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samedi 4 janvier 2020


GRETA 
Greta Thunberg est devenue la conscience environnementale du monde et la voix d'une génération exaspérée par l'inaction de ses dirigeants. Elle a aussi été couronnée en décembre plus jeune "personnalité de l'année" du magazine américain Time.
Tout commence en août 2018 lorsque la Suédoise de 16 ans entreprend de faire la "grève de l'école pour le climat". Armée d'une pancarte en carton, elle attire rapidement l'attention des médias suédois, puis internationaux. En quelques mois, la jeune fille atteinte du syndrome d'Asperger s'impose comme la pasionaria de la planète bleue.

2. LES ETUDIANTS DE HONG KONG

 Ex-colonie britannique, Hongkong traverse sa crise la plus grave depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Les manifestations sont nées du rejet d’un projet de loi, désormais abandonné, qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine continentale. Avec leurs vêtements noirs, leurs masques à gaz et leurs cocktails Molotov, les étudiants de Hong Kong ont remisé leur image d'élèves modèles pour devenir des symboles de la lutte pour la démocratie.

3. MORT DE BAGDADI, CHEF DE L'ETAT ISLAMIQUE


 Le 26 octobre, Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’État islamique (EI) s’est fait exploser lors d’un raid américain en Syrie, puis a été immergé en mer. Juste après, Daech a désigné son nouveau dirigeant: Abou Ibrahim Al-Hachimi Al-Qourachi. Le nouveau chef reste pour l’heure un personnage mystérieux. D’après le haut responsable américain, cet homme est actuellement un «parfait inconnu». Personne ne sait non plus si Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi a déjà été, comme son prédécesseur, détenu par les forces américaines. Depuis qu’il s’était autoproclamé, en 2014, «calife» d’un territoire à cheval entre l’Irak et la Syrie, qui a compté jusqu’à sept millions d’habitants, Baghdadi était devenu l’homme le plus recherché du monde. Depuis sa mort, les attentats se sont multipliés dans le nord de la Syrie et en Afrique.

4. JEAN GUAIDO: LE DUEL DE USA-RUSSIE EN AMERIQUE LATINE
Guaido à gauche et  Maduro à droite (google)

Ce grand brun au large sourire, ingénieur industriel de formation et soutenu par les Etats-Unis et une cinquantaine de pays, dit avoir "tout essayé" pour pousser Nicolas Maduro vers la sortie, soutenu par la Chine, la Russie, l'Iran et Cuba, alors que le pays traverse une profonde crise économique qui a fait fuir 3,6 millions de Vénézuéliens depuis début 2016.
Le 23 février, il a tenté en vain de faire traverser la frontière colombienne à des convois de vivres et de médicaments, en appelant les militaires, principaux soutiens du gouvernement de Nicolas Maduro, à se ranger derrière lui.
Le 30 avril, il a lancé le soulèvement d'un groupe de militaires avec son mentor, l'opposant Leopoldo Lopez, jusque-là assigné à résidence et qui s'est depuis réfugié dans la résidence de l'ambassadeur d'Espagne. La tentative s'est soldée par un nouvel échec.

5. OMAR EL BECHIR: CHASSE DU POUVOIR A CAUSE DU PAIN
 L’ex-président soudanais renversé par la rue, après vingt-six ans au pouvoir lors des mois de manifestations, déclenchées le 19 décembre par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain avant de se transformer en contestation du régime autoritaire d’Omar el-Béchir. Réprimée dans le sang, plus de 250 personnes y ont trouvé la mort, dont 127 lors de la dispersion brutale d’un sit-in devant le QG de l’armée à Khartoum le 3 juin.

6 INCENDIE DE NOTRE DAME DE PARIS: 
 Cette charpente magnifique, – qui était d’origine, une rareté en France et en Europe –, on l’appelait «la forêt» tant elle était vaste et grandiose. Elle avait requis les efforts de milliers d’ouvriers, pendant des siècles. Le bois de chêne avait demandé un travail inouï pour prendre place sur les toitures. Et cette charpente d’exception, comme un navire immense, avait traversé les siècles jusqu’à nous. Quoi que l’on dise, ce savoir-faire si extraordinaire, cet élan collectif a irrémédiablement disparu en quelques heures. 

7. RETRAT DE LA CAN A UN PAYS ORGANISATEUR
 Yaoundé s’est vu retirer l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations de football 2019. La CAF met en avant de graves retards dans la construction des infrastructures et dit assumer son choix. 

8. UN TUBE DE LIL NAS X QUI FAIT CARTON EN MELANGEANT COUNTRY ET RAP




9. ZOZIBINI TUNZI, SUD AFRICAINE ELUE MISS UNIVERS
Crédit Google


Silhouette longiligne, cheveux très courts au naturel, et grand sourire, Zozibini Tunzi a marqué l’édition 2019 de Miss Univers par son style original, et son discours final. « J’ai grandi dans un monde où une femme comme moi, avec mon type de peau et mon type de cheveux, n'a jamais été considérée comme étant belle », s’est-elle confiée, espérant que sa victoire permette de changer ces critères de beauté.
Sa prestation lui a permis de ravir la couronne à plus de 90 candidates, et de battre notamment les deux autres finalistes, Miss Porto Rico et Miss Mexique.

10. LA COTE D'IVOIRE PERD ARAFAT
 
Selon les autorités ivoiriennes, tout aurait été mis en œuvre pour sauver l’artiste. Mais c’était trop grave : « L’artiste serait arrivé à la polyclinique des Deux-Plateaux dans un état presque désespéré. Et il aurait finalement succombé à ses blessures vers 1heure du matin », indique le média ivoirien Abidjanshow.
Sa tombe sera profanée plus tard lors de ses obsèques par des fans en furie.

2019: De l'ombre à la Lumière, FLASHBACK


GRETA 
Greta Thunberg est devenue la conscience environnementale du monde et la voix d'une génération exaspérée par l'inaction de ses dirigeants. Elle a aussi été couronnée en décembre plus jeune "personnalité de l'année" du magazine américain Time.
Tout commence en août 2018 lorsque la Suédoise de 16 ans entreprend de faire la "grève de l'école pour le climat". Armée d'une pancarte en carton, elle attire rapidement l'attention des médias suédois, puis internationaux. En quelques mois, la jeune fille atteinte du syndrome d'Asperger s'impose comme la pasionaria de la planète bleue.

2. LES ETUDIANTS DE HONG KONG

 Ex-colonie britannique, Hongkong traverse sa crise la plus grave depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Les manifestations sont nées du rejet d’un projet de loi, désormais abandonné, qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine continentale. Avec leurs vêtements noirs, leurs masques à gaz et leurs cocktails Molotov, les étudiants de Hong Kong ont remisé leur image d'élèves modèles pour devenir des symboles de la lutte pour la démocratie.

3. MORT DE BAGDADI, CHEF DE L'ETAT ISLAMIQUE


 Le 26 octobre, Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’État islamique (EI) s’est fait exploser lors d’un raid américain en Syrie, puis a été immergé en mer. Juste après, Daech a désigné son nouveau dirigeant: Abou Ibrahim Al-Hachimi Al-Qourachi. Le nouveau chef reste pour l’heure un personnage mystérieux. D’après le haut responsable américain, cet homme est actuellement un «parfait inconnu». Personne ne sait non plus si Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi a déjà été, comme son prédécesseur, détenu par les forces américaines. Depuis qu’il s’était autoproclamé, en 2014, «calife» d’un territoire à cheval entre l’Irak et la Syrie, qui a compté jusqu’à sept millions d’habitants, Baghdadi était devenu l’homme le plus recherché du monde. Depuis sa mort, les attentats se sont multipliés dans le nord de la Syrie et en Afrique.

4. JEAN GUAIDO: LE DUEL DE USA-RUSSIE EN AMERIQUE LATINE
Guaido à gauche et  Maduro à droite (google)

Ce grand brun au large sourire, ingénieur industriel de formation et soutenu par les Etats-Unis et une cinquantaine de pays, dit avoir "tout essayé" pour pousser Nicolas Maduro vers la sortie, soutenu par la Chine, la Russie, l'Iran et Cuba, alors que le pays traverse une profonde crise économique qui a fait fuir 3,6 millions de Vénézuéliens depuis début 2016.
Le 23 février, il a tenté en vain de faire traverser la frontière colombienne à des convois de vivres et de médicaments, en appelant les militaires, principaux soutiens du gouvernement de Nicolas Maduro, à se ranger derrière lui.
Le 30 avril, il a lancé le soulèvement d'un groupe de militaires avec son mentor, l'opposant Leopoldo Lopez, jusque-là assigné à résidence et qui s'est depuis réfugié dans la résidence de l'ambassadeur d'Espagne. La tentative s'est soldée par un nouvel échec.

5. OMAR EL BECHIR: CHASSE DU POUVOIR A CAUSE DU PAIN
 L’ex-président soudanais renversé par la rue, après vingt-six ans au pouvoir lors des mois de manifestations, déclenchées le 19 décembre par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain avant de se transformer en contestation du régime autoritaire d’Omar el-Béchir. Réprimée dans le sang, plus de 250 personnes y ont trouvé la mort, dont 127 lors de la dispersion brutale d’un sit-in devant le QG de l’armée à Khartoum le 3 juin.

6 INCENDIE DE NOTRE DAME DE PARIS: 
 Cette charpente magnifique, – qui était d’origine, une rareté en France et en Europe –, on l’appelait «la forêt» tant elle était vaste et grandiose. Elle avait requis les efforts de milliers d’ouvriers, pendant des siècles. Le bois de chêne avait demandé un travail inouï pour prendre place sur les toitures. Et cette charpente d’exception, comme un navire immense, avait traversé les siècles jusqu’à nous. Quoi que l’on dise, ce savoir-faire si extraordinaire, cet élan collectif a irrémédiablement disparu en quelques heures. 

7. RETRAT DE LA CAN A UN PAYS ORGANISATEUR
 Yaoundé s’est vu retirer l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations de football 2019. La CAF met en avant de graves retards dans la construction des infrastructures et dit assumer son choix. 

8. UN TUBE DE LIL NAS X QUI FAIT CARTON EN MELANGEANT COUNTRY ET RAP




9. ZOZIBINI TUNZI, SUD AFRICAINE ELUE MISS UNIVERS
Crédit Google


Silhouette longiligne, cheveux très courts au naturel, et grand sourire, Zozibini Tunzi a marqué l’édition 2019 de Miss Univers par son style original, et son discours final. « J’ai grandi dans un monde où une femme comme moi, avec mon type de peau et mon type de cheveux, n'a jamais été considérée comme étant belle », s’est-elle confiée, espérant que sa victoire permette de changer ces critères de beauté.
Sa prestation lui a permis de ravir la couronne à plus de 90 candidates, et de battre notamment les deux autres finalistes, Miss Porto Rico et Miss Mexique.

10. LA COTE D'IVOIRE PERD ARAFAT
 
Selon les autorités ivoiriennes, tout aurait été mis en œuvre pour sauver l’artiste. Mais c’était trop grave : « L’artiste serait arrivé à la polyclinique des Deux-Plateaux dans un état presque désespéré. Et il aurait finalement succombé à ses blessures vers 1heure du matin », indique le média ivoirien Abidjanshow.
Sa tombe sera profanée plus tard lors de ses obsèques par des fans en furie.

Posté samedi 4 janvier 2020 à 21:01 |  par bbela

mardi 24 décembre 2019

 

Manifeste pour la création d’une Monnaie Unique africaine

Note de la rédaction www.madaniya.info


Cauda: Le manifeste est daté, symboliquement, de Chamalières, par référence à la bourgade où se situe l’imprimerie de la Banque de France qui édite le franc CFA. La rédaction de www.madaniya.info est parfaitement informée de l’identité des auteurs du manifeste.


Le Franc CFA, Franc des Colonies Françaises, puis Franc de la Coopération Financière, quelque soit la dénomination au gré des évolutions politiques des relations entre la France et ses anciennes colonies, recouvre une vaste imposture. C’est à proprement parler une arme de destruction massive des économies africaines, car en gage de la convertibilité de cette monnaie, des capitaux africains s’accumulent dans des banques européennes, tandis que les populations restent acculées à la pauvreté. Un vestige de la colonisation à abolir, pour reprendre l’expression de l’économiste Kako NUBUKPO, directeur de la Francophonie économique à l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Retour sur cette imposture, transposition du nazisme monétaire appliqué par le III me Reich au régime de Vichy et que la France applique à son tour à l’Afrique, le socle de son pouvoir diplomatique international et de la Francophone, gage de son rayonnement culturel.

Fin de la note


"Vous savez, cela suffit comme cela avec vos nègres. Vous me gagnez à la main, alors on ne voit plus qu’eux : il y a des nègres à l’Élysée tous les jours, vous me les faites recevoir, vous me les faites inviter à déjeuner. Je suis entouré de nègres, ici. […] Et puis tout cela n’a aucune espèce d’intérêt ! Foutez-moi la paix avec vos nègres ; je ne veux plus en voir d’ici deux mois, vous entendez ? Plus une audience avant deux mois. Ce n’est pas tellement en raison du temps que cela me prend, bien que ce soit déjà fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur : on ne voit que des nègres, tous les jours, à l’Élysée. Et puis je vous assure que c’est sans intérêt."

(Entretiens avec Jacques Foccart, 8 novembre 1968. Cité dans ses Mémoires, tome 2. Le Général en mai. Journal de l’Élysée. 1968-1969, éd. Fayard/Jeune Afrique)


« Aujourd’hui on est colonisé et on ment au Peuple en disant qu’on est libre »

(Léopold Sédar Senghor. Jeune Afrique du 7 juillet 1977)La monnaie CFA: une longue histoire entre Maître et Esclave


Rappelons certains faits historiques antérieurs à l’existence du franc CFA: le 1er janvier 1804, après treize ans d’une guerre sans merci, Saint-Domingue, le fleuron des colonies françaises de l’époque, devient indépendant sous le nom d’Haïti.


La réaction de la métropole ne se fait pas attendre: elle impose un embargo à la jeune nation. C’est que l’ancienne colonie faisait vivre un Français sur huit.

Après des années de tractations, en 1825, Haïti se voit obligé de verser à la France de Charles X la somme de 150 millions de francs lourds «destinés à dédommager les anciens colons». En échange, en fait, de la reconnaissance de son indépendance durement acquise.


Le versement de cette somme est en outre assorti d’un accord d’exclusivité en faveur des produits français qui entrent désormais en Haïti sans droits de douane. La somme est empruntée à une filiale de banque française, la première et la seule du pays jusqu’au début du XXe siècle. Pour rembourser l’emprunt ainsi contracté, l’état haïtien a eu recours pendant plus d’un siècle à la levée de lourds impôts sur la paysannerie.


En 1942, le gouvernement d’Elie Lescot a même lancé un appel à souscription national pour réunir ce qui devait être la dernière tranche du remboursement jusqu’auprès des élèves du primaire. La dette ne sera définitivement soldée, remboursée au dernier sou, qu’en 1972. Voilà les faits.

