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mardi 24 décembre 2019

 

Manifeste pour la création d’une Monnaie Unique africaine

Note de la rédaction www.madaniya.info


Cauda: Le manifeste est daté, symboliquement, de Chamalières, par référence à la bourgade où se situe l’imprimerie de la Banque de France qui édite le franc CFA. La rédaction de www.madaniya.info est parfaitement informée de l’identité des auteurs du manifeste.


Le Franc CFA, Franc des Colonies Françaises, puis Franc de la Coopération Financière, quelque soit la dénomination au gré des évolutions politiques des relations entre la France et ses anciennes colonies, recouvre une vaste imposture. C’est à proprement parler une arme de destruction massive des économies africaines, car en gage de la convertibilité de cette monnaie, des capitaux africains s’accumulent dans des banques européennes, tandis que les populations restent acculées à la pauvreté. Un vestige de la colonisation à abolir, pour reprendre l’expression de l’économiste Kako NUBUKPO, directeur de la Francophonie économique à l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Retour sur cette imposture, transposition du nazisme monétaire appliqué par le III me Reich au régime de Vichy et que la France applique à son tour à l’Afrique, le socle de son pouvoir diplomatique international et de la Francophone, gage de son rayonnement culturel.

Fin de la note


"Vous savez, cela suffit comme cela avec vos nègres. Vous me gagnez à la main, alors on ne voit plus qu’eux : il y a des nègres à l’Élysée tous les jours, vous me les faites recevoir, vous me les faites inviter à déjeuner. Je suis entouré de nègres, ici. […] Et puis tout cela n’a aucune espèce d’intérêt ! Foutez-moi la paix avec vos nègres ; je ne veux plus en voir d’ici deux mois, vous entendez ? Plus une audience avant deux mois. Ce n’est pas tellement en raison du temps que cela me prend, bien que ce soit déjà fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur : on ne voit que des nègres, tous les jours, à l’Élysée. Et puis je vous assure que c’est sans intérêt."

(Entretiens avec Jacques Foccart, 8 novembre 1968. Cité dans ses Mémoires, tome 2. Le Général en mai. Journal de l’Élysée. 1968-1969, éd. Fayard/Jeune Afrique)


« Aujourd’hui on est colonisé et on ment au Peuple en disant qu’on est libre »

(Léopold Sédar Senghor. Jeune Afrique du 7 juillet 1977)La monnaie CFA: une longue histoire entre Maître et Esclave


Rappelons certains faits historiques antérieurs à l’existence du franc CFA: le 1er janvier 1804, après treize ans d’une guerre sans merci, Saint-Domingue, le fleuron des colonies françaises de l’époque, devient indépendant sous le nom d’Haïti.


La réaction de la métropole ne se fait pas attendre: elle impose un embargo à la jeune nation. C’est que l’ancienne colonie faisait vivre un Français sur huit.

Après des années de tractations, en 1825, Haïti se voit obligé de verser à la France de Charles X la somme de 150 millions de francs lourds «destinés à dédommager les anciens colons». En échange, en fait, de la reconnaissance de son indépendance durement acquise.


Le versement de cette somme est en outre assorti d’un accord d’exclusivité en faveur des produits français qui entrent désormais en Haïti sans droits de douane. La somme est empruntée à une filiale de banque française, la première et la seule du pays jusqu’au début du XXe siècle. Pour rembourser l’emprunt ainsi contracté, l’état haïtien a eu recours pendant plus d’un siècle à la levée de lourds impôts sur la paysannerie.


En 1942, le gouvernement d’Elie Lescot a même lancé un appel à souscription national pour réunir ce qui devait être la dernière tranche du remboursement jusqu’auprès des élèves du primaire. La dette ne sera définitivement soldée, remboursée au dernier sou, qu’en 1972. Voilà les faits.

Qu’est-ce que le franc CFA ?


Pendant son occupation par l’Allemagne, la France a été victime du nazisme monétaire. L’Ambassadeur plénipotentiaire allemand HEMMEN, nommé à Paris sous l’autorité du Ministre de l’économie Hermann Göring, annonce à Wiesbaden le 9 mai 1941, l’accord qu’il a obtenu et qui autorise l’Allemagne à installer ses propres commissaires à la Banque de France ainsi qu’à tous les postes stratégiques financiers du pays français vassalisé:

«L’amiral Darlan…avait approuvé l’établissement des commissaires (allemands nazis) à la Banque de France, aux devises et au commerce extérieur et l’institution d’un contrôle douanier aux frontières»1.


Dès sa libération en 1945, la France applique aux Africains ce même nazisme monétaire qu’elle a perfectionné et qui est lisible aussi bien dans les institutions que dans les quatre principes de la zone franc CFA dont les mécanismes de fonctionnement appauvrissent structurellement les Pays africains utilisateurs du franc CFA.


En effet, dès qu’elle a retrouvé la liberté, la France a été doublement inspirée par son ex-occupant allemand. Elle a d’abord créé en 1945 une monnaie militaire appelée le franc Cfa qui lui a permis de s’attribuer ex-nihilo toutes les devises des 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA au nom de l’alimentation prioritaire des comptes d’opérations ouverts dans son propre Trésor Public.


Ensuite, la même France a fait signer en 1963 aux 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA des accords néocoloniaux de coopération commerciale (accords de Yaoundé, de Lomé et de Cotonou … ). Grâce à ces accords léonins, la France a pu importer massivement les matières premières des 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA sans dépenser une seule devise.


Le nazisme monétaire repose essentiellement sur la dévaluation de la monnaie du pays conquis, l’invention des monnaies coloniales, la libre transférabilité des capitaux des États colonisés vers les pays vainqueurs et les comptes d’opérations.


A ce jour, le franc CFA est une monnaie sans aucune valeur d’échange sur le plan du commerce international. Ce n’est pas une devise.


Les quatre principes de la zone Franc sont d’inspiration nazie.

Les 4 grands principes du pillage par la monnaie CFA

La libre convertibilité des francs cfa en euros

La convertibilité du franc CFA «avec le franc français est illimitée».


Depuis la création effective en 1999 de la devise européenne, ce même principe de libre convertibilité peut être libellé de la manière suivante :La convertibilité du franc CFA avec l’euro est illimitée. Il s’agit d’une véritable escroquerie. Les limites structurelles de ce principe sont multiples dont ci-après quelques-unes seulement.


La libre convertibilité est un argument spécieux dont se sert la France pour s’approprier les devises africaines contre remise de la fausse monnaie coloniale qu’est le Franc CFA. Car les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA (les 15 Pays de la Zone Franc) donnent 100% avant 1973 et maintenant 65% de leurs devises à la France. A ce jour l’État français peut exiger jusqu’à 85% au gré de ses desiderata.


Dans la réalité, la France applique aux Africains ce principe tiré du nazisme monétaire que décrit l’historien et économiste français René SEDILLOT quand son pays était sous occupation allemande.


Il n’y a pas de libre convertibilité entre les francs CFA émis par la BCEAO et la BEAC afin de rendre difficile le commerce afro-africain au profit de la France en particulier et de l’Europe en général.


La France est le premier apporteur des investissements directs étrangers (les IDE) au Maroc, en Algérie et en Tunisie alors que ces trois pays ont quitté la zone franc pour battre leurs monnaies respectives. Cela veut dire concrètement que la garantie française de convertir les francs Cfa hier en francs français et aujourd’hui en euros n’est pas, n’a jamais été et ne sera jamais un facteur d’attraction des investissements directs étrangers (IDE) dans les 15 PAYS AFRICAINES DE LA ZONE CFA.


Ce principe est une justification fallacieuse statutaire du contrôle effectif des banques centrales et des économies africaines par la France. En effet, par exemple «la Banque des États de l’Afrique Centrale est un établissement multinational africain, à la gestion et au contrôle duquel participe la France en contrepartie de la garantie qu’elle apporte à sa monnaie»2.


La garantie française de convertibilité fait du franc CFA est un outil au service de l’impérialisme de la France en Afrique. Car les pays d’outre-mer sont maintenus en captivité pour «procurer les avantages politiques et stratégiques»3 à la France. Le franc CFA s’affirme comme l’outil permettant à la France d’entretenir son «rayonnement» et son «influence… en Afrique»4.

La fixité des parités entre le franc cfa et l’euro


«La parité entre le franc CFA et le franc français est fixe»5. Depuis le 1er janvier 1999, avec la disparition des monnaies nationales européennes au profit de l’Euro, le même principe sus exposé peut s’énoncer de la manière suivante: «La parité entre le Franc CFA et l’Euro est fixe». Les conséquences de ce principe sont négatives pour les 15 pays d’Afrique de la Zone CFA.


1 – Ce principe est un système de pillage méthodique des richesses africaines à travers l’application scientifique du nazisme monétaire que le Français René SEDILLOT présente comme une arme redoutable d’expropriation et d’asservissement des Français vaincus par les Allemands.


2 – Les 15 pays d’Afrique de la Zone CFA sont installés dans une rigueur monétaire suicidaire et sans fin pour maintenir en vie la zone franc.

La préservation de la parité et de la fixité du taux de change des monnaies africaines, hier avec le franc, aujourd’hui avec l’euro, impose que les politiques d’assainissement des finances publiques mises en œuvre (plans d’ajustement structurels, fermetures des services publics dont les écoles et les hôpitaux, les licenciements des fonctionnaires) dans la plupart des pays malgré les difficultés soient poursuivies.


3 – Le détournement des 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA se fait au profit de l’Europe et au détriment de leur ouverture sur le reste du monde


4 – Il y a une impossibilité pour les Africains de manipuler souverainement en leur faveur le taux de change.


5- On assiste à une autonomisation ou à une augmentation mécanique en toute autonomie de la dette extérieure des PAZ F lorsque l’euro est plus faible que le dollar américain.


6 – Quand l’euro s’apprécie par rapport au dollar, s’observe la surévaluation du franc CFA avec les effets nocifs suivants pour les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA:


7- Perte de compétitivité des produits des Africains et perte des parts de marchés extérieurs par les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA.


8- Pertes financières énormes pendant les conversions de leurs devises en euros


9- Creusement de leurs déficits de la balance des paiements,


-Justification économique des dévaluations répétitives ou en séries du F CFA rattaché à l’euro devenu robuste grâce à l’affaiblissement du dollar décidé par les Américains dans leurs intérêts légitimes.


La libre transférabilité des capitaux des 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA vers la France. «Les transferts de fonds entre les Etats membres et la France sont libres»6 Ce principe génère pour les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA des conséquences nuisibles à leur véritable développement:


1- Ce principe favorise la fuite des capitaux financiers indispensables à la reconstruction des pays africains.


2- Les Banques Centrales africaines gaspillent leurs réserves de change dans le rachat de leur propre monnaie. Par exemple, «pour les six premiers mois de 1993, les rachats par la BCEAO des billets de son émission se sont élevés à 162,1 milliards contre 106 milliards un an plus tôt.»


3- La libre transférabilité s’oppose de fait à la formation de l’épargne nationale et encourage le recourt à l’emprunt extérieur dont le remboursement contraint les populations à supporter des souffrances dont on veut faire l’économie.


4 – La centralisation des changes ou les comptes d’opérations.
Les comptes d’opérations ont une origine nazie et ont un mécanisme de fonctionnement qui a des conséquences très lourdes sur les Africains. Les inconvénients des comptes d’opérations sont essentiellement d’ordre financier, économique, social et politique. Le préjudice financier est énorme:
  • Les Africains financent l’économie française à leur propre détriment.
  • Le Trésor Public Français utilise les capitaux africains pour combler ses propres déficits.
  • Le remplissage prioritaire des comptes d’opérations se fait contre le développement des Africains
  • La France emprunte les capitaux africains détenus sous forme d’obligations
  • Politique de rigueur budgétaire et l’austérité économique sans fin imposées aux 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA par la France
  • La gestion des comptes d’opérations infantilise et déresponsabilise les Africains.
  • La France spécule en bourse avec les capitaux des Africains
  • La France utilise les intérêts des placements pour endetter les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA


Ce sont là 4 principes qui fondent le système du pillage de l’Afrique par l’État français.
 
Ce ne sont que quelques hommes, avec la complicité silencieuse de l’assemblée nationale, qui complotent au profit d’une minorité et au détriment d’une majorité africaine.


D’autres mécanismes encore sont répréhensibles. Il serait ici trop long de tous les énumérer. Néanmoins on pensera aussi à la confiscation des devises des travailleurs africains de la diaspora qui, à chaque fois qu’ils émettent un mandat de transfert vers un des 15 pays africains de la zone CFA (avec Western Union, Money Gram, etc), en réalité ces devises partent remplir les comptes d’opération à Paris. En échange les familles en Afrique se voient recevoir cette monnaie de singes qu’est le franc CFA – une monnaie sans aucune valeur internationale et donc incapable de participer à la construction du pays.


Tout aussi grave, lorsque les États (hors la France) émettent des fonds d’aide au développement des 15 pays africains de la zone CFA, là encore les devises offertes partent constituer les comptes d’opération de Paris.


Ces comptes d’opération participent à réduire le déficit économique de la France qui est en réalité subventionnée depuis des dizaines d’années par les économies africaines.


Le système monétaire du franc CFA est unique en son genre, en permettant la fuite des capitaux des sociétés multinationales vers la France; en cela, il représente un paradis fiscale en toute impunité


Face à la paupérisation par le Franc CFA, que faut-il faire?

Les solutions


Au préalable, l’abolition sans condition ici et maintenant du franc CFA et de toute l’administration que l’État français mit en place et entretient encore à ce jour. Ensuite la création de la monnaie unique africaine et la transformation locale des matières premières, telles sont les meilleures solutions pour vaincre efficacement en très peu de temps le sous-développement socio-économique de l’Afrique.


La création de la Monnaie Unique Africaine (MUA)

A- Liquidation du franc cfa et la sortie du camp de concentration monétaire

La création de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit libérer immédiatement du nazisme monétaire français les 15 pays Africains de la zone franc.

B-La garantie de la Monnaie Unique Africaine

La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit être Garantie par la valeur synthétique de certaines matières premières minérales, minières, énergétiques et agricoles (comme le cacao par exemple) dont regorge l’Afrique.

Les Africains pourront exiger d’être payés, de leurs échanges avec le reste du monde, dans leur propre monnaie commune qui prendra nécessairement de la valeur parce que sa demande sera plus forte que son offre.

C – Les Règles de conduite internes aux pays Africains utilisateurs de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE

1- Le taux de transformation locale des matières premières à 100%

2- La nature et la composition des exportations africaines: des produits finis transformés sur le sol africain.

3- La garantie de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE par la valeur synthétique des matières premières africaines

4- Le taux d’inflation inférieur à 6% (Au lieu de 3% en Europe)‏

5- L’encours de la dette extérieure : Dettes/PIB < 30%. (Contre 60% dans l’union européenne)‏

6- Le déficit public : Déficit public/ PIB < 1,5 % (contre 3% du PIB des pays membres de l’Union Européenne) ‏

7- Le taux de pression fiscale : TPO < 20% contre 44,2% en France en 2006

8- La démocratie comme outil de gestion rationnelle des biens publics

D- La création de la Banque centrale africaine

Une seule et unique Banque Centrale Africaine (BCA) destinée à loger la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit être créée. Cette BCA mettra fin à la balkanisation monétaire et à l’atomisation ridicule des Banques Centrales Africaines. En effet, il y a 40 banques centrales africaines qui gèrent annuellement chacune en moyenne un PIB estimé à 27 milliards de dollars.

Cela veut dire que si le modèle africain devrait être recopié par les pays ou régions, on aurait par exemple 488 monnaies et banques centrales différentes12 aux États-Unis où il n’y a qu’une seule. La même observation est valable pour la zone euro, le japon, la Chine , la Russie et l’Inde où l’on aurait respectivement 393, 161, 97, 36 et 34 monnaies et banque centrales différentes pour chacune de ces entités considérées dont le choix de l’unité monétaire doit inspirer favorablement l’Afrique.

