4/5
AFP
"Organisée et compétente, d'une grande renommée
internationale et rigueur professionnelle, le top du top en informatique
et solutions business franchement mieux que chez HP."Network Engineer IBM (Nancy)
Benoit Tessier / Reuters "Passion, exigence, carrière et mobilité, ouverture à l'internationale, secteur hautement, complexité, valeurs." Employé Air France (Roissy)
21. Société Générale: 4/5
"Rencontres avec des apprenants qui travaillent dans des
domaines très différents. Expertise des formateurs, des cas concrets,
des informations générales sur l'environnement dans lequel nous
travaillons. Et la richesse des échanges entre nous et avec les
différents intervenants. Des mises en situations qui sont très utiles
pour le futur." Responsable d'Unité de Traitement Bancaire Société Générale (Nantes)
20. BNP Paribas: 4/5
"Investissement important dans la formation interne et
externe. Outil informatique d'appropriation simple et rapide. Comité
d'entreprise dynamique et PEE intéressant." Directeur d'agence BNP Paribas (Paris)
19. Renault: 4/5
"Des collaborateurs passionnés qui ont à cœur de fournir
aux clients des produits et services de qualité avec un engagement fort
comme entreprise citoyenne. Véhicules électriques, confort familial,
sécurité, respect des autres automobilistes..." Corporate Resource Management Renault (Boulogne-Billancourt)
18. Schneider Electric: 4/5
"Secteur d'activité porteur et innovations nombreuses,
entreprise humaine (avantages sociaux importants), des vrais politiques
d'écoute des salariés (entretien annuel, management opérationnel,
enquête one voice)." Bid Manager Schneider Electric (Rueil-Malmaison)
17. Natixis: 4/5
"Une grosse société du secteur financier mais avec des valeurs humaines." Directeur de Projet (Paris)
16. Thales: 4,1/5
"Entreprise en croissance avec de nombreux types de
postes ouverts au recrutement. Bons salaires avec de nombreuses
opportunités d'évolution. Recrutement orienté vers les jeunes et les
femmes en ce moment. Bonnes conditions sociales (C.E., RTT, qualité de
vie au travail, temps partiel possible, télétravail). Très bonne aide à
la mobilité en cas de changement de poste. Travail intéressant dans les
technologies de pointe en informatique et électronique. Incitations à
l'innovation." Ingénieur Logiciel Thales (Cholet)
15. Saint-Gobain: 4,1/5
Benoit Tessier / Reuters
"La mobilité interne est une grande force du
développement des carrières de Saint-Gobain. C'est un groupe dynamique
tourné vers l'innovation et décentralisé." Chef De Projet Saint-Gobain (Courbevoie)
14. EDF: 4,1/5
AFP
"Bonne évolution de carrière, capacité d'écoute,
nombreuses possibilités de mobilité, secteurs variés, collaborateurs à
l'écoute." Ingénieur Cadre Electricité de France (Paris)
13. Sanofi-Aventis: 4,1/5
AFP
"Tout est fait pour travailler dans de bonnes
conditions, salaire très correct, prime d'intéressement et participation
aux bénéfices, 13ème mois, etc..." Agent de maîtrise Sanofi-Aventis (Ambarès-et-Lagrave)
12. Ernst & Young: 4,1/5
"Une excellente image perçue par les clients, un réseau
des plus solides sur la place, un environnement agréable et stimulant
avec une pression raisonnable, un cabinet réellement
pluridisciplinaire." Senior Manager Advisory EY (Paris)
11. Orange: 4,1/5
AFP
"Orange est leader dans son secteur, par conséquent les
primes sont plutôt agréables et les moyens pour travailler sont
largement suffisant. Notre poids et taille sont des éléments qui rendent
Orange très crédible sur son marché." Pilote THD Enterprise Orange (Angers)
10. L'Oréal: 4,2/5
"Les définitions de postes sont assez flexibles, groupe
avec des moyens importants, groupe international, mobilité
professionnelle très importante, très bonne participation/intéressement
qui viennent améliorer la rémunération globale." Employé L'Oréal (Clichy)
9. Danone: 4,2/5
"Une entreprise qui prend soin de ses collaborateurs et de son environnement/des équipes motivées/des produits uniques." Chef de Secteurs Danone (Le Mans)
8. Crédit Agricole: 4,2/5
"Une entreprise tournée vers les nouvelles technologies
et qui aide ses collaborateurs a évoluer (agences actives, formation sur
les applications, le digital), une entreprise qui prend en compte les
perspectives d'évolution de chacun, mise en place de séjours pour les
nouveaux entrants pour renforcer la cohésion d'équipe." Conseiller Clientèle Crédit Agricole (Neuilly)
7. General Electric: 4,2/5
"GE est axé sur le développement personnel de ses
employés. Offre des opportunités aux jeunes, basé sur la méritocratie.
