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mardi 5 septembre 2017


 


Dans cette étude annuelle réalisée par une émanation de l'ONU, la France gagne une place mais reste assez loin des meilleurs (pays d'Europe du Nord et Océanie). La faute notamment à la perception de la corruption dans le gouvernement et aux affaires.

«Il est où le bonheur?» En Norvège. Selon le nouveau rapport World Happiness Report du Réseau des solutions pour le développement durable (SDSN), un programme mondial lancé par les Nations unies, le pays détrône le Danemark au classement du «pays le plus heureux du monde». L'étude, publiée pour la première fois en 2012, a pour objectif de de fournir un outil supplémentaire aux gouvernements, aux milieux d'affaires et à la société civile pour améliorer le bien-être de leurs pays.

Dans l'ordre, la Norvège est suivie par le Danemark, gagnant des éditions 2015 et 2013, l'Islande, la Suisse, la Finlande, les Pays-Bas, le Canada, la Nouvelle-Zélande, l'Australie et la Suède. Les pays du Nord de l'Europe sont donc, comme très souvent, les plus représentés.

LE RÉSEAUX DES SOLUTIONS POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE (SDSN) A CLASSÉ 155 PAYS DU PLUS AU MOINS HEUREUX.

RangPaysNote du BonheurÉchelle hauteÉchelle basse
1Norvège7,5377,5947,480
2Danemark7,5227,5827,462
3Islande7,5047,6227,386
4Suisse7,4947,5627,426
5Finlande7,4697,5287,410
6Pays-Bas7,3777,4277,327
7Canada7,3167,3847,248
8Nouvelle-Zélande7,3147,3807,248
9Suède7,2847,3447,224
10Australie7,2847,3577,211
11Israël7,2137,2807,146
12Costa Rica7,0797,1686,990
13Autriche7,0067,0716,941
14États-Unis6,9937,0756,911
15Irlande6,9777,0436,911
16Allemagne6,9517,0056,897
17Belgique6,8916,9566,826
18Luxembourg6,8636,9246,802
19Royaume-Uni6,7146,7846,644
20Chili6,6526,7396,565
21Emirats Arabes Unis6,6486,7226,574
22Brésil6,6356,7256,545
23République tchèque6,6096,6846,534
24Argentine6,5996,6906,508
25Mexique6,5786,6716,485
26Singapour6,5726,6376,507
27Malte6,5276,5986,456
28Uruguay6,4546,5466,362
29Guatemala6,4546,5676,341
30Panama6,4526,5576,347
31France6,4426,5166,368
32Thaïlande6,4246,5096,339
33Taïwan6,4226,4956,349
34Espagne6,4036,4716,335
35Qatar6,3756,5686,182

«Les pays heureux sont ceux qui jouissent d'un équilibre sain entre la prospérité, mesurée de manière conventionnelle, et le capital social, qui signifie un degré de confiance élevé dans une société, des inégalités faibles et la confiance dans le gouvernement», explique Jeffrey Sachs, directeur du SDSN et conseiller spécial du secrétaire général de l'Onu.

Où se situe la France?
Même si elle gagne une place par rapport à 2016, la France n'est que 31e du classement loin derrière ses voisins allemands (16e) et britanniques (19e). Le classement est établi en fonction de six facteurs: le Produit intérieur brut par habitant (PIB), l'espérance de vie en bonne santé, la liberté, la générosité, l'aide sociale et la perception de la corruption dans le gouvernement ou les affaires.

Si la France semble être au même niveau que les meilleurs pays du point de vue du PIB ou de l'espérance de vie, elle est cependant très loin en ce qui concerne la perception de la corruption dans le gouvernement et les affaires. Et ce alors que la campagne présidentielle est émaillée de plusieurs polémiques, visant notamment Marine Le Pen et François Fillon. Ainsi, la France récolte pour ce critère la note de 0,173, largement inférieure à celles des dix pays les mieux classés, exception faite de l'Islande (0,154). Pour rappel, le pays avait été confronté à d'importantes manifestations après la révélation des «Panama Papers», où le premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson avait été cité. Ce dernier avait même été poussé à la démission sous la pression populaire.

Sur les 155 pays étudiés, la fin du classement est principalement constituée de pays d'Afrique sub-saharienne. Soudan du Sud, Liberia, Guinée, Togo, Rwanda, Tanzanie, Burundi et République centrafricaine ferment la marche. S'y ajoutent également la Syrie et le Yémen, dévastés par la guerre civile.


http://www.lefigaro.fr/international/2017/03/20/01003-20170320ARTFIG00194-la-norvege-devient-le-pays-le-plus-heureux-du-monde.php

Voici le top 10 des pays où les gens sont les plus heureux


 


Dans cette étude annuelle réalisée par une émanation de l'ONU, la France gagne une place mais reste assez loin des meilleurs (pays d'Europe du Nord et Océanie). La faute notamment à la perception de la corruption dans le gouvernement et aux affaires.

«Il est où le bonheur?» En Norvège. Selon le nouveau rapport World Happiness Report du Réseau des solutions pour le développement durable (SDSN), un programme mondial lancé par les Nations unies, le pays détrône le Danemark au classement du «pays le plus heureux du monde». L'étude, publiée pour la première fois en 2012, a pour objectif de de fournir un outil supplémentaire aux gouvernements, aux milieux d'affaires et à la société civile pour améliorer le bien-être de leurs pays.

Dans l'ordre, la Norvège est suivie par le Danemark, gagnant des éditions 2015 et 2013, l'Islande, la Suisse, la Finlande, les Pays-Bas, le Canada, la Nouvelle-Zélande, l'Australie et la Suède. Les pays du Nord de l'Europe sont donc, comme très souvent, les plus représentés.

LE RÉSEAUX DES SOLUTIONS POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE (SDSN) A CLASSÉ 155 PAYS DU PLUS AU MOINS HEUREUX.

RangPaysNote du BonheurÉchelle hauteÉchelle basse
1Norvège7,5377,5947,480
2Danemark7,5227,5827,462
3Islande7,5047,6227,386
4Suisse7,4947,5627,426
5Finlande7,4697,5287,410
6Pays-Bas7,3777,4277,327
7Canada7,3167,3847,248
8Nouvelle-Zélande7,3147,3807,248
9Suède7,2847,3447,224
10Australie7,2847,3577,211
11Israël7,2137,2807,146
12Costa Rica7,0797,1686,990
13Autriche7,0067,0716,941
14États-Unis6,9937,0756,911
15Irlande6,9777,0436,911
16Allemagne6,9517,0056,897
17Belgique6,8916,9566,826
18Luxembourg6,8636,9246,802
19Royaume-Uni6,7146,7846,644
20Chili6,6526,7396,565
21Emirats Arabes Unis6,6486,7226,574
22Brésil6,6356,7256,545
23République tchèque6,6096,6846,534
24Argentine6,5996,6906,508
25Mexique6,5786,6716,485
26Singapour6,5726,6376,507
27Malte6,5276,5986,456
28Uruguay6,4546,5466,362
29Guatemala6,4546,5676,341
30Panama6,4526,5576,347
31France6,4426,5166,368
32Thaïlande6,4246,5096,339
33Taïwan6,4226,4956,349
34Espagne6,4036,4716,335
35Qatar6,3756,5686,182

«Les pays heureux sont ceux qui jouissent d'un équilibre sain entre la prospérité, mesurée de manière conventionnelle, et le capital social, qui signifie un degré de confiance élevé dans une société, des inégalités faibles et la confiance dans le gouvernement», explique Jeffrey Sachs, directeur du SDSN et conseiller spécial du secrétaire général de l'Onu.

