Attendus à Paris ce 17 mai 2014, selon les medias
français, les chefs d’Etat nigérian et camerounais pourraient enfin se
parler les yeux dans les yeux au sujet de petits soucis qui parsèment
les relations entre leurs deux pays, relativement à la méthode et la
stratégie mises en place de part et d’autres des frontières pour contrer
les attaques de la secte islamiste Boko Haram.
On le sait depuis le début de l’Année. Goodluck éprouve le besoin de rencontrer Paul Biya, quitte à faire le déplacement de Yaoundé comme il l’a fait, dans d’autres pays voisins, depuis l’exportation de la menace de Boko Haram. Dans le « pipe » en fin janvier 2014, la rencontre attendue de tous les vœux entre les deux hommes par la diplomatie nigériane avait avorté. La cause substantielle, apprennent les sources généralement bien informées, Paul Biya a en horreur, le sujet portant sur le droit de poursuite devenu la dorsale de la requête militaro-stratégique du grand voisin vis-à-vis du combat en commun contre Boko Haram. Car, conformément au principe du droit de poursuite transfrontalier codifié par l’Organisation des Nations Unies (Onu), le Nigeria veut obtenir du Cameroun, la possibilité légale de traquer sur le sol camerounais, des présumés bandits de toutes sortes ayant commis des actes répréhensibles en terre nigériane et en fuite sur le territoire camerounais. Le Cameroun lui a toujours opposé une fin de non recevoir, arguant que le pays n’est pas « failed state ». Toute chose qui n’a pas contribué à dissiper les soupçons de complaisance des autorités camerounaises sur la lutte contre la secte islamiste Boko Haram, émis par Abuja.
La preuve ? Une partie de la presse nigériane est montée au créneau vers la fin du premier trimestre de 2014 pour dénoncer « le laxisme du Cameroun au sujet de la lutte contre Boko Haram ». Mais la toile de fond de cette campagne à peine voilée, était le refus du Cameroun d’accorder au Nigeria, le droit de poursuite. Sentant le coup, Yaoundé n’avait pas hésité à s’en offusquer. Il en est de même du ministre de la Communication Issa Tchiroma qui condamnait publiquement cette attitude éditoriale de nos confrères de la presse nigériane. Pis, en des propos peu diplomatiques, il présentait le régime d’Abuja sans le citer nommément, comme celui qui cherche des boucs émissaires à l’étranger, devant une crise sociopolitique interne. Cependant, le porte parole du gouvernement camerounais rassurait, son géant partenaire économique et politique que le pays de Paul Biya transmettra dans la mesure du possible, les informations sollicitées par lui, dans la traque contre Boko Haram qui ne peut se faire autrement que par des méthodes concertées. Mais ces assurances avaient-elles suffit pour calmer les ardeurs d’Abuja ? La suite des évènements ne permet pas d’être affirmatif.
En effet, depuis l’enlèvement de plus de 200 jeunes filles par Boko Haram, les soupçons sont repartis de plus belle entre Abuja et Yaoundé. Ceux-ci étant nourris par des renseignements signalant la possible présence de jeunes gens enlevés en territoire camerounais ou tchadiens. Les mauvaises nouvelles s’amoncelant, l’attaque de la brigade Ter de Kousseri, celle de la ville frontalière de Gaban Doura dont les effets ont embrassé la ville de Fotokol au Cameroun faisant des morts par dizaines, ont remis au centre, la question que le Cameroun voit comme la gestion concertée de la crise causée par Boko Haram et que le Nigeria dessine à travers, le droit de poursuite extraterritoriale. Le ministre camerounais des affaires étrangères l’a certainement reprécisé au chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun au cours de l’audience qu’il lui a accordée vendredi dernier. En tout cas, il s’est agi clairement au cours de ladite rencontre de la lutte contre la secte islamiste et de ses tentacules. Mais aussi de repréciser que les filles enlevées au Nigeria ne se trouvent pas en territoire Camerounais sans pouvoir visiblement dissiper les doutes.
Cela dit, faut-il encore que Paul Biya qui préside depuis le 20 mai 1983, la parade militaire et civile de Yaoundé marquant la célébration de la fête nationale effectue le déplacement de la capitale française à deux jours de l’évènement. Car il faut remonter à très loin dans le passé pour se retrouver un bref (dans le sens réel du terme) séjour du président en Occident. Car à l’occasion de ses déplacements sur le vieux continent, le président observe depuis longtemps, des pauses d’une dizaine de jours sur place.
En revanche, si comme l’indiquent les autorités françaises, le chef de l’Etat camerounais se rendait à Paris ce weekend, tous ses contacts avec son homologue nigérian seront scrutés de même que les actes pris dans le cadre bilatéral seront sérieusement examinés par l’opinion. In fine, ce serait dommage qu’une fois de plus, ce soit à Paris que les problèmes africains se règlent.