Je recommande cette société a chacun." Corporate Audit Staff GE (Paris)
6. Dassault Systèmes: 4,2/5
"Bonne ambiance, des challenge à relever, niveau
technique très élevé, un bon environnement de travail (hardware,
collègues, restaurant d'entreprise, process, ...), accès à plein de
formations." Software Development Manager Dassault System (Vélizy)
5. Total: 4,2/5
"Une politique salariale favorable, la gestion de
carrière et la diversité des métiers offerte dans le groupe, une forte
culture d'entreprise et de sentiment d'appartenance au groupe." Chef de Projet TOTAL (Puteaux)
4. Airbus Group: 4,2/5
"Bon salaire et avantages, compétence des
collaborateurs, produit passionnant (avion civil dans mon cas),
possibilité d'évolution (augmentation de salaire, mobilité interne),
entreprise dynamique et tournée vers l'avenir et le changement." Chef de Projet Airbus Group (Toulouse)
3. Décathlon: 4,3/5
"Entreprise innovante, riche en diversité d'emplois,
internationale, innovante, dynamique, à l'écoute de l'évolution du mode
de consommation, productrice de ses propres produits, où il est très
facile de passer des métiers du retail à ceux du back office ! Bref une
entreprise où il fait bon de travailler!" Chargée de Commercialisation Décathlon (Villeneuve-d'Ascq)
2. Leroy-Merlin: 4,3/5
"Leroy Merlin est une entreprise très humaine, le suivi
des employé est au top, et le bien être de l'employé sur son lieu de
travail ainsi que sa sécurité sont des priorités. Les primes dépendent
du résultats de chaque magasin ce qui évite les conflits et rivalités
interne." Conseiller de Vente Leroy Merlin (Blois)
Posté vendredi 23 décembre 2016 à 21:08 |  par
bbela
jeudi 19 novembre 2015
"Passer dans 'l'autre camp', celui des
'dominants', c'est s'exposer à un dilemme. D'un côté, on aspire à cette
promotion et de l'autre on a l'impression de trahir son milieu."Istock
Méritants, ils oscillent régulièrement entre conflit de loyauté et
sentiment d'imposture. Rencontre avec ces "transclasses" qui, malgré les
difficultés de parcours, ont décidé de réinventer leur identité.
Affaires florissantes, réseaux influents et
maison cossue...À 43 ans, Karim, chef d'entreprise dans l'informatique,
affiche tous les signes extérieurs de la réussite.
"Pourtant, je suis loin d'être né avec une cuillère en argent dans la
bouche!", s'amuse-t-il. "Mon père était ouvrier, ma mère femme au foyer.
Avec mes cinq frères et soeurs, nous avons eu une enfance heureuse mais modeste. Très tôt, je n'ai eu qu'une idée en tête, grimper dans l'échelle sociale."
Ce
sont ses résultats en mathématiques qui permettront finalement à Karim
de gravir les échelons. "Après le lycée, j'ai intégré une très bonne
prépa parisienne, à une heure trente de RER de chez moi. Je suis ensuite
entré dans une prestigieuse école d'ingénieur. Quelques années plus tard, j'ai monté ma propre entreprise", énumère-t-il.
Cette trajectoire ascendante fait la fierté de ses parents,
heureux que leur fils soit finalement venu à bout de ce chemin semé
d'embûches. "C'est logique", estime Vincent de Gaulejac, sociologue
clinicien auteur de La névrose de classe (éd.HG). "Pendant des siècles, nous avons été définis par nos identités héritées.
Les possibilités de changer de milieu étaient très minces. Aujourd'hui,
c'est l'inverse. On attend de nous que nous soyons le seul moteur de
notre existence sociale."
Pour concrétiser ce qui est latent, il faut un élément déclencheur
Comme Karim, Barbara a toujours refusé de se laisser enfermer dans les cases figées du déterminisme
sociologique. Fille d'un maçon et d'une femme de ménage, élevée dans
une petite ville de l'est de la France, cette jeune architecte de 29 ans
a très tôt cherché à s'extraire de son milieu d'origine. "On me disait
que j'étais à part, 'l'intello' de la famille", se souvient la jeune femme. "Cette image m'a permis décomplexée. J'étais deux fois plus motivée."
Malgré tout, l'ascension sociale n'est pas uniquement conditionnée à un tempérament volontaire
ou à une exceptionnelle ténacité. Pour concrétiser ce qui est latent,
il faut un élément déclencheur. "Dans mon cas", poursuit Barbara, "cela a
été la rencontre avec une prof de français, à l'âge de douze ans. Elle
m'a emmenée au cinéma, m'a fait découvrir des expos. Ces sorties m'ont
ouvert l'esprit, m'ont donné envie d'un ailleurs que je ne connaissais
pas mais que je percevais déjà confusément."
"Pour comprendre le
phénomène des transclasses, il faut prendre en compte les différences
fines", analyse Chantal Jaquet, philosophe, auteure de Les transclasses ou la non reproduction (éd.Puf).
"Il y a d'une part la personnalité, d'autre part ce que les parents
projettent sur leur enfant, mais aussi le volontarisme politique ou
social, avec les bourses par exemple. Tous ces éléments s'imbriquent et
concourent à faire du transclasse ce qu'il est."
Des injonctions contradictoires parfois dures à gérer
À mesure que ce dernier se détache de son milieu, qu'il s'éloigne progressivement vers d'autres sphères, le malaise grandit. Le décalage
se mue parfois en véritable fossé. "C'est très déstabilisant. On est
pris entre deux feux, entre la fierté liée à nos origines et l'envie de
faire partie d'un nouvel univers", détaille Karim.
"Je suis
attachée de presse. Dans ce métier, il est essentiel d'être vu, de
fréquenter des endroits à la mode. Un jour, mes parents sont tombés sur
l'une de mes notes de restaurant. Le montant les a vraiment choqués",
confie Lucie, une jeune femme de 25 ans, originaire d'un petit village
bourguignon. En touchant aux repères culturels, à l'éducation et aux valeurs, la mobilité sociale s'impose comme une problématique transversale aux effets bouleversants.