Où se situe la France?
Même si elle gagne une place par rapport à 2016, la France n'est que 31e du classement loin derrière ses voisins allemands (16e) et britanniques (19e). Le classement est établi en fonction de six facteurs: le Produit intérieur brut par habitant (PIB), l'espérance de vie en bonne santé, la liberté, la générosité, l'aide sociale et la perception de la corruption dans le gouvernement ou les affaires.

Si la France semble être au même niveau que les meilleurs pays du point de vue du PIB ou de l'espérance de vie, elle est cependant très loin en ce qui concerne la perception de la corruption dans le gouvernement et les affaires. Et ce alors que la campagne présidentielle est émaillée de plusieurs polémiques, visant notamment Marine Le Pen et François Fillon. Ainsi, la France récolte pour ce critère la note de 0,173, largement inférieure à celles des dix pays les mieux classés, exception faite de l'Islande (0,154). Pour rappel, le pays avait été confronté à d'importantes manifestations après la révélation des «Panama Papers», où le premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson avait été cité. Ce dernier avait même été poussé à la démission sous la pression populaire.

Sur les 155 pays étudiés, la fin du classement est principalement constituée de pays d'Afrique sub-saharienne. Soudan du Sud, Liberia, Guinée, Togo, Rwanda, Tanzanie, Burundi et République centrafricaine ferment la marche. S'y ajoutent également la Syrie et le Yémen, dévastés par la guerre civile.


http://www.lefigaro.fr/international/2017/03/20/01003-20170320ARTFIG00194-la-norvege-devient-le-pays-le-plus-heureux-du-monde.php

Posté mardi 5 septembre 2017 à 20:36 |  par bbela

lundi 8 mai 2017



La femme du nouveau président de la République, de 25 ans son aînée, intrigue autant qu’elle fascine. Portrait.

Ne l'appelez plus "Bibi", "BAM" ou "Cocotte"... Encore inconnue il y a deux ans, Brigitte Macron, 64 ans, est depuis dimanche soir la "Première dame" de France. Discrète, mais toujours présente, l'ancienne professeur de français, mère de trois enfants, partage le destin du nouveau président de la République depuis 24 ans. Une vie exceptionnelle pour celle qui en a connu plusieurs.


La bourgeoisie amiénoise

Brigitte est née le 13 avril 1953, soit 24 ans, 8 mois et 8 jours avant le petit Emmanuel. La jeune tête blonde est la cadette d'une famille de la bourgeoisie amiénoise, célèbre pour son chocolat, une tradition que les Trogneux se transmettent de génération en génération. Leur spécialité ? Les mac(a)rons, dont les habitants de la région raffolent.

Dans ce paysage familiale idyllique, Brigitte ne semble à l'époque manquer de rien. Si ce n'est d'amour, la petite dernière de cette fratrie de six enfants vivant mal l'isolement dû à son âge. Un manque d'attention que rien dans l'adolescence ne viendra combler.

Car si rétrospectivement la nouvelle "Première dame" garde un souvenir heureux de son enfance, elle confie toutefois en 2016 dans VSD à Philippe Besson, proche du couple Macron, avoir souffert d'"une fêlure existentielle" et avoir été "une adolescente en souffrance".

Un premier mari

De ces années difficiles, la future professeur de français tire la force de devenir adulte, vite. Très vite même. Elle a à peine 20 ans lorsque cette passionnée de lettres épouse son premier mari en 1974, André-Louis Auzière, jeune homme propre sur lui, déjà, et futur banquier. Emmanuel Macron n'est pas encore né.

De cette relation, naissent trois enfants, Sébastien, Laurence et Tiphaine, ce qui vaut aujourd'hui au plus jeune chef de l'Etat français depuis Napoléon, d'être le grand-père par alliance... de sept petits-enfants !

Comme la nouvelle "Première dame" l'explique en 2016 à Paris Match, elle entretient avec ses enfants, aujourd'hui âgés de 42, 40 et 33 ans, une relation très forte : "J'ai le besoin viscéral de parler à mes deux filles tous les jours, un peu moins souvent à Sébastien."

Prof et élève

Sa première vie bascule en 1992. A l'époque Brigitte Auzière, futur Macron, est professeur à La Providence à Amiens, un collège-lycée privé. Le jeune Emmanuel, qui passe ses journées dans le même établissement, est quant à lui élève en seconde.

Mais, contrairement à ce que raconte la légende, le futur ministre des Finances n'a jamais été son élève, comme le confirment Caroline Derrien et Candice Nedelec dans "Les Macron". C'est sa première fille, Laurence, qui lui parlera la première de son jeune camarade Emmanuel, ce "fou" qui "sait tout sur tout".

https://www.lesechos.fr/elections/emmanuel-macron/0212055176940-mais-qui-est-donc-brigitte-macron-2085128.php#xtor=CS1-26

Qui est Brigitte Macron, la femme du nouveau président français?



La femme du nouveau président de la République, de 25 ans son aînée, intrigue autant qu’elle fascine. Portrait.

Ne l'appelez plus "Bibi", "BAM" ou "Cocotte"... Encore inconnue il y a deux ans, Brigitte Macron, 64 ans, est depuis dimanche soir la "Première dame" de France. Discrète, mais toujours présente, l'ancienne professeur de français, mère de trois enfants, partage le destin du nouveau président de la République depuis 24 ans. Une vie exceptionnelle pour celle qui en a connu plusieurs.


La bourgeoisie amiénoise

Brigitte est née le 13 avril 1953, soit 24 ans, 8 mois et 8 jours avant le petit Emmanuel. La jeune tête blonde est la cadette d'une famille de la bourgeoisie amiénoise, célèbre pour son chocolat, une tradition que les Trogneux se transmettent de génération en génération. Leur spécialité ? Les mac(a)rons, dont les habitants de la région raffolent.

Dans ce paysage familiale idyllique, Brigitte ne semble à l'époque manquer de rien. Si ce n'est d'amour, la petite dernière de cette fratrie de six enfants vivant mal l'isolement dû à son âge. Un manque d'attention que rien dans l'adolescence ne viendra combler.

Car si rétrospectivement la nouvelle "Première dame" garde un souvenir heureux de son enfance, elle confie toutefois en 2016 dans VSD à Philippe Besson, proche du couple Macron, avoir souffert d'"une fêlure existentielle" et avoir été "une adolescente en souffrance".

Un premier mari

De ces années difficiles, la future professeur de français tire la force de devenir adulte, vite. Très vite même. Elle a à peine 20 ans lorsque cette passionnée de lettres épouse son premier mari en 1974, André-Louis Auzière, jeune homme propre sur lui, déjà, et futur banquier. Emmanuel Macron n'est pas encore né.

De cette relation, naissent trois enfants, Sébastien, Laurence et Tiphaine, ce qui vaut aujourd'hui au plus jeune chef de l'Etat français depuis Napoléon, d'être le grand-père par alliance... de sept petits-enfants !

Comme la nouvelle "Première dame" l'explique en 2016 à Paris Match, elle entretient avec ses enfants, aujourd'hui âgés de 42, 40 et 33 ans, une relation très forte : "J'ai le besoin viscéral de parler à mes deux filles tous les jours, un peu moins souvent à Sébastien."

