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jeudi 18 décembre 2014

Cameroun - Palais de l'Unité : Les enjeux du Conseil supérieur de la magistrature

Ecrit par bbela  |  le  jeudi 18 décembre 2014 pas de commentaires

Paul Biya – Crédit Photo :@archives

 

Parmi les sujets à l’ordre du jour du Conseil supérieur de la magistrature qui se tient ce jeudi au Palais de l’Unité à Yaoundé figurent la discipline et la nomination des magistrats,  l’intégration de deux promotions d’élèves auditeurs de justice et d’autres questions liées au contexte sociopolitique.

Le président de la République Paul Biya présidera le Conseil Supérieur de la Magistrature (Csm) ce jeudi 18 Décembre 2014 comme à l’accoutumée au  Palais de l’Unité.  A l’ordre du jour, l’intégration dans le corps de la magistrature d’environ 600 élèves auditeurs de justice diplômés de l’École nationale d’administration et de la magistrature (Enam). Des élèves auditeurs de justice   issus de deux promotions différentes. Déployés sur le terrain par le ministre de la Justice et placés à la disposition des présidents des Cours d’appel,  ils assistent déjà les magistrats titulaires dans leurs fonctions. Mais, ils n’ont pas  de salaires depuis leur sortie de l’Enam. Ils seront enfin  intégrés dans la Fonction publique à travers le corps  des magistrats du Cameroun.  

Promotion et questions disciplinaires

La promotion ou l'avancement aux grades de certains magistrats du parquet et du siège est aussi au menu des travaux. Les dossiers de nominations et d'affectations des magistrats dans l'ensemble des juridictions du pays et au ministère de la Justice devraient en principe être validés. Au cours de cette session du Conseil supérieur de la magistrature, des débats porteront aussi sur des questions disciplinaires concernant certains magistrats. Notamment  ceux qui ont été sanctionnés  pour diverses raisons après le dernier conseil supérieur de la magistrature qui s’était tenu  le 18 avril 2012 au Palais de l’Unité, sous la présidence de Paul Biya.  D’aucuns écoperont des  sanctions.

A l’issue de Conseil que présidera le chef de l’État, les nouveaux magistrats seront officiellement déployés sur toute l’étendue du territoire national. Ces magistrats  pourront, des lors exercer avec sérénité  leurs nouvelles fonctions. La tenue du dernier Conseil supérieur de la magistrature avait permis la nomination des magistrats et autres personnels en service  au tribunal criminel spécial (Tcs). Des reformes relatives à la formation des magistrats avaient été abordées. Ouverte aux  seuls candidats titulaires d’une maitrise  en droit, la magistrature pourrait accueillir des candidats titulaires de maitrises  dans d’autres  spécialités. C’est que la complexité des dossiers dans de  nombreuses affaires relatives à  l’opération Epervier a amené  le  ministère de la justice  et la Haute hiérarchie à envisager sérieusement la formation de magistrats spécialisés.  

Le temps des réformes

A travers la formation de candidats titulaires notamment de maitrises en sciences économiques, en gestion,  en  finances et en  informatique.   De nouvelles reformes sont donc attendues. Elles concernent globalement  des textes réorganisant le corps de la magistrature au Cameroun. En ce qui concerne  les plaintes des justiciables contre les magistrats, le Cameroun pourrait  s’inspirer de la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 en France  qui permet au Conseil supérieur de la magistrature d’être saisi aux fins de poursuites disciplinaires par un justiciable, dès lors que dans une procédure le concernant, le comportement d’un magistrat est susceptible de recevoir une qualification disciplinaire.

Cette prérogative désormais offerte au justiciable français constitue une innovation essentielle de la  réforme dans la justice française. La justice camerounaise  va-t-elle s’arrimer à cette réforme qui montre la place qu’un  Etat de droit accorde au citoyen ? Par ailleurs, ce  Conseil supérieur  de  la magistrature  se déroule dans un contexte sociopolitique marqué  par  la volonté affichée du président de la République  de mettre  en place  le Conseil constitutionnel. Le président Biya a  réitéré  plusieurs fois son intention de mettre en place le Conseil constitutionnel. La dernière  fois, c’était dans  son  discours du  jeudi 20 février 2014 à Buea. Lors des festivités marquant la célébration du Cinquantenaire de la Réunification du Cameroun.

Le Conseil Constitutionnel est l’une des institutions  de la Constitution du 18 janvier 1996 qui va crédibiliser le processus démocratique entaché de soupçons de partialité – le même reproche qui est fait à Elections Cameroon (Elecam) - depuis que la Cour suprême statue comme Constitutionnel. Sans être le Conseil constitutionnel qui n’est pas encore mis en place.  Parmi les onze membres du Conseil Constitutionnel qui seront nommés  par décret du Président de la République,  deux seront désignés par le Conseil supérieur de la magistrature. Les autres membres seront désignés  de la manière suivante : trois par le Président de la République,  trois par le président de l’Assemblée nationale après avis du bureau, trois par le président du Sénat après avis du bureau.

La Nouvelle Expression : Edmond Kamguia K.

 

 

http://www.camer.be/37948/1:6/cameroun-palais-de-lunite-les-enjeux-du-conseil-superieur-de-la-magistrature-cameroon.html




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