Qu’est-ce que le franc CFA ?


Pendant son occupation par l’Allemagne, la France a été victime du nazisme monétaire. L’Ambassadeur plénipotentiaire allemand HEMMEN, nommé à Paris sous l’autorité du Ministre de l’économie Hermann Göring, annonce à Wiesbaden le 9 mai 1941, l’accord qu’il a obtenu et qui autorise l’Allemagne à installer ses propres commissaires à la Banque de France ainsi qu’à tous les postes stratégiques financiers du pays français vassalisé:

«L’amiral Darlan…avait approuvé l’établissement des commissaires (allemands nazis) à la Banque de France, aux devises et au commerce extérieur et l’institution d’un contrôle douanier aux frontières»1.


Dès sa libération en 1945, la France applique aux Africains ce même nazisme monétaire qu’elle a perfectionné et qui est lisible aussi bien dans les institutions que dans les quatre principes de la zone franc CFA dont les mécanismes de fonctionnement appauvrissent structurellement les Pays africains utilisateurs du franc CFA.


En effet, dès qu’elle a retrouvé la liberté, la France a été doublement inspirée par son ex-occupant allemand. Elle a d’abord créé en 1945 une monnaie militaire appelée le franc Cfa qui lui a permis de s’attribuer ex-nihilo toutes les devises des 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA au nom de l’alimentation prioritaire des comptes d’opérations ouverts dans son propre Trésor Public.


Ensuite, la même France a fait signer en 1963 aux 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA des accords néocoloniaux de coopération commerciale (accords de Yaoundé, de Lomé et de Cotonou … ). Grâce à ces accords léonins, la France a pu importer massivement les matières premières des 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA sans dépenser une seule devise.


Le nazisme monétaire repose essentiellement sur la dévaluation de la monnaie du pays conquis, l’invention des monnaies coloniales, la libre transférabilité des capitaux des États colonisés vers les pays vainqueurs et les comptes d’opérations.


A ce jour, le franc CFA est une monnaie sans aucune valeur d’échange sur le plan du commerce international. Ce n’est pas une devise.


Les quatre principes de la zone Franc sont d’inspiration nazie.

Les 4 grands principes du pillage par la monnaie CFA

La libre convertibilité des francs cfa en euros

La convertibilité du franc CFA «avec le franc français est illimitée».


Depuis la création effective en 1999 de la devise européenne, ce même principe de libre convertibilité peut être libellé de la manière suivante :La convertibilité du franc CFA avec l’euro est illimitée. Il s’agit d’une véritable escroquerie. Les limites structurelles de ce principe sont multiples dont ci-après quelques-unes seulement.


La libre convertibilité est un argument spécieux dont se sert la France pour s’approprier les devises africaines contre remise de la fausse monnaie coloniale qu’est le Franc CFA. Car les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA (les 15 Pays de la Zone Franc) donnent 100% avant 1973 et maintenant 65% de leurs devises à la France. A ce jour l’État français peut exiger jusqu’à 85% au gré de ses desiderata.


Dans la réalité, la France applique aux Africains ce principe tiré du nazisme monétaire que décrit l’historien et économiste français René SEDILLOT quand son pays était sous occupation allemande.


Il n’y a pas de libre convertibilité entre les francs CFA émis par la BCEAO et la BEAC afin de rendre difficile le commerce afro-africain au profit de la France en particulier et de l’Europe en général.


La France est le premier apporteur des investissements directs étrangers (les IDE) au Maroc, en Algérie et en Tunisie alors que ces trois pays ont quitté la zone franc pour battre leurs monnaies respectives. Cela veut dire concrètement que la garantie française de convertir les francs Cfa hier en francs français et aujourd’hui en euros n’est pas, n’a jamais été et ne sera jamais un facteur d’attraction des investissements directs étrangers (IDE) dans les 15 PAYS AFRICAINES DE LA ZONE CFA.


Ce principe est une justification fallacieuse statutaire du contrôle effectif des banques centrales et des économies africaines par la France. En effet, par exemple «la Banque des États de l’Afrique Centrale est un établissement multinational africain, à la gestion et au contrôle duquel participe la France en contrepartie de la garantie qu’elle apporte à sa monnaie»2.


La garantie française de convertibilité fait du franc CFA est un outil au service de l’impérialisme de la France en Afrique. Car les pays d’outre-mer sont maintenus en captivité pour «procurer les avantages politiques et stratégiques»3 à la France. Le franc CFA s’affirme comme l’outil permettant à la France d’entretenir son «rayonnement» et son «influence… en Afrique»4.

La fixité des parités entre le franc cfa et l’euro


«La parité entre le franc CFA et le franc français est fixe»5. Depuis le 1er janvier 1999, avec la disparition des monnaies nationales européennes au profit de l’Euro, le même principe sus exposé peut s’énoncer de la manière suivante: «La parité entre le Franc CFA et l’Euro est fixe». Les conséquences de ce principe sont négatives pour les 15 pays d’Afrique de la Zone CFA.


1 – Ce principe est un système de pillage méthodique des richesses africaines à travers l’application scientifique du nazisme monétaire que le Français René SEDILLOT présente comme une arme redoutable d’expropriation et d’asservissement des Français vaincus par les Allemands.


2 – Les 15 pays d’Afrique de la Zone CFA sont installés dans une rigueur monétaire suicidaire et sans fin pour maintenir en vie la zone franc.

La préservation de la parité et de la fixité du taux de change des monnaies africaines, hier avec le franc, aujourd’hui avec l’euro, impose que les politiques d’assainissement des finances publiques mises en œuvre (plans d’ajustement structurels, fermetures des services publics dont les écoles et les hôpitaux, les licenciements des fonctionnaires) dans la plupart des pays malgré les difficultés soient poursuivies.


3 – Le détournement des 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA se fait au profit de l’Europe et au détriment de leur ouverture sur le reste du monde


4 – Il y a une impossibilité pour les Africains de manipuler souverainement en leur faveur le taux de change.


5- On assiste à une autonomisation ou à une augmentation mécanique en toute autonomie de la dette extérieure des PAZ F lorsque l’euro est plus faible que le dollar américain.


6 – Quand l’euro s’apprécie par rapport au dollar, s’observe la surévaluation du franc CFA avec les effets nocifs suivants pour les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA:


7- Perte de compétitivité des produits des Africains et perte des parts de marchés extérieurs par les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA.


8- Pertes financières énormes pendant les conversions de leurs devises en euros


9- Creusement de leurs déficits de la balance des paiements,


-Justification économique des dévaluations répétitives ou en séries du F CFA rattaché à l’euro devenu robuste grâce à l’affaiblissement du dollar décidé par les Américains dans leurs intérêts légitimes.


La libre transférabilité des capitaux des 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA vers la France. «Les transferts de fonds entre les Etats membres et la France sont libres»6 Ce principe génère pour les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA des conséquences nuisibles à leur véritable développement:


1- Ce principe favorise la fuite des capitaux financiers indispensables à la reconstruction des pays africains.


2- Les Banques Centrales africaines gaspillent leurs réserves de change dans le rachat de leur propre monnaie. Par exemple, «pour les six premiers mois de 1993, les rachats par la BCEAO des billets de son émission se sont élevés à 162,1 milliards contre 106 milliards un an plus tôt.»


3- La libre transférabilité s’oppose de fait à la formation de l’épargne nationale et encourage le recourt à l’emprunt extérieur dont le remboursement contraint les populations à supporter des souffrances dont on veut faire l’économie.


4 – La centralisation des changes ou les comptes d’opérations.
Les comptes d’opérations ont une origine nazie et ont un mécanisme de fonctionnement qui a des conséquences très lourdes sur les Africains. Les inconvénients des comptes d’opérations sont essentiellement d’ordre financier, économique, social et politique. Le préjudice financier est énorme:
  • Les Africains financent l’économie française à leur propre détriment.
  • Le Trésor Public Français utilise les capitaux africains pour combler ses propres déficits.
  • Le remplissage prioritaire des comptes d’opérations se fait contre le développement des Africains
  • La France emprunte les capitaux africains détenus sous forme d’obligations
  • Politique de rigueur budgétaire et l’austérité économique sans fin imposées aux 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA par la France
  • La gestion des comptes d’opérations infantilise et déresponsabilise les Africains.
  • La France spécule en bourse avec les capitaux des Africains
  • La France utilise les intérêts des placements pour endetter les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA


Ce sont là 4 principes qui fondent le système du pillage de l’Afrique par l’État français.
 
Ce ne sont que quelques hommes, avec la complicité silencieuse de l’assemblée nationale, qui complotent au profit d’une minorité et au détriment d’une majorité africaine.


D’autres mécanismes encore sont répréhensibles. Il serait ici trop long de tous les énumérer. Néanmoins on pensera aussi à la confiscation des devises des travailleurs africains de la diaspora qui, à chaque fois qu’ils émettent un mandat de transfert vers un des 15 pays africains de la zone CFA (avec Western Union, Money Gram, etc), en réalité ces devises partent remplir les comptes d’opération à Paris. En échange les familles en Afrique se voient recevoir cette monnaie de singes qu’est le franc CFA – une monnaie sans aucune valeur internationale et donc incapable de participer à la construction du pays.


Tout aussi grave, lorsque les États (hors la France) émettent des fonds d’aide au développement des 15 pays africains de la zone CFA, là encore les devises offertes partent constituer les comptes d’opération de Paris.


Ces comptes d’opération participent à réduire le déficit économique de la France qui est en réalité subventionnée depuis des dizaines d’années par les économies africaines.


Le système monétaire du franc CFA est unique en son genre, en permettant la fuite des capitaux des sociétés multinationales vers la France; en cela, il représente un paradis fiscale en toute impunité


Face à la paupérisation par le Franc CFA, que faut-il faire?

Les solutions


Au préalable, l’abolition sans condition ici et maintenant du franc CFA et de toute l’administration que l’État français mit en place et entretient encore à ce jour. Ensuite la création de la monnaie unique africaine et la transformation locale des matières premières, telles sont les meilleures solutions pour vaincre efficacement en très peu de temps le sous-développement socio-économique de l’Afrique.


La création de la Monnaie Unique Africaine (MUA)

A- Liquidation du franc cfa et la sortie du camp de concentration monétaire

La création de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit libérer immédiatement du nazisme monétaire français les 15 pays Africains de la zone franc.

B-La garantie de la Monnaie Unique Africaine

La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit être Garantie par la valeur synthétique de certaines matières premières minérales, minières, énergétiques et agricoles (comme le cacao par exemple) dont regorge l’Afrique.

Les Africains pourront exiger d’être payés, de leurs échanges avec le reste du monde, dans leur propre monnaie commune qui prendra nécessairement de la valeur parce que sa demande sera plus forte que son offre.

C – Les Règles de conduite internes aux pays Africains utilisateurs de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE

1- Le taux de transformation locale des matières premières à 100%

2- La nature et la composition des exportations africaines: des produits finis transformés sur le sol africain.

3- La garantie de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE par la valeur synthétique des matières premières africaines

4- Le taux d’inflation inférieur à 6% (Au lieu de 3% en Europe)‏

5- L’encours de la dette extérieure : Dettes/PIB < 30%. (Contre 60% dans l’union européenne)‏

6- Le déficit public : Déficit public/ PIB < 1,5 % (contre 3% du PIB des pays membres de l’Union Européenne) ‏

7- Le taux de pression fiscale : TPO < 20% contre 44,2% en France en 2006

8- La démocratie comme outil de gestion rationnelle des biens publics

D- La création de la Banque centrale africaine

Une seule et unique Banque Centrale Africaine (BCA) destinée à loger la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit être créée. Cette BCA mettra fin à la balkanisation monétaire et à l’atomisation ridicule des Banques Centrales Africaines. En effet, il y a 40 banques centrales africaines qui gèrent annuellement chacune en moyenne un PIB estimé à 27 milliards de dollars.

Cela veut dire que si le modèle africain devrait être recopié par les pays ou régions, on aurait par exemple 488 monnaies et banques centrales différentes12 aux États-Unis où il n’y a qu’une seule. La même observation est valable pour la zone euro, le japon, la Chine , la Russie et l’Inde où l’on aurait respectivement 393, 161, 97, 36 et 34 monnaies et banque centrales différentes pour chacune de ces entités considérées dont le choix de l’unité monétaire doit inspirer favorablement l’Afrique.

Constitutionaliser la transformation locale de toutes les matières premières africaines


La transformation locale des matières premières est la véritable solution aux différents sérieux problèmes socio-économiques du continent noir. Par exemple, si la République de côte d’Ivoire transforme en poudre toute sa production annuelle de café et de cacao, elle pourrait non seulement éteindre en moins d’un an toutes ses dettes, mais elle aurait également les moyens financiers consistants pour nourrir décemment toutes les populations de l’Afrique subsaharienne. Au lieu de cela, le pays continue actuellement de vouloir s’endetter auprès des institutions bancaires internationales pour construire routes et ponts.

Conclusion


La M.U.A doit être créée par l’Union Africaine en urgence pour libérer immédiatement du nazisme monétaire français les 15 pays Africains de la zone Franc.

La garantie de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE peut être assise sur la valeur synthétique des matières premières stratégiques dont regorge le continent.

S’impose la constitutionnalisation de la transformation en Afrique de toutes les matières premières afin de permettre aux Africains de vaincre efficacement et très rapidement la pauvreté grâce à leur enrichissement dynamique des valeurs ajoutées générées par les produits finis fabriqués localement et vendus tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du continent noir.

Avec ces produits finis fabriqués en Afrique, s’accélérera le commerce afro-africain qui demeure la véritable solution au sous-développement du continent face au protectionnisme des pays du Nord.

Par la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE, se fera la redynamisation des blocs économiques africains exposés à la rude concurrence des économies du monde qui se régionalisent et se continentalisent

S’impose la création de solides sociétés d’État dont celles des industries alimentaires pour nourrir décemment la population africaine qui avoisine les deux milliards en 2050.

Il y a donc urgence à créer la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE pour mettre véritablement les Africains au travail, produire leur propre nourriture et acquérir la sécurité alimentaire.

L’Afrique doit se donner les moyens objectifs d’éliminer son nouveau partage par l’Europe et l’Asie.

Saisir les opportunités qu’offre la crise financière et économique mondialisée pour reconstruire l’Afrique

La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE sera aussi un gage de sécurité pour les peuples africains.

La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit traduire à l’échelle internationale l’existence de l’Afrique comme le font le dollar, l’euro et le yen qui évoquent respectivement dans l’inconscient collectif les États-Unis d’Amérique, l’Europe et le japon.

L’assujettissement des pays A.C.P. à l’Europe par les Accords de Yaoundé et de Cotonou n’a pu réaliser la moindre petite parcelle de l’industrialisation des économies africaines promise dans le Traité de Rome de 1957. Seule la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit industrialiser le continent noir, en stimulant le génie inventif des africains !

La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit contribuer à la formation rapide des ÉTATS-UNIS d’Afrique

Elle permettra aux États africains d’économiser les sommes importantes qu’ils utilisent pour soutenir individuellement leurs différentes monnaies nationales. Car celles-ci auront été remplacées par la nouvelle MONNAIE UNIQUE AFRICAINE.