Prof et élève

Sa première vie bascule en 1992. A l'époque Brigitte Auzière, futur Macron, est professeur à La Providence à Amiens, un collège-lycée privé. Le jeune Emmanuel, qui passe ses journées dans le même établissement, est quant à lui élève en seconde.

Mais, contrairement à ce que raconte la légende, le futur ministre des Finances n'a jamais été son élève, comme le confirment Caroline Derrien et Candice Nedelec dans "Les Macron". C'est sa première fille, Laurence, qui lui parlera la première de son jeune camarade Emmanuel, ce "fou" qui "sait tout sur tout".

https://www.lesechos.fr/elections/emmanuel-macron/0212055176940-mais-qui-est-donc-brigitte-macron-2085128.php#xtor=CS1-26

Posté lundi 8 mai 2017 à 19:55 |  par bbela

mercredi 3 mai 2017


Au-delà du spectacle, de l’anecdotique et des jeux de personnalité qui accaparent l’attention, une élection fournit des indices de l’ajustement de l’appareil politique au programme à appliquer.

La présidentielle de 2017 a ceci de particulier qu’elle réalise ce but avec une rare limpidité. La franchise, voire l’ingénuité et la candeur qui y ont présidé sont inhabituelles pour ce genre d’exercice où illusionnisme et esbroufe ont libre cours. La fabrication du personnage Macron et son élévation à la magistrature suprême procèdent comme une chorégraphie mise en oeuvre à visage découvert. Encore plus singulier, ce qui tient de programme chez lui est à peu près sûrement ce qu’il fera.

Comment expliquer l’apparition de ce deus ex machina, la voie royale tracée pour lui et la désarmante transparence qui marque cette opération de prestidigitation politique ? Deux raisons : un système politique essoufflé mais toujours apte à générer des expédients, et le passage à l’imposition accélérée de la mondialisation néolibérale à un pays qui lui est rétif.

Un système politique en panne

La fin des Trente Glorieuses dérègle le système français. De fait, les 40 dernières années sont dominées par la crise économique et son cortège de stagnation, de désindustrialisation et de chômage. En quête des ressorts de la croissance, le programme de Mitterrand de 1981 recourt au keynésianisme qui avait si bien réussi de 1945 à 1975. Mais l’expérience échoue. Le gouvernement fait alors un virage à 180 degrés en 1983 et engage la France dans la voie de la « rigueur », du néolibéralisme, de l’intégration européenne et de la mondialisation. Quel qu’en soit l’habillage et peu importe le parti, tel est le programme de tous les gouvernements depuis plus de trois décennies.

Le paysage politique se recompose en conséquence. Comment parer au risque de détourner des partis de gouvernement un électorat auquel sont infligées de douloureuses politiques économiques ? En dressant devant lui une option qui ferait office de repoussoir. Pouvant commodément être diabolisé, le Front national joue ce rôle à merveille. Mitterrand le comprend si bien qu’il l’aide à se mettre en orbite. Tandis que le PCF s’effondre, l’offre politique se résume au choix entre l’un ou l’autre des partis de gouvernement pour faire barrage au FN. L’épouvantail à moineaux est érigé d’élection en élection pour rabattre l’électorat échaudé, mais apeuré, tantôt vers la droite, tantôt vers la « gauche » officielles, et assurer ainsi que continue à tourner la roue d’une fictive « alternance ».

Chaque nouveau président entre à l’Élysée sous les meilleurs auspices, mais applique aussitôt le programme néolibéral mondialiste. Le « socialiste » Hollande remporte la palme en matière de célérité dans le retournement de sa veste. Il représente la dernière tentative de donner le change à l’électorat. Ne reste plus en 2017 qu’à jouer cartes sur table.

Macron : un président sorti d’un chapeau

Après Hollande, le faux-semblant de la « gauche » n’est plus opératoire. Le Parti socialiste se saborde, Hollande lui-même appelant à voter Macron. Le risque que Fillon lui succède par le truchement d’un « Front républicain » pour barrer la route au FN est dissipé par d’opportunes et suspectes révélations fâcheuses pour sa réputation. La voie est libre pour Macron.

Illustre inconnu il y a peu de temps, jamais élu, il est propulsé au firmament à grand renfort de publicité. Devenu millionnaire chez Rothschild, c’est la coqueluche du patronat. Les ressources pour sa campagne ne lui manquent pas et son « mouvement » (« En marche ! ») émerge avec une miraculeuse soudaineté.

À bout d’expédients, le système politique crée de toutes pièces un candidat « moderne » qui se veut hors système. Discrédités, les partis politiques sont remplacés par une communion directe entre le chef de l’État et le « peuple », ou plutôt les milieux d’affaires. Biaiser n’étant plus possible, on passe à la promotion sans ambages du néolibéralisme « incontournable » et de la mondialisation « heureuse ». Macron s’affiche tel qu’il est, ne s’entourant d’aucun écran de fumée. Récusant la droite et la gauche, il ne prête allégeance qu’au marché. Les grands intérêts économiques gouverneront directement, sans l’intermédiaire des partis politiques. Avec Macron, né à l’ère de l’absence de repères, la gestion évacue le politique.

La « marche » de la France vers son intégration européo-mondiale se fera à bride abattue, alors que le pays est clivé. Aux centres des grandes villes et à l’Ouest, d’où Macron a puisé ses 24 %, s’opposent les banlieues et l’Est. La déréglementation procédera à grands pas. Plus que jamais s’intensifiera la dichotomie entre le mondialisme qui délite États et nations au profit d’instances de décisions supranationales, et l’affirmation du cadre national comme lieu d’application de l’autodétermination. Ancêtre de l’État-nation moderne, la France connaîtra une intensification des pressions désagrégatrices qu’elle subit déjà. Quelle sera la réaction ?

Samir Saul



Samir Saul : Professeur d’histoire à l’Université de Montréal – CERIUM, Québec, Canada.

La France «En marche» vers sa dissolution?


Au-delà du spectacle, de l’anecdotique et des jeux de personnalité qui accaparent l’attention, une élection fournit des indices de l’ajustement de l’appareil politique au programme à appliquer.

La présidentielle de 2017 a ceci de particulier qu’elle réalise ce but avec une rare limpidité. La franchise, voire l’ingénuité et la candeur qui y ont présidé sont inhabituelles pour ce genre d’exercice où illusionnisme et esbroufe ont libre cours. La fabrication du personnage Macron et son élévation à la magistrature suprême procèdent comme une chorégraphie mise en oeuvre à visage découvert. Encore plus singulier, ce qui tient de programme chez lui est à peu près sûrement ce qu’il fera.

Comment expliquer l’apparition de ce deus ex machina, la voie royale tracée pour lui et la désarmante transparence qui marque cette opération de prestidigitation politique ? Deux raisons : un système politique essoufflé mais toujours apte à générer des expédients, et le passage à l’imposition accélérée de la mondialisation néolibérale à un pays qui lui est rétif.

Un système politique en panne

La fin des Trente Glorieuses dérègle le système français. De fait, les 40 dernières années sont dominées par la crise économique et son cortège de stagnation, de désindustrialisation et de chômage. En quête des ressorts de la croissance, le programme de Mitterrand de 1981 recourt au keynésianisme qui avait si bien réussi de 1945 à 1975. Mais l’expérience échoue. Le gouvernement fait alors un virage à 180 degrés en 1983 et engage la France dans la voie de la « rigueur », du néolibéralisme, de l’intégration européenne et de la mondialisation. Quel qu’en soit l’habillage et peu importe le parti, tel est le programme de tous les gouvernements depuis plus de trois décennies.