Constitutionaliser la transformation locale de toutes les matières premières africaines


La transformation locale des matières premières est la véritable solution aux différents sérieux problèmes socio-économiques du continent noir. Par exemple, si la République de côte d’Ivoire transforme en poudre toute sa production annuelle de café et de cacao, elle pourrait non seulement éteindre en moins d’un an toutes ses dettes, mais elle aurait également les moyens financiers consistants pour nourrir décemment toutes les populations de l’Afrique subsaharienne. Au lieu de cela, le pays continue actuellement de vouloir s’endetter auprès des institutions bancaires internationales pour construire routes et ponts.

Conclusion


La M.U.A doit être créée par l’Union Africaine en urgence pour libérer immédiatement du nazisme monétaire français les 15 pays Africains de la zone Franc.

La garantie de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE peut être assise sur la valeur synthétique des matières premières stratégiques dont regorge le continent.

S’impose la constitutionnalisation de la transformation en Afrique de toutes les matières premières afin de permettre aux Africains de vaincre efficacement et très rapidement la pauvreté grâce à leur enrichissement dynamique des valeurs ajoutées générées par les produits finis fabriqués localement et vendus tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du continent noir.

Avec ces produits finis fabriqués en Afrique, s’accélérera le commerce afro-africain qui demeure la véritable solution au sous-développement du continent face au protectionnisme des pays du Nord.

Par la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE, se fera la redynamisation des blocs économiques africains exposés à la rude concurrence des économies du monde qui se régionalisent et se continentalisent

S’impose la création de solides sociétés d’État dont celles des industries alimentaires pour nourrir décemment la population africaine qui avoisine les deux milliards en 2050.

Il y a donc urgence à créer la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE pour mettre véritablement les Africains au travail, produire leur propre nourriture et acquérir la sécurité alimentaire.

L’Afrique doit se donner les moyens objectifs d’éliminer son nouveau partage par l’Europe et l’Asie.

Saisir les opportunités qu’offre la crise financière et économique mondialisée pour reconstruire l’Afrique

La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE sera aussi un gage de sécurité pour les peuples africains.

La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit traduire à l’échelle internationale l’existence de l’Afrique comme le font le dollar, l’euro et le yen qui évoquent respectivement dans l’inconscient collectif les États-Unis d’Amérique, l’Europe et le japon.

L’assujettissement des pays A.C.P. à l’Europe par les Accords de Yaoundé et de Cotonou n’a pu réaliser la moindre petite parcelle de l’industrialisation des économies africaines promise dans le Traité de Rome de 1957. Seule la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit industrialiser le continent noir, en stimulant le génie inventif des africains !

La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit contribuer à la formation rapide des ÉTATS-UNIS d’Afrique

Elle permettra aux États africains d’économiser les sommes importantes qu’ils utilisent pour soutenir individuellement leurs différentes monnaies nationales. Car celles-ci auront été remplacées par la nouvelle MONNAIE UNIQUE AFRICAINE.

Avec la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE, seront éliminés les risques de pertes de changes qui accompagnent les opérations de conversions des monnaies les unes dans les autres. Seront éliminées sur le continent noir les dévaluations anarchiques des monnaies nationales grâce à l’usage de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE.

Monnaie de facturation et de règlement des opérations, la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE permettra la transparence des prix des produits et une meilleure information des consommateurs. Ceux-ci seront les grands bénéficiaires de la concurrence et de la compétition résultante, entre les entreprises implantées sur le sol africain. La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE donnera ainsi un coup de fouet supplémentaire aux activités commerciales, au grand bonheur de l’emploi. Elle apparaîtra comme un facteur structurel de relance économique

En définitive, la création de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE garantie par la valeur synthétique des matières premières stratégiques africaines et la constitutionnalisation de la transformation locale de toutes les matières premières du continent, telles sont les seules véritables solutions capables de vaincre efficacement en très peu de temps le sous-développement socio-économique de l’Afrique !

Pour aller plus loin, sur ce lien

Kaky Nubukpo: Agrégé es Sciences Économiques de l’Université française, chargé d’enseignement à Oxford University, Directeur de la francophonie économique à l’OIF (Organisaiton Internationale de la Francophonie)


Ainsi que la conférence du professeur Mamadou Koulibaly, Président de Lider à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire, à Abidjan, le 11 Février 2017


  1. Pierre Arnoult, Les finances de la France et l’occupation allemande, Page 50, Edition PUF, 1951
  2. Article 7 de la Convention de Coopération Monétaire entre les Etats membres de la BEAC et la France, signée à Libreville (Gabon) le 13 mars 1973
  3. L’Ambassadeur français BREGBER, ancien représentant permanent auprès des communautés Européennes, « Une affaire avant tout politique», dans Géopolitique n° 53 P. 82.
  4. Ibid
  5. Selon l’Article 11 de la Convention de coopération monétaire entre les Etats membres de la BEAC et la France Le même principe s’énonce dans l’article 2 de l’Accord de coopération entre la France et les membres de l’U.M.O.A. de la manière suivante: «Les transactions entre le franc français et la monnaie de l’union s’effectueront à un cours fixé sur la base de la parité en vigueur ». L’accord de coopération monétaire entre la France et la République fédérale islamique des Comores est basé sur les mêmes quatre principes régissant la coopération financière franco-africaine.
  6. Selon l’article 4 alinéa 3 du traité constituant l’U.M.O.A., les Etats signataires s’engagent à respecter «la libre circulation des signes monétaires et la liberté des transferts entre les États de l’Union.». L’article 6 de l’Accord de coopération franco-ouest africain précise que « la réglementation uniforme des relations financières extérieures des États de l’Union… sera maintenue en harmonie avec celle de la République Française. «Cette harmonisation assurera, en particulier, la liberté des relations financières entre la France et les Etats de l’Union
  7. BCEAO, Direction centrale des Etudes et de la Prévision, 17 Août 1993. Pour la seule Côte d’Ivoire, dans la même période, les rachats des billets F CFA s’estimaient à «48,6 milliards contre 30,6 milliards», un an plus tôt. (Ibid)
  8. Bulletin de la BCEAC, n° 7 août-sept 1966 P. 488
  9. Selon l’article 4 alinéa 3 du traité constituant l’U.M.O.A., les Etats signataires s’engagent à respecter «la libre circulation des signes monétaires et la liberté des transferts entre les États de l’Union.». L’article 6 de l’Accord de coopération franco-ouest africain précise que « la réglementation uniforme des relations financières extérieures des États de l’Union… sera maintenue en harmonie avec celle de la République Française. «Cette harmonisation assurera, en particulier, la liberté des relations financières entre la France et les Etats de l’Union
  10. BCEAO, Direction centrale des Etudes et de la Prévision, 17 Août 1993. Pour la seule Côte d’Ivoire, dans la même période, les rachats des billets F CFA s’estimaient à «48,6 milliards contre 30,6 milliards», un an plus tôt. (Ibid)
  11. Bulletin de la BCEAC, n° 7 août-sept 1966 P. 488
  12. 13.162 de PIB/27 de PIB=488 Banques centrales théoriques

Le Franc CFA, une imposture financière

 

Manifeste pour la création d’une Monnaie Unique africaine

Note de la rédaction www.madaniya.info


Cauda: Le manifeste est daté, symboliquement, de Chamalières, par référence à la bourgade où se situe l’imprimerie de la Banque de France qui édite le franc CFA. La rédaction de www.madaniya.info est parfaitement informée de l’identité des auteurs du manifeste.


Le Franc CFA, Franc des Colonies Françaises, puis Franc de la Coopération Financière, quelque soit la dénomination au gré des évolutions politiques des relations entre la France et ses anciennes colonies, recouvre une vaste imposture. C’est à proprement parler une arme de destruction massive des économies africaines, car en gage de la convertibilité de cette monnaie, des capitaux africains s’accumulent dans des banques européennes, tandis que les populations restent acculées à la pauvreté. Un vestige de la colonisation à abolir, pour reprendre l’expression de l’économiste Kako NUBUKPO, directeur de la Francophonie économique à l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Retour sur cette imposture, transposition du nazisme monétaire appliqué par le III me Reich au régime de Vichy et que la France applique à son tour à l’Afrique, le socle de son pouvoir diplomatique international et de la Francophone, gage de son rayonnement culturel.

Fin de la note


"Vous savez, cela suffit comme cela avec vos nègres. Vous me gagnez à la main, alors on ne voit plus qu’eux : il y a des nègres à l’Élysée tous les jours, vous me les faites recevoir, vous me les faites inviter à déjeuner. Je suis entouré de nègres, ici. […] Et puis tout cela n’a aucune espèce d’intérêt ! Foutez-moi la paix avec vos nègres ; je ne veux plus en voir d’ici deux mois, vous entendez ? Plus une audience avant deux mois. Ce n’est pas tellement en raison du temps que cela me prend, bien que ce soit déjà fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur : on ne voit que des nègres, tous les jours, à l’Élysée. Et puis je vous assure que c’est sans intérêt."

(Entretiens avec Jacques Foccart, 8 novembre 1968. Cité dans ses Mémoires, tome 2. Le Général en mai. Journal de l’Élysée. 1968-1969, éd. Fayard/Jeune Afrique)


« Aujourd’hui on est colonisé et on ment au Peuple en disant qu’on est libre »

(Léopold Sédar Senghor. Jeune Afrique du 7 juillet 1977)La monnaie CFA: une longue histoire entre Maître et Esclave


Rappelons certains faits historiques antérieurs à l’existence du franc CFA: le 1er janvier 1804, après treize ans d’une guerre sans merci, Saint-Domingue, le fleuron des colonies françaises de l’époque, devient indépendant sous le nom d’Haïti.


La réaction de la métropole ne se fait pas attendre: elle impose un embargo à la jeune nation. C’est que l’ancienne colonie faisait vivre un Français sur huit.

Après des années de tractations, en 1825, Haïti se voit obligé de verser à la France de Charles X la somme de 150 millions de francs lourds «destinés à dédommager les anciens colons». En échange, en fait, de la reconnaissance de son indépendance durement acquise.


Le versement de cette somme est en outre assorti d’un accord d’exclusivité en faveur des produits français qui entrent désormais en Haïti sans droits de douane. La somme est empruntée à une filiale de banque française, la première et la seule du pays jusqu’au début du XXe siècle. Pour rembourser l’emprunt ainsi contracté, l’état haïtien a eu recours pendant plus d’un siècle à la levée de lourds impôts sur la paysannerie.


En 1942, le gouvernement d’Elie Lescot a même lancé un appel à souscription national pour réunir ce qui devait être la dernière tranche du remboursement jusqu’auprès des élèves du primaire. La dette ne sera définitivement soldée, remboursée au dernier sou, qu’en 1972. Voilà les faits.

Qu’est-ce que le franc CFA ?


Pendant son occupation par l’Allemagne, la France a été victime du nazisme monétaire. L’Ambassadeur plénipotentiaire allemand HEMMEN, nommé à Paris sous l’autorité du Ministre de l’économie Hermann Göring, annonce à Wiesbaden le 9 mai 1941, l’accord qu’il a obtenu et qui autorise l’Allemagne à installer ses propres commissaires à la Banque de France ainsi qu’à tous les postes stratégiques financiers du pays français vassalisé:

«L’amiral Darlan…avait approuvé l’établissement des commissaires (allemands nazis) à la Banque de France, aux devises et au commerce extérieur et l’institution d’un contrôle douanier aux frontières»1.


Dès sa libération en 1945, la France applique aux Africains ce même nazisme monétaire qu’elle a perfectionné et qui est lisible aussi bien dans les institutions que dans les quatre principes de la zone franc CFA dont les mécanismes de fonctionnement appauvrissent structurellement les Pays africains utilisateurs du franc CFA.


En effet, dès qu’elle a retrouvé la liberté, la France a été doublement inspirée par son ex-occupant allemand. Elle a d’abord créé en 1945 une monnaie militaire appelée le franc Cfa qui lui a permis de s’attribuer ex-nihilo toutes les devises des 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA au nom de l’alimentation prioritaire des comptes d’opérations ouverts dans son propre Trésor Public.


Ensuite, la même France a fait signer en 1963 aux 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA des accords néocoloniaux de coopération commerciale (accords de Yaoundé, de Lomé et de Cotonou … ). Grâce à ces accords léonins, la France a pu importer massivement les matières premières des 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA sans dépenser une seule devise.


Le nazisme monétaire repose essentiellement sur la dévaluation de la monnaie du pays conquis, l’invention des monnaies coloniales, la libre transférabilité des capitaux des États colonisés vers les pays vainqueurs et les comptes d’opérations.


A ce jour, le franc CFA est une monnaie sans aucune valeur d’échange sur le plan du commerce international. Ce n’est pas une devise.


Les quatre principes de la zone Franc sont d’inspiration nazie.

Les 4 grands principes du pillage par la monnaie CFA

La libre convertibilité des francs cfa en euros

La convertibilité du franc CFA «avec le franc français est illimitée».


Depuis la création effective en 1999 de la devise européenne, ce même principe de libre convertibilité peut être libellé de la manière suivante :La convertibilité du franc CFA avec l’euro est illimitée. Il s’agit d’une véritable escroquerie. Les limites structurelles de ce principe sont multiples dont ci-après quelques-unes seulement.


La libre convertibilité est un argument spécieux dont se sert la France pour s’approprier les devises africaines contre remise de la fausse monnaie coloniale qu’est le Franc CFA. Car les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA (les 15 Pays de la Zone Franc) donnent 100% avant 1973 et maintenant 65% de leurs devises à la France. A ce jour l’État français peut exiger jusqu’à 85% au gré de ses desiderata.


Dans la réalité, la France applique aux Africains ce principe tiré du nazisme monétaire que décrit l’historien et économiste français René SEDILLOT quand son pays était sous occupation allemande.


Il n’y a pas de libre convertibilité entre les francs CFA émis par la BCEAO et la BEAC afin de rendre difficile le commerce afro-africain au profit de la France en particulier et de l’Europe en général.


La France est le premier apporteur des investissements directs étrangers (les IDE) au Maroc, en Algérie et en Tunisie alors que ces trois pays ont quitté la zone franc pour battre leurs monnaies respectives. Cela veut dire concrètement que la garantie française de convertir les francs Cfa hier en francs français et aujourd’hui en euros n’est pas, n’a jamais été et ne sera jamais un facteur d’attraction des investissements directs étrangers (IDE) dans les 15 PAYS AFRICAINES DE LA ZONE CFA.


Ce principe est une justification fallacieuse statutaire du contrôle effectif des banques centrales et des économies africaines par la France. En effet, par exemple «la Banque des États de l’Afrique Centrale est un établissement multinational africain, à la gestion et au contrôle duquel participe la France en contrepartie de la garantie qu’elle apporte à sa monnaie»2.


La garantie française de convertibilité fait du franc CFA est un outil au service de l’impérialisme de la France en Afrique. Car les pays d’outre-mer sont maintenus en captivité pour «procurer les avantages politiques et stratégiques»3 à la France. Le franc CFA s’affirme comme l’outil permettant à la France d’entretenir son «rayonnement» et son «influence… en Afrique»4.

La fixité des parités entre le franc cfa et l’euro


«La parité entre le franc CFA et le franc français est fixe»5. Depuis le 1er janvier 1999, avec la disparition des monnaies nationales européennes au profit de l’Euro, le même principe sus exposé peut s’énoncer de la manière suivante: «La parité entre le Franc CFA et l’Euro est fixe». Les conséquences de ce principe sont négatives pour les 15 pays d’Afrique de la Zone CFA.


1 – Ce principe est un système de pillage méthodique des richesses africaines à travers l’application scientifique du nazisme monétaire que le Français René SEDILLOT présente comme une arme redoutable d’expropriation et d’asservissement des Français vaincus par les Allemands.