Avec la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE, seront éliminés les risques de pertes de changes qui accompagnent les opérations de conversions des monnaies les unes dans les autres. Seront éliminées sur le continent noir les dévaluations anarchiques des monnaies nationales grâce à l’usage de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE.

Monnaie de facturation et de règlement des opérations, la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE permettra la transparence des prix des produits et une meilleure information des consommateurs. Ceux-ci seront les grands bénéficiaires de la concurrence et de la compétition résultante, entre les entreprises implantées sur le sol africain. La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE donnera ainsi un coup de fouet supplémentaire aux activités commerciales, au grand bonheur de l’emploi. Elle apparaîtra comme un facteur structurel de relance économique

En définitive, la création de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE garantie par la valeur synthétique des matières premières stratégiques africaines et la constitutionnalisation de la transformation locale de toutes les matières premières du continent, telles sont les seules véritables solutions capables de vaincre efficacement en très peu de temps le sous-développement socio-économique de l’Afrique !

Pour aller plus loin, sur ce lien

Kaky Nubukpo: Agrégé es Sciences Économiques de l’Université française, chargé d’enseignement à Oxford University, Directeur de la francophonie économique à l’OIF (Organisaiton Internationale de la Francophonie)


Ainsi que la conférence du professeur Mamadou Koulibaly, Président de Lider à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire, à Abidjan, le 11 Février 2017


  1. Pierre Arnoult, Les finances de la France et l’occupation allemande, Page 50, Edition PUF, 1951
  2. Article 7 de la Convention de Coopération Monétaire entre les Etats membres de la BEAC et la France, signée à Libreville (Gabon) le 13 mars 1973
  3. L’Ambassadeur français BREGBER, ancien représentant permanent auprès des communautés Européennes, « Une affaire avant tout politique», dans Géopolitique n° 53 P. 82.
  4. Ibid
  5. Selon l’Article 11 de la Convention de coopération monétaire entre les Etats membres de la BEAC et la France Le même principe s’énonce dans l’article 2 de l’Accord de coopération entre la France et les membres de l’U.M.O.A. de la manière suivante: «Les transactions entre le franc français et la monnaie de l’union s’effectueront à un cours fixé sur la base de la parité en vigueur ». L’accord de coopération monétaire entre la France et la République fédérale islamique des Comores est basé sur les mêmes quatre principes régissant la coopération financière franco-africaine.
  6. Selon l’article 4 alinéa 3 du traité constituant l’U.M.O.A., les Etats signataires s’engagent à respecter «la libre circulation des signes monétaires et la liberté des transferts entre les États de l’Union.». L’article 6 de l’Accord de coopération franco-ouest africain précise que « la réglementation uniforme des relations financières extérieures des États de l’Union… sera maintenue en harmonie avec celle de la République Française. «Cette harmonisation assurera, en particulier, la liberté des relations financières entre la France et les Etats de l’Union
  7. BCEAO, Direction centrale des Etudes et de la Prévision, 17 Août 1993. Pour la seule Côte d’Ivoire, dans la même période, les rachats des billets F CFA s’estimaient à «48,6 milliards contre 30,6 milliards», un an plus tôt. (Ibid)
  8. Bulletin de la BCEAC, n° 7 août-sept 1966 P. 488
  9. Selon l’article 4 alinéa 3 du traité constituant l’U.M.O.A., les Etats signataires s’engagent à respecter «la libre circulation des signes monétaires et la liberté des transferts entre les États de l’Union.». L’article 6 de l’Accord de coopération franco-ouest africain précise que « la réglementation uniforme des relations financières extérieures des États de l’Union… sera maintenue en harmonie avec celle de la République Française. «Cette harmonisation assurera, en particulier, la liberté des relations financières entre la France et les Etats de l’Union
  10. BCEAO, Direction centrale des Etudes et de la Prévision, 17 Août 1993. Pour la seule Côte d’Ivoire, dans la même période, les rachats des billets F CFA s’estimaient à «48,6 milliards contre 30,6 milliards», un an plus tôt. (Ibid)
  11. Bulletin de la BCEAC, n° 7 août-sept 1966 P. 488
  12. 13.162 de PIB/27 de PIB=488 Banques centrales théoriques

Le Franc CFA, une imposture financière

 

Manifeste pour la création d’une Monnaie Unique africaine

Note de la rédaction www.madaniya.info


Cauda: Le manifeste est daté, symboliquement, de Chamalières, par référence à la bourgade où se situe l’imprimerie de la Banque de France qui édite le franc CFA. La rédaction de www.madaniya.info est parfaitement informée de l’identité des auteurs du manifeste.


Le Franc CFA, Franc des Colonies Françaises, puis Franc de la Coopération Financière, quelque soit la dénomination au gré des évolutions politiques des relations entre la France et ses anciennes colonies, recouvre une vaste imposture. C’est à proprement parler une arme de destruction massive des économies africaines, car en gage de la convertibilité de cette monnaie, des capitaux africains s’accumulent dans des banques européennes, tandis que les populations restent acculées à la pauvreté. Un vestige de la colonisation à abolir, pour reprendre l’expression de l’économiste Kako NUBUKPO, directeur de la Francophonie économique à l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Retour sur cette imposture, transposition du nazisme monétaire appliqué par le III me Reich au régime de Vichy et que la France applique à son tour à l’Afrique, le socle de son pouvoir diplomatique international et de la Francophone, gage de son rayonnement culturel.

Fin de la note


"Vous savez, cela suffit comme cela avec vos nègres. Vous me gagnez à la main, alors on ne voit plus qu’eux : il y a des nègres à l’Élysée tous les jours, vous me les faites recevoir, vous me les faites inviter à déjeuner. Je suis entouré de nègres, ici. […] Et puis tout cela n’a aucune espèce d’intérêt ! Foutez-moi la paix avec vos nègres ; je ne veux plus en voir d’ici deux mois, vous entendez ? Plus une audience avant deux mois. Ce n’est pas tellement en raison du temps que cela me prend, bien que ce soit déjà fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur : on ne voit que des nègres, tous les jours, à l’Élysée. Et puis je vous assure que c’est sans intérêt."

(Entretiens avec Jacques Foccart, 8 novembre 1968. Cité dans ses Mémoires, tome 2. Le Général en mai. Journal de l’Élysée. 1968-1969, éd. Fayard/Jeune Afrique)


« Aujourd’hui on est colonisé et on ment au Peuple en disant qu’on est libre »

(Léopold Sédar Senghor. Jeune Afrique du 7 juillet 1977)La monnaie CFA: une longue histoire entre Maître et Esclave


Rappelons certains faits historiques antérieurs à l’existence du franc CFA: le 1er janvier 1804, après treize ans d’une guerre sans merci, Saint-Domingue, le fleuron des colonies françaises de l’époque, devient indépendant sous le nom d’Haïti.


La réaction de la métropole ne se fait pas attendre: elle impose un embargo à la jeune nation. C’est que l’ancienne colonie faisait vivre un Français sur huit.

Après des années de tractations, en 1825, Haïti se voit obligé de verser à la France de Charles X la somme de 150 millions de francs lourds «destinés à dédommager les anciens colons». En échange, en fait, de la reconnaissance de son indépendance durement acquise.


Le versement de cette somme est en outre assorti d’un accord d’exclusivité en faveur des produits français qui entrent désormais en Haïti sans droits de douane. La somme est empruntée à une filiale de banque française, la première et la seule du pays jusqu’au début du XXe siècle. Pour rembourser l’emprunt ainsi contracté, l’état haïtien a eu recours pendant plus d’un siècle à la levée de lourds impôts sur la paysannerie.


En 1942, le gouvernement d’Elie Lescot a même lancé un appel à souscription national pour réunir ce qui devait être la dernière tranche du remboursement jusqu’auprès des élèves du primaire. La dette ne sera définitivement soldée, remboursée au dernier sou, qu’en 1972. Voilà les faits.

Qu’est-ce que le franc CFA ?


Pendant son occupation par l’Allemagne, la France a été victime du nazisme monétaire. L’Ambassadeur plénipotentiaire allemand HEMMEN, nommé à Paris sous l’autorité du Ministre de l’économie Hermann Göring, annonce à Wiesbaden le 9 mai 1941, l’accord qu’il a obtenu et qui autorise l’Allemagne à installer ses propres commissaires à la Banque de France ainsi qu’à tous les postes stratégiques financiers du pays français vassalisé:

«L’amiral Darlan…avait approuvé l’établissement des commissaires (allemands nazis) à la Banque de France, aux devises et au commerce extérieur et l’institution d’un contrôle douanier aux frontières»1.


Dès sa libération en 1945, la France applique aux Africains ce même nazisme monétaire qu’elle a perfectionné et qui est lisible aussi bien dans les institutions que dans les quatre principes de la zone franc CFA dont les mécanismes de fonctionnement appauvrissent structurellement les Pays africains utilisateurs du franc CFA.


En effet, dès qu’elle a retrouvé la liberté, la France a été doublement inspirée par son ex-occupant allemand. Elle a d’abord créé en 1945 une monnaie militaire appelée le franc Cfa qui lui a permis de s’attribuer ex-nihilo toutes les devises des 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA au nom de l’alimentation prioritaire des comptes d’opérations ouverts dans son propre Trésor Public.


Ensuite, la même France a fait signer en 1963 aux 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA des accords néocoloniaux de coopération commerciale (accords de Yaoundé, de Lomé et de Cotonou … ). Grâce à ces accords léonins, la France a pu importer massivement les matières premières des 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA sans dépenser une seule devise.


Le nazisme monétaire repose essentiellement sur la dévaluation de la monnaie du pays conquis, l’invention des monnaies coloniales, la libre transférabilité des capitaux des États colonisés vers les pays vainqueurs et les comptes d’opérations.


A ce jour, le franc CFA est une monnaie sans aucune valeur d’échange sur le plan du commerce international. Ce n’est pas une devise.


Les quatre principes de la zone Franc sont d’inspiration nazie.

Les 4 grands principes du pillage par la monnaie CFA

La libre convertibilité des francs cfa en euros

La convertibilité du franc CFA «avec le franc français est illimitée».


Depuis la création effective en 1999 de la devise européenne, ce même principe de libre convertibilité peut être libellé de la manière suivante :La convertibilité du franc CFA avec l’euro est illimitée. Il s’agit d’une véritable escroquerie. Les limites structurelles de ce principe sont multiples dont ci-après quelques-unes seulement.


La libre convertibilité est un argument spécieux dont se sert la France pour s’approprier les devises africaines contre remise de la fausse monnaie coloniale qu’est le Franc CFA. Car les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA (les 15 Pays de la Zone Franc) donnent 100% avant 1973 et maintenant 65% de leurs devises à la France. A ce jour l’État français peut exiger jusqu’à 85% au gré de ses desiderata.


Dans la réalité, la France applique aux Africains ce principe tiré du nazisme monétaire que décrit l’historien et économiste français René SEDILLOT quand son pays était sous occupation allemande.


Il n’y a pas de libre convertibilité entre les francs CFA émis par la BCEAO et la BEAC afin de rendre difficile le commerce afro-africain au profit de la France en particulier et de l’Europe en général.


La France est le premier apporteur des investissements directs étrangers (les IDE) au Maroc, en Algérie et en Tunisie alors que ces trois pays ont quitté la zone franc pour battre leurs monnaies respectives. Cela veut dire concrètement que la garantie française de convertir les francs Cfa hier en francs français et aujourd’hui en euros n’est pas, n’a jamais été et ne sera jamais un facteur d’attraction des investissements directs étrangers (IDE) dans les 15 PAYS AFRICAINES DE LA ZONE CFA.


Ce principe est une justification fallacieuse statutaire du contrôle effectif des banques centrales et des économies africaines par la France. En effet, par exemple «la Banque des États de l’Afrique Centrale est un établissement multinational africain, à la gestion et au contrôle duquel participe la France en contrepartie de la garantie qu’elle apporte à sa monnaie»2.


La garantie française de convertibilité fait du franc CFA est un outil au service de l’impérialisme de la France en Afrique. Car les pays d’outre-mer sont maintenus en captivité pour «procurer les avantages politiques et stratégiques»3 à la France. Le franc CFA s’affirme comme l’outil permettant à la France d’entretenir son «rayonnement» et son «influence… en Afrique»4.

La fixité des parités entre le franc cfa et l’euro


«La parité entre le franc CFA et le franc français est fixe»5. Depuis le 1er janvier 1999, avec la disparition des monnaies nationales européennes au profit de l’Euro, le même principe sus exposé peut s’énoncer de la manière suivante: «La parité entre le Franc CFA et l’Euro est fixe». Les conséquences de ce principe sont négatives pour les 15 pays d’Afrique de la Zone CFA.


1 – Ce principe est un système de pillage méthodique des richesses africaines à travers l’application scientifique du nazisme monétaire que le Français René SEDILLOT présente comme une arme redoutable d’expropriation et d’asservissement des Français vaincus par les Allemands.


2 – Les 15 pays d’Afrique de la Zone CFA sont installés dans une rigueur monétaire suicidaire et sans fin pour maintenir en vie la zone franc.

La préservation de la parité et de la fixité du taux de change des monnaies africaines, hier avec le franc, aujourd’hui avec l’euro, impose que les politiques d’assainissement des finances publiques mises en œuvre (plans d’ajustement structurels, fermetures des services publics dont les écoles et les hôpitaux, les licenciements des fonctionnaires) dans la plupart des pays malgré les difficultés soient poursuivies.


3 – Le détournement des 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA se fait au profit de l’Europe et au détriment de leur ouverture sur le reste du monde


4 – Il y a une impossibilité pour les Africains de manipuler souverainement en leur faveur le taux de change.


5- On assiste à une autonomisation ou à une augmentation mécanique en toute autonomie de la dette extérieure des PAZ F lorsque l’euro est plus faible que le dollar américain.


6 – Quand l’euro s’apprécie par rapport au dollar, s’observe la surévaluation du franc CFA avec les effets nocifs suivants pour les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA:


7- Perte de compétitivité des produits des Africains et perte des parts de marchés extérieurs par les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA.


8- Pertes financières énormes pendant les conversions de leurs devises en euros


9- Creusement de leurs déficits de la balance des paiements,


-Justification économique des dévaluations répétitives ou en séries du F CFA rattaché à l’euro devenu robuste grâce à l’affaiblissement du dollar décidé par les Américains dans leurs intérêts légitimes.


La libre transférabilité des capitaux des 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA vers la France. «Les transferts de fonds entre les Etats membres et la France sont libres»6 Ce principe génère pour les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA des conséquences nuisibles à leur véritable développement:


1- Ce principe favorise la fuite des capitaux financiers indispensables à la reconstruction des pays africains.


2- Les Banques Centrales africaines gaspillent leurs réserves de change dans le rachat de leur propre monnaie. Par exemple, «pour les six premiers mois de 1993, les rachats par la BCEAO des billets de son émission se sont élevés à 162,1 milliards contre 106 milliards un an plus tôt.»