Le paysage politique se recompose en conséquence. Comment parer au risque de détourner des partis de gouvernement un électorat auquel sont infligées de douloureuses politiques économiques ? En dressant devant lui une option qui ferait office de repoussoir. Pouvant commodément être diabolisé, le Front national joue ce rôle à merveille. Mitterrand le comprend si bien qu’il l’aide à se mettre en orbite. Tandis que le PCF s’effondre, l’offre politique se résume au choix entre l’un ou l’autre des partis de gouvernement pour faire barrage au FN. L’épouvantail à moineaux est érigé d’élection en élection pour rabattre l’électorat échaudé, mais apeuré, tantôt vers la droite, tantôt vers la « gauche » officielles, et assurer ainsi que continue à tourner la roue d’une fictive « alternance ».

Chaque nouveau président entre à l’Élysée sous les meilleurs auspices, mais applique aussitôt le programme néolibéral mondialiste. Le « socialiste » Hollande remporte la palme en matière de célérité dans le retournement de sa veste. Il représente la dernière tentative de donner le change à l’électorat. Ne reste plus en 2017 qu’à jouer cartes sur table.

Macron : un président sorti d’un chapeau

Après Hollande, le faux-semblant de la « gauche » n’est plus opératoire. Le Parti socialiste se saborde, Hollande lui-même appelant à voter Macron. Le risque que Fillon lui succède par le truchement d’un « Front républicain » pour barrer la route au FN est dissipé par d’opportunes et suspectes révélations fâcheuses pour sa réputation. La voie est libre pour Macron.

Illustre inconnu il y a peu de temps, jamais élu, il est propulsé au firmament à grand renfort de publicité. Devenu millionnaire chez Rothschild, c’est la coqueluche du patronat. Les ressources pour sa campagne ne lui manquent pas et son « mouvement » (« En marche ! ») émerge avec une miraculeuse soudaineté.

À bout d’expédients, le système politique crée de toutes pièces un candidat « moderne » qui se veut hors système. Discrédités, les partis politiques sont remplacés par une communion directe entre le chef de l’État et le « peuple », ou plutôt les milieux d’affaires. Biaiser n’étant plus possible, on passe à la promotion sans ambages du néolibéralisme « incontournable » et de la mondialisation « heureuse ». Macron s’affiche tel qu’il est, ne s’entourant d’aucun écran de fumée. Récusant la droite et la gauche, il ne prête allégeance qu’au marché. Les grands intérêts économiques gouverneront directement, sans l’intermédiaire des partis politiques. Avec Macron, né à l’ère de l’absence de repères, la gestion évacue le politique.

La « marche » de la France vers son intégration européo-mondiale se fera à bride abattue, alors que le pays est clivé. Aux centres des grandes villes et à l’Ouest, d’où Macron a puisé ses 24 %, s’opposent les banlieues et l’Est. La déréglementation procédera à grands pas. Plus que jamais s’intensifiera la dichotomie entre le mondialisme qui délite États et nations au profit d’instances de décisions supranationales, et l’affirmation du cadre national comme lieu d’application de l’autodétermination. Ancêtre de l’État-nation moderne, la France connaîtra une intensification des pressions désagrégatrices qu’elle subit déjà. Quelle sera la réaction ?

Samir Saul



Samir Saul : Professeur d’histoire à l’Université de Montréal – CERIUM, Québec, Canada.

Posté mercredi 3 mai 2017 à 19:27 |  par bbela

vendredi 24 mars 2017

L'ouvrage «Bienvenue Place Beauvau» n'affirme pas, contrairement aux allégations de François Fillon, l'existence d'un cabinet noir à l'Élysée, mais soulève l'hypothèse d'une manipulation politique, comme sous les précédentes présidences, de l'appareil policier et judiciaire.

François Hollande à l'Élysée, le 15 septembre 2014. ALAIN JOCARD / AFP.

La dénonciation d'un «cabinet noir», ce service officieux d'espionnage politique descendu tout droit de l'Ancien Régime, est une constante de la Ve République. L'expression a successivement servi à qualifier la «cellule écoutes» de Christian Prouteau sous François Mitterrand, les petits carnets du patron des RG Yves Bertrand sous Jacques Chirac ou les «grandes oreilles» du chef de la DCRI Bernard Squarcini sous Nicolas Sarkozy. François Fillon vient de la ressusciter en estimant, lors de «L'Émission politique» de France 2, que François Hollande en avait mis un en place à l'Élysée pour tenter, en vain, d'assurer sa réélection. Une affirmation qu'il affirme avoir puisée dans le livre Bienvenue Place Beauvau. Police: les secrets inavouables d'un quinquennat, qui vient de paraître aux éditions Robert Laffont:

«C'est un livre sur le ministère de l'Intérieur et la place Beauvau qui, en 240 pages, explique que François Hollande fait remonter toutes les écoutes judiciaires qui l'intéressent à son bureau, ce qui est une illégalité totale, comment il est branché directement sur Bercy, sur Tracfin, sur des informations qui lui sont apportées en permanence, comment il est au courant des moindres faits, des moindres filatures, y compris concernant son ancien Premier ministre Manuel Valls. On cherchait un cabinet noir, on l'a trouvé, en tout cas à travers ces allégations. [...] Si ce qui est écrit dans ce livre est vrai, je pense que dans l'histoire récente de la Ve République, un chef d'Etat n'est jamais aussi loin dans l'illégalité, la prise de pouvoir sur des services sur lesquels il ne devrait pas avoir autorité.»

Les propos du candidat de droite à la présidentielle ont été très vite démentis par l'Élysée ainsi que par le ministère de la Justice. Le journaliste Didier Hassoux –coauteur du livre avec Christophe Labbé et Olivia Recasens– a également nié sur France Info la présentation faite de l'ouvrage par François Fillon, citant un passage affirmant qu'il n'est «pas possible d’[...] apporter la preuve formelle [de l'existence d'un cabinet noir], comme il n’est pas possible de prouver le contraire». «François Hollande a simplement instrumentalisé la police à des fins politiques, comme tous les présidents de la Ve République. C'est une maladie française», a-t-il ajouté.

L'expression «cabinet noir» a été en revanche utilisée de manière très affirmative par Valeurs actuelles, qui a publié de longs extraits du livre jeudi: selon l'hebdomadaire, qui employait l'expression contre l'Élysée dès octobre 2013, les auteurs «racontent comment [François Hollande] se serait servi d’un cabinet noir pour discréditer ses concurrents à la présidentielle de 2017».

«Indices troubles et témoignages étonnants»
Dans leur livre, les trois auteurs n'emploient en fait l'expression qu'au style indirect, placée dans la bouche de «sarkozystes» anonymes:

«En 2017, cinq ans après sa défaite électorale, ce ne sont pas moins de treize affaires judiciaires qui empoisonnent Nicolas Sarkozy ou son entourage. Au point que les sarkozystes, prompts à s’afficher en victimes, y voient la main d’un cabinet noir.»
Sans reprendre la formule à leur compte, ils décrivent une «mécanique complexe aussi efficace que redoutable» aux dépens de l'ancien président de la République, passant par Tracfin, le service de renseignement financier de Bercy, le directeur des affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice Robert Gelli (décrit comme un proche de François Hollande, ce dont il s'est défendu dans le passé) ou encore par des consignes orales données à des juges spécialistes des enquêtes en «poupées russes», où une procédure en alimente une autre.