"Il y a de véritables conflits de loyauté.
Passer dans 'l'autre camp', celui des 'dominants', c'est s'exposer à un
dilemme. D'un côté, on aspire à cette promotion et de l'autre on a
l'impression de trahir son milieu",
affirme Vincent de Gaulejac. Des injonctions contradictoires parfois
difficiles à gérer. "Je suis devenue 'plus royaliste que le roi', voire
carrément snob", soupire Lucie. "J'ai déjà été
agressive, arrogante avec mes proches tout en m'en voulant de mon
attitude." "Au fond, on a honte d'avoir honte. On a un mouvement de
rejet et en même temps on culpabilise de le ressentir. C'est un cercle
vicieux", éclaire le sociologue.
La certitude d'être constamment sur la sellette
Entre problème de communication et façonnage complexe d'un nouveau soi, l'équilibre identitaire
du transclasse est en effet complexe à trouver. Souvent persuadé d'être
considéré par ses pairs comme un arriviste, un Rastignac parvenu, il
souffre d'un sentiment d'illégitimité, de profonde imposture. Se sentant incompris, il est en proie à des angoisses
irrationnelles. "À chaque erreur dans un dossier, j'ai la peur panique
d'être renvoyée. Je suis prête à me ruer à Pôle emploi à tout moment,
comme si une sinistre réalité devait me rattraper", se désole Barbara.
Comme
elle, de nombreux transclasses intériorisent une vision négative
d'eux-mêmes, avec la certitude d'être constamment sur la sellette. "Pour
lutter contre l'impression de ne pas être à sa place, il faut se
rappeler que tous les milieux imposent des postures. Chez les
grands-bourgeois comme chez les prolétaires, on doit respecter certains
codes, se mettre en scène. Il ne faut donc pas se laisser impressionner
mais prendre de la distance avec les représentations fantasmées
attachées à certains milieux", estime Chantal Jaquet.
Piocher idées et principes dans les deux milieux
La
clé du mieux-être résiderait donc dans l'acceptation de la pluralité
des identités. Loin de la vivre comme une contradiction, il s'agit pour
les concernés de revendiquer leur double appartenance, en y piochant
allègrement idées et principes. "Le transclasse donne à voir la
métamorphose à l'oeuvre en chacun de nous. Nous ne sommes pas des êtres
figés. Au contraire, nous évoluons en permanence", assure Chantal
Jaquet.
"Attention", alerte malgré tout Vincent de Gaulejac. "La
plasticité, la capacité d'adaptation ne doivent pas devenir une
transparence, un abandon de la personnalité au profit d'une certaine fadeur,
d'un manque de consistance. Il faut revendiquer ce que l'on est!" Le
transclasse peut alors jeter des ponts entre ses deux cultures. "J'ai
présenté mes amis parisiens à mes parents, à la faveur de vacances dans
mon village. Passés les a priori, ils se sont découvert des
points communs et des affinités. Résultat, mes amis n'attendent qu'une
chose, y retourner", s'amuse Lucie.
"On ne rompt jamais totalement avec ses racines"
C'est
en étant honnête avec lui-même et avec les autres, sans revendiquer ou
cacher d'où il vient, que le transclasse peut trouver un véritable
apaisement. "Je compte bien élever mes enfants dans cette double
culture. Je ne veux pas qu'ils connaissent les mêmes tourments que moi.
Il faut qu'il soit à l'aise partout, car ils sont partout chez eux",
martèle Karim. À chacun de faire jouer, au mieux, les ressorts de ses
différentes vies. La faculté d'adaptation représente le meilleur atout.
"Être un caméléon, cela a du bon", sourit Barbara. "L'ouverture d'esprit
est une qualité essentielle. Pauvres ou riches, cultivés ou non, nos
proches ont tous des choses à nous apporter, à nous apprendre. À nous
d'en faire quelque chose, sans jugement de valeur, ni idéologie
intempestive."
"Ceux qui réussissent vraiment leur vie, au delà
du succès professionnel, sont ceux qui ont su prendre du recul avec leur
milieu d'origine sans rien renier de leur héritage",
abonde Chantal Jaquet. "La métamorphose suppose la continuité. On ne
rompt jamais totalement avec ses racines", conclut-elle.
"Passer dans 'l'autre camp', celui des
'dominants', c'est s'exposer à un dilemme. D'un côté, on aspire à cette
promotion et de l'autre on a l'impression de trahir son milieu."Istock
Méritants, ils oscillent régulièrement entre conflit de loyauté et
sentiment d'imposture. Rencontre avec ces "transclasses" qui, malgré les
difficultés de parcours, ont décidé de réinventer leur identité.
Affaires florissantes, réseaux influents et
maison cossue...À 43 ans, Karim, chef d'entreprise dans l'informatique,
affiche tous les signes extérieurs de la réussite.
"Pourtant, je suis loin d'être né avec une cuillère en argent dans la
bouche!", s'amuse-t-il. "Mon père était ouvrier, ma mère femme au foyer.
Avec mes cinq frères et soeurs, nous avons eu une enfance heureuse mais modeste. Très tôt, je n'ai eu qu'une idée en tête, grimper dans l'échelle sociale."