3- La libre transférabilité s’oppose de fait à la formation de l’épargne nationale et encourage le recourt à l’emprunt extérieur dont le remboursement contraint les populations à supporter des souffrances dont on veut faire l’économie.


4 – La centralisation des changes ou les comptes d’opérations.
Les comptes d’opérations ont une origine nazie et ont un mécanisme de fonctionnement qui a des conséquences très lourdes sur les Africains. Les inconvénients des comptes d’opérations sont essentiellement d’ordre financier, économique, social et politique. Le préjudice financier est énorme:
  • Les Africains financent l’économie française à leur propre détriment.
  • Le Trésor Public Français utilise les capitaux africains pour combler ses propres déficits.
  • Le remplissage prioritaire des comptes d’opérations se fait contre le développement des Africains
  • La France emprunte les capitaux africains détenus sous forme d’obligations
  • Politique de rigueur budgétaire et l’austérité économique sans fin imposées aux 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA par la France
  • La gestion des comptes d’opérations infantilise et déresponsabilise les Africains.
  • La France spécule en bourse avec les capitaux des Africains
  • La France utilise les intérêts des placements pour endetter les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA


Ce sont là 4 principes qui fondent le système du pillage de l’Afrique par l’État français.
 
Ce ne sont que quelques hommes, avec la complicité silencieuse de l’assemblée nationale, qui complotent au profit d’une minorité et au détriment d’une majorité africaine.


D’autres mécanismes encore sont répréhensibles. Il serait ici trop long de tous les énumérer. Néanmoins on pensera aussi à la confiscation des devises des travailleurs africains de la diaspora qui, à chaque fois qu’ils émettent un mandat de transfert vers un des 15 pays africains de la zone CFA (avec Western Union, Money Gram, etc), en réalité ces devises partent remplir les comptes d’opération à Paris. En échange les familles en Afrique se voient recevoir cette monnaie de singes qu’est le franc CFA – une monnaie sans aucune valeur internationale et donc incapable de participer à la construction du pays.


Tout aussi grave, lorsque les États (hors la France) émettent des fonds d’aide au développement des 15 pays africains de la zone CFA, là encore les devises offertes partent constituer les comptes d’opération de Paris.


Ces comptes d’opération participent à réduire le déficit économique de la France qui est en réalité subventionnée depuis des dizaines d’années par les économies africaines.


Le système monétaire du franc CFA est unique en son genre, en permettant la fuite des capitaux des sociétés multinationales vers la France; en cela, il représente un paradis fiscale en toute impunité


Face à la paupérisation par le Franc CFA, que faut-il faire?

Les solutions


Au préalable, l’abolition sans condition ici et maintenant du franc CFA et de toute l’administration que l’État français mit en place et entretient encore à ce jour. Ensuite la création de la monnaie unique africaine et la transformation locale des matières premières, telles sont les meilleures solutions pour vaincre efficacement en très peu de temps le sous-développement socio-économique de l’Afrique.


La création de la Monnaie Unique Africaine (MUA)

A- Liquidation du franc cfa et la sortie du camp de concentration monétaire

La création de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit libérer immédiatement du nazisme monétaire français les 15 pays Africains de la zone franc.

B-La garantie de la Monnaie Unique Africaine

La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit être Garantie par la valeur synthétique de certaines matières premières minérales, minières, énergétiques et agricoles (comme le cacao par exemple) dont regorge l’Afrique.

Les Africains pourront exiger d’être payés, de leurs échanges avec le reste du monde, dans leur propre monnaie commune qui prendra nécessairement de la valeur parce que sa demande sera plus forte que son offre.

C – Les Règles de conduite internes aux pays Africains utilisateurs de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE

1- Le taux de transformation locale des matières premières à 100%

2- La nature et la composition des exportations africaines: des produits finis transformés sur le sol africain.

3- La garantie de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE par la valeur synthétique des matières premières africaines

4- Le taux d’inflation inférieur à 6% (Au lieu de 3% en Europe)‏

5- L’encours de la dette extérieure : Dettes/PIB < 30%. (Contre 60% dans l’union européenne)‏

6- Le déficit public : Déficit public/ PIB < 1,5 % (contre 3% du PIB des pays membres de l’Union Européenne) ‏

7- Le taux de pression fiscale : TPO < 20% contre 44,2% en France en 2006

8- La démocratie comme outil de gestion rationnelle des biens publics

D- La création de la Banque centrale africaine

Une seule et unique Banque Centrale Africaine (BCA) destinée à loger la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit être créée. Cette BCA mettra fin à la balkanisation monétaire et à l’atomisation ridicule des Banques Centrales Africaines. En effet, il y a 40 banques centrales africaines qui gèrent annuellement chacune en moyenne un PIB estimé à 27 milliards de dollars.

Cela veut dire que si le modèle africain devrait être recopié par les pays ou régions, on aurait par exemple 488 monnaies et banques centrales différentes12 aux États-Unis où il n’y a qu’une seule. La même observation est valable pour la zone euro, le japon, la Chine , la Russie et l’Inde où l’on aurait respectivement 393, 161, 97, 36 et 34 monnaies et banque centrales différentes pour chacune de ces entités considérées dont le choix de l’unité monétaire doit inspirer favorablement l’Afrique.

Constitutionaliser la transformation locale de toutes les matières premières africaines


La transformation locale des matières premières est la véritable solution aux différents sérieux problèmes socio-économiques du continent noir. Par exemple, si la République de côte d’Ivoire transforme en poudre toute sa production annuelle de café et de cacao, elle pourrait non seulement éteindre en moins d’un an toutes ses dettes, mais elle aurait également les moyens financiers consistants pour nourrir décemment toutes les populations de l’Afrique subsaharienne. Au lieu de cela, le pays continue actuellement de vouloir s’endetter auprès des institutions bancaires internationales pour construire routes et ponts.

Conclusion


La M.U.A doit être créée par l’Union Africaine en urgence pour libérer immédiatement du nazisme monétaire français les 15 pays Africains de la zone Franc.

La garantie de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE peut être assise sur la valeur synthétique des matières premières stratégiques dont regorge le continent.

S’impose la constitutionnalisation de la transformation en Afrique de toutes les matières premières afin de permettre aux Africains de vaincre efficacement et très rapidement la pauvreté grâce à leur enrichissement dynamique des valeurs ajoutées générées par les produits finis fabriqués localement et vendus tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du continent noir.

Avec ces produits finis fabriqués en Afrique, s’accélérera le commerce afro-africain qui demeure la véritable solution au sous-développement du continent face au protectionnisme des pays du Nord.

Par la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE, se fera la redynamisation des blocs économiques africains exposés à la rude concurrence des économies du monde qui se régionalisent et se continentalisent

S’impose la création de solides sociétés d’État dont celles des industries alimentaires pour nourrir décemment la population africaine qui avoisine les deux milliards en 2050.

Il y a donc urgence à créer la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE pour mettre véritablement les Africains au travail, produire leur propre nourriture et acquérir la sécurité alimentaire.

L’Afrique doit se donner les moyens objectifs d’éliminer son nouveau partage par l’Europe et l’Asie.

Saisir les opportunités qu’offre la crise financière et économique mondialisée pour reconstruire l’Afrique

La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE sera aussi un gage de sécurité pour les peuples africains.

La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit traduire à l’échelle internationale l’existence de l’Afrique comme le font le dollar, l’euro et le yen qui évoquent respectivement dans l’inconscient collectif les États-Unis d’Amérique, l’Europe et le japon.

L’assujettissement des pays A.C.P. à l’Europe par les Accords de Yaoundé et de Cotonou n’a pu réaliser la moindre petite parcelle de l’industrialisation des économies africaines promise dans le Traité de Rome de 1957. Seule la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit industrialiser le continent noir, en stimulant le génie inventif des africains !

La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit contribuer à la formation rapide des ÉTATS-UNIS d’Afrique

Elle permettra aux États africains d’économiser les sommes importantes qu’ils utilisent pour soutenir individuellement leurs différentes monnaies nationales. Car celles-ci auront été remplacées par la nouvelle MONNAIE UNIQUE AFRICAINE.

Avec la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE, seront éliminés les risques de pertes de changes qui accompagnent les opérations de conversions des monnaies les unes dans les autres. Seront éliminées sur le continent noir les dévaluations anarchiques des monnaies nationales grâce à l’usage de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE.

Monnaie de facturation et de règlement des opérations, la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE permettra la transparence des prix des produits et une meilleure information des consommateurs. Ceux-ci seront les grands bénéficiaires de la concurrence et de la compétition résultante, entre les entreprises implantées sur le sol africain. La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE donnera ainsi un coup de fouet supplémentaire aux activités commerciales, au grand bonheur de l’emploi. Elle apparaîtra comme un facteur structurel de relance économique

En définitive, la création de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE garantie par la valeur synthétique des matières premières stratégiques africaines et la constitutionnalisation de la transformation locale de toutes les matières premières du continent, telles sont les seules véritables solutions capables de vaincre efficacement en très peu de temps le sous-développement socio-économique de l’Afrique !

Pour aller plus loin, sur ce lien

Kaky Nubukpo: Agrégé es Sciences Économiques de l’Université française, chargé d’enseignement à Oxford University, Directeur de la francophonie économique à l’OIF (Organisaiton Internationale de la Francophonie)


Ainsi que la conférence du professeur Mamadou Koulibaly, Président de Lider à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire, à Abidjan, le 11 Février 2017


  1. Pierre Arnoult, Les finances de la France et l’occupation allemande, Page 50, Edition PUF, 1951
  2. Article 7 de la Convention de Coopération Monétaire entre les Etats membres de la BEAC et la France, signée à Libreville (Gabon) le 13 mars 1973
  3. L’Ambassadeur français BREGBER, ancien représentant permanent auprès des communautés Européennes, « Une affaire avant tout politique», dans Géopolitique n° 53 P. 82.
  4. Ibid
  5. Selon l’Article 11 de la Convention de coopération monétaire entre les Etats membres de la BEAC et la France Le même principe s’énonce dans l’article 2 de l’Accord de coopération entre la France et les membres de l’U.M.O.A. de la manière suivante: «Les transactions entre le franc français et la monnaie de l’union s’effectueront à un cours fixé sur la base de la parité en vigueur ». L’accord de coopération monétaire entre la France et la République fédérale islamique des Comores est basé sur les mêmes quatre principes régissant la coopération financière franco-africaine.
  6. Selon l’article 4 alinéa 3 du traité constituant l’U.M.O.A., les Etats signataires s’engagent à respecter «la libre circulation des signes monétaires et la liberté des transferts entre les États de l’Union.». L’article 6 de l’Accord de coopération franco-ouest africain précise que « la réglementation uniforme des relations financières extérieures des États de l’Union… sera maintenue en harmonie avec celle de la République Française. «Cette harmonisation assurera, en particulier, la liberté des relations financières entre la France et les Etats de l’Union
  7. BCEAO, Direction centrale des Etudes et de la Prévision, 17 Août 1993. Pour la seule Côte d’Ivoire, dans la même période, les rachats des billets F CFA s’estimaient à «48,6 milliards contre 30,6 milliards», un an plus tôt. (Ibid)
  8. Bulletin de la BCEAC, n° 7 août-sept 1966 P. 488
  9. Selon l’article 4 alinéa 3 du traité constituant l’U.M.O.A., les Etats signataires s’engagent à respecter «la libre circulation des signes monétaires et la liberté des transferts entre les États de l’Union.». L’article 6 de l’Accord de coopération franco-ouest africain précise que « la réglementation uniforme des relations financières extérieures des États de l’Union… sera maintenue en harmonie avec celle de la République Française. «Cette harmonisation assurera, en particulier, la liberté des relations financières entre la France et les Etats de l’Union
  10. BCEAO, Direction centrale des Etudes et de la Prévision, 17 Août 1993. Pour la seule Côte d’Ivoire, dans la même période, les rachats des billets F CFA s’estimaient à «48,6 milliards contre 30,6 milliards», un an plus tôt. (Ibid)
  11. Bulletin de la BCEAC, n° 7 août-sept 1966 P. 488
  12. 13.162 de PIB/27 de PIB=488 Banques centrales théoriques

Posté mardi 24 décembre 2019 à 11:29 |  par bbela

lundi 23 décembre 2019

En visite en Côte d’Ivoire du 20 au 22 décembre 2019, le président français Emmanuel Macron a entre autres participé à la célébration des fêtes de fin d’année en compagnie des forces françaises stationnées dans le pays. Il a par ailleurs rendu un hommage aux neuf soldats français tués lors du bombardement le 6 novembre 2004 à Bouaké.
Cependant, Laurent Louis, un politicien belge a adressé un message à Emmanuel Macron lui disant de quitter l’Afrique. 

Voici son message:
«Si vous voulez aider l’Afrique Monsieur Macron, foutez-le camp de ce continent»: un député belge s'en prend à Macron
« Ah non Monsieur Macron,
Le seul et vrai problème de l’Afrique, c’est que depuis près de 2 siècles ce continent est colonisé par des puissances occidentales dont le seul objectif est de laisser les Africains dans la misère pour mieux les spolier tout en donnant l’apparence de leur vouloir du bien alors qu’en toute honnêteté elles s’en foutent allègrement !
C’est d’ailleurs pour cette raison que n’arrivent au pouvoir en Afrique que des dirigeants corrompus qui ne sont en réalité que les marionnettes de l’Occident. Et si des Africains osent se lever contre l’oppresseur pour revendiquer la libération de l’Afrique, ils sont tout simplement assassinés ou traînés devant le Tribunal pénal international totalement entre les mains de l’Occident !

Si vous voulez aider l’Afrique Monsieur Macron, foutez-le camp de ce continent, laissez les Africains gérer leurs richesses naturelles au lieu de les spolier et surtout mettez un terme à ces aides au développement qui en réalité ne servent qu’à arroser des Occidentaux qui font semblant d’aider les peuples via des ONG qui en réalité ne s’aident qu’elles-mêmes quand elles ne reviennent finalement pas dans les valises diplomatiques pour financer secrètement ceux qui les ont décidées.
Le vrai problème de l’Afrique Monsieur Macron, c’est vous et vos semblables qui dirigent ce monde et pour qui l’Afrique n’est qu’un hard discount à ciel ouvert où vous pouvez vous servir allègrement ! »
Par Laurent Louis (Homme politique Belge)

«Si vous voulez aider l’Afrique Monsieur Macron, foutez-le camp de ce continent»: un député belge s’en prend à Macron

En visite en Côte d’Ivoire du 20 au 22 décembre 2019, le président français Emmanuel Macron a entre autres participé à la célébration des fêtes de fin d’année en compagnie des forces françaises stationnées dans le pays. Il a par ailleurs rendu un hommage aux neuf soldats français tués lors du bombardement le 6 novembre 2004 à Bouaké.
Cependant, Laurent Louis, un politicien belge a adressé un message à Emmanuel Macron lui disant de quitter l’Afrique. 