Si les manipulations politico-judiciaires supposées du pouvoir ne constituent pas la totalité de l'ouvrage (qui s'intéresse aussi à l'échec de la réforme de la police, de la lutte contre le trafic de drogue ou de l'amélioration des relations police-population), elles occupent l'essentiel de son premier quart. Les trois auteurs écrivent que, «comme leurs prédécesseurs, mais avec moins de talent et de rouerie, Hollande, Valls, Cazeneuve et les autres, ont joué avec l’appareil judiciaire à des fins souvent électorales». Moins de talent ou de rouerie car, «plus par nécessité, amateurisme et imprévision que par mansuétude ou véritable choix», le nouveau pouvoir a dû autant s'appuyer sur des réseaux chiraquiens que hollandistes pour contrôler la police à son arrivée...

«L’addition d’indices troubles et de témoignages étonnants interroge», ajoutent plus loin Didier Hassoux, Christophe Labbé et Olivia Recasens. Pour eux, «derrière [les] ennuis à répétition qui ciblent les principaux rivaux du président sortant, difficile de ne pas voir la patte de Hollande. Mais le principal intéressé s’en défend: jamais, jure-t-il à qui veut l’entendre, il n’a donné l’ordre de monter des opérations de déstabilisation».

Dans une critique sévère de l'ouvrage, Le Monde déplore que ses auteurs «mettent systématiquement en lien des événements, souvent déjà connus, pour construire une machine à soupçons, qui n’est jamais très loin des théories conspirationnistes et qui fait douter qu’il puisse exister un seul policier républicain», les citations les plus dures du livre étant pour la plupart anonymes (chose il est vrai fréquente sur des sujets sensibles). C'est le cas par exemple de ce magistrat qui explique aux auteurs que «le Château est passé maître dans l’art de pousser ou ralentir le feu sous les casseroles judiciaires» ou de ce haut gradé de la police judiciaire qui décrit la pratique du «coup de billard à plusieurs bandes» du pouvoir.

«Le Château fomente des coups bas»
Des «coups» dont, au-delà des affaires Sarkozy, l'ouvrage donne plusieurs autres exemples en relation avec la présidentielle 2017. Il s'interroge par exemple sur l'apparente mansuétude judiciaire dont ont fait l'objet pendant le quinquennat des rivaux à droite de l'ancien président, comme Jean-Louis Borloo (affaires de l'arbitrage Tapie et Écomouv') ou Dominique de Villepin (affaire Relais & Châteaux). Ou liste les proches de Manuel Valls qui se sont retrouvés dans le viseur de la justice ou des médias alors que le Premier ministre de François Hollande devenait un de ses rivaux dans la perspective de la présidentielle, litanie qui a fini par persuader «l’entourage» de l'ancien maire d'Évry que «le Château fomente des coups bas».

Jean-Marie Le Guen, son secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, a ainsi été épinglé pour ses liens avec le Qatar (et, «dans [la] tête» de Valls, aurait été ciblé par des «munitions [...] fournies par le château avec l’aide d’un dévoué artificier, Bernard Bajolet, le directeur de la DGSE», proche de Hollande). Jean Daubigny, son directeur de cabinet durant les six premiers mois du quinquennat, a été placé en garde à vue pour fraude fiscale le 16 novembre 2016 (époque où les relations Élysée-Matignon étaient devenues exécrables) après une plainte de Bercy. Ami de trente ans de Manuel Valls, le criminologue Alain Bauer, visé pour des contrats conclus avec la Caisse des dépôts et consignations, est l'un des rares à témoigner de ses soupçons on the record: «Je vois bien l’intérêt: ils ont voulu se faire Valls, alors ricochons sur Bauer, se sont-ils dit. Lemas [René-Pierre Lemas, secrétaire général de l'Élysée de mai 2012 à avril 2014, et aujourd'hui directeur général de la CDC, ndlr] l’a fait pour faire plaisir à Hollande, cela lui ressemble bien.»

Si François Fillon finit par lire en entier l'ouvrage, il se rendra en revanche compte que lui-même y apparaît très peu, bien moins que Manuel Valls ou Nicolas Sarkozy... Sauf pour un épisode dont il est au contraire moteur: son déjeuner du 24 juin 2014 avec son ancien ministre Jean-Pierre Jouyet, lors duquel, selon Le Monde (dont les journalistes ont remporté en première instance et en appel un procès en diffamation intenté par le candidat à la présidentielle), il aurait lancé à propos de l'ancien président: «Jean-Pierre, t'as bien conscience que si vous ne tapez pas vite, vous allez le laisser revenir?» Quant à l'affaire des emplois parlementaires fictifs, les auteurs –qui, pour deux d'entre eux, travaillent au Canard enchaîné– écrivent précisément que «le supposé cabinet noir de l’Élysée n’y est pour rien».

http://www.slate.fr/story/141818/hollande-cabinet-noir

Affaire du Cabinet noir: «Hollande fait remonter toutes les écoutes judiciaires qui l'intéressent à son bureau...»

L'ouvrage «Bienvenue Place Beauvau» n'affirme pas, contrairement aux allégations de François Fillon, l'existence d'un cabinet noir à l'Élysée, mais soulève l'hypothèse d'une manipulation politique, comme sous les précédentes présidences, de l'appareil policier et judiciaire.

François Hollande à l'Élysée, le 15 septembre 2014. ALAIN JOCARD / AFP.

La dénonciation d'un «cabinet noir», ce service officieux d'espionnage politique descendu tout droit de l'Ancien Régime, est une constante de la Ve République. L'expression a successivement servi à qualifier la «cellule écoutes» de Christian Prouteau sous François Mitterrand, les petits carnets du patron des RG Yves Bertrand sous Jacques Chirac ou les «grandes oreilles» du chef de la DCRI Bernard Squarcini sous Nicolas Sarkozy. François Fillon vient de la ressusciter en estimant, lors de «L'Émission politique» de France 2, que François Hollande en avait mis un en place à l'Élysée pour tenter, en vain, d'assurer sa réélection. Une affirmation qu'il affirme avoir puisée dans le livre Bienvenue Place Beauvau. Police: les secrets inavouables d'un quinquennat, qui vient de paraître aux éditions Robert Laffont:

«C'est un livre sur le ministère de l'Intérieur et la place Beauvau qui, en 240 pages, explique que François Hollande fait remonter toutes les écoutes judiciaires qui l'intéressent à son bureau, ce qui est une illégalité totale, comment il est branché directement sur Bercy, sur Tracfin, sur des informations qui lui sont apportées en permanence, comment il est au courant des moindres faits, des moindres filatures, y compris concernant son ancien Premier ministre Manuel Valls. On cherchait un cabinet noir, on l'a trouvé, en tout cas à travers ces allégations. [...] Si ce qui est écrit dans ce livre est vrai, je pense que dans l'histoire récente de la Ve République, un chef d'Etat n'est jamais aussi loin dans l'illégalité, la prise de pouvoir sur des services sur lesquels il ne devrait pas avoir autorité.»