2 – Les 15 pays d’Afrique de la Zone CFA sont installés dans une rigueur monétaire suicidaire et sans fin pour maintenir en vie la zone franc.

La préservation de la parité et de la fixité du taux de change des monnaies africaines, hier avec le franc, aujourd’hui avec l’euro, impose que les politiques d’assainissement des finances publiques mises en œuvre (plans d’ajustement structurels, fermetures des services publics dont les écoles et les hôpitaux, les licenciements des fonctionnaires) dans la plupart des pays malgré les difficultés soient poursuivies.


3 – Le détournement des 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA se fait au profit de l’Europe et au détriment de leur ouverture sur le reste du monde


4 – Il y a une impossibilité pour les Africains de manipuler souverainement en leur faveur le taux de change.


5- On assiste à une autonomisation ou à une augmentation mécanique en toute autonomie de la dette extérieure des PAZ F lorsque l’euro est plus faible que le dollar américain.


6 – Quand l’euro s’apprécie par rapport au dollar, s’observe la surévaluation du franc CFA avec les effets nocifs suivants pour les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA:


7- Perte de compétitivité des produits des Africains et perte des parts de marchés extérieurs par les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA.


8- Pertes financières énormes pendant les conversions de leurs devises en euros


9- Creusement de leurs déficits de la balance des paiements,


-Justification économique des dévaluations répétitives ou en séries du F CFA rattaché à l’euro devenu robuste grâce à l’affaiblissement du dollar décidé par les Américains dans leurs intérêts légitimes.


La libre transférabilité des capitaux des 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA vers la France. «Les transferts de fonds entre les Etats membres et la France sont libres»6 Ce principe génère pour les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA des conséquences nuisibles à leur véritable développement:


1- Ce principe favorise la fuite des capitaux financiers indispensables à la reconstruction des pays africains.


2- Les Banques Centrales africaines gaspillent leurs réserves de change dans le rachat de leur propre monnaie. Par exemple, «pour les six premiers mois de 1993, les rachats par la BCEAO des billets de son émission se sont élevés à 162,1 milliards contre 106 milliards un an plus tôt.»


3- La libre transférabilité s’oppose de fait à la formation de l’épargne nationale et encourage le recourt à l’emprunt extérieur dont le remboursement contraint les populations à supporter des souffrances dont on veut faire l’économie.


4 – La centralisation des changes ou les comptes d’opérations.
Les comptes d’opérations ont une origine nazie et ont un mécanisme de fonctionnement qui a des conséquences très lourdes sur les Africains. Les inconvénients des comptes d’opérations sont essentiellement d’ordre financier, économique, social et politique. Le préjudice financier est énorme:
  • Les Africains financent l’économie française à leur propre détriment.
  • Le Trésor Public Français utilise les capitaux africains pour combler ses propres déficits.
  • Le remplissage prioritaire des comptes d’opérations se fait contre le développement des Africains
  • La France emprunte les capitaux africains détenus sous forme d’obligations
  • Politique de rigueur budgétaire et l’austérité économique sans fin imposées aux 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA par la France
  • La gestion des comptes d’opérations infantilise et déresponsabilise les Africains.
  • La France spécule en bourse avec les capitaux des Africains
  • La France utilise les intérêts des placements pour endetter les 15 PAYS AFRICAINS DE LA ZONE CFA


Ce sont là 4 principes qui fondent le système du pillage de l’Afrique par l’État français.
 
Ce ne sont que quelques hommes, avec la complicité silencieuse de l’assemblée nationale, qui complotent au profit d’une minorité et au détriment d’une majorité africaine.


D’autres mécanismes encore sont répréhensibles. Il serait ici trop long de tous les énumérer. Néanmoins on pensera aussi à la confiscation des devises des travailleurs africains de la diaspora qui, à chaque fois qu’ils émettent un mandat de transfert vers un des 15 pays africains de la zone CFA (avec Western Union, Money Gram, etc), en réalité ces devises partent remplir les comptes d’opération à Paris. En échange les familles en Afrique se voient recevoir cette monnaie de singes qu’est le franc CFA – une monnaie sans aucune valeur internationale et donc incapable de participer à la construction du pays.


Tout aussi grave, lorsque les États (hors la France) émettent des fonds d’aide au développement des 15 pays africains de la zone CFA, là encore les devises offertes partent constituer les comptes d’opération de Paris.


Ces comptes d’opération participent à réduire le déficit économique de la France qui est en réalité subventionnée depuis des dizaines d’années par les économies africaines.


Le système monétaire du franc CFA est unique en son genre, en permettant la fuite des capitaux des sociétés multinationales vers la France; en cela, il représente un paradis fiscale en toute impunité


Face à la paupérisation par le Franc CFA, que faut-il faire?

Les solutions


Au préalable, l’abolition sans condition ici et maintenant du franc CFA et de toute l’administration que l’État français mit en place et entretient encore à ce jour. Ensuite la création de la monnaie unique africaine et la transformation locale des matières premières, telles sont les meilleures solutions pour vaincre efficacement en très peu de temps le sous-développement socio-économique de l’Afrique.


La création de la Monnaie Unique Africaine (MUA)

A- Liquidation du franc cfa et la sortie du camp de concentration monétaire

La création de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit libérer immédiatement du nazisme monétaire français les 15 pays Africains de la zone franc.

B-La garantie de la Monnaie Unique Africaine

La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit être Garantie par la valeur synthétique de certaines matières premières minérales, minières, énergétiques et agricoles (comme le cacao par exemple) dont regorge l’Afrique.

Les Africains pourront exiger d’être payés, de leurs échanges avec le reste du monde, dans leur propre monnaie commune qui prendra nécessairement de la valeur parce que sa demande sera plus forte que son offre.

C – Les Règles de conduite internes aux pays Africains utilisateurs de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE

1- Le taux de transformation locale des matières premières à 100%

2- La nature et la composition des exportations africaines: des produits finis transformés sur le sol africain.

3- La garantie de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE par la valeur synthétique des matières premières africaines

4- Le taux d’inflation inférieur à 6% (Au lieu de 3% en Europe)‏

5- L’encours de la dette extérieure : Dettes/PIB < 30%. (Contre 60% dans l’union européenne)‏

6- Le déficit public : Déficit public/ PIB < 1,5 % (contre 3% du PIB des pays membres de l’Union Européenne) ‏

7- Le taux de pression fiscale : TPO < 20% contre 44,2% en France en 2006

8- La démocratie comme outil de gestion rationnelle des biens publics

D- La création de la Banque centrale africaine

Une seule et unique Banque Centrale Africaine (BCA) destinée à loger la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit être créée. Cette BCA mettra fin à la balkanisation monétaire et à l’atomisation ridicule des Banques Centrales Africaines. En effet, il y a 40 banques centrales africaines qui gèrent annuellement chacune en moyenne un PIB estimé à 27 milliards de dollars.

Cela veut dire que si le modèle africain devrait être recopié par les pays ou régions, on aurait par exemple 488 monnaies et banques centrales différentes12 aux États-Unis où il n’y a qu’une seule. La même observation est valable pour la zone euro, le japon, la Chine , la Russie et l’Inde où l’on aurait respectivement 393, 161, 97, 36 et 34 monnaies et banque centrales différentes pour chacune de ces entités considérées dont le choix de l’unité monétaire doit inspirer favorablement l’Afrique.

Constitutionaliser la transformation locale de toutes les matières premières africaines


La transformation locale des matières premières est la véritable solution aux différents sérieux problèmes socio-économiques du continent noir. Par exemple, si la République de côte d’Ivoire transforme en poudre toute sa production annuelle de café et de cacao, elle pourrait non seulement éteindre en moins d’un an toutes ses dettes, mais elle aurait également les moyens financiers consistants pour nourrir décemment toutes les populations de l’Afrique subsaharienne. Au lieu de cela, le pays continue actuellement de vouloir s’endetter auprès des institutions bancaires internationales pour construire routes et ponts.

Conclusion


La M.U.A doit être créée par l’Union Africaine en urgence pour libérer immédiatement du nazisme monétaire français les 15 pays Africains de la zone Franc.

La garantie de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE peut être assise sur la valeur synthétique des matières premières stratégiques dont regorge le continent.

S’impose la constitutionnalisation de la transformation en Afrique de toutes les matières premières afin de permettre aux Africains de vaincre efficacement et très rapidement la pauvreté grâce à leur enrichissement dynamique des valeurs ajoutées générées par les produits finis fabriqués localement et vendus tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du continent noir.

Avec ces produits finis fabriqués en Afrique, s’accélérera le commerce afro-africain qui demeure la véritable solution au sous-développement du continent face au protectionnisme des pays du Nord.

Par la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE, se fera la redynamisation des blocs économiques africains exposés à la rude concurrence des économies du monde qui se régionalisent et se continentalisent

S’impose la création de solides sociétés d’État dont celles des industries alimentaires pour nourrir décemment la population africaine qui avoisine les deux milliards en 2050.

Il y a donc urgence à créer la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE pour mettre véritablement les Africains au travail, produire leur propre nourriture et acquérir la sécurité alimentaire.

L’Afrique doit se donner les moyens objectifs d’éliminer son nouveau partage par l’Europe et l’Asie.

Saisir les opportunités qu’offre la crise financière et économique mondialisée pour reconstruire l’Afrique

La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE sera aussi un gage de sécurité pour les peuples africains.

La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit traduire à l’échelle internationale l’existence de l’Afrique comme le font le dollar, l’euro et le yen qui évoquent respectivement dans l’inconscient collectif les États-Unis d’Amérique, l’Europe et le japon.

L’assujettissement des pays A.C.P. à l’Europe par les Accords de Yaoundé et de Cotonou n’a pu réaliser la moindre petite parcelle de l’industrialisation des économies africaines promise dans le Traité de Rome de 1957. Seule la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit industrialiser le continent noir, en stimulant le génie inventif des africains !

La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE doit contribuer à la formation rapide des ÉTATS-UNIS d’Afrique

Elle permettra aux États africains d’économiser les sommes importantes qu’ils utilisent pour soutenir individuellement leurs différentes monnaies nationales. Car celles-ci auront été remplacées par la nouvelle MONNAIE UNIQUE AFRICAINE.

Avec la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE, seront éliminés les risques de pertes de changes qui accompagnent les opérations de conversions des monnaies les unes dans les autres. Seront éliminées sur le continent noir les dévaluations anarchiques des monnaies nationales grâce à l’usage de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE.

Monnaie de facturation et de règlement des opérations, la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE permettra la transparence des prix des produits et une meilleure information des consommateurs. Ceux-ci seront les grands bénéficiaires de la concurrence et de la compétition résultante, entre les entreprises implantées sur le sol africain. La MONNAIE UNIQUE AFRICAINE donnera ainsi un coup de fouet supplémentaire aux activités commerciales, au grand bonheur de l’emploi. Elle apparaîtra comme un facteur structurel de relance économique

En définitive, la création de la MONNAIE UNIQUE AFRICAINE garantie par la valeur synthétique des matières premières stratégiques africaines et la constitutionnalisation de la transformation locale de toutes les matières premières du continent, telles sont les seules véritables solutions capables de vaincre efficacement en très peu de temps le sous-développement socio-économique de l’Afrique !

Pour aller plus loin, sur ce lien

Kaky Nubukpo: Agrégé es Sciences Économiques de l’Université française, chargé d’enseignement à Oxford University, Directeur de la francophonie économique à l’OIF (Organisaiton Internationale de la Francophonie)


Ainsi que la conférence du professeur Mamadou Koulibaly, Président de Lider à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire, à Abidjan, le 11 Février 2017


  1. Pierre Arnoult, Les finances de la France et l’occupation allemande, Page 50, Edition PUF, 1951
  2. Article 7 de la Convention de Coopération Monétaire entre les Etats membres de la BEAC et la France, signée à Libreville (Gabon) le 13 mars 1973
  3. L’Ambassadeur français BREGBER, ancien représentant permanent auprès des communautés Européennes, « Une affaire avant tout politique», dans Géopolitique n° 53 P. 82.
  4. Ibid
  5. Selon l’Article 11 de la Convention de coopération monétaire entre les Etats membres de la BEAC et la France Le même principe s’énonce dans l’article 2 de l’Accord de coopération entre la France et les membres de l’U.M.O.A. de la manière suivante: «Les transactions entre le franc français et la monnaie de l’union s’effectueront à un cours fixé sur la base de la parité en vigueur ». L’accord de coopération monétaire entre la France et la République fédérale islamique des Comores est basé sur les mêmes quatre principes régissant la coopération financière franco-africaine.
  6. Selon l’article 4 alinéa 3 du traité constituant l’U.M.O.A., les Etats signataires s’engagent à respecter «la libre circulation des signes monétaires et la liberté des transferts entre les États de l’Union.». L’article 6 de l’Accord de coopération franco-ouest africain précise que « la réglementation uniforme des relations financières extérieures des États de l’Union… sera maintenue en harmonie avec celle de la République Française. «Cette harmonisation assurera, en particulier, la liberté des relations financières entre la France et les Etats de l’Union
  7. BCEAO, Direction centrale des Etudes et de la Prévision, 17 Août 1993. Pour la seule Côte d’Ivoire, dans la même période, les rachats des billets F CFA s’estimaient à «48,6 milliards contre 30,6 milliards», un an plus tôt. (Ibid)
  8. Bulletin de la BCEAC, n° 7 août-sept 1966 P. 488
  9. Selon l’article 4 alinéa 3 du traité constituant l’U.M.O.A., les Etats signataires s’engagent à respecter «la libre circulation des signes monétaires et la liberté des transferts entre les États de l’Union.». L’article 6 de l’Accord de coopération franco-ouest africain précise que « la réglementation uniforme des relations financières extérieures des États de l’Union… sera maintenue en harmonie avec celle de la République Française. «Cette harmonisation assurera, en particulier, la liberté des relations financières entre la France et les Etats de l’Union
  10. BCEAO, Direction centrale des Etudes et de la Prévision, 17 Août 1993. Pour la seule Côte d’Ivoire, dans la même période, les rachats des billets F CFA s’estimaient à «48,6 milliards contre 30,6 milliards», un an plus tôt. (Ibid)
  11. Bulletin de la BCEAC, n° 7 août-sept 1966 P. 488
  12. 13.162 de PIB/27 de PIB=488 Banques centrales théoriques

Posté mardi 24 décembre 2019 à 11:29 |  par bbela

jeudi 5 octobre 2017



Sur la plage de Mombasa, au Kenya, le 19 juin 2007. TONY KARUMBA / AFP

La vie de couple mixte entre Occidentaux et Africains est semée d'embûches
Ils sont originaires de différents continents, mais ils ont quand même fait le choix de vivre ensemble.

C'est la nuit où je me suis senti le plus désirable. Sur le dancefloor, dans la chaleur moite du soir, plusieurs filles dansaient autour de moi en quête d'un slow. J'étais le seul blanc à bouger du bassin sur la piste de cette boîte de nuit de Nairobi. Il y avait autour de moi des prostituées et des jeunes filles de la classe moyenne de la capitale kenyane. Ma couleur de peau signifait pour elles une autre vie, de l'argent, du prestige. 

À l'heure de la mondialisation galopante qui transforme profondément le continent africain, il n'y a sans doute jamais eu autant de couples mixtes «Nord-Sud» au sud du Sahara. Chaque année, des dizaines de milliers d'occidentaux débarquent en Guinée ou en Éthiopie pour un job avec une ONG, une mission dans le secteur pétrolier, un projet culturel...

Dans l'autre sens aussi le chemin est ouvert –même s'il faut davantage montrer patte blanche–, des étudiants ghanéens ou ivoiriens rejoignent Paris pour étudier sur les bancs de Sciences Po, des danseurs nigérians s'envolent pour Londres en vue d'intégrer un ballet. Les parcours sont multiples, les histoires innombrables. Et au milieu, vieux comme le monde, l'amour. Les voyages provoquent les rencontres. Des ébats d'un soir, un flirt de vacances ou le début d'une histoire à deux plus longue. 