Voici son message:
«Si vous voulez aider l’Afrique Monsieur Macron, foutez-le camp de ce continent»: un député belge s'en prend à Macron
« Ah non Monsieur Macron,
Le seul et vrai problème de l’Afrique, c’est que depuis près de 2 siècles ce continent est colonisé par des puissances occidentales dont le seul objectif est de laisser les Africains dans la misère pour mieux les spolier tout en donnant l’apparence de leur vouloir du bien alors qu’en toute honnêteté elles s’en foutent allègrement !
C’est d’ailleurs pour cette raison que n’arrivent au pouvoir en Afrique que des dirigeants corrompus qui ne sont en réalité que les marionnettes de l’Occident. Et si des Africains osent se lever contre l’oppresseur pour revendiquer la libération de l’Afrique, ils sont tout simplement assassinés ou traînés devant le Tribunal pénal international totalement entre les mains de l’Occident !

Si vous voulez aider l’Afrique Monsieur Macron, foutez-le camp de ce continent, laissez les Africains gérer leurs richesses naturelles au lieu de les spolier et surtout mettez un terme à ces aides au développement qui en réalité ne servent qu’à arroser des Occidentaux qui font semblant d’aider les peuples via des ONG qui en réalité ne s’aident qu’elles-mêmes quand elles ne reviennent finalement pas dans les valises diplomatiques pour financer secrètement ceux qui les ont décidées.
Le vrai problème de l’Afrique Monsieur Macron, c’est vous et vos semblables qui dirigent ce monde et pour qui l’Afrique n’est qu’un hard discount à ciel ouvert où vous pouvez vous servir allègrement ! »
Par Laurent Louis (Homme politique Belge)

Posté lundi 23 décembre 2019 à 20:32 |  par bbela

jeudi 28 décembre 2017

(AP Photo/Jonathan Paye-Layleh)


La 3ème aura été la bonne. Battu en 2005 et 2011 par Ellen Johnson Sirleaf, George Weah obtient une large victoire, ce jeudi 28 décembre, au second tour de la présidentielle au Liberia, selon des résultats quasi complets. Cette ex-gloire du football va donc prendre à la tête d'un pays marqué par 15 années de guerre.


Nous sommes fin 1995. George Weah vient de quitter le Paris Saint-Germain pour le Milan AC en Italie, et en ce mois de décembre, il entre dans l'histoire du football : consécration, l'attaquant libérien reçoit le Ballon d'or. Pour la première fois, un joueur non européen est consacré meilleur joueur évoluant en Europe. 22 ans plus tard, George Weah reste le seul africain ainsi décoré.

©AP Photo/Carlo Fumagalli

Quel parcours pour le nouveau président du Liberia ! Weah vient de loin. Né le 1er octobre 1966 dans un bidonville de Monrovia, la capitale, élevé par sa grand-mère, il débute sa carrière de footballeur dans le championnat national avant de quitter son pays d'abord (une saison à Yaounde au Cameroun) puis son continent, direction l'Europe où pendant 13 ans il jouera dans les championats français, italiens et anglais avant de conclure sa carrière par deux années aux Emirats arabes unis.

Inquiet pour son pays
Mais Weah n'attend pas la retraite en 2003 pour se préoccuper du sort de son pays. Dès 1995, il prend la parole pour s'inquiéter du sort d'un Liberia en pleine guerre. Le seigneur de guerre et futur président Charles Taylor sème la violence dans la région en soutenant la rébellion du RUF au Sierra Leone voisin. George Weah prend publiquement position contre Taylor : les sbires du futur dictateur libérien s'en prendront à la résidence du footballeur à Monrovia. 
L'accession de Taylor au pouvoir au Liberia en 1997 entraîne le pays dans une guerre civile effroyable à l'issue de laquelle Charles Taylor devra quitter le pouvoir.

La chute de Taylor coïncide avec la retraite de Weah. C'est donc assez naturellement que, dès 2005, l'attaquant se présente à l'élection présidentielle qui doit marquer le retour du pays à l'ordre constitutionnel après une transition sous l'égide des Nations unies.


© AP Photo/George Osodi

George Weah se qualifie pour le 2nd tour mais doit reconnaître sa défaite face à l'économiste Ellen Johnson Sirleaf qui l'emporte largement avec près de 60% des suffrages. Sirleaf sera réélue en 2011. Quant à Weah, il pourra se consoler en 2014  : il est alors élu sénateur à Monrovia, face à... Robert Sirleaf, le fils de la présidente. 

La 3è candidature de George Weah aura donc été la bonne. Il prend les commandes d'un Liberia  toujours très fragile. Plus de 6 libériens sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté. Une situation rendue plus complexe encore par la chute du prix des matières premières (fer et caoutchouc).
Le président Weah a donc de gros défis à relever. Tout en gardant un oeil sur le football et sur son ancien club le Paris Saint-Germain où une jeune joueur attirera sans doute toute son attention : un attaquant de 17 ans baptisé.. Timothy Weah. Le fils du président.

http://information.tv5monde.com/afrique/au-liberia-george-weah-vedette-du-football-devenue-president-196948

Qui est George Weah, la vedette du football africain devenue président ? (TV5 Afrique)

(AP Photo/Jonathan Paye-Layleh)


La 3ème aura été la bonne. Battu en 2005 et 2011 par Ellen Johnson Sirleaf, George Weah obtient une large victoire, ce jeudi 28 décembre, au second tour de la présidentielle au Liberia, selon des résultats quasi complets. Cette ex-gloire du football va donc prendre à la tête d'un pays marqué par 15 années de guerre.


Nous sommes fin 1995. George Weah vient de quitter le Paris Saint-Germain pour le Milan AC en Italie, et en ce mois de décembre, il entre dans l'histoire du football : consécration, l'attaquant libérien reçoit le Ballon d'or. Pour la première fois, un joueur non européen est consacré meilleur joueur évoluant en Europe. 22 ans plus tard, George Weah reste le seul africain ainsi décoré.

©AP Photo/Carlo Fumagalli

Quel parcours pour le nouveau président du Liberia ! Weah vient de loin. Né le 1er octobre 1966 dans un bidonville de Monrovia, la capitale, élevé par sa grand-mère, il débute sa carrière de footballeur dans le championnat national avant de quitter son pays d'abord (une saison à Yaounde au Cameroun) puis son continent, direction l'Europe où pendant 13 ans il jouera dans les championats français, italiens et anglais avant de conclure sa carrière par deux années aux Emirats arabes unis.

Inquiet pour son pays
Mais Weah n'attend pas la retraite en 2003 pour se préoccuper du sort de son pays. Dès 1995, il prend la parole pour s'inquiéter du sort d'un Liberia en pleine guerre. Le seigneur de guerre et futur président Charles Taylor sème la violence dans la région en soutenant la rébellion du RUF au Sierra Leone voisin. George Weah prend publiquement position contre Taylor : les sbires du futur dictateur libérien s'en prendront à la résidence du footballeur à Monrovia. 
L'accession de Taylor au pouvoir au Liberia en 1997 entraîne le pays dans une guerre civile effroyable à l'issue de laquelle Charles Taylor devra quitter le pouvoir.

La chute de Taylor coïncide avec la retraite de Weah. C'est donc assez naturellement que, dès 2005, l'attaquant se présente à l'élection présidentielle qui doit marquer le retour du pays à l'ordre constitutionnel après une transition sous l'égide des Nations unies.


© AP Photo/George Osodi

George Weah se qualifie pour le 2nd tour mais doit reconnaître sa défaite face à l'économiste Ellen Johnson Sirleaf qui l'emporte largement avec près de 60% des suffrages. Sirleaf sera réélue en 2011. Quant à Weah, il pourra se consoler en 2014  : il est alors élu sénateur à Monrovia, face à... Robert Sirleaf, le fils de la présidente. 

La 3è candidature de George Weah aura donc été la bonne. Il prend les commandes d'un Liberia  toujours très fragile. Plus de 6 libériens sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté. Une situation rendue plus complexe encore par la chute du prix des matières premières (fer et caoutchouc).
Le président Weah a donc de gros défis à relever. Tout en gardant un oeil sur le football et sur son ancien club le Paris Saint-Germain où une jeune joueur attirera sans doute toute son attention : un attaquant de 17 ans baptisé.. Timothy Weah. Le fils du président.

http://information.tv5monde.com/afrique/au-liberia-george-weah-vedette-du-football-devenue-president-196948

Posté jeudi 28 décembre 2017 à 19:56 |  par bbela

vendredi 22 septembre 2017

Credit photo: google

Non, aller construire une école en Afrique en prenant la place de travailleurs locaux n'est pas une bonne idée.

 comportement de l’humanitaire blanc en Afrique a déjà été mille fois dénoncé. Mais peut-être jamais de manière aussi drôle et féroce que sur le compte Instagram «White Savior Barbie», tenue par deux femmes anonymes –mais qui ont confié au site Quartz avoir travaillé plusieurs années dans l’humanitaire en Afrique de l’Est.

Le concept de ce compte? Une Barbie travaille dans une ONG imaginaire, qui fournit de l’eau aux populations locales et est prise en photo dans son quotidien. Les montages sont très souvent hilarants... et très proches des véritables images que peuvent poster sur les réseaux sociaux des blancs engagés dans l’humanitaire en Afrique.

«Nous ne sommes pas Africains parce que nous sommes nés en Afrique, mais parce que l’Afrique est née en nous», écrit ici Barbie, qui imite le style générique d’un humanitaire au grand cœur.

Gros ringard sur Tinder

Pour exemple, les photos postées sur l’application de rencontre Tinder par des occidentaux qui travaillent pour des ONG ou autres organisations sur le continent; des images collectées par le site «Humanitarians of Tinder» sur lesquelles on peut voir des jeunes prenant la pose au milieu de dizaines d’enfants, de manière plus ou moins ostentatoire.

«Aller jouer les Zorro»

Sur Slate Afrique, notre ancien collègue Raoul Mbog s’était déjà énervé en 2014 contre les humanitaires qui se voient un peu trop comme les sauveurs du monde. Extrait:

«En Occident, on connaît tous plus ou moins quelqu’un qui, un beau jour, a décidé qu’il irait “faire de l’humanitaire” en Afrique. Parce que, vous comprenez, il y a trop de misère, trop de maladies, la guerre et beaucoup trop de souffrances et donc, il faut aider les “petits Africains”. Sur le continent, qui n’a jamais rencontré d’occidental, souvent looké façon New Age, souvent encore trop jeune, jurant, la main sur cœur, être venu “sauver l’Afrique”? [...] La vraie solidarité commence par l’humilité de reconnaître qu’on ne peut pas du jour au lendemain aller jouer les Zorro quelque part, surtout quand on ne sait rien de ce quelque part.»

Le succès du compte Instagram White Savior Barbie, qui compte déjà 18.000 followers après tout juste un mois d’existence, démontre en tout cas que le sujet passionne sur le continent africain, mais aussi en Europe ou en Amérique du Nord. De nombreux acteurs africains, mais aussi des ONG occidentales, tentent de lutter contre les comportements puérils de volontaires qui partent «sauver l’Afrique».

On se rappelle par exemple de la vidéo de l’ONG norgévienne SAIH, qui lutte contre les stéréotypes sur l’Afrique et s’adresse aux gens qui voudraient s’engager comme volontaires sur le continent. On y voit une jeune occidentale qui rêve d’aller «aider les petits Africains», alors qu’elle n’a pas la moindre idée de la complexité de la situation sur place.

Les ONG privilégient les blancs

La vraie question soulevée par les auteurs de «White Savior Barbie» est au fond de savoir comment s’engager pour aider des populations africaines dans le besoin, sans s’imposer à elles, changer leur mode de vie de manière contre-productive et surtout maintenir une suprématie de l’homme blanc dans les mentalités africaines.

«Nous ne disons pas: “N’aidez pas les autres.” Nous essayons juste d’engager un débat sur comment mieux aider les autres», explique de manière très juste à Quartz les auteurs qui se cachent derrière les photos de Barbies.

Car les volontaires s’imposent trop souvent au détriment des humanitaires occidentaux. En août 2015, le média britannique The Guardian affirmait, en s’appuyant sur les confidences d’un travailleur, qu’il est plus facile de grimper dans la hiérarchie d’une ONG si vous êtes blanc que noir:

«J’ai débuté ma carrière dans l’humanitaire au Soudan, témoignait celui-ci. Un an après ma sortie de l’université, après un bref interlude comme professeur d’anglais, je me suis engagé comme volontaire pour une organisation humanitaire. Malgré le fait que je ne me sois pas investi plus que mes collègues soudanais, je suis rapidement monté en grade.»

Un comble en Afrique, où les locaux devraient pouvoir accéder de manière importante aux postes à responsabilité en raison de leur connaissance de la réalité du terrain, de leur réseaux, etc.

Enfin, il y aussi les mille et un excès connus de nombreuses ONG sur le continent. Des enclos de travailleurs humanitaires dans la ville, comme le raconte par exemple le journaliste et écrivain Richard Grant à Kigali au Rwanda dans son livre Crazy River. Ou des abus d’ONG accusées de privilégier leur business au bien-être des populations locales, comme dans l’est du Congo, où plusieurs chercheurs et journalistes ont dénoncé le «business du viol» organisé en connaissance de cause par des organisations humanitaires.

«Complexe industriel du sauveur blanc»

Depuis quelques années, un terme est apparu pour désigner les volontaires bien intentionnés mais naïfs qui s’engagent pour des projets humanitaires en Afrique ou ailleurs dans le monde: le «volontourisme», contraction de «volontaire» et «tourisme».

Selon le site Quartz, l’industrie de l’humanitaire attire chaque année 1,6 million de volontaires, qui dépensent plus de 2 milliards d’euros dans le processus. L’auteur nigério-américain Teju Cole a lui nommé ce phénomène le «complexe industriel du sauveur blanc». Il avait posté une série de tweets pour dénoncer le phénomène en 2012, à la suite de la vidéo «Kony 2012» de l’ONG américaine Invisible Children.

5- The White Savior Industrial Complex is not about justice. It is about having a big emotional experience that validates privilege.

— Teju Cole (@tejucole) 8 mars 2012


«Le complexe industriel du sauveur blanc n’est pas là pour une question de justice. C’est plutôt quelque chose qui offre une grosse expérience émotionnelle qui valide des privilèges».

2- The white savior supports brutal policies in the morning, founds charities in the afternoon, and receives awards in the evening.

— Teju Cole (@tejucole) 8 mars 2012


«Le matin, le sauveur blanc supporte des politiques brutales, l’après-midi,  il trouve des dons, et le soir, il reçoit des récompenses.»

Dans une chronique publiée à l’époque sur le site The Atlantic, Teju Cole était revenu sur sa série de tweets en affirmant que «ces tweets, bien que non prémédités, étaient intentionnels dans leur ironie et leur sincérité».