Ce
sont ses résultats en mathématiques qui permettront finalement à Karim
de gravir les échelons. "Après le lycée, j'ai intégré une très bonne
prépa parisienne, à une heure trente de RER de chez moi. Je suis ensuite
entré dans une prestigieuse école d'ingénieur. Quelques années plus tard, j'ai monté ma propre entreprise", énumère-t-il.
Cette trajectoire ascendante fait la fierté de ses parents,
heureux que leur fils soit finalement venu à bout de ce chemin semé
d'embûches. "C'est logique", estime Vincent de Gaulejac, sociologue
clinicien auteur de La névrose de classe (éd.HG). "Pendant des siècles, nous avons été définis par nos identités héritées.
Les possibilités de changer de milieu étaient très minces. Aujourd'hui,
c'est l'inverse. On attend de nous que nous soyons le seul moteur de
notre existence sociale."
Pour concrétiser ce qui est latent, il faut un élément déclencheur
Comme Karim, Barbara a toujours refusé de se laisser enfermer dans les cases figées du déterminisme
sociologique. Fille d'un maçon et d'une femme de ménage, élevée dans
une petite ville de l'est de la France, cette jeune architecte de 29 ans
a très tôt cherché à s'extraire de son milieu d'origine. "On me disait
que j'étais à part, 'l'intello' de la famille", se souvient la jeune femme. "Cette image m'a permis décomplexée. J'étais deux fois plus motivée."
Malgré tout, l'ascension sociale n'est pas uniquement conditionnée à un tempérament volontaire
ou à une exceptionnelle ténacité. Pour concrétiser ce qui est latent,
il faut un élément déclencheur. "Dans mon cas", poursuit Barbara, "cela a
été la rencontre avec une prof de français, à l'âge de douze ans. Elle
m'a emmenée au cinéma, m'a fait découvrir des expos. Ces sorties m'ont
ouvert l'esprit, m'ont donné envie d'un ailleurs que je ne connaissais
pas mais que je percevais déjà confusément."
"Pour comprendre le
phénomène des transclasses, il faut prendre en compte les différences
fines", analyse Chantal Jaquet, philosophe, auteure de Les transclasses ou la non reproduction (éd.Puf).
"Il y a d'une part la personnalité, d'autre part ce que les parents
projettent sur leur enfant, mais aussi le volontarisme politique ou
social, avec les bourses par exemple. Tous ces éléments s'imbriquent et
concourent à faire du transclasse ce qu'il est."
Des injonctions contradictoires parfois dures à gérer
À mesure que ce dernier se détache de son milieu, qu'il s'éloigne progressivement vers d'autres sphères, le malaise grandit. Le décalage
se mue parfois en véritable fossé. "C'est très déstabilisant. On est
pris entre deux feux, entre la fierté liée à nos origines et l'envie de
faire partie d'un nouvel univers", détaille Karim.
"Je suis
attachée de presse. Dans ce métier, il est essentiel d'être vu, de
fréquenter des endroits à la mode. Un jour, mes parents sont tombés sur
l'une de mes notes de restaurant. Le montant les a vraiment choqués",
confie Lucie, une jeune femme de 25 ans, originaire d'un petit village
bourguignon. En touchant aux repères culturels, à l'éducation et aux valeurs, la mobilité sociale s'impose comme une problématique transversale aux effets bouleversants.
"Il y a de véritables conflits de loyauté.
Passer dans 'l'autre camp', celui des 'dominants', c'est s'exposer à un
dilemme. D'un côté, on aspire à cette promotion et de l'autre on a
l'impression de trahir son milieu",
affirme Vincent de Gaulejac. Des injonctions contradictoires parfois
difficiles à gérer. "Je suis devenue 'plus royaliste que le roi', voire
carrément snob", soupire Lucie. "J'ai déjà été
agressive, arrogante avec mes proches tout en m'en voulant de mon
attitude." "Au fond, on a honte d'avoir honte. On a un mouvement de
rejet et en même temps on culpabilise de le ressentir. C'est un cercle
vicieux", éclaire le sociologue.
La certitude d'être constamment sur la sellette
Entre problème de communication et façonnage complexe d'un nouveau soi, l'équilibre identitaire
du transclasse est en effet complexe à trouver. Souvent persuadé d'être
considéré par ses pairs comme un arriviste, un Rastignac parvenu, il
souffre d'un sentiment d'illégitimité, de profonde imposture. Se sentant incompris, il est en proie à des angoisses
irrationnelles. "À chaque erreur dans un dossier, j'ai la peur panique
d'être renvoyée. Je suis prête à me ruer à Pôle emploi à tout moment,
comme si une sinistre réalité devait me rattraper", se désole Barbara.
Comme
elle, de nombreux transclasses intériorisent une vision négative
d'eux-mêmes, avec la certitude d'être constamment sur la sellette. "Pour
lutter contre l'impression de ne pas être à sa place, il faut se
rappeler que tous les milieux imposent des postures. Chez les
grands-bourgeois comme chez les prolétaires, on doit respecter certains
codes, se mettre en scène. Il ne faut donc pas se laisser impressionner
mais prendre de la distance avec les représentations fantasmées
attachées à certains milieux", estime Chantal Jaquet.