Comme celle de Maxime, auteur de guide de voyages, qui a rencontré Jesca, une agent d’informations touristiques, en Tanzanie. Ou Florence, 27 ans, volontaire à Saint-Louis au Sénégal, qui a eu le coup de foudre pour Aliou, 40 ans et déjà marié. Mais si la passion amoureuse ne connaît pas les frontières, le poison du doute s'immisce parfois dans ces couples mixtes composés d'Occidentaux et de Subsahariens. Les sociologues l'ont remarqué depuis longtemps, l'hétérogamie –le fait de rechercher involontairement un conjoint dans une classe sociale ou un pays différent du sien– est source de séparation relativement rapide dans les couples. 

«Dans la sociologie de la conjugalité, on sait que les couples qui restent ensemble le moins longtemps sont aussi les plus hétérogènes. Plus deux personnes sont éloignées socialement et plus elles risques de voir leur couple ne pas durer», explique Altaïr Despres, docteure en sociologie et anthropologie. 

Et il n'y pas plus hétérogames que les couples mixtes composés d'un Africain subsaharien et d'un Occidental. Le fossé culturel ou économique y est souvent très important. Un sérieux obstacle pour les relations au long cours. 

«La femme blanche devient un fond de commerce»

La sociologue Beate Collet, qui étudie depuis plusieurs années les familles et l'immigration, dresse trois grands profils de couples mixtes. Dans le premier cas, il s’agit d’étudiants africains venus en étude en France et qui ont rencontré leur partenaire blanche française dans le milieu universitaire. Ces couples ont le même capital intellectuel. Même si économiquement il existe un fossé de par leurs origines, le niveau intellectuel de l’homme peut-être un catalyseur. Ayant fait ses études en France, il est à même de comprendre le milieu de sa femme et la discussion peut minimiser les incompréhensions. Lui-même peut être un ambassadeur de sa compagne auprès de sa famille pour que cette dernière l’accepte malgré les différences raciales et culturelles.

Dans un second cas de figure, ils n’ont pas le même capital économique, mais il existe un échange compensatoire où l'Africain a un niveau d’études hautement supérieur à celui de la femme occidentale. L’un aspire à intégrer la société européenne grâce à la femme. Elle, en retour, aspire à gravir un échelon de classe sociale.

Enfin, il existe un dernier modèle de couple mixte. Celui où l'écart sociologique est béant. 

«C'est ce dernier profil qui est à mon avis le plus problématique. C’est là où il existe non seulement un décalage économique, mais aussi intellectuel, analyse Beate Collet. Vous prenez quelqu’un qui est désœuvré au pays, qui cherche par tous les moyens à s’en sortir. Pour cette personne, la femme blanche devient un fond de commerce. Malheureusement, certaines sont tombées amoureuses et c’est là où il y a un jeu de dupe. C’est humain, le jeune noir n'a ni travail, ni argent. Il ne peut donc se prendre une femme au pays et la femme blanche devient le rêve.»

Les beach boys en conquête

C'est le scénario qui prend forme à chaque coucher de soleil sur les plages de sable blanc de l'archipel de Zanzibar, au large de la Tanzanie. Les beach boys, des jeunes locaux qui traînent le long des bars d'hôtels qui se dressent face à l'océan, y draguent des femmes occidentales souvent plus âgées. La chercheuse Altaïr Despres a livré ses observations sur ces couples que tout oppose à première vue dans un texte universitaire intitulé «Venues pour les plages, restées pour les garçons». 

Clare, une Américaine de 43 ans, y raconte sa rencontre avec Chris, un Tanzanien de son âge.

«Il était assez rentre-dedans, comme ils sont ici. Il m’a dit “je t’aime” le premier soir, “je veux t’épouser” le premier soir. Ce qui était assez risible à ce moment-là. Mais il était charmant. J’ai couché avec lui [rires], ce qui était le genre de choses que je faisais à l’époque. Pas avec tout le monde, mais j’étais une femme libre, je voyageais autour du monde et je pratiquais le safe sex, et je me suis dit: “ok, bon, je t’aime bien, tu m’aimes bien donc pourquoi pas?” Mais il y avait une connexion entre nous, dès le départ.»

Une histoire qui ressemble à une idylle. Mais dans bien des cas les choses se compliquent vite. «À Zanzibar, les hommes qui se mettent avec des femmes blanches sont souvent des marginaux peu diplômés qui viennent de milieux populaires alors que les filles qu’ils rencontrent sont surdiplomées. Ce sont plutôt des CSP+. On a donc des couples hyper dépareillées», confie la sociologue Altaïr Despres. 

Après le début de relation où l'on ne connaît pas vraiment l'autre et où l'excitation prend le dessus sur tout le reste, un grand fossé culturel peut vite désorienter. C'est ce que raconte Lise, une Française de 22 ans qui, lors d'un voyage d'étude en Côte d'Ivoire pour réaliser des recherches pour son mémoire de master, a commencé une relation amoureuse avec un professeur de danse de 32 ans, Wilfried.

«Le fossé culturel était évident du fait de la “désorientation” pour moi. C'était ma première fois en Afrique et je découvrais de nouvelles pratiques sociales, une société plus violente et beaucoup de curiosité à mon égard», raconte-t-elle. 

«Des deux côtés de la société, il y a un jugement»

Peut-être plus que tout autre couple mixte, le couple entre un(e) Occidental(e) et un(e) Africain(e) saute aux yeux. D'évidence, il suscite constamment curiosité et interrogation. «Tout oppose, parce qu'en plus d'être inter-racial, parfois inter-religieux, il est aussi post-colonial. Chacun est porteur d'une histoire. Des deux côtés de la société, il y a un jugement», souligne la sociologue Beate Collet.

Dans ces conditions, le couple doit être beaucoup plus fort s'il veut survivre. Et chacun, capable de prendre des distances avec ses propres préjugés. C'est ce que reconnaît en filigrane Louis, Burkinabé qui s'apprête à unir à sa vie à celle de Claire: «Nous considérons cette différence comme une sorte d'enrichissement mutuel, de sorte que les incompréhensions et les prises de bec sont sources d'enseignement. Si je fais quelque chose qui lui déplaît ou vice-versa, nous allons nous parler calmement, nous expliquer les choses pour éviter que cela se reproduise à l’avenir.»

«Il y a des ajustements au quotidien, sur la compréhension, les codes… Tu apprends tous les jours, par exemple à ne pas se tenir la main en public, ni s’embrasser dans la rue, alors qu’il est possible de danser ensemble de manière relativement explicite en boîte de nuit», raconte Florence, dont l'aventure avec Wilfried s'est terminée après quelques mois.

La plupart des couples qui survivent dans la durée expliquent qu'il faut s'investir plus que dans une histoire «normale» pour que la mayonnaise amoureuse prenne. Adriane, une Française de 26 ans, est longtemps sortie avec Éric, un étudiant togolais rencontré pendant ses études. Elle confie: «Il faut beaucoup échanger. Dans notre cas, on le faisait le plus souvent par téléphone parce que nous n'étions pas dans la même ville et on ne se voyait que les week-ends ou les vacances.»

Dans certains cas, la relation est facilitée par l’origine familiale, le parcours et l’expérience de chaque membre du couple. Ce fut le cas de Béatrice, 47 ans et de son ex-amoureux Thomas: «Le fait qu’il était en France depuis longtemps, et que je connaissais bien l'Afrique et notamment son pays, le fossé culturel n’était pas aussi difficile à surmonter même s’il restait moins ouvert à la culture française: son histoire, son art, sa littérature.»

Mais le caractère et la personnalité peuvent aussi jouer un rôle important dans la stabilité du couple. Adriane justifie l’échec de sa relation par la froideur d’Éric:

«Il laissait très peu transparaître ses sentiments. Moi, j’avais besoin d’attention, d’être dorlotée, chouchoutée par mon mec. Et lui ne s’en rendait presque pas compte.»

Des problématiques qui ne sont pas propres au couple mixte bien sûr. Pour la sociologue Beate Collet, le plus important est de se demander si les intérêts de l’un convergent avec ceux de l’autre. S’appuyant sur la théorie de l’échange compensatoire, elle estime que «dans la mesure où il n'existe aucun relation désintéressée, l’amour à lui seul ne peut suffir pour maintenir le couple en vie. Il faut une convergence des intérêts: qu’est-ce que je peux apporter à l'autre et recevoir de lui en retour».

Cette théorie sociologique développée à partir de la notion d’hypogamie compensatoire de Robert Merton (1941) se fonde sur l’idée que le mariage est avant tout un système d’échange. Cas d’école de l’époque, l’union entre un jeune homme américain noir et riche et d’une jeune femme blanche de classe moyenne. Le jeune noir acquérait un capital social en intégrant la société occidentale, tandis que sa partenaire blanche bénéficiait en retour d’un capital économique.

La chasse au toubab

Mais les efforts des uns et des autres se heurtent parfois face à un mur invisible, notamment pour la femme blanche à qui on dit «je t'aime» dès la première nuit et se demande si l'amour déclaré est sincère. 

«Dans les couples mixtes “Nord-Sud”, je dirais instinctivement qu’il y a plus de femmes blanches que l’inverse, note l'anthropologue Altaïr Despres, qui a vécu plusieurs mois à Zanzibar. Notamment, car les hommes blancs qui s’expatrient ont accès partout en Afrique à un marché de la prostitution féminine très développé. Le mec qui qui cherche une relation intime avec une fille, il va tomber à 99% sur une prostituée, en boite de nuit, dans un bar...»

Le doute ne s'empare pas de toutes les histoires. Mais il existe. 

«L’image de l’Europe et de sa richesse est présente dans la tête de certaines personnes. L’histoire et la télé véhiculent encore trop certaines images d’une Europe riche. Et oui, la “chasse aux toubabs” existe pour accéder à un mariage, à des papiers ou à l’Europe, explique Florence, qui a vécu plus expériences douloureuses à Saint-Louis. Je me suis alors fermée à la rencontre et à la discussion pendant un temps. J’ai essayé de comprendre le système, définir des profils certes parfois réducteurs à partir de la façon de parler, de consommer.»

Le couple que formait Maxime avec Jesca, une agent d’informations touristiques, en Tanzanie, s'est également cogné contre les non-dits. 

«Le tableau est difficile à dresser comme ça, mais il y avait pas mal de prises de tête. Surtout quand il y avait des sollicitations familiales pour de l’aide, pour payer les études des frères ou des soeurs, les frais d’hôpitaux. Il n’y a pas d’abus, c’est que les besoins sont immenses», dit-il. 

Il poursuit: «Bien sûr que je me suis posé la question de savoir si elle était avec moi car j'étais blanc et français. Elle le disait d’ailleurs elle-même, le truc du Blanc, de l’enfant métisse, qu’elle en serait fière etc. C’est extrêmement cynique des deux côtés car on le sait mais on continue quand même, on y croit. Il y a des moments qui nous ont apporté ce sentiment que c’était sain.» 

Une ambiguïté qui existe, mais que beaucoup choisissent de dépasser pour vivre pleinement leur histoire à deux. À Zanzibar, il y a une femme occidentale qui m’a dit: «Je ne saurai jamais s’il est là pour l’argent, s’il me trompe, mais je trouve mon compte dans cette relation. Au bout du compte, je suis heureuse avec lui, il me comble quand il est avec moi et je ne veux pas en savoir plus», conclut Altaïr Despres. 

http://www.slateafrique.com/783215/couple-mixte-problemes-amour-afrique-europe

Il m’a dit “je t’aime” le premier soir, “je veux t’épouser” le premier soir...



Sur la plage de Mombasa, au Kenya, le 19 juin 2007. TONY KARUMBA / AFP

La vie de couple mixte entre Occidentaux et Africains est semée d'embûches
Ils sont originaires de différents continents, mais ils ont quand même fait le choix de vivre ensemble.

C'est la nuit où je me suis senti le plus désirable. Sur le dancefloor, dans la chaleur moite du soir, plusieurs filles dansaient autour de moi en quête d'un slow. J'étais le seul blanc à bouger du bassin sur la piste de cette boîte de nuit de Nairobi. Il y avait autour de moi des prostituées et des jeunes filles de la classe moyenne de la capitale kenyane. Ma couleur de peau signifait pour elles une autre vie, de l'argent, du prestige. 

À l'heure de la mondialisation galopante qui transforme profondément le continent africain, il n'y a sans doute jamais eu autant de couples mixtes «Nord-Sud» au sud du Sahara. Chaque année, des dizaines de milliers d'occidentaux débarquent en Guinée ou en Éthiopie pour un job avec une ONG, une mission dans le secteur pétrolier, un projet culturel...

Dans l'autre sens aussi le chemin est ouvert –même s'il faut davantage montrer patte blanche–, des étudiants ghanéens ou ivoiriens rejoignent Paris pour étudier sur les bancs de Sciences Po, des danseurs nigérians s'envolent pour Londres en vue d'intégrer un ballet. Les parcours sont multiples, les histoires innombrables. Et au milieu, vieux comme le monde, l'amour. Les voyages provoquent les rencontres. Des ébats d'un soir, un flirt de vacances ou le début d'une histoire à deux plus longue. 

Comme celle de Maxime, auteur de guide de voyages, qui a rencontré Jesca, une agent d’informations touristiques, en Tanzanie. Ou Florence, 27 ans, volontaire à Saint-Louis au Sénégal, qui a eu le coup de foudre pour Aliou, 40 ans et déjà marié. Mais si la passion amoureuse ne connaît pas les frontières, le poison du doute s'immisce parfois dans ces couples mixtes composés d'Occidentaux et de Subsahariens. Les sociologues l'ont remarqué depuis longtemps, l'hétérogamie –le fait de rechercher involontairement un conjoint dans une classe sociale ou un pays différent du sien– est source de séparation relativement rapide dans les couples. 

«Dans la sociologie de la conjugalité, on sait que les couples qui restent ensemble le moins longtemps sont aussi les plus hétérogènes. Plus deux personnes sont éloignées socialement et plus elles risques de voir leur couple ne pas durer», explique Altaïr Despres, docteure en sociologie et anthropologie. 

Et il n'y pas plus hétérogames que les couples mixtes composés d'un Africain subsaharien et d'un Occidental. Le fossé culturel ou économique y est souvent très important. Un sérieux obstacle pour les relations au long cours. 

«La femme blanche devient un fond de commerce»

La sociologue Beate Collet, qui étudie depuis plusieurs années les familles et l'immigration, dresse trois grands profils de couples mixtes. Dans le premier cas, il s’agit d’étudiants africains venus en étude en France et qui ont rencontré leur partenaire blanche française dans le milieu universitaire. Ces couples ont le même capital intellectuel. Même si économiquement il existe un fossé de par leurs origines, le niveau intellectuel de l’homme peut-être un catalyseur. Ayant fait ses études en France, il est à même de comprendre le milieu de sa femme et la discussion peut minimiser les incompréhensions. Lui-même peut être un ambassadeur de sa compagne auprès de sa famille pour que cette dernière l’accepte malgré les différences raciales et culturelles.

Dans un second cas de figure, ils n’ont pas le même capital économique, mais il existe un échange compensatoire où l'Africain a un niveau d’études hautement supérieur à celui de la femme occidentale. L’un aspire à intégrer la société européenne grâce à la femme. Elle, en retour, aspire à gravir un échelon de classe sociale.

Enfin, il existe un dernier modèle de couple mixte. Celui où l'écart sociologique est béant. 