Rodrigue N. TONGUE
On le sait depuis le début de l’Année. Goodluck éprouve le besoin de rencontrer Paul Biya, quitte à faire le déplacement de Yaoundé comme il l’a fait, dans d’autres pays voisins, depuis l’exportation de la menace de Boko Haram. Dans le « pipe » en fin janvier 2014, la rencontre attendue de tous les vœux entre les deux hommes par la diplomatie nigériane avait avorté. La cause substantielle, apprennent les sources généralement bien informées, Paul Biya a en horreur, le sujet portant sur le droit de poursuite devenu la dorsale de la requête militaro-stratégique du grand voisin vis-à-vis du combat en commun contre Boko Haram. Car, conformément au principe du droit de poursuite transfrontalier codifié par l’Organisation des Nations Unies (Onu), le Nigeria veut obtenir du Cameroun, la possibilité légale de traquer sur le sol camerounais, des présumés bandits de toutes sortes ayant commis des actes répréhensibles en terre nigériane et en fuite sur le territoire camerounais. Le Cameroun lui a toujours opposé une fin de non recevoir, arguant que le pays n’est pas « failed state ». Toute chose qui n’a pas contribué à dissiper les soupçons de complaisance des autorités camerounaises sur la lutte contre la secte islamiste Boko Haram, émis par Abuja.
La preuve ? Une partie de la presse nigériane est montée au créneau vers la fin du premier trimestre de 2014 pour dénoncer « le laxisme du Cameroun au sujet de la lutte contre Boko Haram ». Mais la toile de fond de cette campagne à peine voilée, était le refus du Cameroun d’accorder au Nigeria, le droit de poursuite. Sentant le coup, Yaoundé n’avait pas hésité à s’en offusquer. Il en est de même du ministre de la Communication Issa Tchiroma qui condamnait publiquement cette attitude éditoriale de nos confrères de la presse nigériane. Pis, en des propos peu diplomatiques, il présentait le régime d’Abuja sans le citer nommément, comme celui qui cherche des boucs émissaires à l’étranger, devant une crise sociopolitique interne. Cependant, le porte parole du gouvernement camerounais rassurait, son géant partenaire économique et politique que le pays de Paul Biya transmettra dans la mesure du possible, les informations sollicitées par lui, dans la traque contre Boko Haram qui ne peut se faire autrement que par des méthodes concertées. Mais ces assurances avaient-elles suffit pour calmer les ardeurs d’Abuja ? La suite des évènements ne permet pas d’être affirmatif.
En effet, depuis l’enlèvement de plus de 200 jeunes filles par Boko Haram, les soupçons sont repartis de plus belle entre Abuja et Yaoundé. Ceux-ci étant nourris par des renseignements signalant la possible présence de jeunes gens enlevés en territoire camerounais ou tchadiens. Les mauvaises nouvelles s’amoncelant, l’attaque de la brigade Ter de Kousseri, celle de la ville frontalière de Gaban Doura dont les effets ont embrassé la ville de Fotokol au Cameroun faisant des morts par dizaines, ont remis au centre, la question que le Cameroun voit comme la gestion concertée de la crise causée par Boko Haram et que le Nigeria dessine à travers, le droit de poursuite extraterritoriale. Le ministre camerounais des affaires étrangères l’a certainement reprécisé au chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun au cours de l’audience qu’il lui a accordée vendredi dernier. En tout cas, il s’est agi clairement au cours de ladite rencontre de la lutte contre la secte islamiste et de ses tentacules. Mais aussi de repréciser que les filles enlevées au Nigeria ne se trouvent pas en territoire Camerounais sans pouvoir visiblement dissiper les doutes.
Cela dit, faut-il encore que Paul Biya qui préside depuis le 20 mai 1983, la parade militaire et civile de Yaoundé marquant la célébration de la fête nationale effectue le déplacement de la capitale française à deux jours de l’évènement. Car il faut remonter à très loin dans le passé pour se retrouver un bref (dans le sens réel du terme) séjour du président en Occident. Car à l’occasion de ses déplacements sur le vieux continent, le président observe depuis longtemps, des pauses d’une dizaine de jours sur place.
En revanche, si comme l’indiquent les autorités françaises, le chef de l’Etat camerounais se rendait à Paris ce weekend, tous ses contacts avec son homologue nigérian seront scrutés de même que les actes pris dans le cadre bilatéral seront sérieusement examinés par l’opinion. In fine, ce serait dommage qu’une fois de plus, ce soit à Paris que les problèmes africains se règlent.
Rodrigue N. TONGUE
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