Les propos du candidat de droite à la présidentielle ont été très vite démentis par l'Élysée ainsi que par le ministère de la Justice. Le journaliste Didier Hassoux –coauteur du livre avec Christophe Labbé et Olivia Recasens– a également nié sur France Info la présentation faite de l'ouvrage par François Fillon, citant un passage affirmant qu'il n'est «pas possible d’[...] apporter la preuve formelle [de l'existence d'un cabinet noir], comme il n’est pas possible de prouver le contraire». «François Hollande a simplement instrumentalisé la police à des fins politiques, comme tous les présidents de la Ve République. C'est une maladie française», a-t-il ajouté.

L'expression «cabinet noir» a été en revanche utilisée de manière très affirmative par Valeurs actuelles, qui a publié de longs extraits du livre jeudi: selon l'hebdomadaire, qui employait l'expression contre l'Élysée dès octobre 2013, les auteurs «racontent comment [François Hollande] se serait servi d’un cabinet noir pour discréditer ses concurrents à la présidentielle de 2017».

«Indices troubles et témoignages étonnants»
Dans leur livre, les trois auteurs n'emploient en fait l'expression qu'au style indirect, placée dans la bouche de «sarkozystes» anonymes:

«En 2017, cinq ans après sa défaite électorale, ce ne sont pas moins de treize affaires judiciaires qui empoisonnent Nicolas Sarkozy ou son entourage. Au point que les sarkozystes, prompts à s’afficher en victimes, y voient la main d’un cabinet noir.»
Sans reprendre la formule à leur compte, ils décrivent une «mécanique complexe aussi efficace que redoutable» aux dépens de l'ancien président de la République, passant par Tracfin, le service de renseignement financier de Bercy, le directeur des affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice Robert Gelli (décrit comme un proche de François Hollande, ce dont il s'est défendu dans le passé) ou encore par des consignes orales données à des juges spécialistes des enquêtes en «poupées russes», où une procédure en alimente une autre.

Si les manipulations politico-judiciaires supposées du pouvoir ne constituent pas la totalité de l'ouvrage (qui s'intéresse aussi à l'échec de la réforme de la police, de la lutte contre le trafic de drogue ou de l'amélioration des relations police-population), elles occupent l'essentiel de son premier quart. Les trois auteurs écrivent que, «comme leurs prédécesseurs, mais avec moins de talent et de rouerie, Hollande, Valls, Cazeneuve et les autres, ont joué avec l’appareil judiciaire à des fins souvent électorales». Moins de talent ou de rouerie car, «plus par nécessité, amateurisme et imprévision que par mansuétude ou véritable choix», le nouveau pouvoir a dû autant s'appuyer sur des réseaux chiraquiens que hollandistes pour contrôler la police à son arrivée...

«L’addition d’indices troubles et de témoignages étonnants interroge», ajoutent plus loin Didier Hassoux, Christophe Labbé et Olivia Recasens. Pour eux, «derrière [les] ennuis à répétition qui ciblent les principaux rivaux du président sortant, difficile de ne pas voir la patte de Hollande. Mais le principal intéressé s’en défend: jamais, jure-t-il à qui veut l’entendre, il n’a donné l’ordre de monter des opérations de déstabilisation».

Dans une critique sévère de l'ouvrage, Le Monde déplore que ses auteurs «mettent systématiquement en lien des événements, souvent déjà connus, pour construire une machine à soupçons, qui n’est jamais très loin des théories conspirationnistes et qui fait douter qu’il puisse exister un seul policier républicain», les citations les plus dures du livre étant pour la plupart anonymes (chose il est vrai fréquente sur des sujets sensibles). C'est le cas par exemple de ce magistrat qui explique aux auteurs que «le Château est passé maître dans l’art de pousser ou ralentir le feu sous les casseroles judiciaires» ou de ce haut gradé de la police judiciaire qui décrit la pratique du «coup de billard à plusieurs bandes» du pouvoir.

«Le Château fomente des coups bas»
Des «coups» dont, au-delà des affaires Sarkozy, l'ouvrage donne plusieurs autres exemples en relation avec la présidentielle 2017. Il s'interroge par exemple sur l'apparente mansuétude judiciaire dont ont fait l'objet pendant le quinquennat des rivaux à droite de l'ancien président, comme Jean-Louis Borloo (affaires de l'arbitrage Tapie et Écomouv') ou Dominique de Villepin (affaire Relais & Châteaux). Ou liste les proches de Manuel Valls qui se sont retrouvés dans le viseur de la justice ou des médias alors que le Premier ministre de François Hollande devenait un de ses rivaux dans la perspective de la présidentielle, litanie qui a fini par persuader «l’entourage» de l'ancien maire d'Évry que «le Château fomente des coups bas».

Jean-Marie Le Guen, son secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, a ainsi été épinglé pour ses liens avec le Qatar (et, «dans [la] tête» de Valls, aurait été ciblé par des «munitions [...] fournies par le château avec l’aide d’un dévoué artificier, Bernard Bajolet, le directeur de la DGSE», proche de Hollande). Jean Daubigny, son directeur de cabinet durant les six premiers mois du quinquennat, a été placé en garde à vue pour fraude fiscale le 16 novembre 2016 (époque où les relations Élysée-Matignon étaient devenues exécrables) après une plainte de Bercy. Ami de trente ans de Manuel Valls, le criminologue Alain Bauer, visé pour des contrats conclus avec la Caisse des dépôts et consignations, est l'un des rares à témoigner de ses soupçons on the record: «Je vois bien l’intérêt: ils ont voulu se faire Valls, alors ricochons sur Bauer, se sont-ils dit. Lemas [René-Pierre Lemas, secrétaire général de l'Élysée de mai 2012 à avril 2014, et aujourd'hui directeur général de la CDC, ndlr] l’a fait pour faire plaisir à Hollande, cela lui ressemble bien.»

Si François Fillon finit par lire en entier l'ouvrage, il se rendra en revanche compte que lui-même y apparaît très peu, bien moins que Manuel Valls ou Nicolas Sarkozy... Sauf pour un épisode dont il est au contraire moteur: son déjeuner du 24 juin 2014 avec son ancien ministre Jean-Pierre Jouyet, lors duquel, selon Le Monde (dont les journalistes ont remporté en première instance et en appel un procès en diffamation intenté par le candidat à la présidentielle), il aurait lancé à propos de l'ancien président: «Jean-Pierre, t'as bien conscience que si vous ne tapez pas vite, vous allez le laisser revenir?» Quant à l'affaire des emplois parlementaires fictifs, les auteurs –qui, pour deux d'entre eux, travaillent au Canard enchaîné– écrivent précisément que «le supposé cabinet noir de l’Élysée n’y est pour rien».

http://www.slate.fr/story/141818/hollande-cabinet-noir

Posté vendredi 24 mars 2017 à 17:17 |  par bbela

lundi 6 février 2017

Marine Le Pen au Parlement européen, le 15 décembre 2016. FREDERICK FLORIN / AFP

Si le parti d'extrême droite reste discret sur l'affaire qui touche François Fillon, c'est sans doute parce qu'il fait de son côté l'objet de différentes enquêtes judiciaires.

On a peu entendu les responsables du Front national sur l'affaire Penelope Fillon, où la femme du candidat de la droite à l'élection présidentielle se retrouve accusée d'avoir bénéficié d'un emploi de complaisance, voire fictif, pendant plusieurs années aux côtés de son mari. Mais il y a une raison qui explique que le Front national, d'habitude si prompt à dégainer sur toutes les affaires qui touchent ses adversaires, a choisi de rester silencieux, expliquait dès le début de l'affaire le Huffington Post: c'est parce qu'il doit plus ou moins faire face au même problème au Parlement européen.