«C'est ce dernier profil qui est à mon avis le plus problématique. C’est là où il existe non seulement un décalage économique, mais aussi intellectuel, analyse Beate Collet. Vous prenez quelqu’un qui est désœuvré au pays, qui cherche par tous les moyens à s’en sortir. Pour cette personne, la femme blanche devient un fond de commerce. Malheureusement, certaines sont tombées amoureuses et c’est là où il y a un jeu de dupe. C’est humain, le jeune noir n'a ni travail, ni argent. Il ne peut donc se prendre une femme au pays et la femme blanche devient le rêve.»

Les beach boys en conquête

C'est le scénario qui prend forme à chaque coucher de soleil sur les plages de sable blanc de l'archipel de Zanzibar, au large de la Tanzanie. Les beach boys, des jeunes locaux qui traînent le long des bars d'hôtels qui se dressent face à l'océan, y draguent des femmes occidentales souvent plus âgées. La chercheuse Altaïr Despres a livré ses observations sur ces couples que tout oppose à première vue dans un texte universitaire intitulé «Venues pour les plages, restées pour les garçons». 

Clare, une Américaine de 43 ans, y raconte sa rencontre avec Chris, un Tanzanien de son âge.

«Il était assez rentre-dedans, comme ils sont ici. Il m’a dit “je t’aime” le premier soir, “je veux t’épouser” le premier soir. Ce qui était assez risible à ce moment-là. Mais il était charmant. J’ai couché avec lui [rires], ce qui était le genre de choses que je faisais à l’époque. Pas avec tout le monde, mais j’étais une femme libre, je voyageais autour du monde et je pratiquais le safe sex, et je me suis dit: “ok, bon, je t’aime bien, tu m’aimes bien donc pourquoi pas?” Mais il y avait une connexion entre nous, dès le départ.»

Une histoire qui ressemble à une idylle. Mais dans bien des cas les choses se compliquent vite. «À Zanzibar, les hommes qui se mettent avec des femmes blanches sont souvent des marginaux peu diplômés qui viennent de milieux populaires alors que les filles qu’ils rencontrent sont surdiplomées. Ce sont plutôt des CSP+. On a donc des couples hyper dépareillées», confie la sociologue Altaïr Despres. 

Après le début de relation où l'on ne connaît pas vraiment l'autre et où l'excitation prend le dessus sur tout le reste, un grand fossé culturel peut vite désorienter. C'est ce que raconte Lise, une Française de 22 ans qui, lors d'un voyage d'étude en Côte d'Ivoire pour réaliser des recherches pour son mémoire de master, a commencé une relation amoureuse avec un professeur de danse de 32 ans, Wilfried.

«Le fossé culturel était évident du fait de la “désorientation” pour moi. C'était ma première fois en Afrique et je découvrais de nouvelles pratiques sociales, une société plus violente et beaucoup de curiosité à mon égard», raconte-t-elle. 

«Des deux côtés de la société, il y a un jugement»

Peut-être plus que tout autre couple mixte, le couple entre un(e) Occidental(e) et un(e) Africain(e) saute aux yeux. D'évidence, il suscite constamment curiosité et interrogation. «Tout oppose, parce qu'en plus d'être inter-racial, parfois inter-religieux, il est aussi post-colonial. Chacun est porteur d'une histoire. Des deux côtés de la société, il y a un jugement», souligne la sociologue Beate Collet.

Dans ces conditions, le couple doit être beaucoup plus fort s'il veut survivre. Et chacun, capable de prendre des distances avec ses propres préjugés. C'est ce que reconnaît en filigrane Louis, Burkinabé qui s'apprête à unir à sa vie à celle de Claire: «Nous considérons cette différence comme une sorte d'enrichissement mutuel, de sorte que les incompréhensions et les prises de bec sont sources d'enseignement. Si je fais quelque chose qui lui déplaît ou vice-versa, nous allons nous parler calmement, nous expliquer les choses pour éviter que cela se reproduise à l’avenir.»

«Il y a des ajustements au quotidien, sur la compréhension, les codes… Tu apprends tous les jours, par exemple à ne pas se tenir la main en public, ni s’embrasser dans la rue, alors qu’il est possible de danser ensemble de manière relativement explicite en boîte de nuit», raconte Florence, dont l'aventure avec Wilfried s'est terminée après quelques mois.

La plupart des couples qui survivent dans la durée expliquent qu'il faut s'investir plus que dans une histoire «normale» pour que la mayonnaise amoureuse prenne. Adriane, une Française de 26 ans, est longtemps sortie avec Éric, un étudiant togolais rencontré pendant ses études. Elle confie: «Il faut beaucoup échanger. Dans notre cas, on le faisait le plus souvent par téléphone parce que nous n'étions pas dans la même ville et on ne se voyait que les week-ends ou les vacances.»

Dans certains cas, la relation est facilitée par l’origine familiale, le parcours et l’expérience de chaque membre du couple. Ce fut le cas de Béatrice, 47 ans et de son ex-amoureux Thomas: «Le fait qu’il était en France depuis longtemps, et que je connaissais bien l'Afrique et notamment son pays, le fossé culturel n’était pas aussi difficile à surmonter même s’il restait moins ouvert à la culture française: son histoire, son art, sa littérature.»

Mais le caractère et la personnalité peuvent aussi jouer un rôle important dans la stabilité du couple. Adriane justifie l’échec de sa relation par la froideur d’Éric:

«Il laissait très peu transparaître ses sentiments. Moi, j’avais besoin d’attention, d’être dorlotée, chouchoutée par mon mec. Et lui ne s’en rendait presque pas compte.»

Des problématiques qui ne sont pas propres au couple mixte bien sûr. Pour la sociologue Beate Collet, le plus important est de se demander si les intérêts de l’un convergent avec ceux de l’autre. S’appuyant sur la théorie de l’échange compensatoire, elle estime que «dans la mesure où il n'existe aucun relation désintéressée, l’amour à lui seul ne peut suffir pour maintenir le couple en vie. Il faut une convergence des intérêts: qu’est-ce que je peux apporter à l'autre et recevoir de lui en retour».

Cette théorie sociologique développée à partir de la notion d’hypogamie compensatoire de Robert Merton (1941) se fonde sur l’idée que le mariage est avant tout un système d’échange. Cas d’école de l’époque, l’union entre un jeune homme américain noir et riche et d’une jeune femme blanche de classe moyenne. Le jeune noir acquérait un capital social en intégrant la société occidentale, tandis que sa partenaire blanche bénéficiait en retour d’un capital économique.

La chasse au toubab

Mais les efforts des uns et des autres se heurtent parfois face à un mur invisible, notamment pour la femme blanche à qui on dit «je t'aime» dès la première nuit et se demande si l'amour déclaré est sincère. 

«Dans les couples mixtes “Nord-Sud”, je dirais instinctivement qu’il y a plus de femmes blanches que l’inverse, note l'anthropologue Altaïr Despres, qui a vécu plusieurs mois à Zanzibar. Notamment, car les hommes blancs qui s’expatrient ont accès partout en Afrique à un marché de la prostitution féminine très développé. Le mec qui qui cherche une relation intime avec une fille, il va tomber à 99% sur une prostituée, en boite de nuit, dans un bar...»

Le doute ne s'empare pas de toutes les histoires. Mais il existe. 

«L’image de l’Europe et de sa richesse est présente dans la tête de certaines personnes. L’histoire et la télé véhiculent encore trop certaines images d’une Europe riche. Et oui, la “chasse aux toubabs” existe pour accéder à un mariage, à des papiers ou à l’Europe, explique Florence, qui a vécu plus expériences douloureuses à Saint-Louis. Je me suis alors fermée à la rencontre et à la discussion pendant un temps. J’ai essayé de comprendre le système, définir des profils certes parfois réducteurs à partir de la façon de parler, de consommer.»

Le couple que formait Maxime avec Jesca, une agent d’informations touristiques, en Tanzanie, s'est également cogné contre les non-dits. 

«Le tableau est difficile à dresser comme ça, mais il y avait pas mal de prises de tête. Surtout quand il y avait des sollicitations familiales pour de l’aide, pour payer les études des frères ou des soeurs, les frais d’hôpitaux. Il n’y a pas d’abus, c’est que les besoins sont immenses», dit-il. 

Il poursuit: «Bien sûr que je me suis posé la question de savoir si elle était avec moi car j'étais blanc et français. Elle le disait d’ailleurs elle-même, le truc du Blanc, de l’enfant métisse, qu’elle en serait fière etc. C’est extrêmement cynique des deux côtés car on le sait mais on continue quand même, on y croit. Il y a des moments qui nous ont apporté ce sentiment que c’était sain.» 

Une ambiguïté qui existe, mais que beaucoup choisissent de dépasser pour vivre pleinement leur histoire à deux. À Zanzibar, il y a une femme occidentale qui m’a dit: «Je ne saurai jamais s’il est là pour l’argent, s’il me trompe, mais je trouve mon compte dans cette relation. Au bout du compte, je suis heureuse avec lui, il me comble quand il est avec moi et je ne veux pas en savoir plus», conclut Altaïr Despres. 

http://www.slateafrique.com/783215/couple-mixte-problemes-amour-afrique-europe

Posté jeudi 5 octobre 2017 à 19:23 |  par bbela

vendredi 22 septembre 2017

Credit photo: google

Non, aller construire une école en Afrique en prenant la place de travailleurs locaux n'est pas une bonne idée.

 comportement de l’humanitaire blanc en Afrique a déjà été mille fois dénoncé. Mais peut-être jamais de manière aussi drôle et féroce que sur le compte Instagram «White Savior Barbie», tenue par deux femmes anonymes –mais qui ont confié au site Quartz avoir travaillé plusieurs années dans l’humanitaire en Afrique de l’Est.

Le concept de ce compte? Une Barbie travaille dans une ONG imaginaire, qui fournit de l’eau aux populations locales et est prise en photo dans son quotidien. Les montages sont très souvent hilarants... et très proches des véritables images que peuvent poster sur les réseaux sociaux des blancs engagés dans l’humanitaire en Afrique.

«Nous ne sommes pas Africains parce que nous sommes nés en Afrique, mais parce que l’Afrique est née en nous», écrit ici Barbie, qui imite le style générique d’un humanitaire au grand cœur.

Gros ringard sur Tinder

Pour exemple, les photos postées sur l’application de rencontre Tinder par des occidentaux qui travaillent pour des ONG ou autres organisations sur le continent; des images collectées par le site «Humanitarians of Tinder» sur lesquelles on peut voir des jeunes prenant la pose au milieu de dizaines d’enfants, de manière plus ou moins ostentatoire.

«Aller jouer les Zorro»

Sur Slate Afrique, notre ancien collègue Raoul Mbog s’était déjà énervé en 2014 contre les humanitaires qui se voient un peu trop comme les sauveurs du monde. Extrait:

«En Occident, on connaît tous plus ou moins quelqu’un qui, un beau jour, a décidé qu’il irait “faire de l’humanitaire” en Afrique. Parce que, vous comprenez, il y a trop de misère, trop de maladies, la guerre et beaucoup trop de souffrances et donc, il faut aider les “petits Africains”. Sur le continent, qui n’a jamais rencontré d’occidental, souvent looké façon New Age, souvent encore trop jeune, jurant, la main sur cœur, être venu “sauver l’Afrique”? [...] La vraie solidarité commence par l’humilité de reconnaître qu’on ne peut pas du jour au lendemain aller jouer les Zorro quelque part, surtout quand on ne sait rien de ce quelque part.»

Le succès du compte Instagram White Savior Barbie, qui compte déjà 18.000 followers après tout juste un mois d’existence, démontre en tout cas que le sujet passionne sur le continent africain, mais aussi en Europe ou en Amérique du Nord. De nombreux acteurs africains, mais aussi des ONG occidentales, tentent de lutter contre les comportements puérils de volontaires qui partent «sauver l’Afrique».

On se rappelle par exemple de la vidéo de l’ONG norgévienne SAIH, qui lutte contre les stéréotypes sur l’Afrique et s’adresse aux gens qui voudraient s’engager comme volontaires sur le continent. On y voit une jeune occidentale qui rêve d’aller «aider les petits Africains», alors qu’elle n’a pas la moindre idée de la complexité de la situation sur place.

Les ONG privilégient les blancs

La vraie question soulevée par les auteurs de «White Savior Barbie» est au fond de savoir comment s’engager pour aider des populations africaines dans le besoin, sans s’imposer à elles, changer leur mode de vie de manière contre-productive et surtout maintenir une suprématie de l’homme blanc dans les mentalités africaines.

«Nous ne disons pas: “N’aidez pas les autres.” Nous essayons juste d’engager un débat sur comment mieux aider les autres», explique de manière très juste à Quartz les auteurs qui se cachent derrière les photos de Barbies.

Car les volontaires s’imposent trop souvent au détriment des humanitaires occidentaux. En août 2015, le média britannique The Guardian affirmait, en s’appuyant sur les confidences d’un travailleur, qu’il est plus facile de grimper dans la hiérarchie d’une ONG si vous êtes blanc que noir:

«J’ai débuté ma carrière dans l’humanitaire au Soudan, témoignait celui-ci. Un an après ma sortie de l’université, après un bref interlude comme professeur d’anglais, je me suis engagé comme volontaire pour une organisation humanitaire. Malgré le fait que je ne me sois pas investi plus que mes collègues soudanais, je suis rapidement monté en grade.»

Un comble en Afrique, où les locaux devraient pouvoir accéder de manière importante aux postes à responsabilité en raison de leur connaissance de la réalité du terrain, de leur réseaux, etc.

Enfin, il y aussi les mille et un excès connus de nombreuses ONG sur le continent. Des enclos de travailleurs humanitaires dans la ville, comme le raconte par exemple le journaliste et écrivain Richard Grant à Kigali au Rwanda dans son livre Crazy River. Ou des abus d’ONG accusées de privilégier leur business au bien-être des populations locales, comme dans l’est du Congo, où plusieurs chercheurs et journalistes ont dénoncé le «business du viol» organisé en connaissance de cause par des organisations humanitaires.

«Complexe industriel du sauveur blanc»

Depuis quelques années, un terme est apparu pour désigner les volontaires bien intentionnés mais naïfs qui s’engagent pour des projets humanitaires en Afrique ou ailleurs dans le monde: le «volontourisme», contraction de «volontaire» et «tourisme».

Selon le site Quartz, l’industrie de l’humanitaire attire chaque année 1,6 million de volontaires, qui dépensent plus de 2 milliards d’euros dans le processus. L’auteur nigério-américain Teju Cole a lui nommé ce phénomène le «complexe industriel du sauveur blanc». Il avait posté une série de tweets pour dénoncer le phénomène en 2012, à la suite de la vidéo «Kony 2012» de l’ONG américaine Invisible Children.

5- The White Savior Industrial Complex is not about justice. It is about having a big emotional experience that validates privilege.

— Teju Cole (@tejucole) 8 mars 2012


«Le complexe industriel du sauveur blanc n’est pas là pour une question de justice. C’est plutôt quelque chose qui offre une grosse expérience émotionnelle qui valide des privilèges».

2- The white savior supports brutal policies in the morning, founds charities in the afternoon, and receives awards in the evening.

— Teju Cole (@tejucole) 8 mars 2012


«Le matin, le sauveur blanc supporte des politiques brutales, l’après-midi,  il trouve des dons, et le soir, il reçoit des récompenses.»

Dans une chronique publiée à l’époque sur le site The Atlantic, Teju Cole était revenu sur sa série de tweets en affirmant que «ces tweets, bien que non prémédités, étaient intentionnels dans leur ironie et leur sincérité».

Dans les colonnes du New York Times, le journaliste Jacob Kushner tournait également en dérision le «volontourisme» dans une chronique publiée le 22 mars 2016. Il y raconte la venue des missionnaires chrétiens pour quelques semaines à Port-au-Prince, capitale d’Haïti, dans le cadre d’un projet de construction d’une école:

«Ces gens ne savaient pas du tout comment construire un bâtiment. Collectivement, ils avaient dépensé des milliers de dollars pour prendre l’avion et venir faire le travail que des maçons haïtiens auraient pu faire beaucoup plus rapidement. Imaginez combien de salles de classes supplémentaires pourraient avoir été construites s’ils avaient fait don directement de leur argent, plutôt que de le dépenser en prenant l’avion. Peut-être aussi que des artisans haïtiens auraient pu trouvé un emploi pour quelques semaines avec une paye décente pour ce chantier. Au lieu de ça, pour plusieurs jours, ils étaient au chomâge.»

