Mardi 3 novembre 2015, la chaîne France 2 a diffusé le premier épisode d'une série de documentaires sur Joseph Staline qui, une fois terminé, a été immédiatement suivi d'un autre documentaire s'intéressant à la personnalité de...Vladimir Poutine. Toute association d'idée s'avérant bien sûr purement fortuite.
La figure de Joseph Staline, un des plus importants et des plus controversés hommes de pouvoir du XXème siècle, a fortement intrigué le couple de réalisateurs Isabelle Clarke et Daniel Costelle. Leur film commence par des questions: "Qui fut Staline? Le vainqueur du nazisme? Le Petit Père des peuples? Ou le plus grand criminel de son siècle?".
Pourtant, l'apparition du président russe Vladimir Poutine juste après cet épisode est plus difficile à expliquer. Une des chargées de la programmation de France 2, Cécile Brochard-Salvijo explique:
"C'est juste une offre de documentaire sur des personnalités fortes", indique-t-elle, insistant sur le fait qu'il n'y avait pas de sous-entendus derrière.
Néanmoins, dans le contexte actuel de guerre médiatique sur le conflit en Syrie, il est bien difficile d'admettre que l'association des deux documentaires réside dans le choix par les responsables de diffusion d'un simple enchainement autour du thème de la Russie.
D'après Gearoid Colmain, journaliste et analyste politique, tout choix de diffusion sur une chaîne publique reflète la position gouvernementale:
"En France, et en Europe en général, tous les
médias reflètent les intérêts de l'Etat, qu'ils soient de gauche ou de
droite", signale M. Colmain.
"Vous
avez une opposition contrôlée, où ils disent qu'ils sont
anti-capitalistes, critiques de l'OTAN, etc… mais quand il s'agit de
bombarder la Libye, le Mali, envahir l'Afrique centrale, soutenir les
rebelles en Syrie, ils sont toujours d'accord et du côté du pouvoir",
poursuit-il.
"Ça fait partie de la campagne médiatique de la
propagande de guerre contre la Syrie et contre la Russie. C'est pour
faire un lavage de cerveau des téléspectateurs", maintient-il.
"C'est une façon de manipuler l'esprit des gens
pour qu'ils soutiennent les guerres d'agression. Le but est d'essayer
de rappeler aux gens: c'est eux les diables, c'est pas nous!"
Cette forme de manipulation, de désinformation, de falsification
historique, idéologique et médiatique fait partie des moyens de
propagande de guerre de l'Etat, conclut le journaliste.
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