Le convoi réfrigéré transportant plus de 280 corps des victimes du crash du vol MH17 a quitté lundi soir la gare de Torez, en zone rebelle, a affirmé un témoin sur place
Un Néerlandais, endeuillé par la mort de sa fille de 17 ans, a écrit une lettre au vitriol, d'une ironie cinglante, à ceux qui, quels qu'ils soient, ont abattu l'avion de ligne malaisien.
Kiev a annoncé lundi la suspension de ses opérations militaires autour du site du crash pour faciliter la récupération des cadavres. Le train où se trouvaient 280 corps des victimes du vol MH17, bloqué en zone rebelle, a finalement quitté lundi soir la gare de Torez.
Le convoi doit gagner Kharkiv, une grande ville contrôlée par les forces loyalistes, où les dépouilles seront examinées et identifiées avant d'être remises aux familles.
Malaysia Airlines a dit lundi qu'elle verserait une indemnité de 5000 dollars à chaque famille de passagers tués dans la catastrophe du vol MH17 jeudi dernier dans l'Est de l'Ukraine.
Réagissant à la forte émotion aux Pays-Bas, l'Ukraine s'est déclarée prête à confier la coordination de l'enquête internationale à ce pays «qui a le plus souffert» et à envoyer tous les corps à Amsterdam pour autopsie, a annoncé le Premier ministre Arseni Iatseniouk.
La pression monte sur Moscou
Un avion de chasse ukrainien SU-25 se trouvait à une distance de 3 à 5 km du Boeing malaisien peu avant la chute de l'avion de ligne,
a affirmé lundi le général Andreï Kartapolov de l'état-major des forces russes.
La Russie a mis au défi lundi Kiev et Washington de prouver leurs allégations contre Moscou et les insurgés prorusses, accusés de la destruction du Boeing de Malaysia Airlines jeudi dernier. La Malaisie a annoncé en fin de journée que les boîtes noires lui seraient remises dans la soirée.
D'après le ministère russe de la Défense, un chasseur de l'armée de l'air ukrainienne, vraisemblablement un SU-25, aurait volé à moins de cinq kilomètres de l'avion de ligne le jour de la catastrophe.
Selon l'Ukraine et les Etats-Unis, l'appareil a été abattu par un missile sol-air SA-11 de fabrication russe, tiré d'une zone tenue par les rebelles. Mais le ministère russe assure n'avoir jamais fourni de système SA-11 «ni aucune autre arme» aux séparatistes.
Moscou invite les Etats-Unis à partager leurs images satellites «s'ils en ont». Le général Andreï Kartopolov a souligné que «personne n'a vu ces images».
Conquêtes sur le terrain
Les représentants de l'OSCE ont été dépêchés sur place pour prendre l'affaire en charge
Tandis que cette affaire affaiblit de facto la position internationale des rebelles et du Kremlin, l'armée ukrainienne cherche à marquer des points sur le terrain.
Un bombardement d'artillerie a été déclenché à Donetsk lundi matin. Cinq personnes ont trouvé la mort dans des affrontements près de la gare et près de l'aéroport. Selon un combattant rebelle interrogé par l'AFP, les forces loyalistes, en provenance de l'aéroport, sont arrivées à deux kilomètres de la gare.
Et selon le service de presse de l'«opération antiterroriste», le drapeau national a été hissé à Dzerjinsk, une ville de 35'000 habitants au nord de Donetsk. Dans la région de Lougansk, les forces de Kiev ont repris la localité de Roubijné, poursuivant leur avance vers Severodonetsk et Lysytchansk.
Nouvelles sanctions en vue
Sur le plan diplomatique, la Russie cherche à contre-attaquer. Le président Vladimir Poutine a assuré que son pays ferait «tout ce qui est en son pouvoir pour que le conflit passe d'une phase militaire à une phase de négociations pacifiques par des voies exclusivement diplomatiques».
Le président américain Barack Obama a appelé M. Poutine à faire pression sur les rebelles dans l'Est de l'Ukraine pour qu'ils permettent le bon fonctionnement de l'enquête. Il a dénoncé une véritable «insulte» faite aux familles des victimes.
Côté européen, le Premier ministre britannique David Cameron, partisan de la ligne dure face au Kremlin, a demandé à l'UE d'adopter des sanctions économiques d'envergure contre la Russie et de cesser la vente d'armes à ce pays, pointant du doigt la France.
L'Union européenne va «devoir augmenter la pression» sur la Russie à la suite du crash, a annoncé de son côté le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, à la veille d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères qui pourraient décider de nouvelles sanctions.
Estimant que Moscou ne fait pas suffisamment pression sur les séparatistes pour les pousser à des négociations, et déplorant le manque de contrôle à frontière, par laquelle transitent toujours armes et matériels selon Berlin, M. Steinmeier a mis en garde contre le risque d'une «escalade dramatique».
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