Un parfait résumé de tous les travers du «volontourisme».

http://www.slateafrique.com/666055/ong-volontourisme-barbies

Pourquoi le «volontourisme» est un fléau pour l'Afrique

Credit photo: google

Non, aller construire une école en Afrique en prenant la place de travailleurs locaux n'est pas une bonne idée.

 comportement de l’humanitaire blanc en Afrique a déjà été mille fois dénoncé. Mais peut-être jamais de manière aussi drôle et féroce que sur le compte Instagram «White Savior Barbie», tenue par deux femmes anonymes –mais qui ont confié au site Quartz avoir travaillé plusieurs années dans l’humanitaire en Afrique de l’Est.

Le concept de ce compte? Une Barbie travaille dans une ONG imaginaire, qui fournit de l’eau aux populations locales et est prise en photo dans son quotidien. Les montages sont très souvent hilarants... et très proches des véritables images que peuvent poster sur les réseaux sociaux des blancs engagés dans l’humanitaire en Afrique.

«Nous ne sommes pas Africains parce que nous sommes nés en Afrique, mais parce que l’Afrique est née en nous», écrit ici Barbie, qui imite le style générique d’un humanitaire au grand cœur.

Gros ringard sur Tinder

Pour exemple, les photos postées sur l’application de rencontre Tinder par des occidentaux qui travaillent pour des ONG ou autres organisations sur le continent; des images collectées par le site «Humanitarians of Tinder» sur lesquelles on peut voir des jeunes prenant la pose au milieu de dizaines d’enfants, de manière plus ou moins ostentatoire.

«Aller jouer les Zorro»

Sur Slate Afrique, notre ancien collègue Raoul Mbog s’était déjà énervé en 2014 contre les humanitaires qui se voient un peu trop comme les sauveurs du monde. Extrait:

«En Occident, on connaît tous plus ou moins quelqu’un qui, un beau jour, a décidé qu’il irait “faire de l’humanitaire” en Afrique. Parce que, vous comprenez, il y a trop de misère, trop de maladies, la guerre et beaucoup trop de souffrances et donc, il faut aider les “petits Africains”. Sur le continent, qui n’a jamais rencontré d’occidental, souvent looké façon New Age, souvent encore trop jeune, jurant, la main sur cœur, être venu “sauver l’Afrique”? [...] La vraie solidarité commence par l’humilité de reconnaître qu’on ne peut pas du jour au lendemain aller jouer les Zorro quelque part, surtout quand on ne sait rien de ce quelque part.»

Le succès du compte Instagram White Savior Barbie, qui compte déjà 18.000 followers après tout juste un mois d’existence, démontre en tout cas que le sujet passionne sur le continent africain, mais aussi en Europe ou en Amérique du Nord. De nombreux acteurs africains, mais aussi des ONG occidentales, tentent de lutter contre les comportements puérils de volontaires qui partent «sauver l’Afrique».

On se rappelle par exemple de la vidéo de l’ONG norgévienne SAIH, qui lutte contre les stéréotypes sur l’Afrique et s’adresse aux gens qui voudraient s’engager comme volontaires sur le continent. On y voit une jeune occidentale qui rêve d’aller «aider les petits Africains», alors qu’elle n’a pas la moindre idée de la complexité de la situation sur place.

Les ONG privilégient les blancs

La vraie question soulevée par les auteurs de «White Savior Barbie» est au fond de savoir comment s’engager pour aider des populations africaines dans le besoin, sans s’imposer à elles, changer leur mode de vie de manière contre-productive et surtout maintenir une suprématie de l’homme blanc dans les mentalités africaines.

«Nous ne disons pas: “N’aidez pas les autres.” Nous essayons juste d’engager un débat sur comment mieux aider les autres», explique de manière très juste à Quartz les auteurs qui se cachent derrière les photos de Barbies.

Car les volontaires s’imposent trop souvent au détriment des humanitaires occidentaux. En août 2015, le média britannique The Guardian affirmait, en s’appuyant sur les confidences d’un travailleur, qu’il est plus facile de grimper dans la hiérarchie d’une ONG si vous êtes blanc que noir:

«J’ai débuté ma carrière dans l’humanitaire au Soudan, témoignait celui-ci. Un an après ma sortie de l’université, après un bref interlude comme professeur d’anglais, je me suis engagé comme volontaire pour une organisation humanitaire. Malgré le fait que je ne me sois pas investi plus que mes collègues soudanais, je suis rapidement monté en grade.»

Un comble en Afrique, où les locaux devraient pouvoir accéder de manière importante aux postes à responsabilité en raison de leur connaissance de la réalité du terrain, de leur réseaux, etc.

Enfin, il y aussi les mille et un excès connus de nombreuses ONG sur le continent. Des enclos de travailleurs humanitaires dans la ville, comme le raconte par exemple le journaliste et écrivain Richard Grant à Kigali au Rwanda dans son livre Crazy River. Ou des abus d’ONG accusées de privilégier leur business au bien-être des populations locales, comme dans l’est du Congo, où plusieurs chercheurs et journalistes ont dénoncé le «business du viol» organisé en connaissance de cause par des organisations humanitaires.

«Complexe industriel du sauveur blanc»

Depuis quelques années, un terme est apparu pour désigner les volontaires bien intentionnés mais naïfs qui s’engagent pour des projets humanitaires en Afrique ou ailleurs dans le monde: le «volontourisme», contraction de «volontaire» et «tourisme».

Selon le site Quartz, l’industrie de l’humanitaire attire chaque année 1,6 million de volontaires, qui dépensent plus de 2 milliards d’euros dans le processus. L’auteur nigério-américain Teju Cole a lui nommé ce phénomène le «complexe industriel du sauveur blanc». Il avait posté une série de tweets pour dénoncer le phénomène en 2012, à la suite de la vidéo «Kony 2012» de l’ONG américaine Invisible Children.

5- The White Savior Industrial Complex is not about justice. It is about having a big emotional experience that validates privilege.

— Teju Cole (@tejucole) 8 mars 2012


«Le complexe industriel du sauveur blanc n’est pas là pour une question de justice. C’est plutôt quelque chose qui offre une grosse expérience émotionnelle qui valide des privilèges».

2- The white savior supports brutal policies in the morning, founds charities in the afternoon, and receives awards in the evening.

— Teju Cole (@tejucole) 8 mars 2012


«Le matin, le sauveur blanc supporte des politiques brutales, l’après-midi,  il trouve des dons, et le soir, il reçoit des récompenses.»

Dans une chronique publiée à l’époque sur le site The Atlantic, Teju Cole était revenu sur sa série de tweets en affirmant que «ces tweets, bien que non prémédités, étaient intentionnels dans leur ironie et leur sincérité».

Dans les colonnes du New York Times, le journaliste Jacob Kushner tournait également en dérision le «volontourisme» dans une chronique publiée le 22 mars 2016. Il y raconte la venue des missionnaires chrétiens pour quelques semaines à Port-au-Prince, capitale d’Haïti, dans le cadre d’un projet de construction d’une école:

«Ces gens ne savaient pas du tout comment construire un bâtiment. Collectivement, ils avaient dépensé des milliers de dollars pour prendre l’avion et venir faire le travail que des maçons haïtiens auraient pu faire beaucoup plus rapidement. Imaginez combien de salles de classes supplémentaires pourraient avoir été construites s’ils avaient fait don directement de leur argent, plutôt que de le dépenser en prenant l’avion. Peut-être aussi que des artisans haïtiens auraient pu trouvé un emploi pour quelques semaines avec une paye décente pour ce chantier. Au lieu de ça, pour plusieurs jours, ils étaient au chomâge.»

Un parfait résumé de tous les travers du «volontourisme».

http://www.slateafrique.com/666055/ong-volontourisme-barbies

Posté vendredi 22 septembre 2017 à 20:37 |  par bbela

mardi 4 avril 2017


Tulsi Gabbard: «Si le président vous appelle, décrocherez vous le téléphone ?»
Bachar Al Assad: «S’agit il d’une hypothèse ou d’une proposition ?»
Tulsi Gabbard: «Décrocherez-vous le téléphone pour répondre à son appel ?»
Bachar Al Assad: «S’agit-il d’une proposition de votre part?»
Tulsi Gabbard: «Non, la proposition vient du président»

A ce moment, le président syrien sourit et remit à l’émissaire américain un numéro de téléphone où il pouvait être joint directement.

Les déclarations du secrétaire d’Etat Rex Tillerson jeudi 30 mars 2017 à Ankara selon lesquelles «Le sort du président Assad, à long terme, sera décidé par le peuple syrien», ne relèvent pas du hasard, mais d’une décision mûrement réfléchie de la nouvelle administration républicaine, désireuse de conférer la priorité au combat contre le terrorisme islamique.

Ci joint le récit intégral de ce surprenant dialogue entre le président syrien Bachar Al Assad et l’émissaire américain Tusli Gabbard, sénatrice démocrate de Hawaï, ainsi que cela a été rapporté lundi 3 avril 2017 par le directeur du quotidien libanais «Al Akhbar», Ibrahim Al Amine, auteur du scoop, consultable sur ce lien pour les locuteurs arabophones : http://www.al-akhbar.com/node/275193

Tulsi Gabbard
Démocrate de Hawaï, hostile à Hillary Clinton, ancienne secrétaire d’État et candidate malheureuse à la présidentielle américaine 2016, Tulsi Gabbard avait voté en faveur de Bernie Sanders, le candidat de l’aile gauche du parti démocrate, lors des primaires de ce parti en 2016. Membre du House Armed Service Committee, Major dans la garde nationale, Tulsi Gabbard a effectué deux périodes de service au Moyen-Orient. En Octobre 2015, sur CNN, elle déclare: les États-Unis et l’Union Européenne doivent cesser cette guerre illégale et contre-productive visant à renverser le gouvernement de Assad et se concentrer plutôt à combattre les groupes islamistes extrémistes».

L’interrompant, le journaliste lui pose alors la question suivante: «Cela ne vous importe-il pas que le régime brutal de Assad ait tué 200 000 personnes au moins ou peut-être 300 000 personnes de son propre peuple».

La réponse fuse: «Les choses qu’on dit à propos de Assad, ce sont les mêmes que l’on disait à propos de Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi par ceux qui poussaient les États-Unis à renverser leurs régimes. Si cela devait arriver en Syrie, nous nous retrouverons devant une situation de plus grande souffrance, des persécutions plus importantes des Chrétiens en Syrie. En prime notre ennemi en sortira renforcé».

http://www.madaniya.info/2016/02/17/la-coordination-secrete-syro-americaine-contre-le-djihadisme-en-syrie-1/
http://www.madaniya.info/2016/02/19/la-coordination-secrete-syro-americaine-contre-le-djihadisme-en-syrie-2/

Le dialogue entre Donald Trump et Tulsi Gabbard le 21 novembre 2016
Les contacts entre Donald Trump et Tusli Gabbard se sont noués à l’automne 2016. Celui qui n’était alors que le candidat républicain à la présidentielle avait relevé le positionnement de la sénatrice démocrate et son entourage songeait même à lui proposer un poste ministériel au sein de la nouvelle administration qui devait succéder au démocrate Barack Obama.

L’entretien entre le président élu et la démocrate a eu lieu le 21 novembre 2016 et a duré 2H30, au cours duquel la sénatrice a informé d’emblée son interlocuteur que son voyage prévu de longue date ne pouvait être indéfiniment retardé du fait qu’il avait été fixé à la mi janvier 2017.

Donald Trump a admis partager l’opinion de Tulsi Gabbard sur la Syrie, et, en réplique, la sénatrice a informé Donald Trump qu’elle songeait à forger une loi interdisant à tout Américain de collaborer avec quiconque entretenant un lien direct ou indirect avec les organisations terroristes, particulièrement Daech.

La suite du dialogue Donald Trump-Tulsi Gabbard :

Donald Trump (DT): « Allez vous rencontrer Assad ? »
Tulsi Gabbard (TG): « Probablement »
Donald Trump (DT): « Parfait. Demandez lui s’il est disposé à entretenir des contacts avec nous. »

L’homme a tenu bon

Je suis disposé à entrer en contact téléphonique avec lui. Mais qu’il soit clair que la coopération portera sur le combat contre Daech. Il constatera que son éviction du pouvoir ne figure pas à l’ordre du jour de mes préoccupations. C’est d’ailleurs un thème qui va disparaître progressivement du débat public.

Toutefois, le contact direct et l’abolition des sanctions sont des sujets qui demandent du temps.

L’important est que l’on sache comment il se comporte et dans quelle mesure il est disposé à coopérer avec nous en dehors des Russes et des Iraniens. Nous devons changer de politique vis à vis de Assad.

L’Homme a tenu bon. Le contenir directement pourra se révéler utile. Les faits nous commandent de coopérer avec lui si l’on veut combattre effectivement Daech.

Donald Trump, pragmatique et empirique, part du constat que Barack Obama a sapé l’influence américaine au Moyen-Orient et rend responsable son prédécesseur démocrate de la percée russe. Il considère qu’il incombe à son administration de rétablir une cogestion, particulièrement en Syrie et en Irak et que la Syrie peut constituer un terrain d’entente entre Russes et Américains.

L’Iran, le pays le plus sérieux dans son combat contre Daech.

Donald Trump considère en outre que Daech représente le plus grand danger. Il est convaincu du soutien de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie à Daech et à toutes les déclinaisons d’Al Qaida. En dépit de détestation de l’Iran, il est convaincu que Téhéran est le plus sérieux dans son combat contre Daech.

Son objectif n’est pas d’opérer un bouleversement fondamental de la politique américaine, mais juste d’infléchir sa stratégie, en focalisant sur Daech, et en mettant de côté les autres objectifs, tels l’éviction du président syrien.

Le rôle d’obstruction de l’ambassadrice américaine au Liban, Elizabeth Richard.
Lors de sa confirmation par la commission des affaires étrangères du Sénat américain comme nouvel ambassadeur des Etats Unis au Liban, Elizabeth Richard avait affirmé que sa mission prioritaire sera de faire front à la Syrie et au Hezbollah. Aussi n’a-t-elle pas été avisée de la mission de Tulsi Gabbard ni de ses objectifs. Elle estimait néanmoins qu’elle devait avoir la haute main sur cette visite, fixant les rendez vous de la sénatrice, écartant au besoin ce qu’elle considérait comme indésirable.

Le Liban divisé par l’ambassade américaine en trois zones selon le degré de risques.

Elizabeth Richard a voulu circonvenir les choses, demandant à s’entretenir avec l’équipe de la sénatrice, à son arrivée à Beyrouth. A l’ambassade, le responsable de la sécurité a fait un topo sur la situation sécuritaire en dotant ses interlocuteurs d’instructions adéquates.

L’officier chargé de la sécurité de l’ambassade a proposé que Tulsi Gabbard soit logée à la résidence de l’ambassadrice.

L’équipe de la sénatrice a décliné les offres, spécifiant qu’elle souhaitait que la visite de Tulsi Gabbard se déroule en dehors de tout protocole, que l’émissaire de Donald Trump choisira elle-même ses interlocuteurs libanais, de même que la date et le lieu de ses rendez-vous.

Le responsable de la sécurité de l’ambassade a alors insisté pour connaître l’identité du service libanais chargé de la protection de la sénatrice, exposant les zones à risques au Liban. Selon lui, le Liban est divisé en trois zones: Zone Rouge, frappée d’une interdiction absolue d’accès de jour comme de nuit; Une Zone Jaune, avec libre accès uniquement le jour; Une Zone Verte, avec libre accès de jour comme de nuit.