Piocher idées et principes dans les deux milieux
La
clé du mieux-être résiderait donc dans l'acceptation de la pluralité
des identités. Loin de la vivre comme une contradiction, il s'agit pour
les concernés de revendiquer leur double appartenance, en y piochant
allègrement idées et principes. "Le transclasse donne à voir la
métamorphose à l'oeuvre en chacun de nous. Nous ne sommes pas des êtres
figés. Au contraire, nous évoluons en permanence", assure Chantal
Jaquet.
"Attention", alerte malgré tout Vincent de Gaulejac. "La
plasticité, la capacité d'adaptation ne doivent pas devenir une
transparence, un abandon de la personnalité au profit d'une certaine fadeur,
d'un manque de consistance. Il faut revendiquer ce que l'on est!" Le
transclasse peut alors jeter des ponts entre ses deux cultures. "J'ai
présenté mes amis parisiens à mes parents, à la faveur de vacances dans
mon village. Passés les a priori, ils se sont découvert des
points communs et des affinités. Résultat, mes amis n'attendent qu'une
chose, y retourner", s'amuse Lucie.
"On ne rompt jamais totalement avec ses racines"
C'est
en étant honnête avec lui-même et avec les autres, sans revendiquer ou
cacher d'où il vient, que le transclasse peut trouver un véritable
apaisement. "Je compte bien élever mes enfants dans cette double
culture. Je ne veux pas qu'ils connaissent les mêmes tourments que moi.
Il faut qu'il soit à l'aise partout, car ils sont partout chez eux",
martèle Karim. À chacun de faire jouer, au mieux, les ressorts de ses
différentes vies. La faculté d'adaptation représente le meilleur atout.
"Être un caméléon, cela a du bon", sourit Barbara. "L'ouverture d'esprit
est une qualité essentielle. Pauvres ou riches, cultivés ou non, nos
proches ont tous des choses à nous apporter, à nous apprendre. À nous
d'en faire quelque chose, sans jugement de valeur, ni idéologie
intempestive."
"Ceux qui réussissent vraiment leur vie, au delà
du succès professionnel, sont ceux qui ont su prendre du recul avec leur
milieu d'origine sans rien renier de leur héritage",
abonde Chantal Jaquet. "La métamorphose suppose la continuité. On ne
rompt jamais totalement avec ses racines", conclut-elle.
Posté jeudi 19 novembre 2015 à 18:36 |  par
bbela
jeudi 5 novembre 2015
LE PLUS. Comment savoir qu'on est victime de
harcèlement au travail ? Quelles preuves faut-il rassembler quand on l'a
compris ? Comment se battre pour ne pas sombrer ? Voici les conseils de
Romain Omer, avocat spécialiste du droit du travail.
Le plus dur pour le salarié ? Diagnostiquer qu'il est harcelé. (MARTTILA/SIPA).
De nombreuses enquêtes font état d’une hausse constante de la
fréquence et de l’intensité des facteurs de stress en entreprise.
Certaines méthodes de management utilisées aujourd'hui provoquent des
risques psychosociaux en augmentation, qui nuisent à la fois à la santé
des salariés et à l’efficacité de l’entreprise.
Parmi les cas les plus connus, on peut citer la condamnation de
France Télécom en mars 2010 par la cour d'appel de Paris. L’opérateur a
été condamné à verser 400.000 euros à un ex-haut cadre de l'entreprise pour harcèlement moral après l'avoir "laissé pendant deux ans et demi sans affectation ni travail précis". De même, Renault a été condamné pour "faute inexcusable"
après les suicides de trois de ses salariés fin 2006-début 2007 sur
leur lieu de travail. Faute reconnue à nouveau en juin dernier.
En octobre 2006, un ingénieur de 39 ans s’était donné la mort en se
jetant d’une passerelle du Technocentre. Ce suicide avait été suivi d’un
second en janvier 2007, puis d’un troisième le mois suivant. Dans la
lettre qu’il avait laissée pour justifier son geste, le technicien
décédé le 16 février 2007 expliquait qu’il ne se sentait pas capable de
faire ce travail, que le travail était "trop dur à supporter". La
justice a estimé que la direction n’avait pas pris les mesures
nécessaires pour protéger ses collaborateurs.
Le harcèlement moral selon le Code du travail
Il est extrêmement difficile pour un salarié d’identifier une
situation de harcèlement moral : quelle est la limite que ne doit pas
franchir un employeur ?
"Aucun salarié ne doit subir les
agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour
effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter
atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou
mentale ou de compromettre son avenir professionnel. Aucun salarié ne
peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure
discriminatoire, directe ou indirecte, notamment en matière de
rémunération, de formation, de reclassement, d'affectation, de
qualification, de classification, de promotion professionnelle, de
mutation ou de renouvellement de contrat pour avoir subi, ou refusé de
subir, les agissements définis à l'alinéa précédent ou pour avoir
témoigné de tels agissements ou les avoir relatés. Toute rupture du
contrat de travail qui en résulterait, toute disposition ou tout acte
contraire est nul de plein droit."
De plus, le Code du travail en son article 1152-4 du Code du travail
précise : "Il appartient au chef d'entreprise de prendre toutes
dispositions nécessaires en vue de prévenir les agissements visés à
l'article susvisé".
Prouver le harcèlement moral : mode d’emploi
Tout salarié qui se considère comme étant harcelé doit impérativement
collecter tous les éléments de preuve des agissements de harcèlement
moral.
