BUSINESS
Pierre Ricau est analyste de marché chez Rongead.
Alors que les récoltes de l'anacarde, communément appelée noix de cajou, tirent à leur fin (elles durent d'avril à juin), on s'attend à une bonne campagne 2014 pour les producteurs ouest-africains. Après un début d'année 2013 marqué par une baisse des cours en raison d'une demande faible, la noix de cajou brute commercialisée sur le marché de gré à gré a vu ses prix repartir à la hausse, pour se situer actuellement entre 900 et 1 100 dollars la tonne FOB (free on board) au niveau des ports africains.
Cette tendance, soutenue par la reprise de la consommation de cette matière première agricole aux États-Unis (+ 8 % sur un an) et en Europe (+ 3 %), offre donc un contexte favorable pour le développement de la filière chez les deux principaux producteurs ouest-africains que sont la Côte d'Ivoire (500 000 tonnes par an) et la Guinée-Bissau (150 000 t/an).
Producteurs
Le premier, dont le verger est plus jeune, devrait voir sa production augmenter plus rapidement. Mais c'est le second, dont le produit est de meilleure qualité, qui pourrait tirer le plus grand profit de cette conjoncture favorable. Après le bon déroulement des récentes élections générales qui s'y sont tenues et les perspectives de stabilité politique et sécuritaire qu'elle retrouve, la Guinée-Bissau, dont 80 % de la population dépend de la noix cajou, pourrait attirer davantage d'investisseurs et accroître les revenus tirés de cette matière première qui est son principal produit d'exportation.
Le pays pourrait d'ailleurs créer davantage de valeur grâce à des projets de transformation locale si la stabilité politique redonne confiance aux investisseurs. Un domaine dans lequel il ne présente aujourd'hui aucune dynamique, alors que la Côte d'Ivoire, elle, transforme déjà sur place près de 10 % de sa production totale et a pour objectif de porter cette part à 30 % à moyen terme.
SANTE EN BREF
Épargnée jusqu'ici par le virus Ebola qui a fait plus de 200 morts depuis janvier en Guinée voisine, la Côte d'Ivoire a déploré vendredi un "relâchement de la vigilance" face à l'épidémie.
Même si aucun cas suspect d'Ebola n'a été détecté dans le pays, les autorités ivoiriennes ont déploré, le 13 juin, un "relâchement de la vigilance" face à cette épidémie qui a fait plus de 200 morts en Guinée voisine depuis ses débuts en janvier.
Depuis fin mars pourtant, la Côte d'Ivoire avait pris des mesures pour éviter la propagation du virus dans son territoire. Des équipes médicales stationnées le long de la frontière ivoirienne, qui n'est située qu'à 140 ou 150 kilomètres du foyer supposé en Guinée, contrôlent toujours les passants pour déceler des cas suspects. En revanche, les recommandations visant à éviter de consommer ou manipuler de la "viande de brousse", soit du gibier, à commencer par l'agouti, un gros rongeur, ne sont plus suivies.
Les Ivoiriens baissent de vigilance
"Les mesures sont de moins en moins respectées. Les populations baissent de vigilance et commencent à reprendre des habitudes qui pourraient nous exposer" à des cas de contamination, a déploré le professeur Simplice Dagnan, directeur de l'Institut national d'hygiène publique.
La chasse des gibiers interdits a "repris dans certaines régions du pays", a-t-il poursuivi, malgré le risque "encore permanent" d'épidémie. Du fait de frontières communes avec la Guinée, "la maladie peut être introduite ici, si on n'y prend garde. Seul le respect des mesures peut nous protéger", a-t-il martelé.
(Avec AFP)
Source : JEUNEAFRIQUE
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