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vendredi 25 juillet 2014

Vol AH 5017 d'Air Algérie : les scénarios et témoignages

Ecrit par bbela  |  le  vendredi 25 juillet 2014 pas de commentaires

[FIGARO] Des conditions météorologiques compliquées, une défaillance technique, un attentat... Les experts aéronautiques émettent quelques hypothèses pour expliquer la disparition du vol Air Algérie ce jeudi.
Pas de faits avérés mais déjà des hypothèses. Comme lors de chaque crash aérien, les experts aéronautiques en appelaient à la prudence jeudi, mais émettaient déjà quelques hypothèses susceptibles d'expliquer ce troisième drame aérien en moins de deux semaines.
Le vol d'Air Algérie AH5017 a en effet disparu des écrans radars 50 minutes après son décollage, au-dessus de Gao au Mali, à 500 km de la frontière algérienne. L'appareil aurait demandé l'autorisation de se dérouter à cause d'une mauvaise visibilité et d'un risque de collision avec un autre appareil, puis toute trace du vol aurait été perdue sur les écrans radars. Aucun appel n'aurait été passé à terre et, jeudi soir, Air Algérie n'avait pas annoncé avoir reçu le moindre message automatique Acars en provenance de l'appareil.

● La piste du pot au noir

Ce scénario d'une météo à risque semble avéré, même si aucun lien de causalité ne pouvait être établi jeudi soir entre la situation météo et le crash du MD-80 d'Air Algérie. L'appareil venait en effet de sortir de la zone de convergence intertropicale, appelée en dehors des terres «pot au noir» par les marins. Cette bande orageuse entre les alizés de l'hémisphère Nord et ceux de l'hémisphère Sud se déplace en effet au gré des saisons et se situe au nord de l'Équateur à cette époque de l'année, sur le Sahel et la zone subsaharienne. Cette région du globe est la zone la plus foudroyée de la planète avec l'Amazonie. «Les cartes satellites de la nuit de mercredi à jeudi indiquent distinctement une cellule orageuse assez active sur cette zone, explique Régis Crepet prévisionniste pour La Chaîne Météo-Météo Consult. Il faisait 37 degrés mercredi soir à Ouagadougou, les orages ont été virulents.» D'autre part, il faut savoir que la zone de convergence intertropicale dans laquelle avait disparu le vol Air France AF447 en juin 2009 est plus virulente à terre qu'en mer. «La terre chauffe plus pendant la journée, il y a davantage d'énergie», confirme Régis Crepet. Quand ils évoluent dans cette zone sensible, les pilotes de ligne regardent leur radar météo et cherchent à éviter les cumulonimbus et leurs redoutables vents, ainsi que leur redoutable givre pour les sondes Pitot. Peu avant de disparaître, l'équipage avait demandé un changement de trajectoire: avait-il vu une zone dangereuse sur son radar? Pour l'instant, il n'y a que des interrogations et pas de faits établis susceptibles d'étayer ces premières hypothèses.

● La tempête de sable

Évoqué jeudi après-midi, ce scénario semble peu probable. «Il ne faut quand même oublier qu'il y a des vols vers l'Afrique depuis des décennies, raille un expert aéronautique. Et je doute que le sable monte à l'altitude d'un vol moyen ou long-courrier.» En effet, un vol atteint en général son altitude de croisière une demi-heure après son décollage: le vol AH5017 volait donc environ à 30.000 pieds (9 kilomètres d'altitude) au moment du drame, ce qui semble exclure le scénario de la tempête de sable.

● Un nouveau missile 

L'altitude de vol au moment du drame rend peu probable également la piste terroriste au sol. En effet, comme dans le cas du vol MH17 tombé sur l'Ukraine il y a tout juste une semaine, seul un missile longue portée peut atteindre sa cible à ce niveau de vol. «En général, nous craignons un attentat à la roquette au décollage ou à l'atterrissage dans ces régions du globe, commente un pilote d'Air France contacté par Le Figaro, mais nous sommes plutôt sereins en phase de croisière.»

● Une possible défaillance technique 

Le MD-80 à bord duquel était opéré le vol Air Algérie avait appartenu à l'équipe du Real Madrid et n'était plus de toute dernière génération. Une défaillance mécanique est possible même si aucun fait ne permet de le dire. «Souvenez-vous que dans une catastrophe, il y a toujours plusieurs causes, lance un pilote d'Air France: une météo difficile peut très bien avoir entraîné une défaillance technique.»

● Une bombe à bord

«L'aéroport de Ouagadougou est l'un des aéroports d'Afrique à risque, avec peu de moyens en matière de sûreté.» Un expert en sécurité aérienne
Si l'envoi d'un missile longue portée sur un avion en altitude de croisière semble peu probable dans cette région du globe, celle d'un attentat à la bombe semble plus plausible. «L'aéroport de Ouagadougou est l'un des aéroports d'Afrique à risque, avec peu de moyens en matière de sûreté», commente un expert en sécurité aérienne. Ce ne serait pas une première: en 1989, 170 passagers avaient trouvé la mort dans l'explosion d'un DC-10 d'UTA au-dessus du désert du Ténéré au Niger.

TEMOIGNAGES –  on ne sait pas, on ne sait rien, on attend depuis des heures"

Dans les aéroports français, les proches attendent avec inquiétude des nouvelles de leurs proches du vol AH5017.

"On a appris la disparition de l'avion à la télé". Dans les aéroports de Paris, Marseille, Toulouse et Lyon, où des passagers du vol d'Air Algérie disparu jeudi devaient arriver après avoir transité à Alger, des proches cherchent, hébétés, des bribes d'informations. "On ne sait pas, on ne sait rien, on attend depuis des heures", témoigne Sandrine, au micro d'Europe 1. Depuis qu'elle a appris la disparition du vol sur lequel se trouvait son mari, elle n'a aucune information.

51 Français se trouvaient à bord de l'appareil, un avion de type McDonnell-Douglas 83, qui s'est probablement écrasé en territoire malien, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Au moins 116 personnes au total étaient à bord.


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