L'article 1154-1 du Code du travail prévoit en effet que le salarié
doit établir les faits qui permettent de présumer l'existence d'un
harcèlement. Devant le Conseil des prud'hommes, tout sera affaire de
preuve. Des attestations de collègues, ou de supérieurs hiérarchiques
constituent la preuve parfaite. Les éléments de preuve démontrant
l'impact des agissements de harcèlement sur la santé mentale et/ou
physique du salarié, notamment par l’attestation d’un médecin traitant,
d’un psychiatre ou d’un psychothérapeute, doivent également être
apportés. Enfin, il convient de démontrer la répétition et la récurrence
desdits agissements. Un agissement isolé peut être illégal sans pour
autant constituer un harcèlement moral au sens du code du travail.
Quelles sanctions ?
Si le harcèlement dont est victime un salarié est le fait d'un de ses
collègues, ce dernier est passible d'une sanction disciplinaire qui
peut aller jusqu’au licenciement pour faute grave. Le harcèlement moral
est également un délit puni de deux ans d'emprisonnement et de 30.000
euros d'amende. Enfin, l'auteur de harcèlement moral peut devoir verser à
sa victime des dommages-intérêts. En tout état de cause, il est
important de réagir très vite. Plus la situation de harcèlement perdure,
plus les conséquences en seront traumatiques et profondes, et plus la
victime aura du mal à s'en remettre.
LE PLUS. Comment savoir qu'on est victime de
harcèlement au travail ? Quelles preuves faut-il rassembler quand on l'a
compris ? Comment se battre pour ne pas sombrer ? Voici les conseils de
Romain Omer, avocat spécialiste du droit du travail.
Le plus dur pour le salarié ? Diagnostiquer qu'il est harcelé. (MARTTILA/SIPA).
De nombreuses enquêtes font état d’une hausse constante de la
fréquence et de l’intensité des facteurs de stress en entreprise.
Certaines méthodes de management utilisées aujourd'hui provoquent des
risques psychosociaux en augmentation, qui nuisent à la fois à la santé
des salariés et à l’efficacité de l’entreprise.
Parmi les cas les plus connus, on peut citer la condamnation de
France Télécom en mars 2010 par la cour d'appel de Paris. L’opérateur a
été condamné à verser 400.000 euros à un ex-haut cadre de l'entreprise pour harcèlement moral après l'avoir "laissé pendant deux ans et demi sans affectation ni travail précis". De même, Renault a été condamné pour "faute inexcusable"
après les suicides de trois de ses salariés fin 2006-début 2007 sur
leur lieu de travail. Faute reconnue à nouveau en juin dernier.
En octobre 2006, un ingénieur de 39 ans s’était donné la mort en se
jetant d’une passerelle du Technocentre. Ce suicide avait été suivi d’un
second en janvier 2007, puis d’un troisième le mois suivant. Dans la
lettre qu’il avait laissée pour justifier son geste, le technicien
décédé le 16 février 2007 expliquait qu’il ne se sentait pas capable de
faire ce travail, que le travail était "trop dur à supporter". La
justice a estimé que la direction n’avait pas pris les mesures
nécessaires pour protéger ses collaborateurs.
Le harcèlement moral selon le Code du travail
Il est extrêmement difficile pour un salarié d’identifier une
situation de harcèlement moral : quelle est la limite que ne doit pas
franchir un employeur ?
"Aucun salarié ne doit subir les
agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour
effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter
atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou
mentale ou de compromettre son avenir professionnel. Aucun salarié ne
peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure
discriminatoire, directe ou indirecte, notamment en matière de
rémunération, de formation, de reclassement, d'affectation, de
qualification, de classification, de promotion professionnelle, de
mutation ou de renouvellement de contrat pour avoir subi, ou refusé de
subir, les agissements définis à l'alinéa précédent ou pour avoir
témoigné de tels agissements ou les avoir relatés. Toute rupture du
contrat de travail qui en résulterait, toute disposition ou tout acte
contraire est nul de plein droit."
De plus, le Code du travail en son article 1152-4 du Code du travail
précise : "Il appartient au chef d'entreprise de prendre toutes
dispositions nécessaires en vue de prévenir les agissements visés à
l'article susvisé".
Prouver le harcèlement moral : mode d’emploi
Tout salarié qui se considère comme étant harcelé doit impérativement
collecter tous les éléments de preuve des agissements de harcèlement
moral.
L'article 1154-1 du Code du travail prévoit en effet que le salarié
doit établir les faits qui permettent de présumer l'existence d'un
harcèlement. Devant le Conseil des prud'hommes, tout sera affaire de
preuve. Des attestations de collègues, ou de supérieurs hiérarchiques
constituent la preuve parfaite. Les éléments de preuve démontrant
l'impact des agissements de harcèlement sur la santé mentale et/ou
physique du salarié, notamment par l’attestation d’un médecin traitant,
d’un psychiatre ou d’un psychothérapeute, doivent également être
apportés. Enfin, il convient de démontrer la répétition et la récurrence
desdits agissements. Un agissement isolé peut être illégal sans pour
autant constituer un harcèlement moral au sens du code du travail.
Quelles sanctions ?