Dans les colonnes du New York Times, le journaliste Jacob Kushner tournait également en dérision le «volontourisme» dans une chronique publiée le 22 mars 2016. Il y raconte la venue des missionnaires chrétiens pour quelques semaines à Port-au-Prince, capitale d’Haïti, dans le cadre d’un projet de construction d’une école:

«Ces gens ne savaient pas du tout comment construire un bâtiment. Collectivement, ils avaient dépensé des milliers de dollars pour prendre l’avion et venir faire le travail que des maçons haïtiens auraient pu faire beaucoup plus rapidement. Imaginez combien de salles de classes supplémentaires pourraient avoir été construites s’ils avaient fait don directement de leur argent, plutôt que de le dépenser en prenant l’avion. Peut-être aussi que des artisans haïtiens auraient pu trouvé un emploi pour quelques semaines avec une paye décente pour ce chantier. Au lieu de ça, pour plusieurs jours, ils étaient au chomâge.»

Un parfait résumé de tous les travers du «volontourisme».

http://www.slateafrique.com/666055/ong-volontourisme-barbies

Pourquoi le «volontourisme» est un fléau pour l'Afrique

Credit photo: google

Non, aller construire une école en Afrique en prenant la place de travailleurs locaux n'est pas une bonne idée.

 comportement de l’humanitaire blanc en Afrique a déjà été mille fois dénoncé. Mais peut-être jamais de manière aussi drôle et féroce que sur le compte Instagram «White Savior Barbie», tenue par deux femmes anonymes –mais qui ont confié au site Quartz avoir travaillé plusieurs années dans l’humanitaire en Afrique de l’Est.

Le concept de ce compte? Une Barbie travaille dans une ONG imaginaire, qui fournit de l’eau aux populations locales et est prise en photo dans son quotidien. Les montages sont très souvent hilarants... et très proches des véritables images que peuvent poster sur les réseaux sociaux des blancs engagés dans l’humanitaire en Afrique.

«Nous ne sommes pas Africains parce que nous sommes nés en Afrique, mais parce que l’Afrique est née en nous», écrit ici Barbie, qui imite le style générique d’un humanitaire au grand cœur.

Gros ringard sur Tinder

Pour exemple, les photos postées sur l’application de rencontre Tinder par des occidentaux qui travaillent pour des ONG ou autres organisations sur le continent; des images collectées par le site «Humanitarians of Tinder» sur lesquelles on peut voir des jeunes prenant la pose au milieu de dizaines d’enfants, de manière plus ou moins ostentatoire.

«Aller jouer les Zorro»

Sur Slate Afrique, notre ancien collègue Raoul Mbog s’était déjà énervé en 2014 contre les humanitaires qui se voient un peu trop comme les sauveurs du monde. Extrait:

«En Occident, on connaît tous plus ou moins quelqu’un qui, un beau jour, a décidé qu’il irait “faire de l’humanitaire” en Afrique. Parce que, vous comprenez, il y a trop de misère, trop de maladies, la guerre et beaucoup trop de souffrances et donc, il faut aider les “petits Africains”. Sur le continent, qui n’a jamais rencontré d’occidental, souvent looké façon New Age, souvent encore trop jeune, jurant, la main sur cœur, être venu “sauver l’Afrique”? [...] La vraie solidarité commence par l’humilité de reconnaître qu’on ne peut pas du jour au lendemain aller jouer les Zorro quelque part, surtout quand on ne sait rien de ce quelque part.»

Le succès du compte Instagram White Savior Barbie, qui compte déjà 18.000 followers après tout juste un mois d’existence, démontre en tout cas que le sujet passionne sur le continent africain, mais aussi en Europe ou en Amérique du Nord. De nombreux acteurs africains, mais aussi des ONG occidentales, tentent de lutter contre les comportements puérils de volontaires qui partent «sauver l’Afrique».

On se rappelle par exemple de la vidéo de l’ONG norgévienne SAIH, qui lutte contre les stéréotypes sur l’Afrique et s’adresse aux gens qui voudraient s’engager comme volontaires sur le continent. On y voit une jeune occidentale qui rêve d’aller «aider les petits Africains», alors qu’elle n’a pas la moindre idée de la complexité de la situation sur place.

Les ONG privilégient les blancs

La vraie question soulevée par les auteurs de «White Savior Barbie» est au fond de savoir comment s’engager pour aider des populations africaines dans le besoin, sans s’imposer à elles, changer leur mode de vie de manière contre-productive et surtout maintenir une suprématie de l’homme blanc dans les mentalités africaines.

«Nous ne disons pas: “N’aidez pas les autres.” Nous essayons juste d’engager un débat sur comment mieux aider les autres», explique de manière très juste à Quartz les auteurs qui se cachent derrière les photos de Barbies.

Car les volontaires s’imposent trop souvent au détriment des humanitaires occidentaux. En août 2015, le média britannique The Guardian affirmait, en s’appuyant sur les confidences d’un travailleur, qu’il est plus facile de grimper dans la hiérarchie d’une ONG si vous êtes blanc que noir:

«J’ai débuté ma carrière dans l’humanitaire au Soudan, témoignait celui-ci. Un an après ma sortie de l’université, après un bref interlude comme professeur d’anglais, je me suis engagé comme volontaire pour une organisation humanitaire. Malgré le fait que je ne me sois pas investi plus que mes collègues soudanais, je suis rapidement monté en grade.»

Un comble en Afrique, où les locaux devraient pouvoir accéder de manière importante aux postes à responsabilité en raison de leur connaissance de la réalité du terrain, de leur réseaux, etc.

Enfin, il y aussi les mille et un excès connus de nombreuses ONG sur le continent. Des enclos de travailleurs humanitaires dans la ville, comme le raconte par exemple le journaliste et écrivain Richard Grant à Kigali au Rwanda dans son livre Crazy River. Ou des abus d’ONG accusées de privilégier leur business au bien-être des populations locales, comme dans l’est du Congo, où plusieurs chercheurs et journalistes ont dénoncé le «business du viol» organisé en connaissance de cause par des organisations humanitaires.

«Complexe industriel du sauveur blanc»

Depuis quelques années, un terme est apparu pour désigner les volontaires bien intentionnés mais naïfs qui s’engagent pour des projets humanitaires en Afrique ou ailleurs dans le monde: le «volontourisme», contraction de «volontaire» et «tourisme».

Selon le site Quartz, l’industrie de l’humanitaire attire chaque année 1,6 million de volontaires, qui dépensent plus de 2 milliards d’euros dans le processus. L’auteur nigério-américain Teju Cole a lui nommé ce phénomène le «complexe industriel du sauveur blanc». Il avait posté une série de tweets pour dénoncer le phénomène en 2012, à la suite de la vidéo «Kony 2012» de l’ONG américaine Invisible Children.

5- The White Savior Industrial Complex is not about justice. It is about having a big emotional experience that validates privilege.

— Teju Cole (@tejucole) 8 mars 2012


«Le complexe industriel du sauveur blanc n’est pas là pour une question de justice. C’est plutôt quelque chose qui offre une grosse expérience émotionnelle qui valide des privilèges».

2- The white savior supports brutal policies in the morning, founds charities in the afternoon, and receives awards in the evening.

— Teju Cole (@tejucole) 8 mars 2012


«Le matin, le sauveur blanc supporte des politiques brutales, l’après-midi,  il trouve des dons, et le soir, il reçoit des récompenses.»

Dans une chronique publiée à l’époque sur le site The Atlantic, Teju Cole était revenu sur sa série de tweets en affirmant que «ces tweets, bien que non prémédités, étaient intentionnels dans leur ironie et leur sincérité».

Dans les colonnes du New York Times, le journaliste Jacob Kushner tournait également en dérision le «volontourisme» dans une chronique publiée le 22 mars 2016. Il y raconte la venue des missionnaires chrétiens pour quelques semaines à Port-au-Prince, capitale d’Haïti, dans le cadre d’un projet de construction d’une école:

«Ces gens ne savaient pas du tout comment construire un bâtiment. Collectivement, ils avaient dépensé des milliers de dollars pour prendre l’avion et venir faire le travail que des maçons haïtiens auraient pu faire beaucoup plus rapidement. Imaginez combien de salles de classes supplémentaires pourraient avoir été construites s’ils avaient fait don directement de leur argent, plutôt que de le dépenser en prenant l’avion. Peut-être aussi que des artisans haïtiens auraient pu trouvé un emploi pour quelques semaines avec une paye décente pour ce chantier. Au lieu de ça, pour plusieurs jours, ils étaient au chomâge.»

Un parfait résumé de tous les travers du «volontourisme».

http://www.slateafrique.com/666055/ong-volontourisme-barbies

Posté vendredi 22 septembre 2017 à 20:37 |  par bbela

lundi 8 mai 2017



Emmanuel Macron, leader du mouvement En Marche!, est arrivé en tête lors du premier tour de l'élection présidentielle française ce dimanche 23 avril, avec 23,75% des voix contre 21,53% pour la présidente du Front National, Marine Le Pen. Le favori à la succession de François Hollande a accordé une interview à Jeune Afrique, une semaine avant ce scrutin.


Sa perception de l’Afrique et la politique qu’il entend mettre en place s’il était élu, la colonisation, l’aide publique au développement, le franc CFA, les relations Algérie-Maroc, la démocratie et les Constitutions, l’immigration, Trump, Poutine…
Avant le premier tour de l’élection présidentielle française, le 23 avril, nous avons interrogé le candidat d’En marche !, Emmanuel Macron, dans un TGV entre Paris et Besançon, où il se rendait en meeting.
Jeune Afrique : En quelques mots, que proposez-vous de nouveau ou de différent aux électeurs français ?
Emmanuel Macron : Je propose un renouvellement profond de la vie politique française et un projet pour la France qui rassemble les Français autour d’objectifs clairs. Le socle de ce projet repose sur 6 chantiers de transformation : l’éducation et la culture, la réforme du marché du travail, la modernisation de l’économie (à travers l’écologie et le numérique, notamment), la sécurité, le fonctionnement plus efficace des institutions et une politique européenne et internationale indépendante et humaniste.
Ce projet s’appuie sur un mouvement d’un dynamisme extraordinaire, En Marche !, porté par des femmes et des hommes engagés sur le terrain, souvent nouveaux venus dans la vie politique, réunis par les valeurs de la République et du progrès.
"La campagne a été plombée par les affaires du Front national et du candidat François Fillon"



Quel jugement portez-vous sur cette campagne électorale totalement inédite ?
J’aimerais qu’elle se concentre sur les programmes. Elle a été plombée par les affaires du Front national et du candidat François Fillon. Mais je crois que les Françaises et les Français voteront finalement en connaissance de cause. Notre projet est le seul qui soit à la fois réaliste et ambitieux. Il faut convaincre jusqu’au dernier jour, jusqu’à la dernière minute.
Sur le plan des relations internationales, et en particulier vis-à-vis de l’Afrique, qu’est ce qui changerait avec vous ?
Dans la politique étrangère que je conduirai, je veillerai à défendre partout les intérêts stratégiques de la France, et en priorité la sécurité des Français.
A cet égard, en Afrique, je mènerai une action déterminée, avec nos partenaires africains et internationaux, contre le terrorisme et les trafics qui menacent la stabilité de plusieurs pays.
"Nous devons mettre en place un partenariat stratégique entre l’UE et l’UA pour sortir des logiques de charité ou de clientélisme"




Mais je souhaite aussi que la France, l’Europe et l’Afrique saisissent ensemble les opportunités de ce continent d’avenir. Nous devons refonder notre relation avec l’Afrique pour créer un nouveau partenariat équilibré, de confiance et de croissance.
Le doublement de la population africaine et l’émergence de plusieurs pays africains dans les 30 prochaines années pourrait en effet s’apparenter à celle des dragons asiatiques au 20e siècle.
Mais pour surmonter les éléments de fragilité du développement africain – sécurité, jeunesse peu formée, inégalités, dégradation des sols et réchauffement climatique –  nous devons mettre en place un partenariat stratégique entre les Unions (européenne et africaine), qui renouvelle complètement les politiques existantes, pour sortir des logiques de charité ou de clientélisme, et bâtir une relation politique et économique véritablement partenariale.
C’est ainsi que l’Europe et l’Afrique pourront prospérer ensemble, défendre leurs intérêts mutuels  et peser sur l’avenir de notre monde, aux côtés des États-Unis, de la Chine et d’autres puissances émergentes.
Dès les premières semaines de mon mandat, j’engagerai une nouvelle politique en direction du continent africain, fondée sur la liberté et la responsabilité, avec des priorités claires : la sécurité, la lutte contre le changement climatique, les droits des femmes, l’éducation et la formation, les infrastructures, notamment pour l’accès à l’énergie et à l’eau, et le développement du secteur privé, notamment des PME africaines qui sont créatrices d’emploi.
Dès le G20 de juillet prochain en Allemagne, je mobiliserai les institutions et nos partenaires internationaux pour faire du développement durable des États et des économies africaines une priorité majeure de l’agenda international.
"C’est en assumant la vérité sur notre histoire commune que nous pourrons  regarder l’avenir avec confiance"



Vous avez fait une déclaration forte sur la colonisation en Algérie, qui a fait polémique. Quel est, en définitive, votre jugement sur ce sujet ?
La colonisation a donné lieu à des violences qui ont nié l’humanité des victimes. Je ne m’inscris pas dans la repentance, mais je ne souhaite pas non plus refouler ce passé, dont la connaissance doit nous aider à construire un avenir apaisé. Apaisé dans notre pays, où les historiens peuvent nous aider à regarder notre histoire en face. Et apaisé avec nos partenaires du Sud. C’est en assumant la vérité sur notre histoire commune que nous pourrons  regarder l’avenir avec confiance.
Comment comptez-vous gérer les relations de la France avec l’Algérie et le Maroc, qui ne s’entendent guère ?
La France a des relations fortes avec l’Algérie, avec le Maroc mais aussi avec la Tunisie, qui sont basées sur des relations humaines et des intérêts communs majeurs. Ce seront des partenaires essentiels dans le cadre de l’initiative en direction de la Méditerranée et de l’Afrique que je souhaite engager dès le début de mon mandat. Je me suis déjà rendu en Algérie et en Tunisie et si je n’ai pas encore pu aller au Maroc, je m’y rendrai très rapidement après mon élection, si les Français m’accordent leur confiance. Je n’ai pas à commenter la nature des relations entre le Maroc et l’Algérie car il s’agit de deux pays souverains. Je crois profondément à l’intérêt des pays du Maghreb à coopérer davantage, à intensifier leurs relations économiques, qui restent faibles, de la même manière qu’ils développent leurs relations avec le reste du continent africain.
"Environ 10% de la population française a des origines africaines et 300 000 ressortissants français résident en Afrique. Ces liens humains sont un atout pour la France."