«Le service antifraude européen (Olaf), a demandé à Marine Le Pen et son père Jean-Marie de rembourser respectivement 340.000 et 320.000 euros pour couvrir les salaires de leurs assistants parlementaires, dont les preuves de travail au sein de l'institution européenne sont jugés insuffisantes.»
Marine Le Pen a refusé de procéder à ce remboursement avant le 31 janvier 2017 comme il lui était demandé, et va donc voir ses prochaines indemnités de députée européenne «largement ponctionnées pour rembourser la somme», relate Le Monde, qui souligne par ailleurs qu'une enquête judiciaire est également en cours côté français.

«Saisi en mars 2015 par le Parlement européen, le parquet de Paris a ouvert une instruction judiciaire en décembre 2016. Il soupçonne une “escroquerie en bande organisée” pouvant s’assimiler à du financement illégal de parti politique.»
Quand cette affaire avait été révélée au début de l'année 2017, Marine Le Pen n'avait visiblement pas apprécié, et s'était positionnée en martyre politique:
«En pleine campagne électorale, c'est caricatural et cela révèle clairement un agenda strictement politique. Les vieilles méthodes politiciennes de persécution des opposants ont la peau dure.»

Surfacturation des dépenses de campagne
Mais c'est loin d'être la seule affaire dans laquelle se retrouvent impliqué le parti et ses membres. Il est également soupçonné d'avoir surfacturé ses dépenses de campagne en ayant mis «en place un système de financement frauduleux pour toutes ses campagnes électorales depuis l’arrivée de Marine Le Pen à sa présidence», le 16 janvier 2011, continue Le Monde.

«Si les personnes et les structures suspectées varient d’une élection sur l’autre, le mécanisme serait toujours le même: pour imprimer leurs tracts ou construire leurs sites web de campagne, les candidats frontistes font appel à des prestataires proches du FN (Riwal et Les Presses de France, les sociétés de Frédéric Chatillon et Axel Loustau, deux proches de Marine Le Pen). Ces prestations seraient largement surfacturées aux candidats –ce qui permettrait à ces prestataires d’empocher de fortes marges (et d’en détourner une partie vers des paradis fiscaux). Cela ne coûte rien aux candidats, puisque l’Etat rembourse les frais de campagne à condition de réaliser un score convenable.»
Des pratiques qui rappellent en partie celles reprochées à feu l'UMP dans l'affaire Bygmalion et qui font l'objet d'instructions judiciaires pour escroquerie, recels d'escroquerie, abus de biens sociaux, recels d'abus de biens sociaux et blanchiment.

Patrimoines sous-estimé
Les patrimoines de Jean-Marie Le Pen, le président d'honneur du parti, et de Marine Le Pen font également l'objet d'une enquête préliminaire du parquet national financier, qui a été saisi par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

«L'organisme de contrôle met en avant “une sous-évaluation manifeste de certains actifs immobiliers” que le père et la fille détiennent en commun, notamment leur propriété de Montretout à Saint-Cloud, et d'“omission de biens mobiliers” par Jean-Marie Le Pen, expliquent Les Échos. Les sous-évaluations sont estimées à plus de 1 million d'euros pour Jean-Marie Le Pen et plusieurs centaines de milliers d'euros pour Marine Le Pen.»

À l'époque, les Le Pen s'étaient élevés contre cette décision de la Haute autorité. Marine Le Pen y voyait «une volonté de nuire désormais systématique et outrancière», et son père estimait de son côté que cela «participe à l'offensive de harcèlement républicain. C'est à dire le harcèlement des adversaires du gouvernement et de l'establishment».

En mai dernier, le Conseil d'État avait rejeté les recours de Jean-Marie et Marine Le Pen car ils avaient été «portés devant une juridiction incompétente». Un procès et une éventuelle condamnation pourraient avoir des conséquences très lourdes pour la carrière politique de Marine Le Pen, puisqu'elle risque trois ans de prison, 45.000 euros d'amende et dix ans d'inéligilibité, rappelle Le Monde.

Compte en Suisse
Les Échos évoquent par ailleurs une autre affaire à laquelle est confrontée Jean-Marie Le Pen: celle de son compte en Suisse, «à travers un trust placé sous la responsabilité légale de son majordome, Gérald Gérin». En avril 2015, le parquet de Paris avait confirmé des révélations de Mediapart selon lesquelles le quintuple candidat à la présidentiel possédait un compte en Suisse jusqu'en mai 2014, sans toutefois confirmer si les montants révélés par le site d'investigation (2,2 millions d’euros, dont 1,7 million en lingots et pièces d'or) étaient les bons ou non. Le parquet national financier a ouvert une enquête en juin 2015 pour blanchiment de fraude fiscale, après avoir reçu un signalement de la cellule anti-blanchiment de Bercy, Tracfin.

«Dans son signalement, Tracfin évoque l'existence d'un trust basé aux Iles vierges britanniques et géré à Genève pour le compte de Gérald Gérin. Le compte aura été clôturé en 2014 et les fonds transférés dans une banque aux Bahamas.

Une précédente enquête ouverte par le parquet de Paris visait déjà le patrimoine de Jean-Marie Le Pen et un enrichissement de 1,1 million d'euros entre 2004 et 2009, années de début et de fin d'un de ses mandats de parlementaire européen. Cette procédure, dans laquelle la question de la prescription pourrait se poser, est désormais associée à l'enquête du parquet national financier.»
Implication d'une banque russe.

Mais il n'y a pas qu'en France que le parti et ses membres sont inquiétés par la justice. On a appris au début du mois de janvier 2017 que l’agence d’assurance des dépôts bancaires russes réclamait au FN «le remboursement du prêt de 9 millions d’euros qui lui a été accordé, en septembre 2014, par la First Czech-Russian Bank (FCRB), une banque tchéco-russe», rapportait alors Le Monde. Quand cette banque a fait faillite à la mi-2016, l'agence d'assurance des dépôts bancaires russes a récupéré la gestion de la créance et a annoncé fin décembre qu'elle avait lancée une procédure judiciaire pour obtenir son remboursement.

Et comme l'explique justement le Huffington Post, le FN a beau assurer ne pas s'inquiéter au sujet de cette affaire, «celle-ci vient, en pleine période électorale, nourrir le soupçon d'un noyautage russe du parti d'extrême droite, seul parti français à pleinement soutenir la politique de Vladimir Poutine en Crimée et Syrie».

Une enquête parlementaire a également été lancée à l'initiative de deux députés PS, poursuivent Les Échos, qui indiquent que le prêt révélé par Mediapart en 2014 pourrait également poser un problème, puisque les révélations «alimenteraient la thèse d'un financement du FN par un État étranger, ce qui est formellement interdit par le droit français».

http://www.slate.fr/story/136448/front-national-affaires

Le Front national est très loin d'être épargné par les affaires

Marine Le Pen au Parlement européen, le 15 décembre 2016. FREDERICK FLORIN / AFP

Si le parti d'extrême droite reste discret sur l'affaire qui touche François Fillon, c'est sans doute parce qu'il fait de son côté l'objet de différentes enquêtes judiciaires.