Des unités spéciales américaines au Liban prêtes à intervenir à tout moment.

Au terme de son exposé le responsable a confié à l’équipe de la sénatrice des numéros de téléphone pour en faire usage en cas d’urgence, l’assurant que les États Unis disposaient de diverses unités déployées sur l’ensemble du territoire libanais prêtes à intervenir à tout moment en cas de nécessité.

14 Janvier 2017, l’arrivée à Beyrouth de Tulsi Gabbard.
Tusli Gabbard est arrivée le dimanche 14 Janvier 2017 à Beyrouth, en compagnie de son époux, Abraham William, un riche homme d’affaires originaire de l’Inde. A l’aéroport de Beyrouth-Khaldé, elle a été accueillie par un détachement de l’unité chargée de la protection des ambassades, relevant des Forces de Sécurité Intérieures (FSI), mis à sa disposition par le ministre de l’Intérieur Nihad Machnouk.

La traversée dans la zone Hezbollah

Le convoi s’est dirigé directement vers Yarzé, colline surplombant Beyrouth siège de la Présidence de la République libanaise, du ministère de la défense et de l’ambassade de Syrie au Liban, notamment, où elle a été accueillie par l’ambassadeur syrien Ali Abdel Karim.

Le convoi a emprunté un court trajet, ce qui signifie qu’il a immanquablement traversé la banlieue sud de Beyrouth, en pleine «zone rouge», de l’ambassade américaine, la fameuse ville de Dayeh des journalistes français, autrement dit le fief du Hezbollah.

A la question de savoir où elle se trouvait, il lui fut répondu, laconiquement: «Dans la zone du Hezbollah».

Tulsi Gabbard: «Où sont donc les bases militaires et les hommes en armes»?
Réponse: «Pas de présence de toutes ces choses ici».
Tuslsi Gabbard: Êtes vous surs que nous traversons une zone sous contrôle du Hezbollah»?
Réponse: Oui absolument et dans quelques minutes nous serons dans une zone sous contrôle total de l’armée libanaise, où se trouve le bureau de l’ambassadeur syrien.

A son arrivée dans le secteur de Yarzé, le convoi a été pris en charge par les «Fouhouds» (Les Panthères), troupes de chocs des forces de sécurité libanaise. Les officiels de l’ambassade américaine avaient peu apprécié que le service de protection des ambassades aient été chargé de la protection de la sénatrice américaine, considérant que ce service était sous influence du Hezbollah.

A son arrivée à son hôtel, l’ambassadrice des États Unis à Beyrouth, Elizabeth Richard, a demandé à rencontrer l’émissaire du président Donald Trump. Tulsi Gabbard a refusé, lui précisant qu’elle ne souhaitait rien de l’ambassade.

Le séjour à Damas de Tulsi Gabbard et le récit de sa première rencontre avec le président Bachar Al-Assad
Lundi 15 janvier à 008 H du matin, le convoi américain se dirige directement vers Damas. A son arrivée au poste frontière de Masnah, le convoi est accueilli par une délégation officielle syrienne qui prend en charge la protection de l’émissaire américain, abandonnant le convoi libanais dans le secteur libanais de la zone frontalière.

Le premier échange Bachar al-Assad-Tulsi Gabbard.

Accueillie par un sourire du président syrien, Tusli Gabbard entre d’emblée dans le vif du sujet:

Tusli Gabbard: "Je suis là pour une mission de collecte d’informations. Je souhaite visiter plus d’une région si possible, aller à la rencontre des gens. Je souhaite aussi que vous nous fournissiez des informations fiables sur ceux qui apportent leur soutien à Daech et à al Qaida. Je suis là avec l’accord du Congrès américain. Je devais venir il y a un mois, mais j’ai retardé mon voyage à la demande du président Trump en personne."

"J’ai rencontré Donald Trump avant ma venue. Je suis porteuse d’un message de sa part. Je suis chargée de vous soumettre ses vues sur la zone. Il m’a en plus chargé d’une demande directe à vous."

L’émissaire américain se livre alors à un exposé des vues de la nouvelle présidence américaine, mettant l’accent sur la position des alliés des États Unis dans la zone, de l’Arabie Saoudite, à la Turquie, en passant par les autres pays du Golfe.

La priorité de Donald Trump est le combat contre Daech. Dans son approche, il prend en considération le dossier iranien, un pays très sérieux dans son combat contre Daech. Donald Trump veut une modification radicale de la politique des États Unis à l’égard de la Syrie et de la zone.

Donald Trump: admiratif de l’intelligence de la Russie dans sa gestion du dossier syrien.

Bachar Al-Assad: « S’agit il des impressions que vous avez recueillies de votre entretien avec votre président ? »
Tulsi Gabbard : « Non, ce sont ses idées. Il m’a demandé de vous les soumettre. En résumé, nous voulons coopérer avec vous pour combattre Daech. Il (Donald Trump) est admiratif de l’intelligence de la Russie dans sa gestion du dossier syrien. Il entend bâtir une entente avec les Russes en Syrie. »

Puis, soudainement, Tulsi Gabbard s’adresse directement au président syrien en ces termes :

Tulsi Gabbard : « Si le Président Trump vous contacte, répondrez-vous ? »
Assad esquisse un sourire et répond par une autre question: « S’agit-il d’une suggestion ou d’une proposition ? »
Tulsi Gabbard : « Non, pas une supposition ».
Bachar Al-Assad: « Donc s’agit-il d’une proposition de votre part ? »
Tulsi Gabbard : « Non il s’agit d’une proposition directe du Président Trump et c’est lui qui m’a demandé de vous la transmettre. Et je répète la question: S’il vous contacte, allez vous décrocher ? »
Bachar Al-Assad: « Naturellement. Je vous donnerai un numéro de téléphone où vous pourrez me joindre rapidement. »

Tulsi Gabbard a été surprise par la rapidité de la réponse du président syrien. Sous l’effet d’une campagne d’intoxication, elle était convaincue que Bachar Al-Assad demanderait un délai avant de répondre à la proposition de Donald Trump. Le temps de consulter ses amis Russes et Iraniens. Les Américains pensaient sérieusement que «Assad n’oserait pas nouer un contact avec les États Unis sans l’accord préalable de ses alliés».

Avant la fin de l’entretien, Tulsi Gabbard a insisté pour effectuer une tournée à l’intérieur de la Syrie, notamment à Alep de nouveau sous l’autorité du pouvoir central, afin d’établir un rapport circonstancié sur la situation.

Au terme de son exposé de deux heures, le président syrien a pris la parole à son tour pour exposer à son interlocutrice le rôle des États Unis dans leur soutien aux organisations terroristes.

A l’issue de cette rencontre, Tulsi Gabbard a rencontré l’épouse du chef de l’état syrien, Mme Asma Al-Assad. Cet entretien de deux heures également a porté sur les aspects sociaux et les effets négatifs de la guerre sur la population syrienne.

Puis, Tulsi Gabbard a rencontré successivement, le Mufti de Syrie, Badreddine Hassoune, le Patriarche Ignace Ephrem (Syriaques), des hommes d’affaires et des académiciens. Elle a également visité la grande Mosquée de Damas, La Mosquée des Ommeyades.

La délégation américaine a résidé au palais des hôtes de Damas et a dîné avec Mme Bouthaina Chaabane, conseiller du président Assad chargé de l’Information, en présence de M. Bachar Jaafari, délégué de la Syrie aux Nations Unies et Chef de la délégation gouvernementale syrienne aux négociations de Genève. Au cous de ce dîner, les modalités d’un entretien Tulsi Gabbard avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Al Mouallem, ont été arrêtées.

Alep, mardi 16 janvier 2017
A Alep, Tulsi Gabbard a longuement parcouru la ville, rencontrant l’administrateur de la ville, des parlementaires, des académiciens, des hommes de religion, des activistes de la société civile avant de visiter un camp de personnes déplacées.

Avant son départ d’Alep, la délégation américaine a reçu un appel de Damas souhaitant revoir l’émissaire du président Trump pour un entretien approfondi et détaillé qui sera entrecoupé d’un déjeuner de travail. La présidence syrienne proposait en outre à Tulsi Gabbard de lui confier des documents irréfutables concernant l’implication directe des hommes de la sécurité américaine dans leur soutien aux terrorisme en Syrie. A la suite de cet appel, Tulsi Gabbard décida alors de reporter son départ de Syrie de 24 heures.

Retour à Damas, mercredi 17 janvier et la remise des documents officiels syriens
Ce jour là, Tulsi Gabbard rencontra à deux reprises le Président Bachar Al Assad en présence des responsables syriens des services de sécurité, munis de documents. L’émissaire américain a été saisi par le choc à la vue de ces documents que les Syriens lui ont remis, ce jour là, afin de lui permettre son enquête aux États Unis même.

Jeudi 18 janvier Beyrouth
Entretien surprise avec l’ancien président Emile Lahoud et le ministre irakien des Affaires étrangères Ibrahim Jaafari.

Jeudi 18 janvier à Beyrouth a été une journée d’entretiens intensifs avec des personnalités choisies par Tulsi Gabbard, elle même: les trois présidents, le président de la République Michel Aoun, le premier ministre Saad Hariri, le président de la chambre des députés Nabih Berry, le Commandant en chef de l’armée et le directeur général de la Sûreté Générale, le patriarche maronite Mgr Bichara Ar Rahi, et l’ancien président de la République Emile Lahoud, seul ancien président libanais à avoir eu droit à un tel traitement, pourtant jadis ostracisé par Jacques Chirac l’ancien partenaire du milliardaire libano saoudien Rafic Hariri.

Un incident est révélateur du parasitage déployé par l’ambassadrice américaine à Beyrouth, Elizabeth Richard, hostile à cette visite.
Comme un rendez vous était sollicité auprès des services de la présidence de la chambre pour un entretien avec M. Nabih Berri, la demande a été refusée au prétexte que l’émissaire américain entreprenait ses démarches sans l’aval du Département d’état. Les collaborateurs de M.Berri ont soutenu avoir eu cette explication directement par l’ambassade américaine.

Alertée sur cette mauvaise manière, Tulsi Gabbard a chargé son adjoint d’aviser l’ambassadrice, Mme Elizabeth Richard, qu’elle devra rendra compte de son comportement illégal devant l’administration américaine

Avant son départ de Beyrouth, M. Tulsi Gabbard a rencontré le ministre irakien des Affaires étrangères Ibrahim Jaafari, qui se trouvait fortuitement dans la capitale libanaise.

Épilogue du signataire de ce texte
Et pendant ce temps là, les hiérarques de l’Élysée et du Quai d’Orsay et leurs amplificateurs médiatiques, les éditocrates de France, continuent de se lamenter……

-Ah si Obama avait bombardé la Syrie, nous n’en serions pas là, oubliant que la Chambre des Communes avait refusé un engagement militaire du Royaume Uni en Syrie et que de sérieux doutes subsistaient sur les responsables de l’usage des armes chimiques en Syrie.

A propos de l’usage des armes chimiques en Syrie:
http://www.madaniya.info/2014/12/15/seymour-hersh-the-red-line-and-the-rat-line/

-Ah, si la France n’était pas aussi dépendante militairement des États Unis nous n’en serions pas là.

-Ah si la France était une véritable démocratie présupposant une autorisation du parlement avant un engagement militaire extérieur, nous n’en serions pas là.

Ah, si la France cessait son état de lévitation permanent pour se livrer, pour une fois, à son autocritique, nous n’en serions pas là.

-Ah, si la France avait soutenu l’opposition démocratique syrienne et non les mercenaires des pétromonarchies, compagnons de route du terrorisme islamique, nous n’en serions pas là.

René Naba

http://reseauinternational.net/syrie-la-surprenante-offre-de-donald-trump-a-bachar-al-assad/
http://www.madaniya.info/2017/04/03/syrie-la-surprenante-offre-de-donald-trump-a-bachar-al-assad/

Enquête: Syrie, la surprenante offre de Donald Trump à Bachar Al Assad


Tulsi Gabbard: «Si le président vous appelle, décrocherez vous le téléphone ?»
Bachar Al Assad: «S’agit il d’une hypothèse ou d’une proposition ?»
Tulsi Gabbard: «Décrocherez-vous le téléphone pour répondre à son appel ?»
Bachar Al Assad: «S’agit-il d’une proposition de votre part?»
Tulsi Gabbard: «Non, la proposition vient du président»

A ce moment, le président syrien sourit et remit à l’émissaire américain un numéro de téléphone où il pouvait être joint directement.

Les déclarations du secrétaire d’Etat Rex Tillerson jeudi 30 mars 2017 à Ankara selon lesquelles «Le sort du président Assad, à long terme, sera décidé par le peuple syrien», ne relèvent pas du hasard, mais d’une décision mûrement réfléchie de la nouvelle administration républicaine, désireuse de conférer la priorité au combat contre le terrorisme islamique.

Ci joint le récit intégral de ce surprenant dialogue entre le président syrien Bachar Al Assad et l’émissaire américain Tusli Gabbard, sénatrice démocrate de Hawaï, ainsi que cela a été rapporté lundi 3 avril 2017 par le directeur du quotidien libanais «Al Akhbar», Ibrahim Al Amine, auteur du scoop, consultable sur ce lien pour les locuteurs arabophones : http://www.al-akhbar.com/node/275193

Tulsi Gabbard
Démocrate de Hawaï, hostile à Hillary Clinton, ancienne secrétaire d’État et candidate malheureuse à la présidentielle américaine 2016, Tulsi Gabbard avait voté en faveur de Bernie Sanders, le candidat de l’aile gauche du parti démocrate, lors des primaires de ce parti en 2016. Membre du House Armed Service Committee, Major dans la garde nationale, Tulsi Gabbard a effectué deux périodes de service au Moyen-Orient. En Octobre 2015, sur CNN, elle déclare: les États-Unis et l’Union Européenne doivent cesser cette guerre illégale et contre-productive visant à renverser le gouvernement de Assad et se concentrer plutôt à combattre les groupes islamistes extrémistes».

L’interrompant, le journaliste lui pose alors la question suivante: «Cela ne vous importe-il pas que le régime brutal de Assad ait tué 200 000 personnes au moins ou peut-être 300 000 personnes de son propre peuple».

La réponse fuse: «Les choses qu’on dit à propos de Assad, ce sont les mêmes que l’on disait à propos de Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi par ceux qui poussaient les États-Unis à renverser leurs régimes. Si cela devait arriver en Syrie, nous nous retrouverons devant une situation de plus grande souffrance, des persécutions plus importantes des Chrétiens en Syrie. En prime notre ennemi en sortira renforcé».

http://www.madaniya.info/2016/02/17/la-coordination-secrete-syro-americaine-contre-le-djihadisme-en-syrie-1/
http://www.madaniya.info/2016/02/19/la-coordination-secrete-syro-americaine-contre-le-djihadisme-en-syrie-2/

Le dialogue entre Donald Trump et Tulsi Gabbard le 21 novembre 2016
Les contacts entre Donald Trump et Tusli Gabbard se sont noués à l’automne 2016. Celui qui n’était alors que le candidat républicain à la présidentielle avait relevé le positionnement de la sénatrice démocrate et son entourage songeait même à lui proposer un poste ministériel au sein de la nouvelle administration qui devait succéder au démocrate Barack Obama.

L’entretien entre le président élu et la démocrate a eu lieu le 21 novembre 2016 et a duré 2H30, au cours duquel la sénatrice a informé d’emblée son interlocuteur que son voyage prévu de longue date ne pouvait être indéfiniment retardé du fait qu’il avait été fixé à la mi janvier 2017.

Donald Trump a admis partager l’opinion de Tulsi Gabbard sur la Syrie, et, en réplique, la sénatrice a informé Donald Trump qu’elle songeait à forger une loi interdisant à tout Américain de collaborer avec quiconque entretenant un lien direct ou indirect avec les organisations terroristes, particulièrement Daech.