Quels sont les pays africains que vous connaissez le mieux ?
J’ai vécu plusieurs mois au Nigeria, ce qui m’a permis de découvrir le pays d’Afrique le plus peuplé du continent et l’une des premières économies africaines, qui fait jeu égal avec l’Afrique du Sud. Cela m’a donné une bonne compréhension des défis auxquels sont confrontés les États africains, et des opportunités d’avenir qu’ils recèlent.
J’ai par ailleurs rencontré de nombreux chefs d’entreprise et responsables politiques africains dans le cadre de mes fonctions de ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, ainsi que les actuels présidents du Nigeria, de l’Afrique du Sud, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal.
Les relations entre chefs d’État sont importantes pour les défis que nous avons à relever ensemble, et je serais heureux d’aller à la rencontre de mes homologues africains rapidement après mon élection.
Mais les liens entre l’Afrique et la France dépassent le seul cadre des relations d’État à État. Environ 10% de la population française a des origines africaines et 300 000 ressortissants français résident en Afrique. Ces liens humains sont un atout pour la France. C’est pourquoi je veux approfondir nos relations au niveau des acteurs de la société civile et des acteurs économiques. C’est vital pour aussi en terminer avec certains réseaux de connivence qui n’ont plus lieu d’être.
Si vous deviez résumer la future politique africaine de la France, relativement absente des débats lors de la campagne, sur quels principes s’appuierait-elle ?
Je veux écrire une nouvelle page dans notre relation avec l’Afrique et pour cela conduire un véritable aggiornamento de notre politique en direction du continent, pour répondre à sa vitalité et contribuer à libérer son potentiel.
"Je tiens à agir dans la transparence, loin des réseaux de connivence franco-africains et des influences affairistes encore trop présentes"




C’est pourquoi, je lancerai une initiative ambitieuse entre la France, l’Europe, le sud de la Méditerranée et l’Afrique, les routes de la liberté et de la responsabilité, pour renforcer nos intérêts mutuels, dans tous les domaines – sécurité, climat, commerce, emploi, innovation.
Dans le cadre de ce partenariat pour l’avenir, j’apporterai plusieurs inflexions à notre politique africaine.
Tout d’abord, je tiens à agir dans la transparence, loin des réseaux de connivence franco-africains et des influences affairistes dont on a vu que, malheureusement, ils subsistent encore dans le système politique français, en particulier à droite et à l’extrême-droite.
Dans cet esprit, je veux m’appuyer sur les forces vives africaines et françaises : les intellectuels, les ONG, les entreprises françaises et africaines, la diaspora française en Afrique et africaine en France.
Je veux aussi que la France accorde plus d’attention et de place à la jeunesse africaine, qui est dynamique et créative, et au développement du secteur privé. Un des grands défis pour nous tous, c’est de créer en Afrique des emplois pour la jeunesse africaine. Il faudra pour cela que chacun prenne sa part, l’aide internationale, les gouvernements nationaux et les investisseurs privés, nationaux et internationaux, pour financer les infrastructures productives (électricité, eau, communications) et les entreprises, notamment les PME.
Enfin, je veux encourager la francophonie, qui est un atout pour la France dans la mondialisation, et qui sera très africaine, puisque 75% des francophones dans le monde seront africains d’ici à 2040. Nous devons développer ensemble un espace économique et un fonds d’investissement francophones.
Dernier point : je suis conscient des soupçons d’ingérence que notre présence militaire peut susciter. Je veux souligner que ces forces jouent un rôle essentiel aujourd’hui dans la lutte contre le terrorisme et la prévention de crises, pour notre bénéfice collectif. Je souhaite qu’elles travaillent au renforcement des capacités sécuritaires africaines nationales et régionales.
L’aide publique doit-elle être conditionnée à des critères démocratiques ou de respect des droits de l’homme ?
Notre aide au développement n’est pas suffisante, particulièrement en Afrique. Nous devons l’augmenter pour atteindre, comme nos partenaires européens, l’engagement de 0,7% de la richesse nationale, entre 2017 et 2030, en fonction de nos marges budgétaires.
Cette aide au développement renforcée devra se concentrer sur l’Afrique et l’espace francophone, pour appuyer les priorités que j’ai déjà évoquées : lutte contre le dérèglement climatique, droits des femmes, éducation et formation, infrastructures, bonne gouvernance, développement du secteur privé et de l’emploi.
L’aide humanitaire et l’aide directe à des populations en situation difficile doivent évidemment être préservées, particulièrement dans les situations de crise, mais nous devons être prêts à reconsidérer notre soutien aux gouvernements qui bafouent les droits les plus fondamentaux.
Je compte proposer un programme de renforcement des capacités des sociétés civiles dans toutes leurs composantes : fondations locales, organisations de droits de l’Homme ou de protection de l’environnement, médias, partis politiques, syndicats.
"Je défendrai le respect des principes démocratiques fondamentaux partout en Afrique"



Modification des Constitutions pour rester au pouvoir, élections tronquées, régimes autoritaires, justice partiale : quel doit être selon vous le rôle pour la France face à ces dérives ?
Les États africains ont adopté une Charte africaine pour la démocratie, les élections et la gouvernance, qui requiert le respect de principes démocratiques fondamentaux. Pouvons-nous nous-mêmes renier les principes que les États africains se sont eux-mêmes donnés ? A l’évidence, non. Si je suis élu, je défendrai le respect des principes démocratiques fondamentaux partout en Afrique, en lien avec l’Union Africaine et les organisations régionales qui ont un rôle majeur à jouer pour faire respecter ces principes de bonne gouvernance démocratique que les pays d’Afrique ont définis. Je salue d’ailleurs à ce titre le rôle très important joué par la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) dans la résolution de plusieurs conflits notamment au Burkina Faso ou plus récemment en Gambie.
"Je note que les gouvernements africains restent, avec raison, attachés aux deux espaces monétaires d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale"





Le Franc CFA, dont la persistance est l’objet d’un vif débat, a-t-il toujours un avenir ?
Je le crois, mais c’est un choix qui appartient d’abord aux Africains eux-mêmes. Je note qu’en général les gouvernements africains restent, avec raison, attachés aux deux espaces monétaires (Afrique centrale et Afrique de l’Ouest) qui constituent la zone du franc CFA et qui contribuent à la stabilité économique et à l’intégration régionale.
Je serai entièrement à l’écoute des souhaits de nos partenaires dans ce domaine de coopération exemplaire.
Le débat sur la laïcité est vif en France. Votre position ? Peut-elle s’accommoder de différences comportementales liées à la religion (menus spéciaux cantines, port du voile) ?
La laïcité est au cœur du pacte national français. C’est un principe de liberté qui permet, dans l’espace public et la fraternité républicaine, de vivre ensemble dans le respect des uns et des autres.
"La laïcité est une liberté avant d’être un interdit"


Elle garantit à chacun la liberté fondamentale de croire et de pratiquer la religion qu’il s’est choisie, comme la liberté fondamentale de ne pas croire. La laïcité protège aussi la République : elle garantit que la loi est commune à tous les citoyens et indépendante des dogmes.
Aujourd’hui, la confusion règne sur le sens de la laïcité et ses limites. Trop de Français confondent la laïcité et l’interdiction des manifestations religieuses – et certains font de cette confusion leur fonds de commerce. La laïcité, nous ne le répéterons jamais assez, est une liberté avant d’être un interdit.
L’interdiction des signes religieux ostensibles à l’école est pleinement justifiée par l’âge des enfants ; elle doit donc être maintenue. Elle ne doit cependant pas être étendue à l’université, où les étudiants sont majeurs et responsables. Les usagers des services publics doivent voir protégée leur liberté d’exprimer leurs convictions religieuses et spirituelles, dans la limite du raisonnable comme des règles de l’ordre public et du bon fonctionnement de ces services. Dans l’espace public (rues, plages), l’expression des convictions religieuses doit bien sûr rester libre à condition de ne pas porter atteinte à l’ordre public.
Immigration concertée, immigration choisie… Quelle est votre position sur cette question sensible ?
La France doit tenir ses engagements en matière d’accueil des réfugiés, tout en se montrant, dans des conditions toujours dignes, inflexible avec les personnes qui ne remplissent pas les conditions de séjour sur notre territoire.
"Je veux en France les meilleurs talents du monde entier"


Mais pour mieux gérer ces flux migratoires, il faut travailler en amont : contre les réseaux criminels des passeurs, dans les pays d’origine et de transit ; contre les causes des migrations, en aidant les pays d’origine des migrants à offrir à leurs habitants un avenir sur place Et je veux m’appuyer sur l’échelon européen, qui est le bon niveau pour agir fortement, en portant le corps européen de police des frontières à 5 000 agents, en renforçant la lutte contre les passeurs dans les pays de transit, et, en traitant, avec l’aide au développement européenne, les causes profondes de l’immigration. L’Europe pourra proposer aux pays africains des accords mutuellement bénéfiques, pour accompagner une politique migratoire maîtrisée et humaine.
Je veux par ailleurs attirer en France les meilleurs talents du monde entier (créateurs d’entreprises, investisseurs, chercheurs ou artistes), et développer les visas de circulation pour les professionnels (entreprises, scientifiques) qui contribuent à notre développement scientifique et économique partagé.
Les institutions internationales (Conseil de sécurité, Banque mondiale, FMI) doivent-elles évoluer pour intégrer l’évolution géopolitique du monde ?
Nous continuerons de plaider pour un élargissement du Conseil de sécurité à de nouveaux membres permanents, pour refléter les équilibres de l’ordre mondial. L’Allemagne, le Japon, l’Inde, le Brésil et un pays africain ont vocation à accéder à ce statut, avec les droits et les devoirs qu’il comporte.
Je compte promouvoir, aux côtés des plus de 80 pays favorables à cette initiative, et notamment le Mexique, un encadrement de l’usage du droit de veto par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité en cas de crimes de masse.
Enfin, il faut également poursuivre le rééquilibrage qui a été engagé à la Banque mondiale et au FMI pour assurer une meilleure représentation de tous les pays, en phase avec les évolutions économiques.
Vladimir Poutine est-il à vos yeux un concurrent, un adversaire ou un partenaire ?
La Russie a un grand peuple, une grande culture et une grande histoire. Nous avons souvent été alliés, y compris du temps de l’URSS. Mais aujourd’hui, il n’y a aucune raison de se soumettre à une quelconque domination russe, de se laisser impressionner ou de laisser les Russes agir au mépris du droit international.
"Contrairement à d’autres, je suis en mesure de me faire respecter par Vladimir Poutine car je n’ai pas de dette à l’égard de la Russie"




Je dirai à Vladimir Poutine de façon très directe et déterminée que je suis prêt à une relance d’un dialogue exigeant  pour régler les crises dans lesquelles la Russie est impliquée (Ukraine, Syrie). Je lui dirai aussi que je serai vigilant sur la défense de nos principes, sans hostilité mais sans concession.
Contrairement à d’autres, je suis en mesure de me faire respecter car je n’ai pas de dette à l’égard de la Russie dans cette campagne où des interférences inacceptables ont d’ailleurs eu lieu.
Si la Russie respecte ses engagements, alors nous lèverons progressivement les sanctions européennes et nous renforcerons – en lien avec l’Allemagne – le partenariat politique et économique de l’UE avec la Russie.
Et Donald Trump ?
La France partage avec les États-Unis plus de deux siècles d’amitié ininterrompue. C’est au nom de cette amitié que je dirai au Président Trump avec franchise les préoccupations que nous inspirent ses annonces politiques (sur le commerce, l’environnement ou la remise en cause de l’OTAN).
Je crois à une politique multilatérale, je crois en l’avenir de l’ONU. Je l’ai dit au sujet de la Syrie.
Je dirai également au président américain ma volonté et mon engagement en faveur d’une Europe forte dans tous les domaines, y compris celui de la Défense ; une Europe qui a toujours été la meilleure alliée des États-Unis, avec qui nous coopérons sur le terrain pour faire avancer nos intérêts, par exemple contre Daech en Irak et en Syrie, ou encore dans le Sahel.

http://www.jeuneafrique.com/429951/politique/emmanuel-macron-defendrai-respect-de-democratie-partout-afrique/

Emmanuel Macron : « J’agirai en Afrique en toute transparence, loin des réseaux de connivence » Jeune Afrique



Emmanuel Macron, leader du mouvement En Marche!, est arrivé en tête lors du premier tour de l'élection présidentielle française ce dimanche 23 avril, avec 23,75% des voix contre 21,53% pour la présidente du Front National, Marine Le Pen. Le favori à la succession de François Hollande a accordé une interview à Jeune Afrique, une semaine avant ce scrutin.


Sa perception de l’Afrique et la politique qu’il entend mettre en place s’il était élu, la colonisation, l’aide publique au développement, le franc CFA, les relations Algérie-Maroc, la démocratie et les Constitutions, l’immigration, Trump, Poutine…
Avant le premier tour de l’élection présidentielle française, le 23 avril, nous avons interrogé le candidat d’En marche !, Emmanuel Macron, dans un TGV entre Paris et Besançon, où il se rendait en meeting.
Jeune Afrique : En quelques mots, que proposez-vous de nouveau ou de différent aux électeurs français ?
Emmanuel Macron : Je propose un renouvellement profond de la vie politique française et un projet pour la France qui rassemble les Français autour d’objectifs clairs. Le socle de ce projet repose sur 6 chantiers de transformation : l’éducation et la culture, la réforme du marché du travail, la modernisation de l’économie (à travers l’écologie et le numérique, notamment), la sécurité, le fonctionnement plus efficace des institutions et une politique européenne et internationale indépendante et humaniste.
Ce projet s’appuie sur un mouvement d’un dynamisme extraordinaire, En Marche !, porté par des femmes et des hommes engagés sur le terrain, souvent nouveaux venus dans la vie politique, réunis par les valeurs de la République et du progrès.
"La campagne a été plombée par les affaires du Front national et du candidat François Fillon"



Quel jugement portez-vous sur cette campagne électorale totalement inédite ?
J’aimerais qu’elle se concentre sur les programmes. Elle a été plombée par les affaires du Front national et du candidat François Fillon. Mais je crois que les Françaises et les Français voteront finalement en connaissance de cause. Notre projet est le seul qui soit à la fois réaliste et ambitieux. Il faut convaincre jusqu’au dernier jour, jusqu’à la dernière minute.
Sur le plan des relations internationales, et en particulier vis-à-vis de l’Afrique, qu’est ce qui changerait avec vous ?
Dans la politique étrangère que je conduirai, je veillerai à défendre partout les intérêts stratégiques de la France, et en priorité la sécurité des Français.
A cet égard, en Afrique, je mènerai une action déterminée, avec nos partenaires africains et internationaux, contre le terrorisme et les trafics qui menacent la stabilité de plusieurs pays.
"Nous devons mettre en place un partenariat stratégique entre l’UE et l’UA pour sortir des logiques de charité ou de clientélisme"




