Vous
avez peut-être déjà repéré la mention de ce colorant sur des produits
alimentaires : le « E171 ». Il s’agit de dioxyde de titane. Il sert à
améliorer l’aspect du produit en lui donnant une blancheur immaculée ou
en faisant briller bonbons et glaçages. Une enquête de l’association
Agir pour l’environnement révèle que plus de 100 produits destinés aux
enfants contiennent ce colorant [1] :
bonbons Têtes brulées, Elodie, Fizzy, chewing-gumAirwaves, Hollywood,
Freedent, Malabar, confiserie M&M’s (Mars), Skittles, gâteaux LU,
chocolats Milka (Mondelēz International), décorations gâteaux Vahiné
(McCormick)...
Problème : le dioxyde de titane contient des particules d’un diamètre moyen de 100 à 130 nanomètres. « Les
particules de taille extrêmement petite (un milliardième de mètre) ont
la capacité de franchir les barrières physiologiques (intestins,
cerveau, reins…), de pénétrer dans l’organisme et de s’y accumuler »,
précise Agir pour l’environnement. Pour le journaliste Roger Lenglet,
il s’agit d’une « bombe sanitaire » dans la mesure où ces particules
peuvent avoir des effets mutagènes, cytotoxiques, cancérigènes, voire
même neurotoxiques.
Or, les enfants sont en première ligne : ils ingurgiteraient deux à
quatre fois plus de titane que les adultes du fait de leur consommation
de sucreries.
Infraction à la réglementation européenne
L’étiquetage
des nanoparticules dans l’alimentation est théoriquement obligatoire
depuis décembre 2014. Le règlement européen « INCO » prévoit
l’obligation d’apposer sur l’étiquette la mention « nano » entre
crochets, avant le nom de l’ingrédient concerné, à compter de fin 2014 [2]. « Mais la pression des lobbys industriels pour un allègement de cette obligation a retardé l’entrée en vigueur de cette mesure », relève Avicenn, un association de veille citoyenne sur les nanotechnologies. « A notre connaissance, aucune mention [nano] ne figurait en tout cas en juin 2016 sur les étals français. »
Les
nanoparticules de dioxyde de titane sont pourtant classées comme
« cancérigène probable » pour l’être humain depuis 2006 par le Centre
international de recherche sur le cancer. En 2014, l’Anses – l’autorité
sanitaire française en matière d’alimentation – préconise même de les
classer comme substances dangereuses afin de permettre des mesures de
restriction [3]. L’institut sanitaire des Pays-Bas (RIVM) vient d’alerter sur leurs risques pour le foie, les ovaires et les testicules [4]. « Après
le scandale de l’amiante, comment accepter que les enfants soient les
cobayes de ces substances dangereuses qui envahissent notre alimentation
à notre insu ?, interpelle l’association Agir pour l’environnement. N’ayant
aucune utilité pour le consommateur tout en leur faisant courir des
risques inutiles, un moratoire sur la nano-malbouffe s’impose ! »
Voici la liste des produits affectés:







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