On a peu entendu les responsables du Front national sur l'affaire Penelope Fillon, où la femme du candidat de la droite à l'élection présidentielle se retrouve accusée d'avoir bénéficié d'un emploi de complaisance, voire fictif, pendant plusieurs années aux côtés de son mari. Mais il y a une raison qui explique que le Front national, d'habitude si prompt à dégainer sur toutes les affaires qui touchent ses adversaires, a choisi de rester silencieux, expliquait dès le début de l'affaire le Huffington Post: c'est parce qu'il doit plus ou moins faire face au même problème au Parlement européen.

«Le service antifraude européen (Olaf), a demandé à Marine Le Pen et son père Jean-Marie de rembourser respectivement 340.000 et 320.000 euros pour couvrir les salaires de leurs assistants parlementaires, dont les preuves de travail au sein de l'institution européenne sont jugés insuffisantes.»
Marine Le Pen a refusé de procéder à ce remboursement avant le 31 janvier 2017 comme il lui était demandé, et va donc voir ses prochaines indemnités de députée européenne «largement ponctionnées pour rembourser la somme», relate Le Monde, qui souligne par ailleurs qu'une enquête judiciaire est également en cours côté français.

«Saisi en mars 2015 par le Parlement européen, le parquet de Paris a ouvert une instruction judiciaire en décembre 2016. Il soupçonne une “escroquerie en bande organisée” pouvant s’assimiler à du financement illégal de parti politique.»
Quand cette affaire avait été révélée au début de l'année 2017, Marine Le Pen n'avait visiblement pas apprécié, et s'était positionnée en martyre politique:
«En pleine campagne électorale, c'est caricatural et cela révèle clairement un agenda strictement politique. Les vieilles méthodes politiciennes de persécution des opposants ont la peau dure.»

Surfacturation des dépenses de campagne
Mais c'est loin d'être la seule affaire dans laquelle se retrouvent impliqué le parti et ses membres. Il est également soupçonné d'avoir surfacturé ses dépenses de campagne en ayant mis «en place un système de financement frauduleux pour toutes ses campagnes électorales depuis l’arrivée de Marine Le Pen à sa présidence», le 16 janvier 2011, continue Le Monde.

«Si les personnes et les structures suspectées varient d’une élection sur l’autre, le mécanisme serait toujours le même: pour imprimer leurs tracts ou construire leurs sites web de campagne, les candidats frontistes font appel à des prestataires proches du FN (Riwal et Les Presses de France, les sociétés de Frédéric Chatillon et Axel Loustau, deux proches de Marine Le Pen). Ces prestations seraient largement surfacturées aux candidats –ce qui permettrait à ces prestataires d’empocher de fortes marges (et d’en détourner une partie vers des paradis fiscaux). Cela ne coûte rien aux candidats, puisque l’Etat rembourse les frais de campagne à condition de réaliser un score convenable.»
Des pratiques qui rappellent en partie celles reprochées à feu l'UMP dans l'affaire Bygmalion et qui font l'objet d'instructions judiciaires pour escroquerie, recels d'escroquerie, abus de biens sociaux, recels d'abus de biens sociaux et blanchiment.

Patrimoines sous-estimé
Les patrimoines de Jean-Marie Le Pen, le président d'honneur du parti, et de Marine Le Pen font également l'objet d'une enquête préliminaire du parquet national financier, qui a été saisi par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

«L'organisme de contrôle met en avant “une sous-évaluation manifeste de certains actifs immobiliers” que le père et la fille détiennent en commun, notamment leur propriété de Montretout à Saint-Cloud, et d'“omission de biens mobiliers” par Jean-Marie Le Pen, expliquent Les Échos. Les sous-évaluations sont estimées à plus de 1 million d'euros pour Jean-Marie Le Pen et plusieurs centaines de milliers d'euros pour Marine Le Pen.»

À l'époque, les Le Pen s'étaient élevés contre cette décision de la Haute autorité. Marine Le Pen y voyait «une volonté de nuire désormais systématique et outrancière», et son père estimait de son côté que cela «participe à l'offensive de harcèlement républicain. C'est à dire le harcèlement des adversaires du gouvernement et de l'establishment».

En mai dernier, le Conseil d'État avait rejeté les recours de Jean-Marie et Marine Le Pen car ils avaient été «portés devant une juridiction incompétente». Un procès et une éventuelle condamnation pourraient avoir des conséquences très lourdes pour la carrière politique de Marine Le Pen, puisqu'elle risque trois ans de prison, 45.000 euros d'amende et dix ans d'inéligilibité, rappelle Le Monde.

Compte en Suisse
Les Échos évoquent par ailleurs une autre affaire à laquelle est confrontée Jean-Marie Le Pen: celle de son compte en Suisse, «à travers un trust placé sous la responsabilité légale de son majordome, Gérald Gérin». En avril 2015, le parquet de Paris avait confirmé des révélations de Mediapart selon lesquelles le quintuple candidat à la présidentiel possédait un compte en Suisse jusqu'en mai 2014, sans toutefois confirmer si les montants révélés par le site d'investigation (2,2 millions d’euros, dont 1,7 million en lingots et pièces d'or) étaient les bons ou non. Le parquet national financier a ouvert une enquête en juin 2015 pour blanchiment de fraude fiscale, après avoir reçu un signalement de la cellule anti-blanchiment de Bercy, Tracfin.

«Dans son signalement, Tracfin évoque l'existence d'un trust basé aux Iles vierges britanniques et géré à Genève pour le compte de Gérald Gérin. Le compte aura été clôturé en 2014 et les fonds transférés dans une banque aux Bahamas.

Une précédente enquête ouverte par le parquet de Paris visait déjà le patrimoine de Jean-Marie Le Pen et un enrichissement de 1,1 million d'euros entre 2004 et 2009, années de début et de fin d'un de ses mandats de parlementaire européen. Cette procédure, dans laquelle la question de la prescription pourrait se poser, est désormais associée à l'enquête du parquet national financier.»
Implication d'une banque russe.

Mais il n'y a pas qu'en France que le parti et ses membres sont inquiétés par la justice. On a appris au début du mois de janvier 2017 que l’agence d’assurance des dépôts bancaires russes réclamait au FN «le remboursement du prêt de 9 millions d’euros qui lui a été accordé, en septembre 2014, par la First Czech-Russian Bank (FCRB), une banque tchéco-russe», rapportait alors Le Monde. Quand cette banque a fait faillite à la mi-2016, l'agence d'assurance des dépôts bancaires russes a récupéré la gestion de la créance et a annoncé fin décembre qu'elle avait lancée une procédure judiciaire pour obtenir son remboursement.

Et comme l'explique justement le Huffington Post, le FN a beau assurer ne pas s'inquiéter au sujet de cette affaire, «celle-ci vient, en pleine période électorale, nourrir le soupçon d'un noyautage russe du parti d'extrême droite, seul parti français à pleinement soutenir la politique de Vladimir Poutine en Crimée et Syrie».

Une enquête parlementaire a également été lancée à l'initiative de deux députés PS, poursuivent Les Échos, qui indiquent que le prêt révélé par Mediapart en 2014 pourrait également poser un problème, puisque les révélations «alimenteraient la thèse d'un financement du FN par un État étranger, ce qui est formellement interdit par le droit français».

http://www.slate.fr/story/136448/front-national-affaires

Posté lundi 6 février 2017 à 19:01 |  par bbela

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