Si le harcèlement dont est victime un salarié est le fait d'un de ses
collègues, ce dernier est passible d'une sanction disciplinaire qui
peut aller jusqu’au licenciement pour faute grave. Le harcèlement moral
est également un délit puni de deux ans d'emprisonnement et de 30.000
euros d'amende. Enfin, l'auteur de harcèlement moral peut devoir verser à
sa victime des dommages-intérêts. En tout état de cause, il est
important de réagir très vite. Plus la situation de harcèlement perdure,
plus les conséquences en seront traumatiques et profondes, et plus la
victime aura du mal à s'en remettre.
Posté jeudi 5 novembre 2015 à 11:06 |  par
bbela
mardi 20 octobre 2015
Une période d’essai qui s’arrête, c’est la
tuile… D’autant plus si vous avez quitté un poste pour accepter le job.
Que ce soit à votre initiative ou celle de l’employeur, il est humain de
se sentir perdu. Nos experts vous suggèrent quelques réflexes à adopter
pour mieux rebondir.
1 Comprendre ce qu’il s’est passé
Le sujet mérite d’abord quelques explications.
D’emblée, Frédéric Marquette invite à ne surtout pas sous-estimer le
choc d’une rupture de période d’essai. « J'ai récemment rencontré un
salarié débarqué d’une nouvelle entreprise sans avoir rien vu venir,
témoigne le directeur associé du cabinet EIM (Excellence In Management).
Clairement, il n'était pas prêt à reprendre tout de suite une recherche
d’emploi. Il faut d'abord faire le deuil et analyser ce qu’il s'est passé. » Ce spécialiste en solutions managériales, auteur du guide Cent jours pour réussir,
rappelle que la loi autorise des séparations brutales à l’initiative de
l’employeur mais aussi du salarié. Le préavis est de 24 heures s’il est
congédié la première semaine. Il passe ensuite à 48 heures entre 8
jours et un mois de présence, à deux semaines après avoir occupé le
poste pendant plus d’un mois et à quatre semaines après trois mois.
« Quoi qu’il en soit, il faut absolument avoir une explication de la part de l'employeur.
Elle est parfois indépendante des performances du salarié s’il s’agit
d’un changement soudain de politique ou d’organisation. Parfois elle
tient à des incompatibilités d’humeur. Et si le salarié n’a pas rempli
sa mission, il intérêt à comprendre pourquoi. »
"Certains sont dans le déni, alors que d'autres prennent tout sur eux. Il faut déterminer ce qui relève de son action… ou pas."
2 Accepter l’échec… et l’erreur
« Le problème, c’est que l'échec est encore tabou en
France, analyse Stéphanie Roels. On est formaté pour penser qu'un échec
est une faute. Or, c’est souvent davantage une erreur et surtout une indication sur comment mieux faire la prochaine fois. »
Mais cette coach de managers et dirigeants chez Elysée Coaching relève
un autre écueil. « Certains sont dans le déni, alors que d'autres
prennent tout sur eux. Il faut déterminer ce qui relève de son action…
ou pas. » « Il faut se rappeler que c’est aussi un échec pour
l’entreprise qui a parfois beaucoup investi dans son recrutement,
relativise Emmanuel Stanislas, fondateur du cabinet Clémentine. Beaucoup
d’entreprises ont encore du mal intégrer leurs nouveaux collaborateurs.
Il est donc rare que les torts ne soient pas un peu partagés. »
3 Savoir en parler dans ses futurs entretiens d’embauche
Pas facile à expliquer, cependant. Alors comment
justifier, pendant ses futurs entretiens de recrutement, que sa dernière
collaboration se soit arrêtée prématurément ? « L’essentiel est de
pouvoir en parler calmement et sans affect, insiste Frédéric Marquette.
Avec les mots qu’il faut, on peut tout dire. On peut dire que l’on a
fait les frais d’une restructuration, que l’on ne s’est pas entendu avec
quelqu’un ou que l’on a manqué de discernement en acceptant le poste. Un recruteur voudra juste s’assurer que vous en parlez sans aigreur et éventuellement que vous en avez retiré quelque chose.
» Emmanuel Stanislas va même plus loin. « Si on a une discussion
constructive avec son ancien employeur et bien analysé l’échec, rien
n’interdit de lui demander une recommandation. S’il est contacté par un
futur recruteur, il pourra alors confirmer, sans mentir, les raisons de
cet échec. Voire louer quelques-unes de vos qualités. »
4 En retirer quelque chose de positif
Selon Stéphanie Roels, on peut même sortir grandi de
ce genre de mésaventure. On peut aussi voir cet échec comme un
feed-back, une base de réflexion et d’apprentissage sur soi-même et le
monde de l’entreprise. » Pour cette consultante, l’important, c’est d’en
tirer quelques leçons pour l’avenir. « Certaines, valorisantes,
pourront être formulées pendant de futurs entretiens de recrutement et
démontrer votre capacité à tourner la page. D’autres, plus personnelles,
ne seront pas moins utiles pour la suite de votre carrière… »
5 Ou changer carrément de cap
Enfin on peut aussi opter pour un changement plus
radical, comme en témoigne l’expérience d’Éric de Riedmatten. Fondateur
de la société de conseil en communication EDRCOM, il a créé son
entreprise après une période d'essai ratée. « J’avais démissionné d’un
cabinet où je gagnais très bien ma vie pour ce poste, se souvient-il. Or
ma période d’essai a été rompue à cause de difficultés
relationnelles. » Mais de cette expérience, il tire vite une leçon et
une certitude. Je me suis aperçu que je n'avais plus du tout envie de me
vendre à une entreprise. Il était temps de mener ma carrière à ma façon
et aujourd’hui j'ai transformé cette expérience en quelque chose de
positif. Cette période d’essai m’a servi à me poser les bonnes
questions… »
Une période d’essai qui s’arrête, c’est la
tuile… D’autant plus si vous avez quitté un poste pour accepter le job.