La suite du dialogue Donald Trump-Tulsi Gabbard :

Donald Trump (DT): « Allez vous rencontrer Assad ? »
Tulsi Gabbard (TG): « Probablement »
Donald Trump (DT): « Parfait. Demandez lui s’il est disposé à entretenir des contacts avec nous. »

L’homme a tenu bon

Je suis disposé à entrer en contact téléphonique avec lui. Mais qu’il soit clair que la coopération portera sur le combat contre Daech. Il constatera que son éviction du pouvoir ne figure pas à l’ordre du jour de mes préoccupations. C’est d’ailleurs un thème qui va disparaître progressivement du débat public.

Toutefois, le contact direct et l’abolition des sanctions sont des sujets qui demandent du temps.

L’important est que l’on sache comment il se comporte et dans quelle mesure il est disposé à coopérer avec nous en dehors des Russes et des Iraniens. Nous devons changer de politique vis à vis de Assad.

L’Homme a tenu bon. Le contenir directement pourra se révéler utile. Les faits nous commandent de coopérer avec lui si l’on veut combattre effectivement Daech.

Donald Trump, pragmatique et empirique, part du constat que Barack Obama a sapé l’influence américaine au Moyen-Orient et rend responsable son prédécesseur démocrate de la percée russe. Il considère qu’il incombe à son administration de rétablir une cogestion, particulièrement en Syrie et en Irak et que la Syrie peut constituer un terrain d’entente entre Russes et Américains.

L’Iran, le pays le plus sérieux dans son combat contre Daech.

Donald Trump considère en outre que Daech représente le plus grand danger. Il est convaincu du soutien de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie à Daech et à toutes les déclinaisons d’Al Qaida. En dépit de détestation de l’Iran, il est convaincu que Téhéran est le plus sérieux dans son combat contre Daech.

Son objectif n’est pas d’opérer un bouleversement fondamental de la politique américaine, mais juste d’infléchir sa stratégie, en focalisant sur Daech, et en mettant de côté les autres objectifs, tels l’éviction du président syrien.

Le rôle d’obstruction de l’ambassadrice américaine au Liban, Elizabeth Richard.
Lors de sa confirmation par la commission des affaires étrangères du Sénat américain comme nouvel ambassadeur des Etats Unis au Liban, Elizabeth Richard avait affirmé que sa mission prioritaire sera de faire front à la Syrie et au Hezbollah. Aussi n’a-t-elle pas été avisée de la mission de Tulsi Gabbard ni de ses objectifs. Elle estimait néanmoins qu’elle devait avoir la haute main sur cette visite, fixant les rendez vous de la sénatrice, écartant au besoin ce qu’elle considérait comme indésirable.

Le Liban divisé par l’ambassade américaine en trois zones selon le degré de risques.

Elizabeth Richard a voulu circonvenir les choses, demandant à s’entretenir avec l’équipe de la sénatrice, à son arrivée à Beyrouth. A l’ambassade, le responsable de la sécurité a fait un topo sur la situation sécuritaire en dotant ses interlocuteurs d’instructions adéquates.

L’officier chargé de la sécurité de l’ambassade a proposé que Tulsi Gabbard soit logée à la résidence de l’ambassadrice.

L’équipe de la sénatrice a décliné les offres, spécifiant qu’elle souhaitait que la visite de Tulsi Gabbard se déroule en dehors de tout protocole, que l’émissaire de Donald Trump choisira elle-même ses interlocuteurs libanais, de même que la date et le lieu de ses rendez-vous.

Le responsable de la sécurité de l’ambassade a alors insisté pour connaître l’identité du service libanais chargé de la protection de la sénatrice, exposant les zones à risques au Liban. Selon lui, le Liban est divisé en trois zones: Zone Rouge, frappée d’une interdiction absolue d’accès de jour comme de nuit; Une Zone Jaune, avec libre accès uniquement le jour; Une Zone Verte, avec libre accès de jour comme de nuit.

Des unités spéciales américaines au Liban prêtes à intervenir à tout moment.

Au terme de son exposé le responsable a confié à l’équipe de la sénatrice des numéros de téléphone pour en faire usage en cas d’urgence, l’assurant que les États Unis disposaient de diverses unités déployées sur l’ensemble du territoire libanais prêtes à intervenir à tout moment en cas de nécessité.

14 Janvier 2017, l’arrivée à Beyrouth de Tulsi Gabbard.
Tusli Gabbard est arrivée le dimanche 14 Janvier 2017 à Beyrouth, en compagnie de son époux, Abraham William, un riche homme d’affaires originaire de l’Inde. A l’aéroport de Beyrouth-Khaldé, elle a été accueillie par un détachement de l’unité chargée de la protection des ambassades, relevant des Forces de Sécurité Intérieures (FSI), mis à sa disposition par le ministre de l’Intérieur Nihad Machnouk.

La traversée dans la zone Hezbollah

Le convoi s’est dirigé directement vers Yarzé, colline surplombant Beyrouth siège de la Présidence de la République libanaise, du ministère de la défense et de l’ambassade de Syrie au Liban, notamment, où elle a été accueillie par l’ambassadeur syrien Ali Abdel Karim.

Le convoi a emprunté un court trajet, ce qui signifie qu’il a immanquablement traversé la banlieue sud de Beyrouth, en pleine «zone rouge», de l’ambassade américaine, la fameuse ville de Dayeh des journalistes français, autrement dit le fief du Hezbollah.

A la question de savoir où elle se trouvait, il lui fut répondu, laconiquement: «Dans la zone du Hezbollah».

Tulsi Gabbard: «Où sont donc les bases militaires et les hommes en armes»?
Réponse: «Pas de présence de toutes ces choses ici».
Tuslsi Gabbard: Êtes vous surs que nous traversons une zone sous contrôle du Hezbollah»?
Réponse: Oui absolument et dans quelques minutes nous serons dans une zone sous contrôle total de l’armée libanaise, où se trouve le bureau de l’ambassadeur syrien.

A son arrivée dans le secteur de Yarzé, le convoi a été pris en charge par les «Fouhouds» (Les Panthères), troupes de chocs des forces de sécurité libanaise. Les officiels de l’ambassade américaine avaient peu apprécié que le service de protection des ambassades aient été chargé de la protection de la sénatrice américaine, considérant que ce service était sous influence du Hezbollah.

A son arrivée à son hôtel, l’ambassadrice des États Unis à Beyrouth, Elizabeth Richard, a demandé à rencontrer l’émissaire du président Donald Trump. Tulsi Gabbard a refusé, lui précisant qu’elle ne souhaitait rien de l’ambassade.

Le séjour à Damas de Tulsi Gabbard et le récit de sa première rencontre avec le président Bachar Al-Assad
Lundi 15 janvier à 008 H du matin, le convoi américain se dirige directement vers Damas. A son arrivée au poste frontière de Masnah, le convoi est accueilli par une délégation officielle syrienne qui prend en charge la protection de l’émissaire américain, abandonnant le convoi libanais dans le secteur libanais de la zone frontalière.

Le premier échange Bachar al-Assad-Tulsi Gabbard.

Accueillie par un sourire du président syrien, Tusli Gabbard entre d’emblée dans le vif du sujet:

Tusli Gabbard: "Je suis là pour une mission de collecte d’informations. Je souhaite visiter plus d’une région si possible, aller à la rencontre des gens. Je souhaite aussi que vous nous fournissiez des informations fiables sur ceux qui apportent leur soutien à Daech et à al Qaida. Je suis là avec l’accord du Congrès américain. Je devais venir il y a un mois, mais j’ai retardé mon voyage à la demande du président Trump en personne."

"J’ai rencontré Donald Trump avant ma venue. Je suis porteuse d’un message de sa part. Je suis chargée de vous soumettre ses vues sur la zone. Il m’a en plus chargé d’une demande directe à vous."

L’émissaire américain se livre alors à un exposé des vues de la nouvelle présidence américaine, mettant l’accent sur la position des alliés des États Unis dans la zone, de l’Arabie Saoudite, à la Turquie, en passant par les autres pays du Golfe.

La priorité de Donald Trump est le combat contre Daech. Dans son approche, il prend en considération le dossier iranien, un pays très sérieux dans son combat contre Daech. Donald Trump veut une modification radicale de la politique des États Unis à l’égard de la Syrie et de la zone.

Donald Trump: admiratif de l’intelligence de la Russie dans sa gestion du dossier syrien.

Bachar Al-Assad: « S’agit il des impressions que vous avez recueillies de votre entretien avec votre président ? »
Tulsi Gabbard : « Non, ce sont ses idées. Il m’a demandé de vous les soumettre. En résumé, nous voulons coopérer avec vous pour combattre Daech. Il (Donald Trump) est admiratif de l’intelligence de la Russie dans sa gestion du dossier syrien. Il entend bâtir une entente avec les Russes en Syrie. »

Puis, soudainement, Tulsi Gabbard s’adresse directement au président syrien en ces termes :

Tulsi Gabbard : « Si le Président Trump vous contacte, répondrez-vous ? »
Assad esquisse un sourire et répond par une autre question: « S’agit-il d’une suggestion ou d’une proposition ? »
Tulsi Gabbard : « Non, pas une supposition ».
Bachar Al-Assad: « Donc s’agit-il d’une proposition de votre part ? »
Tulsi Gabbard : « Non il s’agit d’une proposition directe du Président Trump et c’est lui qui m’a demandé de vous la transmettre. Et je répète la question: S’il vous contacte, allez vous décrocher ? »
Bachar Al-Assad: « Naturellement. Je vous donnerai un numéro de téléphone où vous pourrez me joindre rapidement. »

Tulsi Gabbard a été surprise par la rapidité de la réponse du président syrien. Sous l’effet d’une campagne d’intoxication, elle était convaincue que Bachar Al-Assad demanderait un délai avant de répondre à la proposition de Donald Trump. Le temps de consulter ses amis Russes et Iraniens. Les Américains pensaient sérieusement que «Assad n’oserait pas nouer un contact avec les États Unis sans l’accord préalable de ses alliés».

Avant la fin de l’entretien, Tulsi Gabbard a insisté pour effectuer une tournée à l’intérieur de la Syrie, notamment à Alep de nouveau sous l’autorité du pouvoir central, afin d’établir un rapport circonstancié sur la situation.

Au terme de son exposé de deux heures, le président syrien a pris la parole à son tour pour exposer à son interlocutrice le rôle des États Unis dans leur soutien aux organisations terroristes.

A l’issue de cette rencontre, Tulsi Gabbard a rencontré l’épouse du chef de l’état syrien, Mme Asma Al-Assad. Cet entretien de deux heures également a porté sur les aspects sociaux et les effets négatifs de la guerre sur la population syrienne.

Puis, Tulsi Gabbard a rencontré successivement, le Mufti de Syrie, Badreddine Hassoune, le Patriarche Ignace Ephrem (Syriaques), des hommes d’affaires et des académiciens. Elle a également visité la grande Mosquée de Damas, La Mosquée des Ommeyades.

La délégation américaine a résidé au palais des hôtes de Damas et a dîné avec Mme Bouthaina Chaabane, conseiller du président Assad chargé de l’Information, en présence de M. Bachar Jaafari, délégué de la Syrie aux Nations Unies et Chef de la délégation gouvernementale syrienne aux négociations de Genève. Au cous de ce dîner, les modalités d’un entretien Tulsi Gabbard avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Al Mouallem, ont été arrêtées.

Alep, mardi 16 janvier 2017
A Alep, Tulsi Gabbard a longuement parcouru la ville, rencontrant l’administrateur de la ville, des parlementaires, des académiciens, des hommes de religion, des activistes de la société civile avant de visiter un camp de personnes déplacées.

Avant son départ d’Alep, la délégation américaine a reçu un appel de Damas souhaitant revoir l’émissaire du président Trump pour un entretien approfondi et détaillé qui sera entrecoupé d’un déjeuner de travail. La présidence syrienne proposait en outre à Tulsi Gabbard de lui confier des documents irréfutables concernant l’implication directe des hommes de la sécurité américaine dans leur soutien aux terrorisme en Syrie. A la suite de cet appel, Tulsi Gabbard décida alors de reporter son départ de Syrie de 24 heures.

Retour à Damas, mercredi 17 janvier et la remise des documents officiels syriens
Ce jour là, Tulsi Gabbard rencontra à deux reprises le Président Bachar Al Assad en présence des responsables syriens des services de sécurité, munis de documents. L’émissaire américain a été saisi par le choc à la vue de ces documents que les Syriens lui ont remis, ce jour là, afin de lui permettre son enquête aux États Unis même.

Jeudi 18 janvier Beyrouth
Entretien surprise avec l’ancien président Emile Lahoud et le ministre irakien des Affaires étrangères Ibrahim Jaafari.

Jeudi 18 janvier à Beyrouth a été une journée d’entretiens intensifs avec des personnalités choisies par Tulsi Gabbard, elle même: les trois présidents, le président de la République Michel Aoun, le premier ministre Saad Hariri, le président de la chambre des députés Nabih Berry, le Commandant en chef de l’armée et le directeur général de la Sûreté Générale, le patriarche maronite Mgr Bichara Ar Rahi, et l’ancien président de la République Emile Lahoud, seul ancien président libanais à avoir eu droit à un tel traitement, pourtant jadis ostracisé par Jacques Chirac l’ancien partenaire du milliardaire libano saoudien Rafic Hariri.

Un incident est révélateur du parasitage déployé par l’ambassadrice américaine à Beyrouth, Elizabeth Richard, hostile à cette visite.
Comme un rendez vous était sollicité auprès des services de la présidence de la chambre pour un entretien avec M. Nabih Berri, la demande a été refusée au prétexte que l’émissaire américain entreprenait ses démarches sans l’aval du Département d’état. Les collaborateurs de M.Berri ont soutenu avoir eu cette explication directement par l’ambassade américaine.

Alertée sur cette mauvaise manière, Tulsi Gabbard a chargé son adjoint d’aviser l’ambassadrice, Mme Elizabeth Richard, qu’elle devra rendra compte de son comportement illégal devant l’administration américaine

Avant son départ de Beyrouth, M. Tulsi Gabbard a rencontré le ministre irakien des Affaires étrangères Ibrahim Jaafari, qui se trouvait fortuitement dans la capitale libanaise.

Épilogue du signataire de ce texte
Et pendant ce temps là, les hiérarques de l’Élysée et du Quai d’Orsay et leurs amplificateurs médiatiques, les éditocrates de France, continuent de se lamenter……

-Ah si Obama avait bombardé la Syrie, nous n’en serions pas là, oubliant que la Chambre des Communes avait refusé un engagement militaire du Royaume Uni en Syrie et que de sérieux doutes subsistaient sur les responsables de l’usage des armes chimiques en Syrie.

A propos de l’usage des armes chimiques en Syrie:
http://www.madaniya.info/2014/12/15/seymour-hersh-the-red-line-and-the-rat-line/

-Ah, si la France n’était pas aussi dépendante militairement des États Unis nous n’en serions pas là.

-Ah si la France était une véritable démocratie présupposant une autorisation du parlement avant un engagement militaire extérieur, nous n’en serions pas là.

Ah, si la France cessait son état de lévitation permanent pour se livrer, pour une fois, à son autocritique, nous n’en serions pas là.

-Ah, si la France avait soutenu l’opposition démocratique syrienne et non les mercenaires des pétromonarchies, compagnons de route du terrorisme islamique, nous n’en serions pas là.

René Naba

http://reseauinternational.net/syrie-la-surprenante-offre-de-donald-trump-a-bachar-al-assad/
http://www.madaniya.info/2017/04/03/syrie-la-surprenante-offre-de-donald-trump-a-bachar-al-assad/

Posté mardi 4 avril 2017 à 16:49 |  par bbela

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