Mais je souhaite aussi que la France, l’Europe et l’Afrique saisissent ensemble les opportunités de ce continent d’avenir. Nous devons refonder notre relation avec l’Afrique pour créer un nouveau partenariat équilibré, de confiance et de croissance.
Le doublement de la population africaine et l’émergence de plusieurs pays africains dans les 30 prochaines années pourrait en effet s’apparenter à celle des dragons asiatiques au 20e siècle.
Mais pour surmonter les éléments de fragilité du développement africain – sécurité, jeunesse peu formée, inégalités, dégradation des sols et réchauffement climatique –  nous devons mettre en place un partenariat stratégique entre les Unions (européenne et africaine), qui renouvelle complètement les politiques existantes, pour sortir des logiques de charité ou de clientélisme, et bâtir une relation politique et économique véritablement partenariale.
C’est ainsi que l’Europe et l’Afrique pourront prospérer ensemble, défendre leurs intérêts mutuels  et peser sur l’avenir de notre monde, aux côtés des États-Unis, de la Chine et d’autres puissances émergentes.
Dès les premières semaines de mon mandat, j’engagerai une nouvelle politique en direction du continent africain, fondée sur la liberté et la responsabilité, avec des priorités claires : la sécurité, la lutte contre le changement climatique, les droits des femmes, l’éducation et la formation, les infrastructures, notamment pour l’accès à l’énergie et à l’eau, et le développement du secteur privé, notamment des PME africaines qui sont créatrices d’emploi.
Dès le G20 de juillet prochain en Allemagne, je mobiliserai les institutions et nos partenaires internationaux pour faire du développement durable des États et des économies africaines une priorité majeure de l’agenda international.
"C’est en assumant la vérité sur notre histoire commune que nous pourrons  regarder l’avenir avec confiance"



Vous avez fait une déclaration forte sur la colonisation en Algérie, qui a fait polémique. Quel est, en définitive, votre jugement sur ce sujet ?
La colonisation a donné lieu à des violences qui ont nié l’humanité des victimes. Je ne m’inscris pas dans la repentance, mais je ne souhaite pas non plus refouler ce passé, dont la connaissance doit nous aider à construire un avenir apaisé. Apaisé dans notre pays, où les historiens peuvent nous aider à regarder notre histoire en face. Et apaisé avec nos partenaires du Sud. C’est en assumant la vérité sur notre histoire commune que nous pourrons  regarder l’avenir avec confiance.
Comment comptez-vous gérer les relations de la France avec l’Algérie et le Maroc, qui ne s’entendent guère ?
La France a des relations fortes avec l’Algérie, avec le Maroc mais aussi avec la Tunisie, qui sont basées sur des relations humaines et des intérêts communs majeurs. Ce seront des partenaires essentiels dans le cadre de l’initiative en direction de la Méditerranée et de l’Afrique que je souhaite engager dès le début de mon mandat. Je me suis déjà rendu en Algérie et en Tunisie et si je n’ai pas encore pu aller au Maroc, je m’y rendrai très rapidement après mon élection, si les Français m’accordent leur confiance. Je n’ai pas à commenter la nature des relations entre le Maroc et l’Algérie car il s’agit de deux pays souverains. Je crois profondément à l’intérêt des pays du Maghreb à coopérer davantage, à intensifier leurs relations économiques, qui restent faibles, de la même manière qu’ils développent leurs relations avec le reste du continent africain.
"Environ 10% de la population française a des origines africaines et 300 000 ressortissants français résident en Afrique. Ces liens humains sont un atout pour la France."






Quels sont les pays africains que vous connaissez le mieux ?
J’ai vécu plusieurs mois au Nigeria, ce qui m’a permis de découvrir le pays d’Afrique le plus peuplé du continent et l’une des premières économies africaines, qui fait jeu égal avec l’Afrique du Sud. Cela m’a donné une bonne compréhension des défis auxquels sont confrontés les États africains, et des opportunités d’avenir qu’ils recèlent.
J’ai par ailleurs rencontré de nombreux chefs d’entreprise et responsables politiques africains dans le cadre de mes fonctions de ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, ainsi que les actuels présidents du Nigeria, de l’Afrique du Sud, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal.
Les relations entre chefs d’État sont importantes pour les défis que nous avons à relever ensemble, et je serais heureux d’aller à la rencontre de mes homologues africains rapidement après mon élection.
Mais les liens entre l’Afrique et la France dépassent le seul cadre des relations d’État à État. Environ 10% de la population française a des origines africaines et 300 000 ressortissants français résident en Afrique. Ces liens humains sont un atout pour la France. C’est pourquoi je veux approfondir nos relations au niveau des acteurs de la société civile et des acteurs économiques. C’est vital pour aussi en terminer avec certains réseaux de connivence qui n’ont plus lieu d’être.
Si vous deviez résumer la future politique africaine de la France, relativement absente des débats lors de la campagne, sur quels principes s’appuierait-elle ?
Je veux écrire une nouvelle page dans notre relation avec l’Afrique et pour cela conduire un véritable aggiornamento de notre politique en direction du continent, pour répondre à sa vitalité et contribuer à libérer son potentiel.
"Je tiens à agir dans la transparence, loin des réseaux de connivence franco-africains et des influences affairistes encore trop présentes"




C’est pourquoi, je lancerai une initiative ambitieuse entre la France, l’Europe, le sud de la Méditerranée et l’Afrique, les routes de la liberté et de la responsabilité, pour renforcer nos intérêts mutuels, dans tous les domaines – sécurité, climat, commerce, emploi, innovation.
Dans le cadre de ce partenariat pour l’avenir, j’apporterai plusieurs inflexions à notre politique africaine.
Tout d’abord, je tiens à agir dans la transparence, loin des réseaux de connivence franco-africains et des influences affairistes dont on a vu que, malheureusement, ils subsistent encore dans le système politique français, en particulier à droite et à l’extrême-droite.
Dans cet esprit, je veux m’appuyer sur les forces vives africaines et françaises : les intellectuels, les ONG, les entreprises françaises et africaines, la diaspora française en Afrique et africaine en France.
Je veux aussi que la France accorde plus d’attention et de place à la jeunesse africaine, qui est dynamique et créative, et au développement du secteur privé. Un des grands défis pour nous tous, c’est de créer en Afrique des emplois pour la jeunesse africaine. Il faudra pour cela que chacun prenne sa part, l’aide internationale, les gouvernements nationaux et les investisseurs privés, nationaux et internationaux, pour financer les infrastructures productives (électricité, eau, communications) et les entreprises, notamment les PME.
Enfin, je veux encourager la francophonie, qui est un atout pour la France dans la mondialisation, et qui sera très africaine, puisque 75% des francophones dans le monde seront africains d’ici à 2040. Nous devons développer ensemble un espace économique et un fonds d’investissement francophones.
Dernier point : je suis conscient des soupçons d’ingérence que notre présence militaire peut susciter. Je veux souligner que ces forces jouent un rôle essentiel aujourd’hui dans la lutte contre le terrorisme et la prévention de crises, pour notre bénéfice collectif. Je souhaite qu’elles travaillent au renforcement des capacités sécuritaires africaines nationales et régionales.
L’aide publique doit-elle être conditionnée à des critères démocratiques ou de respect des droits de l’homme ?
Notre aide au développement n’est pas suffisante, particulièrement en Afrique. Nous devons l’augmenter pour atteindre, comme nos partenaires européens, l’engagement de 0,7% de la richesse nationale, entre 2017 et 2030, en fonction de nos marges budgétaires.
Cette aide au développement renforcée devra se concentrer sur l’Afrique et l’espace francophone, pour appuyer les priorités que j’ai déjà évoquées : lutte contre le dérèglement climatique, droits des femmes, éducation et formation, infrastructures, bonne gouvernance, développement du secteur privé et de l’emploi.
L’aide humanitaire et l’aide directe à des populations en situation difficile doivent évidemment être préservées, particulièrement dans les situations de crise, mais nous devons être prêts à reconsidérer notre soutien aux gouvernements qui bafouent les droits les plus fondamentaux.
Je compte proposer un programme de renforcement des capacités des sociétés civiles dans toutes leurs composantes : fondations locales, organisations de droits de l’Homme ou de protection de l’environnement, médias, partis politiques, syndicats.
"Je défendrai le respect des principes démocratiques fondamentaux partout en Afrique"



Modification des Constitutions pour rester au pouvoir, élections tronquées, régimes autoritaires, justice partiale : quel doit être selon vous le rôle pour la France face à ces dérives ?
Les États africains ont adopté une Charte africaine pour la démocratie, les élections et la gouvernance, qui requiert le respect de principes démocratiques fondamentaux. Pouvons-nous nous-mêmes renier les principes que les États africains se sont eux-mêmes donnés ? A l’évidence, non. Si je suis élu, je défendrai le respect des principes démocratiques fondamentaux partout en Afrique, en lien avec l’Union Africaine et les organisations régionales qui ont un rôle majeur à jouer pour faire respecter ces principes de bonne gouvernance démocratique que les pays d’Afrique ont définis. Je salue d’ailleurs à ce titre le rôle très important joué par la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) dans la résolution de plusieurs conflits notamment au Burkina Faso ou plus récemment en Gambie.
"Je note que les gouvernements africains restent, avec raison, attachés aux deux espaces monétaires d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale"





Le Franc CFA, dont la persistance est l’objet d’un vif débat, a-t-il toujours un avenir ?
Je le crois, mais c’est un choix qui appartient d’abord aux Africains eux-mêmes. Je note qu’en général les gouvernements africains restent, avec raison, attachés aux deux espaces monétaires (Afrique centrale et Afrique de l’Ouest) qui constituent la zone du franc CFA et qui contribuent à la stabilité économique et à l’intégration régionale.
Je serai entièrement à l’écoute des souhaits de nos partenaires dans ce domaine de coopération exemplaire.
Le débat sur la laïcité est vif en France. Votre position ? Peut-elle s’accommoder de différences comportementales liées à la religion (menus spéciaux cantines, port du voile) ?
La laïcité est au cœur du pacte national français. C’est un principe de liberté qui permet, dans l’espace public et la fraternité républicaine, de vivre ensemble dans le respect des uns et des autres.
"La laïcité est une liberté avant d’être un interdit"


Elle garantit à chacun la liberté fondamentale de croire et de pratiquer la religion qu’il s’est choisie, comme la liberté fondamentale de ne pas croire. La laïcité protège aussi la République : elle garantit que la loi est commune à tous les citoyens et indépendante des dogmes.
Aujourd’hui, la confusion règne sur le sens de la laïcité et ses limites. Trop de Français confondent la laïcité et l’interdiction des manifestations religieuses – et certains font de cette confusion leur fonds de commerce. La laïcité, nous ne le répéterons jamais assez, est une liberté avant d’être un interdit.
L’interdiction des signes religieux ostensibles à l’école est pleinement justifiée par l’âge des enfants ; elle doit donc être maintenue. Elle ne doit cependant pas être étendue à l’université, où les étudiants sont majeurs et responsables. Les usagers des services publics doivent voir protégée leur liberté d’exprimer leurs convictions religieuses et spirituelles, dans la limite du raisonnable comme des règles de l’ordre public et du bon fonctionnement de ces services. Dans l’espace public (rues, plages), l’expression des convictions religieuses doit bien sûr rester libre à condition de ne pas porter atteinte à l’ordre public.
Immigration concertée, immigration choisie… Quelle est votre position sur cette question sensible ?
La France doit tenir ses engagements en matière d’accueil des réfugiés, tout en se montrant, dans des conditions toujours dignes, inflexible avec les personnes qui ne remplissent pas les conditions de séjour sur notre territoire.
"Je veux en France les meilleurs talents du monde entier"


Mais pour mieux gérer ces flux migratoires, il faut travailler en amont : contre les réseaux criminels des passeurs, dans les pays d’origine et de transit ; contre les causes des migrations, en aidant les pays d’origine des migrants à offrir à leurs habitants un avenir sur place Et je veux m’appuyer sur l’échelon européen, qui est le bon niveau pour agir fortement, en portant le corps européen de police des frontières à 5 000 agents, en renforçant la lutte contre les passeurs dans les pays de transit, et, en traitant, avec l’aide au développement européenne, les causes profondes de l’immigration. L’Europe pourra proposer aux pays africains des accords mutuellement bénéfiques, pour accompagner une politique migratoire maîtrisée et humaine.
Je veux par ailleurs attirer en France les meilleurs talents du monde entier (créateurs d’entreprises, investisseurs, chercheurs ou artistes), et développer les visas de circulation pour les professionnels (entreprises, scientifiques) qui contribuent à notre développement scientifique et économique partagé.
Les institutions internationales (Conseil de sécurité, Banque mondiale, FMI) doivent-elles évoluer pour intégrer l’évolution géopolitique du monde ?
Nous continuerons de plaider pour un élargissement du Conseil de sécurité à de nouveaux membres permanents, pour refléter les équilibres de l’ordre mondial. L’Allemagne, le Japon, l’Inde, le Brésil et un pays africain ont vocation à accéder à ce statut, avec les droits et les devoirs qu’il comporte.
Je compte promouvoir, aux côtés des plus de 80 pays favorables à cette initiative, et notamment le Mexique, un encadrement de l’usage du droit de veto par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité en cas de crimes de masse.
Enfin, il faut également poursuivre le rééquilibrage qui a été engagé à la Banque mondiale et au FMI pour assurer une meilleure représentation de tous les pays, en phase avec les évolutions économiques.
Vladimir Poutine est-il à vos yeux un concurrent, un adversaire ou un partenaire ?
La Russie a un grand peuple, une grande culture et une grande histoire. Nous avons souvent été alliés, y compris du temps de l’URSS. Mais aujourd’hui, il n’y a aucune raison de se soumettre à une quelconque domination russe, de se laisser impressionner ou de laisser les Russes agir au mépris du droit international.
"Contrairement à d’autres, je suis en mesure de me faire respecter par Vladimir Poutine car je n’ai pas de dette à l’égard de la Russie"




Je dirai à Vladimir Poutine de façon très directe et déterminée que je suis prêt à une relance d’un dialogue exigeant  pour régler les crises dans lesquelles la Russie est impliquée (Ukraine, Syrie). Je lui dirai aussi que je serai vigilant sur la défense de nos principes, sans hostilité mais sans concession.
Contrairement à d’autres, je suis en mesure de me faire respecter car je n’ai pas de dette à l’égard de la Russie dans cette campagne où des interférences inacceptables ont d’ailleurs eu lieu.
Si la Russie respecte ses engagements, alors nous lèverons progressivement les sanctions européennes et nous renforcerons – en lien avec l’Allemagne – le partenariat politique et économique de l’UE avec la Russie.
Et Donald Trump ?
La France partage avec les États-Unis plus de deux siècles d’amitié ininterrompue. C’est au nom de cette amitié que je dirai au Président Trump avec franchise les préoccupations que nous inspirent ses annonces politiques (sur le commerce, l’environnement ou la remise en cause de l’OTAN).
Je crois à une politique multilatérale, je crois en l’avenir de l’ONU. Je l’ai dit au sujet de la Syrie.
Je dirai également au président américain ma volonté et mon engagement en faveur d’une Europe forte dans tous les domaines, y compris celui de la Défense ; une Europe qui a toujours été la meilleure alliée des États-Unis, avec qui nous coopérons sur le terrain pour faire avancer nos intérêts, par exemple contre Daech en Irak et en Syrie, ou encore dans le Sahel.

http://www.jeuneafrique.com/429951/politique/emmanuel-macron-defendrai-respect-de-democratie-partout-afrique/

Posté lundi 8 mai 2017 à 20:49 |  par bbela

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