Que ce soit à votre initiative ou celle de l’employeur, il est humain de
se sentir perdu. Nos experts vous suggèrent quelques réflexes à adopter
pour mieux rebondir.
1 Comprendre ce qu’il s’est passé
Le sujet mérite d’abord quelques explications.
D’emblée, Frédéric Marquette invite à ne surtout pas sous-estimer le
choc d’une rupture de période d’essai. « J'ai récemment rencontré un
salarié débarqué d’une nouvelle entreprise sans avoir rien vu venir,
témoigne le directeur associé du cabinet EIM (Excellence In Management).
Clairement, il n'était pas prêt à reprendre tout de suite une recherche
d’emploi. Il faut d'abord faire le deuil et analyser ce qu’il s'est passé. » Ce spécialiste en solutions managériales, auteur du guide Cent jours pour réussir,
rappelle que la loi autorise des séparations brutales à l’initiative de
l’employeur mais aussi du salarié. Le préavis est de 24 heures s’il est
congédié la première semaine. Il passe ensuite à 48 heures entre 8
jours et un mois de présence, à deux semaines après avoir occupé le
poste pendant plus d’un mois et à quatre semaines après trois mois.
« Quoi qu’il en soit, il faut absolument avoir une explication de la part de l'employeur.
Elle est parfois indépendante des performances du salarié s’il s’agit
d’un changement soudain de politique ou d’organisation. Parfois elle
tient à des incompatibilités d’humeur. Et si le salarié n’a pas rempli
sa mission, il intérêt à comprendre pourquoi. »
"Certains sont dans le déni, alors que d'autres prennent tout sur eux. Il faut déterminer ce qui relève de son action… ou pas."
2 Accepter l’échec… et l’erreur
« Le problème, c’est que l'échec est encore tabou en
France, analyse Stéphanie Roels. On est formaté pour penser qu'un échec
est une faute. Or, c’est souvent davantage une erreur et surtout une indication sur comment mieux faire la prochaine fois. »
Mais cette coach de managers et dirigeants chez Elysée Coaching relève
un autre écueil. « Certains sont dans le déni, alors que d'autres
prennent tout sur eux. Il faut déterminer ce qui relève de son action…
ou pas. » « Il faut se rappeler que c’est aussi un échec pour
l’entreprise qui a parfois beaucoup investi dans son recrutement,
relativise Emmanuel Stanislas, fondateur du cabinet Clémentine. Beaucoup
d’entreprises ont encore du mal intégrer leurs nouveaux collaborateurs.
Il est donc rare que les torts ne soient pas un peu partagés. »
3 Savoir en parler dans ses futurs entretiens d’embauche
Pas facile à expliquer, cependant. Alors comment
justifier, pendant ses futurs entretiens de recrutement, que sa dernière
collaboration se soit arrêtée prématurément ? « L’essentiel est de
pouvoir en parler calmement et sans affect, insiste Frédéric Marquette.
Avec les mots qu’il faut, on peut tout dire. On peut dire que l’on a
fait les frais d’une restructuration, que l’on ne s’est pas entendu avec
quelqu’un ou que l’on a manqué de discernement en acceptant le poste. Un recruteur voudra juste s’assurer que vous en parlez sans aigreur et éventuellement que vous en avez retiré quelque chose.
» Emmanuel Stanislas va même plus loin. « Si on a une discussion
constructive avec son ancien employeur et bien analysé l’échec, rien
n’interdit de lui demander une recommandation. S’il est contacté par un
futur recruteur, il pourra alors confirmer, sans mentir, les raisons de
cet échec. Voire louer quelques-unes de vos qualités. »
4 En retirer quelque chose de positif
Selon Stéphanie Roels, on peut même sortir grandi de
ce genre de mésaventure. On peut aussi voir cet échec comme un
feed-back, une base de réflexion et d’apprentissage sur soi-même et le
monde de l’entreprise. » Pour cette consultante, l’important, c’est d’en
tirer quelques leçons pour l’avenir. « Certaines, valorisantes,
pourront être formulées pendant de futurs entretiens de recrutement et
démontrer votre capacité à tourner la page. D’autres, plus personnelles,
ne seront pas moins utiles pour la suite de votre carrière… »
5 Ou changer carrément de cap
Enfin on peut aussi opter pour un changement plus
radical, comme en témoigne l’expérience d’Éric de Riedmatten. Fondateur
de la société de conseil en communication EDRCOM, il a créé son
entreprise après une période d'essai ratée. « J’avais démissionné d’un
cabinet où je gagnais très bien ma vie pour ce poste, se souvient-il. Or
ma période d’essai a été rompue à cause de difficultés
relationnelles. » Mais de cette expérience, il tire vite une leçon et
une certitude. Je me suis aperçu que je n'avais plus du tout envie de me
vendre à une entreprise. Il était temps de mener ma carrière à ma façon
et aujourd’hui j'ai transformé cette expérience en quelque chose de
positif. Cette période d’essai m’a servi à me poser les bonnes
questions… »
805 millions de personnes, soit 791 millions dans les pays pauvres, souffrent de famine chronique ACF france
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